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Critiques sur Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens (133)
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florencem
  19 juin 2018
Chose qui m'arrive assez rarement, et qui en un sens n'est pas non plus déplaisant, j'ai préféré le film au roman. Mais cela ne s'est joué qu'à peu de choses surtout grâce à la fin du livre qui nous offre des moments inédits, tendres et très drôles. Et, même si j'ai ma préférence, Love Simon (de son tout nouveau titre) a été un excellent moment de lecture, si bien que j'enchaîne avec la suite, centrée sur le personnage de Leah. C'est pour dire. Par contre, de nombreuses coquilles sont présentes… ce qui est franchement dommage, surtout pour une réédition.

Ayant vu le film avant ma lecture, je pense que je me suis faite une certaine idée de l'histoire qui était pour moi "la vraie" et je me suis aussi attachée à la version des personnages cinématographiques. Et pourtant, le film est une très bonne adaptation qui reste fidèle à l'oeuvre de base tout en ayant pas mal de petites libertés (oui, c'est peut-être un peu paradoxale). Il n'en reste pas moins que le message principal est bien là et que les deux oeuvres sont des petits bonheurs avec un message positif. Mais revenons un peu à notre livre.

Simon a seize ans, se sait homosexuel depuis plusieurs années mais n'a pas fait son coming-out. Il le vit plutôt bien jusqu'au jour où l'un de ses camarades lui fait du chantage pour obtenir les faveurs de l'une des meilleures amies de notre héros...Si le roman reste très sympathique et ne traite pas réellement de la persécution et des moqueries que peuvent subir les homosexuels, j'avoue que le côté chantage même s'il n'est pas non plus traité avec noirceur m'a laissé, tout au long de l'histoire, avec un arrière goût de "je ferais bien une tête au carré à Martin" (notre dit camarade de classe). Et en même temps, sans Martin, pas réellement d'histoire... quoique à bien y réfléchir Simon aurait fini par sauter le pas, mais ce petit coup de pression précipite les choses. L'auteur aurait pu se concentrer sur l'histoire d'amour qui se déroule en parallèle et qui a mon sens, aurait probablement fini par aboutir au même résultat. Mais elle décide aussi de montrer le processus d'une recherche de soi et une acceptation autant envers soi-même que face aux regards des autres. Si vous cherchez du drame, il n'y en a pas, et cela ne m'a pas chagriné le moins du monde même si pour le coup, il y a un côté "réaliste" qui est moins palpable sans être non plus absurde.

Les personnages de Love Simon sont, sans conteste, le gros plus du roman. Simon, Abby, Leah, Blue et la famille un peu déjantée de notre héros apportent tellement à l'histoire qu'il est difficile de les quitter. Je ne me suis pas particulièrement identifiée à qui que ce soit, et pourtant, la magie opère dès le départ. Et c'est génial car cela peut être rédhibitoire. Il y a une palette assez étendue de caractère mais surtout et cela fait beaucoup, de l'amour et de l'amitié à chaque recoin de pages. Ce n'est pas non plus dégoulinant de tendresse, mais on se sent protégé, en quelque sorte dans le monde de Simon. L'acceptation est bien présente, et même avant cela, on ne peut que voir les liens solides qui unissent les personnages. Cela fait un bien fou, c'est peut-être ce que certains n'aimeront pas, je ne sais pas, mais personnellement, cette positivité et cette douceur m'ont plu énormément.

Après, bien entendu, nous sommes face à des adolescents. Il y a les petits drames du quotidien, les relations amoureuses qui parfois ne vont pas comme on le souhaiterait, la famille, et le lycée... Ce fameux lycée qui n'épargne personne et qui pourtant est aussi le siège de très belles rencontres et de moments inoubliables. le cheminement de Simon est aussi très plaisant à voir. Il ne cherche pas vraiment mais il a peur du changement que cela pourrait apporter dans sa vie si tout le monde apprenait qu'il est gay. J'aime cette approche qui sort un peu de l'ordinaire. Simon a peur que les gens qui l'aiment le voient différemment, alors qu'il ne l'est pas fondamentalement. Et puis, le jeune homme a raison : pourquoi est-ce qu'on en fait tout un flan. La scène sur les hétérosexuels qui annoncent à leurs parents qu'ils sont hétérosexuels est tordante et si criante de vérité. Il y a un passage de le roman qui est fait allusion d'ailleurs. Et tout est là, avec une dérision si comique que cela donne à réfléchir.

