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Presence
  17 mai 2020
Avengers World Volume 1: A.I.M.PIRE de Jonathan Hickman
Cette histoire se déroule pendant les deux séries Avengers écrites par Jonathan Hickman débutées en 2013, à commencer par Avengers Volume 1: Avengers World (Marvel Now) et New Avengers Volume 1: Everything Dies (Marvel Now). Il contient les épisodes All-new Marvel now! Point one 1, et 1 à 5, initialement parus en 2014, coécrit par Jonathan Hickman & Nick Spencer, dessinés et encrés par Rags Morales (point one, avec une mise en couleurs de David Curiel), par Stefano Caselli (épisodes 1 à 5) avec une mise en couleurs de Frank Martin (épisodes 1 à 3, avec l'aide d'Antonio Fabela et Edgar Delgado pour l'épisode 3) et Andres Mossa (épisodes 4 & 5).



Point One - Les scientifiques de l'AIM (Advanced Idea Mechanics) sont parvenus à mettre au point un composé qui permet de transformer un individu en Hulk pendant quelques dizaines de minutes. Captain America (Steve Rogers) est en train d'avoir une discussion avec Maria Hill, la directrice du SHIELD : elle souhaite pouvoir confier des missions aux Avengers. Pendant ce temps-là, Cannonball (Sam Guthrie) et Sunspot (Robert da Costa) sont en route pour Barbuda, l'île de l'AIM, sous la supervision de Bruce Banner depuis son bureau. Épisodes 1 à 5 - Captain America (Steve Rogers) et Bruce Banner sont convoqués par Maria Hill dans la salle de commandement du porteur Helicarrier Iliad du SHIELD. Elle les reçoit fraîchement en leur indiquant qu'ils sont en retard et commence à expliquer ce qui se passe. Des catastrophes météorologiques et sismiques se produisent sur toute la côte Est des États-Unis : des tremblements de terre, des ouragans, des inondations de grande ampleur. Du fait de la concomitance de ces événements, elle est persuadée qu'il y a une intention derrière. Thor, Hyperion et Captain Marvel (Carol Danvers) sont sur le terrain pour aider les civils.



Afin de déterminer la source de ces catastrophes, Bruce banner est déjà en train de choisir des agents présents dans la salle pour y réfléchir. Maria Hill continue : Madripoor est à feu et à sang. Falcon (Sam Wilson), Black Widow (Natasha Romanova) et Wolverine (Logan) sont sur place. Shang-Chi a préféré faire cavalier seul et il est en train d'espionner des ninjas de la Main. À Velletri en Italie, une autre équipe d'Avengers enquête sur la disparition de toute la population et d'une équipe du SHIELD envoyée sur place. L'équipe se compose de Spider-Woman (Jessica Drew), Strabrand (Kevin Connor), Hawkeye (Clint Barton) et Nightmask (Adam Blackveil).



Au début de ses 2 séries Avengers, Jonathan Hickman montrait que Tony Stark avait conçu une nouvelle composition de l'équipe lui permettant d'intégrer de nombreux membres. Au vu du succès desdites deux séries, les responsables éditoriaux décident d'en lancer une troisième qu'elle confie à Hickman avec un scénariste pour l'aider, ou plus vraisemblablement Jonathan Hickman propose un concept et une ligne directrice pour l'intrigue et Nick Spencer la développe pour en faire un scénario en bonne et due forme. S'il a suivi ce scénariste, il peut retrouver sa touche comique à deux ou trois reprises : quand Bruce Banner fait une remarque sarcastique sur l'inconscient de Captain America, ou quand les agents du SHIELD choisis par Banner poussent un soupir de soulagement en constatant que sa transformation est sous contrôle. Ce premier tome est assez court, cinq épisodes et demi (avec le Point One), et pose les bases d'une intrigue au long court dont la résolution est pour un tome suivant. Le prologue Point One (8 pages) sert à établir le contrat passé entre Maria Hill et Captain America, ainsi qu'à indiquer la source de danger qu'est l'AIM. Rags Morales est en bonne forme, avec des dessins réalistes et détaillés, bien nourris par la mise en couleurs, une belle mise en bouche.



