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Citations sur Les Immortels, tome 1 : La Compagne (13)

Ève glissa sa main dans la sienne et il baissa les yeux vers elle. Elle semblait à la fois épuisée et ravie. Elle pouvait se réjouir, car en vérité, elle lui avait certainement sauvé la vie pour la seconde fois. La sorcière d’Olrik était très puissante : avec ses tours de magie et ses sortilèges… il ne savait pas s’il aurait pu la combattre. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher d’en vouloir à la jeune femme d’avoir risqué sa vie pour lui.
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- Là-bas !
Rolf l'avait suivi, et il venait de s'immobiliser juste à côté de lui en apercevant une petite forme humaine, recroquevillée le long d'un mur, frissonnante et haletante, sous l'un des seuls lampadaires allumés de la rue.
- Nom de Dieu... murmura Rolf. Ève...
À sa vue, la colère de Luderik s'envola. Il pouvait sentir sa souffrance, sa détresse, sa peur, même si elle se trouvait encore à plusieurs mètres de lui. En une fraction de seconde, il se trouva à ses côtés. Elle avait fermé les yeux, tremblait de tout son corps et elle était... trempée. Bordel, mais d'où venait toute cette flotte ? Ève était assise dans ce qui semblait être une immense flaque d'eau qui commençait à givrer sur le trottoir. Il l'agrippa par les épaules et la secoua.
- Ève ! Ève, ouvre les yeux ! Regarde-moi !
Aucune réaction en dehors de ses tremblements.
Ioan venait de les rejoindre :
- Elle est... mais qu'est-ce que…
- Il y a d'autres odeurs, d'autres personnes étaient ici, elles sont parties il y a peu de temps, je les sens, grogna Rolf.
Luderik ne sentait rien pour sa part, une seule chose comptait : ramener Ève chez lui. Il la prit dans ses bras et feula en voyant Ioan qui esquissait un geste dans sa direction. Le garou recula, prudent.
Le manoir était à plusieurs rues de là, mais Luderik se déplaçait vite, très vite. Il s'élança dans les artères sombres de la ville, Ève plaquée contre lui, toujours inconsciente et grelottante. Il maudit son corps de vampire incapable de produire la moindre chaleur pour réchauffer l'humaine. La température extérieure était en dessous de zéro degré et la jeune femme était trempée, en état de choc, faible, glacée...
Elle va mourir d'hypothermie...
Non ! Il ne voulait pas envisager cette éventualité. Ève était une battante, téméraire, elle voulait survivre, elle
allait survivre. Mais pourquoi s'était-elle enfuie ? Pourquoi l'avait-il laissée sous la surveillance de Ioan ? Pourquoi n'avait-elle pas compris que cette ville était dangereuse, qu’elle ne survivrait pas dans ses ruelles glaciales et plongées dans la pénombre ?
Les questions se bousculaient dans son esprit tandis qu'il progressait en direction de chez lui. Quand il atteignit le bout de sa rue, le sentiment d'urgence qui l'habitait depuis plusieurs minutes s'amplifia : la respiration d'Ève était tellement ténue qu'il l'entendait à peine. D'un coup de talon de sa boot, il fit presque voler en éclats la grande porte double du manoir. Un cri de femme l'accueillit, mais il n'y prêta aucune attention et se précipita vers la salle de bains.
Ève n'avait plus aucune réaction, elle ne tremblait même plus ! Luderik la déposa dans la baignoire avant de la déshabiller des pieds à la tête et d'attraper des serviettes propres dans l'un des placards pour l'emmitoufler dedans. Il frotta sa peau, devenue d'un blanc presque translucide, en prenant soin de ne pas la blesser, de ne pas appuyer trop fort, de contrôler l'Immortel qui grondait en lui. Il fallait la réchauffer avant tout, sécher ses cheveux, les enrouler dans un drap de bain et frictionner. C'est ce qu'il fit encore et
encore, jusqu'à ce que peu à peu, le sang se remette à circuler et sa peau reprenne une couleur moins cadavérique. Elle semblait respirer un peu mieux, un peu plus régulièrement. Il posa une main sur sa joue, mais il ne parvenait pas à déterminer si elle s'était ou non réchauffée, ses propres paumes étaient trop glacées, encore humides...
- Cynthia ! beugla-t-il.
Cette dernière le rejoignit au bout d'un temps infini, mettant un peu plus ses nerfs à l'épreuve.
- Touche-la, dis-moi si elle est froide.
Hésitante et visiblement apeurée, la jeune femme s'approcha doucement de la baignoire et plaqua une main sur le front d'Ève, toujours inconsciente.
- Elle est... tiède, pas vraiment chaude, mais pas glacée.
La réponse était vague et Cynthia n'attendait
que de s'enfuir de cette pièce. Il savait parfaite-
ment pourquoi : il devait faire peur à voir. Ses
crocs étaient longs et écorchaient ses lèvres à
chaque mot, du sang coulait sur son menton et il était conscient que ses yeux avaient viré à l'argenté. Mais il s'en moquait. Il se contrefichait de foutre la trouille à tout le monde.
- Reste avec elle, grogna-t-il en se levant.
Continue de frotter sa peau.
Avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, il avait quitté la pièce pour rejoindre la chambre et fouiler dans le sac d'Ève, à la recherche de vêtements chauds.
Bon Dieu, s'il ne l'avait pas obligée à mettre
cette putain de robe, il n'en serait pas là ! Cynthia
était agenouillée à côté de la baignoire quand il retourna dans la salle de bains. À sa vue, elle bondit sur ses pieds et s'écarta, terrifiée. Luderik entreprit d'habiller Ève. La jeune femme était nue devant ses yeux pour la toute première fois, mais peu lui importait, il ne la regardait même pas tout ce qu'il voulait, c'était la réchauffer. Il empila les couches de vêtements sur elle, la secoua pour tenter de lui faire reprendre connaissance. Sa respiration était redevenue plus régulière et ses pommettes se teintaient légèrement, mais elle n'ouvrait toujours pas les paupières et les battements de son cœur étaient encore faibles. Il l'enroula dans une grande couverture et la prit dans ses bras pour se rendre près de la cheminée. Là, il s'assit sur son fauteuil, Ève blottie contre lui.
Sa propre respiration était rapide, hachée et un feulement incontrôlable émanait de sa poitrine à chacune de ses expirations. La bête était lâchée et il aurait du mal à la remettre en cage, mais sa femelle avait failli mourir et il prenait soin d'elle à présent. Pourquoi s'était-elle enfuie ? Cette question tournait en boucle dans sa tête. Et cette flaque à ses pieds, immense... Pourquoi était-elle
trempée ? Pourquoi y avait-il de l'eau sur le sol ? Il ne pleuvait pas ce soir, il n'avait pas plu ces deux derniers jours, il n'y avait aucune raison pour qu'elle se trouve assise dans une flaque de ce genre…