La romance qui s'installe entre Blue et Simon est aussi sur la même lignée. Tout se passe par emails échangés. Ce ne sont que des mots, et pourtant, on sent petit à petit que quelque chose se crée. Et rien qu'avec ces lettres, les deux jeunes gens arrivent à découvrir l'autre et à faire naître un sentiment amoureux. Pourquoi notre société ne se focalise pas sur ce qui est réellement important et vrai ? C'est peut-être utopique, en un sens, mais j'ai trouvé cette romance beaucoup plus poignante et vive, tendre et réelle.

Un petit mot sur ma scène préférée du roman qui reste d'ailleurs dans la même veine : la sortie dans le restaurant/bar gay. J'étais sous le charme de notre Simon complètement bourré et de toute la douceur de ce chapitre. Un tournant aussi dans l'histoire mais cette scène-là, messieurs dames, a fait toute la différence pour moi. Je la relierai avec grand plaisir d'ailleurs.

Une histoire attachante, drôle et tendre qui nous porte avec douceur. de la réflexion, certes, mais avant tout une aventure dans la vie d'un jeune homme dont on aimerait être le meilleur ami et à qui on ne peut souhaiter que du bonheur.
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Maliae
  09 juin 2016
Ce livre c'est ma nouvelle Bible tellement j'ai adoré. Et pas seulement l'histoire, mais parce que l'auteure parle de pleins de sujets que j'adore. Les mangas, les fanfictions (et bon sang, elle parle des fanfictions Drago x Harry, quoi, meilleure chose du monde), il y a des persos juifs, des persos noirs, elle parle d'hétéronormativité (même si c'est pas le terme utilisé), de sexisme, de bisexualité aussi bien que d'homosexualité masculine et féminine, elle parle des médias, de musique aussi, de relations fraternelles. Et puis presque tous les personnages sont hyper attachants, Simon, Leah, Abby, Nick, Garrett, Bram, Cal, les parents, les frangines, et bien sûr Blue. Bon j'ai eu beaucoup de mal avec Martin, ça c'est sûr.

Quand j'ai ouvert ce livre, je savais que je ne pourrais pas me coucher et dormir tant que je n'aurais pas tourné la dernière page, il y a des livres comme ça qui nous happent tellement qu'il est impossible d'en finir tant qu'ils nous ont pas lâché. Et ça n'a pas raté, impossible de le refermer, je ne pouvais tout simplement pas arrêter de lire, je ne pouvais pas me coucher et dormir, sans savoir, sans continuer.

Simon est un personnage hyper attachant, il est tellement adorable, il a des très bons amis, des soeurs géniales aussi. Et si les télés réalités c'est pas mon truc, j'adore quand même ses parents qui sont à fond dans leurs délires. Honnêtement, j'ai quasiment deviné tout de suite qui était Blue, mais ça n'a pas vraiment d'importance, parce que ce qui est important c'est leur relation. Comme elle évolue, comme elle est belle, comme elle m'a fait glutisé. J'ai adoré Simon, complètement accro. Et qui a été amoureux (surtout à l'adolescence) peut se retrouver dans ses absences, dans sa façon de toujours penser à Blue. Ça m'a vraiment touché tellement c'était mignon au possible.

J'ai aussi apprécié Simon, parce que même s'il a des amis, qu'il n'a pas vraiment de problèmes à l'école, il reste un peu un OVNI. Les fêtes ne le mettent pas vraiment à l'aise, il est plutôt du genre à éviter certains événements, et il trouva la bière assez dégueu. Puis Leah, sa meilleure amie, est une fille hyper chouette (je me suis tellement identifiée à elle, un truc de fou).

Surtout, ce qui est important, c'est que j'ai trouvé qu'on tombait jamais dans le cliché, et c'est vraiment bien foutu. Mais ça parle également des propos ordinaires homophobes qu'on peut balancer en toute innocence, sans savoir que ça peut blesser. Dans un monde hétéronomartif, forcément on peut avoir des propos qui vont être déplacés. Par exemple, quand Abby parle de Simon et Léah, sans même penser qu'il pourrait aimer les garçons. Ou le père de Simon qui fait toujours des blagues sur les gays (même s'il n'a rien contre, il en fait quand même). J'ai trouvé ça plutôt important de montrer qu'on vivait dans un monde où on considérait qu'être hétéro était la normale, alors que non. Pourquoi est ce que ça devrait être cette sexualité qui est prise en compte? Sans jamais penser que ça peut être différent? C'est fait tout en douceur, c'est super agréable et c'est très bien traité en plus. Ça parle aussi un peu du racisme et du sexisme, celui qui est tellement encré en nous qu'il en devient inconscient.