Pour les 5 épisodes de la série, Jonathan Hickman a imaginé une menace globale, assez mystérieuse au début, avec 3 équipes réduites d'intervention des Avengers : celle à Madripoor, celle à Velletri et celle à Barbuda. La suite surprend un peu car les coscénaristes utilisent les épisodes qui leur sont donnés pour développer certains membres des Avengers. Ça commence dans l'épisode 2, avec les trois quarts de l'épisode consacrés à Smasher (Isabel Kane). Il s'agit d'un personnage très récent, créé par Jonathan Hickman dans l'épisode 1 de sa série Avengers. Le lecteur peut revoir ses origines, sa relation avec son grand-père et la mention d'un superhéros créé en 1941 Captain Terror (Dan Kane). Stefano Caselli réalise des dessins dans un registre descriptif, avec 2 ou 3 degrés d'emphase de moins que Rags Morales, et une complémentarité impressionnante de la mise en couleurs. Cette dernière permet de bien contraster les séquences du passé (juste avant qu'Isabel Kane ne devienne une superhéroïne), et celles du présent avec un jeu sur les tons jaunes (la couleur de l'AIM), sa complémentarité avec le vert de la végétation, pour une histoire mêlant intrigue principale et développement d'un nouveau personnage.



Le lecteur passe alors à l'épisode 3 et a la surprise de découvrir qu'il n'est plus question de Smasher, l'action passant à Madripoor où se trouvent Wolverine, Black Widow et Falcon, mais surtout Shang-Chi. Après deux pages d'introduction, il s'agit en fait d'un épisode consacré à ce dernier. Il se retrouve à se battre contre les ninjas du clan de la Main, et surtout contre leur nouveau chef Gorgon (Tomi Shishido). La série devient pendant cet épisode un test pour voir comment écrire le personnage et le rendre de nouveau intéressant pour un public contemporain. Spencer & Hickman ont construit un affrontement en plusieurs phases, chacune se succédant logiquement à la précédente, avec un dispositif narratif supplémentaire pour le personnage. Il peut faire appel à la mémoire d'anciens combattants et nourrir son style de leur talent spécifique, comme la force des coups, la témérité, ou encore la résilience. Stefano Caselli a investi du temps pour représenter cet affrontement. Il utilise un encrage plus fin pour les scènes du passé, et la mise en couleurs se fait plus sombre pour marquer la différence. Il utilise avec discernement la possibilité de ne pas dessiner les arrière-plans : il prend grand soin de les représenter pour montrer comment les 2 combattants se déplacent en fonction des bâtiments, des surfaces à découvert, de l'incendie qui se propage. Finalement, le lecteur apprécie cet épisode même s'il ne fait pas beaucoup avancer l'intrigue principale car les auteurs donnent de la consistance à Shang-Chi, le rendent intéressant dans cette mission solo.



L'épisode 4 se focalise sur la situation à Velletri. Les coscénaristes continuent de mettre en avant un personnage, Kevin Connor (Starbrand), mais seulement sur 6 pages. Cette nouvelle version de Starbrand avait également fait l'objet d'une première apparition dans la série Avengers, dans Avengers Volume 2: The Last White Event (2013). Puis les responsables éditoriaux avaient décidé de lui donner sa propre série avec Nightmask, Starbrand & Nightmask: Eternity's Children (Attended University) de Greg Weisman & Domo Stanton. Mais cette fois-ci, l'intrigue principale avance également et le lecteur apprend ce qui passe sous cette ville. Les coscénaristes en profitent pour ramener un autre Avenger très secondaire, pas vu depuis plusieurs années. À nouveau, Stefano Caselli investit le temps nécessaire pour rendre les décors consistants : ça commence avec une vue en hauteur des toits de la ville, plutôt conformes avec l'architecture italienne. Ça continue avec le dallage des rues. Cela devient plus classique avec les couloirs très standardisés d'un lycée américain. Le lecteur passe à l'épisode suivant, et découvre qu'à nouveau le récit se focalise sur un superhéros qui n'était pas encore apparu dans l'histoire. Iron Man (Tony Stark) est dépêché pour le convaincre de participer à l'effort collectif. En effet, ce superhéros rencontre des difficultés de concentration qui le rendent inefficace. Le lecteur apprécie la capacité des auteurs à mettre à profit la richesse de l'univers partagé Marvel. Il est logique que les Avengers aillent chercher la ressource quand elle existe, que ce soit le spécialiste occulte dans l'épisode précédent, ou le spécialiste des déplacements dans celui-ci. Stefano Caselli est toujours aussi impliqué, réalisant des cases et des images remarquables : les agents du SHIELD exprimant leur soulagement intense de savoir que la transformation de Banner est sous contrôle, Tony Stark obligé de regarder en hauteur pour solliciter l'aide de son interlocuteur assis un bon mètre au-dessus de lui, l'architecture spécifique des bâtiments en pleine expansion sur l'île Barbuda.



