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Critique de Pois0n


Pois0n
  30 juin 2018
Une fois n'est pas coutume, j'ai cédé à « l'effet de mode » pour acheter et lire dans la foulée l'un de « ces livres dont tout le monde parle » au moment où tout le monde en parle encore. Principalement par peur d'être spoilé.e suite à la sortie du film, mais bon.

Bref, « Love, Simon », c'est l'histoire d'un ado comme les autres, avec sa bande de copains, sa famille unique en son genre, son club de théâtre... et sa correspondance avec Blue, avec qui il partage un secret. Cette fameuse relation épistolaire se trouve au coeur du récit, même si les mails ont remplacé le bon vieux courrier papier : les deux garçons en savent en effet beaucoup l'un sur l'autre, mais absolument rien de leurs identités respectives, ce qui leur permet justement de se parler à coeur ouvert. Les chapitres alternent donc la tranche-de-vie, où l'on suit la vie quotidienne de Simon, et ses échanges de courriers électroniques. Leur histoire commence donc comme n'importe quelle romance sur Internet. Deux personnes réunies par un point commun se mettent à discuter, à s'en découvrir d'autres, à s'apprécier de plus en plus pour finir par franchement s'aimer, sans même se connaître. le problème, c'est que ces échanges secrets ne restent pas secrets bien longtemps. le jeune homme se retrouve brusquement à devoir gérer non seulement ses sentiments, mais en plus une histoire de chantage et, par dessus le marché, l'inévitable question de son coming-out... Ça fait beaucoup, vous en conviendrez. Rajoutez à ça un véritable jeu de piste pour essayer de deviner l'identité de celui qui fait battre son coeur, et vous vivez l'enfer avec lui.

Car si Love, Simon est un bouquin résolument feel-good, son ambiance s'avère pourtant franchement pesante pendant une bonne partie du récit. On partage l'angoisse de Simon, ses interrogations... Même si faire son coming-out ne l'angoisse pas plus que ça, il n'est pas franchement emballé par l'idée non plus. Et quand le choix ne lui est plus laissé, les conséquences ne se font pas attendre. Certain.e.s déplorent l'absence de « violence » vis à vis de Simon ; sur ce point, je ne suis pas d'accord. Les moqueries, c'est violent. Se retrouver soudainement le centre de l'attention de tout un lycée sans rien avoir demandé, c'est violent. Plus rien ne sera jamais comme avant et ça, c'est violent. Alors oui, Simon n'est pas tabassé ni rejeté par quiconque ; au contraire très entouré et soutenu. Mais pourtant, malgré ça, certains de ses amis se sentent trahis de n'avoir pas été mis au courant. Ça aussi, c'est violent. Bref, même quand tout se passe pour le mieux, les choses sont loin d'être faciles. Oui, ça aurait pu être franchement pire. Mais « le mieux » est déjà loin d'être douceur et paillettes et Becky Albertalli n'avait pas besoin d'en faire plus. Rien que ça, c'est cool.

Puis il y a l'identité de Blue. Simon est adorable ; même si ses sentiments envers son correspondant sont réels, il ne peut s'empêcher de trouver pas mal des garçons qui l'entourent franchement mignons. (Et il est facile de le comprendre. Qui, d'après les descriptions qui en sont faites, pourrait résister à Cal ?) Bref, Simon ne sait pas à qui il a affaire, pédale totalement dans la choucroute et nous avec. La plume de l'auteure est parfaite et, avec Simon, on espère, on désespère, on espère se tromper, on se pose des questions... Les pistes sont habilement brouillées et on reste dans le doute absolu jusqu'au bout ! Bien malin.gne celui ou celle qui parviendra à démasquer Blue...

Enfin, c'est drôle. Souvent. Il faut être dans les pensées de Simon bourré pour comprendre.

Alors oui, parfois, les transitions d'un passage à l'autre ne sont pas forcément fluides. Oui, le côté tranche-de-vie n'est pas toujours super palpitant (ça reste les journées d'un ado au lycée et dans son club de théâtre). Oui, la plupart des personnages secondaires sont parfois à la limite de la figuration (ce qui n'est pas forcément plus mal dans le cas de la très agaçante Leah, qui, alors même qu'elle est censée être la meilleure amie de Simon, se retrouve totalement éclipsée par Abby). Oui, le ton est léger, presque superficiel même, dès qu'on s'éloigne de la torture mentale de Simon. Mais ça passe presque tout seul. Un roman n'a pas besoin d'être parfait pour être efficace et atteindre son but, et c'est bien avec le sourire aux lèvres qu'on referme celui-ci. Parfois, les meilleures choses dans la vie, ce sont bien les plus simples.
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