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Critique de de


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  22 décembre 2011
La lecture de la révolution de Fethi Benslama ne vise pas à l'exhaustivité. L'auteur traite surtout de la matérialité des subjectivités. Même s'il ne le cite pas, le surgissement du possible, la force intempestive de l'événement, me fait penser à Walter Benjamin.

« Il s'agit d'un essai court, qui vise à approcher à analyser des moments que l'on pourrait qualifier de ”scènes d'éclat”, qui conduisent des sujets à sortir ensemble de l'image et de l'imaginaire dans lequel le règne oppressif les a enfermés longtemps, pour débouler dans le réel politique. »

Contre une vision qui fixe ou pétrifie les réalités, l'auteur analyse les mouvements et contradictions qui rendent possible l'événement « C'était en réalité un blocage apparent, derrière lequel grouillaient pourrissements et régénérations, décompositions et recompositions. » Il revient longuement sur les circonstances du suicide par le feu de Mohammed Bouazizi « Il faut donc souligner que l'effet de destitution radicale sous-jacent à l'autodestruction, résulte de la conjugaison d'atteintes qui relèvent de plusieurs logiques oppressives : de classe, d'autorité et de sexe, même si ce dernier élément se présente à rebours. » Il poursuivra avec un chapitre sur « le martyr, transformation d'un modèle ».

La force, le souffle du livre tient à l'exposition du désir d'avenir « qui prend dans ses filets des brides de la possibilité de l'impossible », de la transformation de ce « devenir inaperçu ». Contre une projection rectiligne vers le futur, l'auteur rappelle cependant « Mais la réouverture du jeu est un événement si redoutable que les sujets qui l'ont désirée et opérée vont se trouver exposés à des situations inconnues devant lesquelles ils ne disposent pas nécessairement des ressources adéquates pour les affronter ».

« Un déluge est à venir
Et la parole est captive
Un déluge est à venir
Et désertée la parole vive
L'ignorance rend aveugle et la parole vive
Est toute de lumières
Toutes les prisons périssent
Toutes les prisons sont sacrilège. »

Deux dernières strophes d'un poème de Basset Ben Hassan, mis en ligne sur le site Alawan le 10 mai 2010, traduit par Hager Bouden et reproduit, dans son entièreté à la fin de l'ouvrage

Un petit livre qui devra être complétée par l'analyse du rôle des différents groupes sociaux, des organisations syndicales, des groupes féministes, des collectifs locaux, des mots d'ordre, des formes politiques d'autorganisation, etc.
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