Puis j'ai adoré l'écriture. C'était une écriture simple, mais en même temps, Simon parle très bien, décrit ses sentiments, on vibre avec lui, on est triste avec lui, on est en colère avec lui, on est amoureux avec lui.
J'ai été triste par moment, sérieux j'ai même eu une boule dans la gorge plusieurs fois, et puis j'ai gloussé, roucoulé. Je viens de me relire des passages (c'est pour dire).

Bref c'était trop bon, je recommande, je veux plus de livres comme ça, qui parlent de ce genre de sujet avec ce ton léger et doux, l'air de rien.

Bravo à l'auteure et merci à elle.
Lien : https://jetulis.wordpress.co..
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Ichirin-No-Hana
  25 juin 2018
Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens est un roman pour les adolescents qui m'intrigue depuis sa sortie. La sortie au cinéma de son adaptation « Love Simon » m'a rappelé son existence et c'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai entamé ma lecture.

Simon Spier est un jeune adolescent homosexuel pas encore out. L'apparition d'un message sur le Tumblr de l'école va changer sa vie plutôt tranquille jusque-là. Un certain Blue annonce son homosexualité et c'est avec l'envie d'être compris et de partager son quotidien que Simon va entamer une conversation avec lui.

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens a été une lecture sympathique. Grâce à une plume plutôt fluide et simple, le roman se lit rapidement. Les personnages que ce soit Simon mais également sa petite bande de copains, Leah, Nick ou encore la charismatique Abby sont particulièrement attachants et sympathiques à suivre. La romance est très agréable et assez mignonne. J'avoue cependant être assez mitigée concernant ma lecture. le roman manque clairement de profondeur que ce soit au niveau de l'intrigue ou des personnages. J'en attendais surement trop. Cependant, il est important pour moi que ce roman existe. Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens nous propose de suivre une bande de potes à laquelle on peut facilement s'identifier lorsque l'on est adolescent. En partant de cette idée-là, l'homosexualité est dépeinte de façon plutôt agréable. On est loin des romans avec des personnages homosexuels principaux où la discrimination et le harcèlement sont le centre de l'histoire et rien que pour cela, ce roman transpire d'une certaine vérité et est réellement une bouffée d'air frais.
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zazimuth
  27 novembre 2015
Énorme coup de coeur pour ce roman pour ados emprunté à la médiathèque !!!
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu une histoire d'amour et d'amitié aussi intense et sensible. La lecture en est électrisante.
Simon a 16 ans ; il est lycéen avec ses meilleurs amis Léah, Nick et Abby. Il vit dans une famille heureuse et aimante dont les parents sont plutôt cool avec une petite soeur et une grande soeur.
Sa vie est bouleversée parce qu'après avoir découvert un message sur le site Tumblr du lycée il a commencé à entretenir une correspondance électronique avec un autre lycéen en s'avouant leur homosexualité et la difficulté à gérer sa révélation publique (coming out). Petit à petit, Simon tombe amoureux de Blue dont il attend les réponses avec impatience. Il commence à vouloir connaître son identité réelle.
J'ai aimé à la fois la réflexion sur la difficulté à vivre son homosexualité publiquement à un âge où on n'est pas sûr de soi et la naissance de l'amour par correspondance qui est un bon thème qui permet de parler des sentiments.
Bref, ça donne presque envie de le relire une deuxième fois dans la foulée !
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Analire
  29 juin 2017
Simon correspond depuis plusieurs mois avec un certain Blue, un inconnu qui fréquente le même lycée que lui. Sans jamais se révéler leurs véritables identités, ils s'ouvrent leurs coeurs et se racontent leurs quotidiens. Mais voilà, le temps passant, Simon commence à ressentir de l'amour pour ce garçon qu'il ne connaît pas. Des sentiments nouveaux, qu'il va apprendre à connaître et à apprivoiser.

