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Critique de Pois0n


Pois0n
  31 juillet 2020
[lu en VO, édition UK Picador]

C'est un curieux hasard qui a placé The Muse entre mes mains : lors de sa dernière visite, la mère de mon conjoint le lui a remis ; libre à lui d'en faire ce que bon lui semblait, comme s'en débarrasser dans une boîte à livres, par exemple. Halte-là, malheureux ! Aucun livre ne quittera cet appart sans avoir été lu d'abord ! Et ce, même si la « blanche » n'est toujours pas ma came, soyons fous : sortir de sa zone de confort offre parfois de bonnes surprises.

Il faut reconnaître que la plume de Jessie Burton possède un charme certain. L'autrice prend son temps, n'hésite pas à poser des paysages, à digresser un peu mais sans jamais s'éloigner trop longtemps du fil de son histoire. Il faut dire que le rythme de celle-ci est assez lent et, qu'à côté de ça, on en devine presque immédiatement le fin mot.

La faute en incombe au caractère des personnages, tellement marqué que l'on met tout de suite le doigt sur ce qu'ils auraient à cacher. Embêtant, quand le livre entier fait semblant de maintenir le suspense et que la narration repose entièrement là-dessus. Ceci dit, il reste intéressant de découvrir, petit à petit, le pourquoi du comment.

Car ce ne sont pas les protagonistes qui nous donneront envie de poursuivre la lecture tant la plupart de ceux-ci sont détestables.
La narratrice principale de l'histoire, Odelle, tire nettement son épingle du jeu. Il faut dire que son entêtement dans sa quête de réponses la rend attachante. Et puis, elle est la seule à ne pas penser qu'à sa pomme. Lawrie et son tableau, Reede et son expo, Quick et tout ce quelle ne dit pas derrière le peu qu'elle dit : un vrai panier de crabes.
C'est encore pire en 1936 : entre Olive, la jeune peintre immature à qui la reconnaissance monte à la tête ; Harold, le père infidèle plus absent qu'autre chose ; Sarah, la mère dépressive, créature éthérée, défoncée aux médocs mais prompte à poser ses griffes sur le mec choisi par sa fille ; Isaac, le mec en question, à peu près aussi réactif qu'un caillou à ce qui l'entoure ; et Theresa, la soeur cleptomane dont on ne sait pas vraiment si elle est honnête ou pas, on a droit à une belle brochette de personnages plus insupportables les uns que les autres, qui rendent les flash-backs encore plus longuets qu'ils ne le sont déjà.

Et vraiment, suivre des personnages totalement imbuvables pendant la moitié d'un livre de presque 450 pages, quand bien même cette moitié est entrecoupée par les découvertes d'Odelle trente ans plus tard, bah ça gâche un peu une histoire qui n'est pas inintéressante en elle-même, tant sur la forme avec l'histoire du tableau, que le fond, à savoir la création artistique. Qu'il s'agisse de la peinture avec Olive ou de l'écriture avec Odelle, Jessie Burton aborde le rapport de l'artiste avec le processus créatif, son oeuvre, sa création et le regard des autres. Certains passages m'ont vraiment bien parlé. Et heureusement qu'il y a ça, puisque le reste donne quand même vachement un sentiment de « tout ça pour ça » à la fin.

En tout franchise, ça se lit. Sans surprise, sans véritable ennui, mais sans emballement non plus...
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