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Critique de Takalirsa


C'est encore un beau portrait de femme que nous offre le duo Catel et Bocquet ! C'est avec grand plaisir que je me suis replongée dans l'histoire du cinéma aux côtés de cette pionnière « complètement oubliée ». Pourtant elle a été une réalisatrice d'une grande créativité, et toute aussi compétente que les hommes qui l'entouraient (mais c'est peut-être pour ça d'ailleurs).
Quelle surprise d'apprendre qu'Alice Guy a fait ses débuts avec Léon Gaumont (« Un visionnaire, un homme de notre temps ! Son nom restera. ») ! Au Comptoir de la photographie de Max Richard, elle assiste au développement du bioscope de Demenÿ (« Mon appareil donne à la photographie ce qui lui manque : LA VIE, monsieur Gaumont ! ») et à la première démonstration par ses concurrents, Auguste et Louis Lumière et leur cinématographe, « La sortie de l'usine Lumière ». J'ai appris que le célèbre Gustave Eiffel avait lui-même investi dans la société Gaumont ! Mais l'idée (géniale) de la « première projection publique à entrée payante » (« C'est l'avenir ») vient des deux frères avec leur « arroseur arrosé » : « Aujourd'hui l'enjeu est déjà ailleurs, c'est celui de la projection COLLECTIVE ».

C'est en voyant le travail de Méliès (« Il ne faut pas seulement montrer, il faut faire RÊVER, mademoiselle Guy ! ») qu'Alice décide de « réaliser un film MOI-MÊME » : ce sera « La fée aux choux » en 1896, puis « Une vie du Christ » en tant que directrice du théâtre de prise de vues. Plus les années passent, plus les innovations se développent au niveau du matériel comme de la création. Alice Guy fait désormais appel à un scénariste, des décors, des figurants, des costumes, de la musique et des chansons (« Des films PARLANTS, ça sera une RÉVOLUTION ! ») et réclament même des déplacements (en Camargue, en Espagne) au grand désespoir de Gaumont qui craint pour son argent. Mais ces exigences sont motivées par la concurrence qui est rude (avec notamment les frères Pathé) et somme toute, par une rentabilité assurée. A la tête de la production, Alice évolue sans mal dans ce « monde d'hommes » grâce à ses compétences et son charisme.

Comme « le cinéma est devenu une industrie mondiale », elle va même s'expatrier aux États-Unis en 1910 où elle créera son propre studio de production, Solax. Toujours « la seule femme de la profession », elle réalisera des centaines de films… jusqu'à ce que son mari fasse couler l'affaire en 1917 en jouant en bourse. Là voilà de retour en France mais c'en est fini du cinéma. On gardera néanmoins d'elle l'image d'une femme très créative qui savait se renouveler dans les thèmes, les genres et la mise en scène. Elle recrutera même des acteurs noirs (au lieu des habituels blancs grimés) ! C'est certain, Alice Guy avait « le cran, l'autorité et l'audace » !
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