Ce premier tome contient plus de promesses qu'une simple série dérivée rapidement conçue pour profiter de l'engouement passager pour les 2 séries principales. Le lecteur constate rapidement que Jonathan Hickman a conçu une vraie intrigue, et que Nick Spencer la développe avec des surprises. Stefano Caselli réalise des planches soignées et dynamiques. Il s'agit d'un bon début pour une série secondaire, dérivée de deux séries principales Avengers.
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Presence
  16 mai 2020
Punisher Kills the Marvel Universe de Garth Ennis
Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il est initialement paru en 1995, écrit par Garth Ennis, dessiné par Doug Braithwaite, et encré par Robin Riggs, Sean Hardy, Donald Hudson, Michael Halbleib, Martin Griffith et Livesay, avec une mise en couleurs réalisée par Shannon Blanchard & Tom Smith. Il a été réédité dans Marvel Knights Punisher by Garth Ennis: The Complete Collection Vol. 1 (Welcome back Frank 1 à 12, Punisher 1 à 5, et Punisher kills the Marvel Universe). Il s'agit d'un récit de 42 pages.



Il y a des années de cela dans le quartier de Hell's Kitchen à New York, trois gamins se moquent de Matt Murdock encore enfant, en le traitant de risque-tout (Daredevil), et en le tapant alors qu'il est à terre. Frank Castle (également enfant) intervient et met une raclée au meneur ce qui fait fuir les autres terreurs en culottes courtes. Il aide son copain Matt à se relever et à ramasser ses bouquins. Il dit à Matt qu'il aurait dû rendre les coups plutôt que de se laisser faire. Matt répond que son père ne veut pas le voir se battre et qu'il préfère qu'il les ignore. Frank s'en va en disant qu'il a tort, qu'il faut savoir rendre. Des années plus tard, Frank Castle est un policier dans une unité d'élite de New York. Il conduit la voiture de service à fond pour se rendre à Central Park : sa femme a emmené les enfants pour un piquenique. Or les Avengers et les X-Men sont en train de se battre contre une armada d'extraterrestres Brood et des aussi des skrulls venus pour envahir la planète. Lorsqu'il arrive sur place, il trouve Daredevil en train d'admonester les superhéros sur les risques qu'ils ont pris en se battant comme ça en présence de civils.



Bondissant hors de la voiture, Frank Castle découvre que sa femme et ses enfants font partie des morts. Cyclops lui présente platement mais sincèrement ses excuses. Castle dégaine son arme de service et abat froidement Cyclops d'une balle en pleine tête, puis il la tourne contre les autres superhéros et abat encore Jubilee, avant d'être maîtrisé. Dans sa cellule, Frank Castle reçoit la visite de Matt Murdock, son avocat. Le procès ne traîne pas et il est condamné à un emprisonnement à vie pour avoir abattu des héros. Quand les portes de son fourgon cellulaire s'ouvrent, il n'est pas au centre de détention de Ryker Island, mais dans la chaîne de montagne des Adirondacks, où il est accueilli par un homme âgé appelé Kesserling qui le fait pénétrer dans sa maison. À l'intérieur, Frank Castle se retrouve face à un groupe d'individus portant les stigmates de dommages collatéraux, des personnes blessées lors d'affrontements de superhéros, ou dont les familles en ont été la victime. Ils lui expliquent ce qu'ils attendent de lui : ils vont financer sa guerre contre les superhéros pour éliminer ces dangereux individus irresponsables. Il accepte cette mission de bon cœur.