La narration alterne entre correspondances virtuelles entre Simon et le mystérieux « Blue », et des écrits tirés du journal intime de Simon. Un mode de narration original, qui permet de dynamiser le récit.

Ce livre est un bon roman jeunesse, qui aborde de nombreuses thématiques comme l'identité sexuelle, l'acceptation de soi et le regard des autres. le titre du livre est particulièrement bien trouvé, puisqu'il met en avant l'aspect humain de Simon, qui triomphe sur son orientation sexuelle. Simon est un garçon attiré par les autres garçons, mais ça ne fait pas de lui quelqu'un de différent. Un plaidoyer qui loue la tolérance et la différence. On voit bien que l'amour est plus fort que tout et tous, et que cela ne sert à rien de lutter et de se cacher derrière de fausses apparences. L'histoire de Simon et de Blue pourrait inspirer certains lecteurs et leur permettre de s'accepter tel qu'ils sont réellement.

Cette histoire permet également de sensibiliser les plus jeunes à l'usage qu'ils font d'Internet et notamment à l'impact que peut avoir le web et les réseaux sociaux sur leur vie. L'homosexualité de Simon a été révélée via un post sur un Tumblr qui recense les commérages de l'école où il étudie. Cette information IRL va avoir une conséquence sur sa vie quotidienne, puisque tout le monde va redécouvrir Simon à travers son identité sexuelle étalée au grand jour. Et tout le monde ne va pas forcément abonder dans le bon sens, puisque Simon aura le droit à quelques petits blagues et agissements homophobes de la part d'anciens camarades.

Becky Albertalli aborde ces différents sujets avec simplicité et profondeur. Les personnages sont attachants et se laissent facilement aimer par les lecteurs. J'ai particulièrement apprécié Simon, que j'ai trouvé très touchant, notamment à cause de la sincérité avec laquelle il vit sa vie. C'est un jeune garçon courageux et persévérant, mature pour son âge, et très réfléchi. Ainsi, il vous fera méditer sur la nature du coming out. Pourquoi seuls les homosexuels devraient-ils faire un coming out ? Chaque personne devrait en faire un, pour affirmer son identité sexuelle au grand jour. Comme je vous l'ai dit, en plus d'être intelligent, il ne se laisse pas marcher sur les pieds et ne se conforment pas à la norme que la société impose.

Un joli roman, bien écrit et agréable à lire, qui nous fait réfléchir sur l'identité sexuelle couplée à la période de l'adolescence. Des sujets bien traités, qui permettent en partie de dédramatiser les questions de l'homosexualité chez les adolescents. J'ai bien aimé.
Lien : https://analire.wordpress.co..
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orbe
  08 juin 2015
Simon correspond de façon anomnyme avec Blue. Ils évoquent ensemble leur vie quotidienne, leur famille, leur homosexualité.

La complicité grandit entre les deux jeunes. Mais Martin surprend un de leurs échanges et exerce un chantage.

Se pose alors pour le lycéen, la question de l'annonce de ses préférences sexuelles à ses parents mais aussi à ses amis.

Mais ce qui préoccupse alors le plus Simon, s'est de deviner l'identité de Blue...

Un roman très américain avec une certaine décontraction dans les discussions de toute nature et l'importance accordée à tout ce qui est extra-scolaire.

Le dévoilement des deux personnages est progressif et l'on se prend à tenter à son tour de trouver l'dentité de Blue et c'est ce qui déçoit un peu au final.

Car l'essentiel est plus dans les réflexions des deux jeunes hommes et dans l'acceptation de soi. Lorsque chacun trouve le nom de l'autre il lui permet d'apparaître au grand jour et c'est comme si la personne retrouvait ainsi son entièreté.