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— Ève, ta cheville n’a même pas gonflé…

— Ça n’empêche pas qu’elle me fait mal !

— Toute cette comédie, uniquement pour que je te porte.

— Mais je ne fais pas la comédie ! s’énerva-t-elle. Je ne veux pas que tu me portes, je…

Elle s’arrêta au milieu de sa phrase en se rendant compte qu’il souriait. Il se moquait d’elle !

Jamais encore elle ne l’avait vu lui sourire de cette manière : il était… magnifique, avec ses yeux d’un bleu cyan qui brillaient d’amusement et cette fossette au creux de sa joue. Durant quelques secondes, elle ne sut comment réagir, puis finalement…

— Tu te fiches de moi ! s’écria-t-elle en lui donnant une tape dans l’épaule. Il relâcha sa jambe et s’assit sur le banc à côté d’elle.

— Avoue qu’il y a de quoi rire. Tu te tords la cheville en essayant de me fuir, et au final tu te retrouves encore plus dépendante de moi.
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Je ne peux plus être celle que j’étais avant de te connaître, une nomade, sans point d’attache, sans espoir, sans but. Tu es mon point d’attache désormais et s’il le faut, je risquerai encore ma vie pour toi, sans hésiter !
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Pierre se trouvait dans sa chambre, il ne dormait pas, il pouvait l'entendre tourner les pages d'un livre.
- Je sors, gronda Luderik en passant devant sa porte. Garde les filles à l'œil.
Pas la peine de parler plus fort, le vampire l'avait très bien entendu.
- Ne traîne pas trop, répondit calmement celui-ci. J'ai pas envie de courir après ton humaine si elle se fait la malle.
- Si elle s'enfuit, je t'arrache la tête.
Pierre ricana. Luderik se trouvait déjà sur le seuil de la maison.
- Ne fais pas de promesses que tu ne tiendras pas...

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« Ève aussi était guidée par cet instinct de survie, mais elle démontrait un tempérament téméraire, presque auto-destructeur. Sa langue acérée pouvait la mettre en danger à tout moment, et malgré tout, elle ne faisait rien pour modérer son caractère nerveux et emporté. Une contradiction à elle toute seule. Comment avait-elle fait pour tromper la mort durant toutes ces années ? Il n’en avait pas la moindre idée… »
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Oui, une véritable beauté, un joyau, froid, tranchant et dangereux. Jamais autant de perfection n'avait engendré un tel sentiment de mépris chez Luderik.
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"Elle se demanda quand la Terre serait enfin débarrassée de cette poussière gris sale qui envahissait les champs et les villes. Sans doute jamais, c'était là le prix à payer pour l'imbécillité des humains."
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Règle de survie numéro 1 : ne jamais montrer sa douleur ou ses faiblesses.
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Etudie ton ennemi pour mieux le combattre.....
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