En 1995, Garth Ennis a déjà travaillé pour DC Comics et Vertigo : la série (1993-1995, avec John McCrea, qui sera suivie par la série Hitman, 1996-2001, avec John McCrea), Hellbazer (1991-1994, avec Steve Dillon, et il a débuté la série Preacher (1995-2000, avec Steve Dillon). Pour son entrée dans l'univers partagé Marvel, Garth Ennis écrit un récit de type Et si ?, si la famille de Frank Castle avait été tuée par des superhéros plutôt que par des criminels. Hé bien, Frank Castle aurait tout autant eu le sang chaud, en répliquant sur le moment, et en exterminant cette engeance. Il vaut mieux découvrir ce récit avant d'avoir lu les 2 autres versions du Punisher par cet auteur (Marvel Knights, puis MAX), parce qu'il n'y a plus rien de noble ou d'héroïque dans ce Frank Castle. C'est uniquement un individu entêté au-delà de toute raison, buttant les superhéros avec une hargne implacable et méchante. Le lecteur assiste à un jeu de massacre sans joie, effectué par un individu n'ayant plus que l'assassinat comme raison de vivre. C'est très dérangeant et totalement premier degré, sans une once d'humour. Quand Punisher abat Spider-Man d'une balle en pleine tête avec un fusil à pompe, c'est un sacrilège écœurant de gratuité, même si les dessins ne montrent que l'éjection de la douille, pas la tête éclatée.



En 1995, Doug Braithwaite a déjà une demi-douzaine d'années d'expérience professionnelle dans les comics, ayant débuté dans le magazine hebdomadaire britannique 2000 AD. Il collaborera de nouveau avec Garth Ennis sur les épisodes 13 à 18 de la série Punisher MAX (Mother Russia). Pour cette histoire, il dessine dans un registre descriptif, avec une plus forte implication en ce qui concerne la représentation des personnages que celles des décors. Ces derniers ne sont représentés que lorsqu'ils sont indispensables à la compréhension du récit, et dans ces cas-là, ils le sont avec un bon niveau de détails : la façade des immeubles de la rue où se fait agresser Matt Murdock, le vaisseau amiral du SHIELD, la belle demeure juchée à flanc de montagne enneigée, l'arsenal de Doctor Doom, le poste de transformation contre lequel est projeté Wolverine. Par contre, si le lieu est déjà précisé dans les cartouches de texte, le dessinateur ne se fatigue pas à les représenter. Par exemple, ce n'est qu'en lisant l'indication que le lecteur apprend que le massacre des mutants se déroule sur la Lune, car il n'y a aucun élément visuel pour le montrer.



Cette histoire doit également être une des premières fois où Braithwaite dessine autant de superhéros. Ce n'est que de 2000 à 2002 qu'il travaillera avec Alex Ross sur les suites de Earth X. Dans la deuxième page, une demi-douzaine de superhéros sont en train de se battre contre les extraterrestres. Le dessinateur les représente conformément à leur apparence de l'époque, avec le niveau de détail nécessaire pour leur costume spécifique, mais sans insister sur leur force ou leur apparence guerrière par des postures particulières. En cela, il est en phase avec le scénario qui va les transformer en chair à canon, une engeance aux yeux de Frank Castle. Quand Spider-Man se bat contre Venom dans les égouts, Braithwaite semble s'inspirer de Mark Bagley, la mise en couleurs rendant les dessins un peu plus sombres, à nouveau en phase avec l'intervention de Punisher. À la fin de cette séquence, Punisher est dessiné dans une case en pleine page, massif, avec de gros muscles. Deux pages après, le lecteur découvre Hulk également représenté en pleine page, et il semble avoir la même morphologie que Punisher, peut-être en un peu plus grand. Puis le lecteur retrouve Doctor Doom : l'artiste a fait un effort pour le rendre sinistre et menaçant, avec une contre-plongée qui fait qu'il domine Punisher. Pour les mutants, l'image principale occupe les trois quarts d'une double page, et la disposition fait immédiatement penser à une composition de Jim Lee, mais sans la majesté ou la dramatisation, ni l'encrage aiguisé. Garth Ennis accorde ensuite 5 pages à l'élimination de Wolverine. Il est visible que le personnage parle plus à Doug Braithwaite qui en soigne plus l'apparence et le rend crédible. C'était déjà perceptible lorsque Wolverine intervenait pour arrêter Castle avant qu'il ne tue d'autres X-Men à Central Park.