Il n'y a pas vraiment de conflit lors de l'annonce de leur homosexualité de la part de leur entourage mais au contraire une certaine admiration pour leur courage et leur manière de s'assumer. Intéressant.
Lien : http://www.nouveautes-jeunes..
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Saiwhisper
  28 juin 2018
Entre le film qui sort en salle et les avis sur le livre qui débordent sur la toile, cette oeuvre fait énormément parler d'elle en ce moment ! Je pensais m'orienter vers le film lorsqu'il passerait à la télévision toutefois, les circonstances en ont voulu autrement. Ainsi, j'ai lu cet ouvrage dans le cadre du challenge mystère, puisque la thématique du mois portait sur les romans adaptés au cinéma ou en série… Or, je dois reconnaître que je partage les critiques positives sur ce titre. Comme la majorité des lecteurs, j'ai trouvé cette histoire d'amour crédible, d'actualité, fluide et prenante. Une belle découverte ! Certes, je ne trouve pas forcément que c'est LA romance homosexuelle incontournable, mais quand même, elle fait partie des meilleures que j'ai lues jusqu'à maintenant. de plus, les thématiques abordées sont intéressantes, sensibles et nécessaires, surtout si le lecteur a l'âge de Simon et qu'il se cherche ou qu'il n'ose pas se révéler…

Ce que j'ai aimé avec le personnage de Simon, c'est le fait qu'il ait déjà expérimenté ses envies via quelques relations passées. Il n'y a donc pas ces longues phases de doutes que j'ai pu lire dans d'autres ouvrages. Notre bel ado aux yeux gris et à lunettes sait ce qu'il veut et, surtout, qui il aime. D'ailleurs, faire son coming out ne lui paraît pas si inconcevable… Ce qui l'effraie, c'est que cela soit fait à son insu à cause de Martin ou que cela entraîne la chute de Blue, celui dont il tombe amoureux… On a donc un héros bien dans ses baskets, sûr de lui et qui s'assume. J'ai trouvé sa personnalité intéressante, adorable, réaliste et touchante. Becky Albertalli a réussi à créer un protagoniste attachant tout en évitant les clichés comme le fait d'être efféminé… On suit simplement un ado comme les autres, qui aime la musique, a quelques références de geek, traîne avec ses potes, suit des cours, va sur les réseaux sociaux, papote avec ses proches et vit sa vie. C'est pour sa simplicité et pour son naturel que j'ai adoré ce jeune narrateur !

En revanche, son entourage est assez lisse… Les personnages secondaires comme Nick (un gamer), Leah (une fille ronde au fort tempérament), Abby (une jolie demoiselle qui sera la plus étoffée du groupe), Martin (celui qui fait du chantage), la famille de Simon et les autres sont vraiment survolés ! Ils auraient mérité d'être un peu plus développés ou mis en avant, car j'ai eu l'impression qu'ils faisaient simplement partie du décor. C'est dommage car, si j'ai aimé leur personnalité, le manque de consistance m'a empêché de m'attacher à eux. Par contre, au risque de m'attirer la foudre, je n'ai pas du tout accroché au personnage de Leah qui ne m'a pas donné envie de la découvrir dans le spin-off écrit par l'auteure. Ses sautes d'humeur, sa façon de tourner autour du pot et son caractère explosif m'ont surtout agacée… Ce n'est pas une personne qui aurait fait partie de mes amis…

Derrière cette romance se dissimulent plusieurs thématiques comme le harcèlement en général (harcèlement scolaire et cyber-harcèlement), l'amitié, la difficulté de faire son coming-out, le jugement et la réaction des autres que ce soit des inconnus, des proches, des amis ou des parents. Il y a aussi l'idée de blagues et d'humour homophobe qu'il soit volontaire ou non, mais qui peut blesser. En toile de fond, il y a également le théâtre, puisque l'ensemble des élèves se réunit régulièrement pour répéter une pièce qui finira par être jouée en fin de roman… L'ensemble est intéressant et ne lasse pas le lecteur. D'ailleurs, tout au long des pages, une question nous hantera autant que Simon : qui est Blue ? On se prend rapidement au jeu et on tente de mener l'enquête ! Pour ma part, je n'ai pas réussi à deviner qui se cachait derrière ce pseudonyme… Même en ayant la réponse et en relisant les extraits de mails qui sont présents entre chaque chapitre, je continue de penser que je n'aurais rien vu venir ! C'est donc une belle surprise de ce côté-là aussi.