De par la brièveté du format, Garth Ennis ne peut pas consacrer beaucoup de temps à chaque mise à Mort. Ces 5 pages avec Wolverine ne servent qu'à montrer qu'en tant qu'être humain normal, Castle n'a rien à apprendre de la part d'un individu rendu quasi invincible par ses pouvoirs. Il consacre 3 pages à l'élimination du Kingpin (Wilson Fisk) : visiblement l'enjeu est de montrer que cet individu abuse du pouvoir que lui donne son argent et que là encore Castle ne peut pas laisser passer ça, même si Fisk n'a pas de superpouvoirs. L'élimination de Captain America prend 2 pages, et Ennis fait en sorte de lui coller deux répliques qui en font quelqu'un de presque méprisant vis-à-vis des civils, ou en tout cas dont les capacités surhumaines sont une insulte au vrai soldat, ceux qui se battent sans rien d'autre que leur courage. Avec cette séquence, le lecteur voit que le scénariste en rajoute un peu pour coller à l'obsession de Frank Castle, quitte à dénaturer un peu les superhéros. Ce n'est pas un pamphlet contre la composante fasciste des superhéros. Ce n'est pas une œuvre analytique qui déconstruirait le concept de superhéros. C'est juste un jeu de massacre systématique dont le plaisir est absent, une sorte d'exercice de style pour pousser le bouchon jusqu'au bout.



Cette histoire ne constitue pas une œuvre de jeunesse de Garth Ennis, il a déjà derrière lui ses premières armes faites dans 2000AD, son passage sur Hellblazer, sur Demon, les premiers épisodes de Preacher. Il vient tâter le terrain chez la concurrence pour voir. Mais il sait déjà qu'il n'a pas de goût pour les superhéros. Cette occasion de les dégommer systématiquement est donc faite pour lui. Pour autant, le lecteur ne ressent pas de plaisir dans cette histoire, ni pour lui ni pour le scénariste. C'est un exercice de style sur une circonstance ayant donné une autre cible à la rage de Frank Castle et il effectue sa mission avec méthode et haine. Doug Braithwaite s'acquitte de la mise en images en trouvant le bon ton pour être en phase avec la nature du récit, mais là aussi sans éclat, sans plaisir. Étonnamment, cela ne se ressent pas que 6 encreurs différents se succèdent au fil des pages.
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Presence
  12 mai 2020
X-Force - Volume 1: New Beginnings de Peter Milligan
Ce tome fait suite à Counter X: X-Force: Rage War (épisodes 110 à 115) qu'il ne sert à rien d'avoir lu avant. Il comprend les épisodes 116 à 120, initialement parus en 2001, écrits par Peter Milligan, dessinés et encrés par Michael Allred, et mis en couleurs par Laura Allred.



Axel Cluney est en train de cauchemarder : il se souvient de la première manifestation de ses pouvoirs, sur une plage avec une copine sur qui il a vomi une bile acide la défigurant à vie. Il se réveille dans son fauteuil et commence à passer en revue la dernière mission de X-Force : prévenir un coup d'état en Afrique du Nord, avec La Nuit, Battering Ram, Plazm (un peu trop brutal au combat), U-Go Girl (endormie après avoir téléporté l'équipe), Sluk (Byron Spencer) qui n'en a pas réchappé. Ses réflexions sur les tactiques à mettre en œuvre sont interrompues par les deux modèles en culotte et soutien-gorge qui lui indiquent qu'elles l'attendent pour faire des galipettes. Il se laisse convaincre sans difficulté, alors que sur l'écran un individu est rongé par l'acide qui sort de la bouche de Zeitgeist (Axel Cluney). Le lendemain, toute l'équipe est présente pour une conférence de presse. C'est Coach qui prend la parole, le responsable de l'équipe. Il annonce à la presse l'identité du remplaçant de Sluk au sein de l'équipe : Tike Alicar, nom de code l'Anarchiste. Un peu plus tard, Tike Alicar est dans le jacuzzi de sa suite, avec deux jeunes femmes nues, en train de répondre aux questions d'une journaliste assise sur le rebord. Il fait sauter le plafond avec ses pouvoirs, la journaliste ayant déclaré qu'elle avait trop chaud. En répondant, il explique que Zeitgeist le prend pour un abruti, et il explique ce qu'est une tmèse.



Une autre journaliste se trouve à Orange County pour l'ouverture du vingt et unième Café X-Force, commentant sur la statue commémorant Sluk : elle émet une pulsation électronique apaisante pour 20 dollars. Un client est en train de manipuler des peluches à l'effigie de Doop et il en transperce une avec une griffe. Dans la salle de réunion de X-Force, les membres sont en train de se disputer : Beckah Parker (Gin Genie) ne se sent pas bien, Edie Sawyer (U-Go-Girl) estime qu'elle n'a aucun fan. La télévision diffuse l'interview de Tike Alicar avec sa tirade contre Axel Cluney (Zeitgeist). Le soir, Axel Cluney et Edie Sawyer mangent dans un restaurant huppé. Elle évoque l'utilisation de son pouvoir de téléportation pour aller signer un contrat en Écosse. Elle lui fait remarquer que leurs missions ne sont pas très importantes, juste une sorte de prétexte pour justifier de leur vie de luxe. Elle le trouve d'ailleurs un peu tendu ces temps-ci : il pourrait peut-être prendre quelques jours de repos, et elle assurerait la fonction de chef de l'équipe par intérim. Le lendemain dans leur quartier général de Santa Monica, Coach leur indique qu'ils ont une mission immédiate : aller libérer les 4 membres du groupe pop Boyz R Us, détenus par des tireurs meurtriers qui réclament un million de dollars. Ils ont déjà défenestré un premier membre pour prouver leur crédibilité.



La série X-Force nait en 1991 quand Rob Liefeld transforme la série des New Mutants en une équipe paramilitaire menée par Cable, aidé par Fabian Nicieza qui reprend l'écriture de la série après le départ de Liefeld pour former Image Comics. Nicieza est suivi de Jeph Loeb, puis de John Francis Moore, pour enfin être co-écrite par Warren Ellis & Ian Edginton lors de la période Counter X. En 2001, la série principale des X-Men prend le nom de New X-Men et est relancée par Grant Morrison & Frank Quitely. Le responsable éditorial Axel Alonso décide que c'est l'occasion de confier X-Force à un autre scénariste sortant du moule : Peter Milligan. Celui-ci refuse dans un premier temps, mais se laisse convaincre parce qu'Alonso lui accorde une liberté totale concernant les thèmes, sans aucune obligation de s'inscrire dans la continuité des X-Men, ou dans l'univers partagé Marvel. Ce contexte explique que cette série ne ressemble à aucune autre. Les personnages sont entièrement nouveaux : U-Go Girl, Anarchiste, Coach, Battering Ram, Gin Henie, La Nuit, Plazm, Sluk, Zeitgeist, Doop, puis Orphan, Phat, Saint Anna, Bloke, Vivisector, puis Smoke, Succubus. Les rescapés de X-Force (précédente version) font une brève apparition le temps de 3 pages, et Wolverine passe incognito dans l'épisode 116 le temps d'une page, puis revient pour plusieurs pages dans l'épisode 120. La première mission ressemble à quelque chose : libérer des otages. La seconde ressemble encore à quelque chose : libérer Paco Perez, un enfant mutant détenu par une dictature. La troisième consiste à éliminer le chef de X-Force pour le remplacer par un plus malléable et avec une meilleure cote de popularité dans les sondages.