J'ignore si l'adaptation cinématographique est plaisante ou fidèle, mais une chose est certaine : le roman m'a plu ! J'ai grandement apprécié suivre la relation entre Simon et Blue évoluer. Ce n'est pas calculé ni forcé. Au contraire, tout sonne juste et crédible. Certes, il y a des petits défauts comme le manque de profondeur des personnages secondaires et le fait que ce soit une oeuvre pleine de bons sentiments toutefois, cela n'a pas trop entaché mon ressenti global. Sans que ce soit un coup de coeur, je recommande à ceux et celles qui cherchent une romance bien traitée entre deux adolescents tout en véhiculant de beaux messages.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Jeannepe
  06 janvier 2018
Lui, Simon, 16 ans, homo, vit dans une petite ville dans la banlieue d'Atlanta. Entouré de ses deux soeurs, de ses parents, de son chien et de ses trois meilleurs amis, il file une adolescence en apparence sans trop de heurts. Son quotidien se passe entre le lycée, l'atelier théâtre, les soirées posées à discuter et jouer, sa passion profonde pour Harry Potter, les Oréo et Blue. Blue, un garçon dont l'identité lui est inconnue mais avec qui il échange une correspondance des plus troublantes. Blue, qui accompagne ses pensées, ses rêves et ses fantasmes et à qui pourtant il ne peut pas donner de visage. Blue, le seul à savoir qu'il est gay. Pour le moment. Ils se sont rencontrés sur le Tumblr du lycée, et depuis ils ont du mal à se séparer, sans réussir encore à se retrouver. le problème c'est que quelqu'un est tombé sur un de leurs échanges et s'en sert pour faire pression sur Simon.

La question du coming out est prégnante dans ce roman : comment, à qui, dans quel ordre, pourquoi, quand… Autant de questions qui tournent en boucle dans l'esprit de Simon, qui se trouve aux prises avec un silence qui dure depuis – trop – longtemps maintenant. Mais la gêne et la peur de voir les choses changer, le regard de ses amis et sa famille se modifier, de subir des moqueries, de devoir se justifier, expliquer, rassurer : c'est fatigant d'avance et cela fait autant de raisons de repousser, de ne pas savoir comment s'y prendre.

Dans ce texte plein d'humour et de délicatesse, Becky Albertalli nous parle de l'adolescence et des premières amours. Celles qui marques et remuent, qui saisissent par leur intensité et qui sont autant d'invitations à la découverte et à l'exposition : celle de soi à l'autre, et aux autres. La timidité de Blue et Jacques (Simon dans la vie réelle) quant à révéler leur véritables prénoms est des plus signifiante et attendrissante. Cette peur qui prend au ventre de décevoir ou d'être déçu, que les papillons arrêtent de battre si fort des ailes. Alors on avance à pas de loup avec eux, on se laisse brinquebaler par les plaisirs d'une vie bien entourée, les coups bas, les hésitations, les erreurs, la culpabilité, l'amitié et l'amour.
Lien : https://auxlivresdemesruches..
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malecturotheque
  30 juillet 2015
Simon est un lycéen de 16 ans et est homosexuel. Il échange des mails avec Blue, mais un jour, Martin, un camarade de classe, découvre les échanges de mails entre les deux garçons. Bien décidé à se rapprocher de la belle Abby, une amie de Simon, Martin décide alors de faire chanter ce dernier.

Le roman a deux grandes lignes directrices : la première est de savoir qui est Blue, évidemment. Mais la plus importante à mes yeux est le sujet du coming-out. Volontaire ou non, il s'agit d'une expérience pas du tout enviable, surtout quand on ne sait pas quelle sera la réaction des proches. Becky Albertalli a choisi une approche assez juste à mes yeux, en évoquant les difficultés qui peuvent être rencontrées, les peurs, mais aussi les petits bénéfices qui peuvent en ressortir (l'acceptation de soi, le soutien des proches…). Si tout n'est pas noir dans le fait de sortir du placard, il faut toutefois bien admettre que l'approche de l'auteure dans ce livre est particulièrement positive : la famille le prend assez bien, les amis aussi. Pour autant, cela n'en est pas dérangeant puisqu'on s'attend à ce que tout se finisse bien.
Cela n'empêche pas Becky Albertalli d'évoquer les blagues sur les homos qui peuvent s'avérer très blessantes, même si celui ou celle qui fait la blague n'en a pas conscience. Ca ne l'empêche pas non plus de parler des insultes et comportements homophobes de certains élèves.
Un petit plus concernant une discussion que Simon a avec l'une de ses soeurs : pourquoi seul.e.s les homosexuel.le.s devraient faire leur coming-out ? Cette réflexion peut paraître drôle, insignifiante, et pourtant elle a toute son importance. Posez-vous la question ; « c'est normal » n'est pas du tout une réponse.