Le lecteur constate également immédiatement que le responsable éditorial a aussi privilégié un artiste qui sorte des sentiers battus, dont la manière de dessiner ne correspondent pas à l'esthétique superhéros. Le lecteur est d'abord frappé par une apparence obsolète, un peu naïve. Les costumes de tous ces nouveaux superhéros donnent l'impression de provenir des années 1960, comme s'ils avaient été imaginés par Jack Kirby au début de Marvel. Il peut même avoir une impression de dessins à destination d'un jeune public prépubère : la peau bien rose de Bloke, le peu de poils sur le visage de Vivisector, les formes grossières de Phat, la pureté sans tâche de Saint Anna (comme si elle était dessinée par Gilbert Hernandez). Les personnages ont souvent les yeux très grands ouverts, ce qui donne une expression forcée. En regardant Logan dans l'épisode 120, le lecteur reconnaît le personnage sans difficulté, mais il a l'air moins dangereux que d'habitude, avec des contours plus doux, et une gestuelle qui semble moins agressive que d'habitude, tout en restant un peu théâtrale. Cette impression est renforcée par une mise en couleurs acidulée, dégageant plus une impression de douceur que d'agressivité.



Pourtant ces caractéristiques n'empêchent par les dessins d'exprimer des émotions adultes ou cruelles : un superhéros éventré avec ses intestins sortis de leur logement abdominal, la folie furieuse de Vivisector tranchant des soldats avec ses griffes, l'horreur abjecte d'une tentative de viol, etc. Derrière une apparence datée, l'artiste réalise des planches et des cases avec un niveau de détails bien supérieur à la norme des comics de superhéros dans les années 1960. Le pays situé en Afrique du Nord au début du premier épisode n'est pas reconnaissable, mais Allred a pris la peine de concevoir et de représenter une place forte avec des détails qui la rendent unique. Dans la page consacrée au vingt et unième Café X-Force, le lecteur a l'impression qu'il peut se promener entre les tables, aller passer sa commande au comptoir central, flâner pour regarder les produits dérivés. Au restaurant, il bénéficie d'une magnifique vue sur les buildings par la baie vitrée. Lorsque U-GO Girl invite Orphan dans sa chambre, il regarde le désordre par terre. Il prend également le temps de regarder chaque costume du carnaval de Bastrona.



Dès le premier épisode, les discussions entre les personnages établissent qu'ils manquent un peu de maturité, et qu'ils ne sont intéressés que par les contrats de parrainage. Milligan & Allred ne les gâtent pas : leur mutation ne les rend pas plus beaux, mais en font des monstres pour la plupart. Une peau d'une jolie couleur lavande, l'obligation de porter un masque sur le bas du visage pour maîtriser ses projections de bile acide, une peau toujours en train de suer, un hyper-développement pilaire. Ainsi ces monstres prennent leur revanche en faisant fructifier leur participation à une équipe de superhéros aux missions plus moins utiles. La scène introductive montre Axel Cluney regarder une mission sur un champ de bataille, revoir Sluk mourir, et considérer que ce n'est pas une grosse perte, voire que son apparence n'était peut-être pas assez humaine pour pouvoir faire partie de X-Force. Ce degré de cynisme se retrouve par la suite : Edie Sawyer qui considère que les missions sont une obligation pour jouir d'une vie de luxe, les insultes échangées entre les membres de l'équipe, le choix du chef de l'équipe dicté uniquement par les projections d'audience sans lien avec ses compétences de meneur, et ça ne fait que s'accentuer d'épisode en épisode. Peter Milligan reprend les techniques éprouvées de la téléréalité qu'il applique à une équipe de superhéros célèbres surtout parce qu'ils sont célèbres, dont le métier est d'être célèbres. Il va plus loin encore, en mettant en pratique le fait que le rôle de chaque membre est partiellement écrit, comme dans le catch (principe du Kayfabe) et qu'ils doivent respecter ces rôles prescrits. Ce capitalisme amoral gagne encore en horreur quand le lecteur découvre à quel point la fin justifie les moyens pour Coach.



Ce premier tome tient toutes ses promesses aujourd'hui encore : histoire entièrement indépendante de la continuité mutante, dessins sortant de l'ordinaire, tout en restant très comics, tonalité très adulte. Peter Milligan & Michael Allred racontent une histoire de mutants en marge de la société normale, avec costume de superhéros et superpouvoirs spectaculaires, comme une métaphore d'une société où tout est spectacle et l'objectif prioritaire de ses acteurs est de mener une vie de luxe.
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