C'est un roman bien écrit, avec une histoire sympathique, agréable à lire. On suit la vie de Simon, on partage avec lui ses doutes, ses fantasmes, sa peur… J'ai bien aimé les personnages, et le héros est d'ailleurs très attachant.
Et, moi qui ai 10 ans de plus que Simon, je suis retombée en adolescence.
Enfin, pour faire simple : lisez-le, c'est une bouffée d'air frais à l'odeur d'Oréos !
Lien : https://malecturotheque.word..
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Kenehan
  20 juin 2018
Simon Spier entretient une relation épistolaire avec le mystérieux Blue. A l'ère du numérique, les deux adolescents s'échangent bien évidemment des e-mails, plutôt que des lettres. Tout bascule pour Simon lorsque Martin Addison tombe par inadvertance sur son compte Gmail et la correspondance qu'il contient. Commence alors un chantage qui va bousculer le quotidien de Simon.

La difficulté avec les livres audio réside avant tout dans l'appréciation ou non de la voix du lecteur. Pas toujours évident de s'habituer à cette nouvelle voix qui entre dans votre vie pour vous raconter une histoire pendant des heures. Avec Gauthier Battoue, le choix s'est avéré judicieux et l'écoute n'en est devenue que plus facile.

Quant à l'histoire, le premier point positif, c'est son approche "lumineuse". Pour les quelques souvenirs de lectures sur le thème de l'adolescence et de l'homosexualité que j'ai encore en mémoire, l'ensemble me semble plutôt dépressif et voilé. Certes, Simon n'a pas fait son "coming out", point sur lequel je vais revenir un peu plus tard, mais il n'en est pas moins à l'aise avec sa sexualité et sait que son entourage n'en sera pas chamboulé outre-mesure. de plus, l'humour omniprésent et l'intrigue presque policière (qui est ce mystérieux Blue ?) allègent allègrement l'atmosphère générale. D'ailleurs, le mystère autour de Blue est le second point positif du roman. J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette idylle naissante et me suis laissé embarquer dans l'investigation pour découvrir l'identité de Blue. Investigation qui conduit Simon à dresser le portrait sexualisé des potentiels candidats, détail qui me semblait jusqu'à présent réservée aux personnages féminins dans une littérature ouverte à un large public.

Becky Albertalli n'en oublie pas pour autant les questionnements et les problématiques autour de l'homosexualité à l'adolescence. Ainsi, Simon n'échappe finalement pas à la haine à travers moqueries et clichés dès son outing. Outing en soi déjà violent puisqu'il lui ôte, de fait, toute possibilité de choix quant à la manière d'évoquer sa sexualité avec les autres. L'auteure questionne également, et à juste propos, l'évidence d'un coming out pour les homosexuels (mais on peut bien évidemment étirer l'idée vers toutes les orientations existantes). En effet, nous vivons dans une société à ce point hétéronormée (sans oublier sexiste, histoire d'en rajouter une couche) qu'il semble logique, pour tout le monde, que toute personne s'éloignant un tant soit peu de l'hétérosexualité se doit d'en faire l'annonce publique. D'où la question de Becky Albertalli, à travers Simon, pourquoi les hétéros échappent-ils encore à ce coming out ? Autrement dit, pourquoi l'hétérosexualité est-elle toujours la seule orientation perçue et admise comme normale ? Question d'autant plus pertinente à l'heure où les orientations sexuelles se diversifient au point d'éclater le modèle initial hétéro vs homo.

En conlusion, Becky Albertalli propose un récit drôle, intelligent et bienveillant sur un thème qui malheureusement suscite encore beaucoup de haine et de violence. Ses personnages, nombreux, sont attachants mais jamais délaissés. Chacun a sa place voire son intrigue secondaire. de plus, au-delà de l'orientation sexuelle, l'auteure aborde la sexualité masculine, sans tabou et avec justesse (là encore, il me semble que l'évocation de la masturbation ou du premier rapport sexuel soit rarement traitée aussi naturellement, voire traitée tout court, dans la littérature jeunesse et à large public). Tout ça pour dire que j'ai passé un très bon moment d'écoute et j'en remercie Babelio et les éditions Audiolib.

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