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Critique de paulmaugendre


La première fois que j'ai lu un roman de Fajardie, c'était en 1987. Pourquoi avais-je évité cet auteur, jusqu'alors ? Parce que les critiques négatives concernant l'auteur et sa production, et les quelques pages lues au détour d'un étalage chez les libraires ne m'avaient guère incité à mieux me pencher sur sa production.

Le déclic s'est effectué à la découverte d'Une charrette pleine d'étoiles paru chez Payot. L'occasion m'étant donnée de découvrir cette réédition d'un roman paru en 1981 dans la défunte collection Fayard Noir, j'ai abordé ce roman sans préjugé, sans parti pris, sans opinion préconçue, en ayant fait abstraction de tout ce que j'avais pu entendre ou lire auparavant concernant la production littéraire de Fajardie.

Et je dois avouer que Gentil, Faty ! m'a fait découvrir un univers fajardien glauque, triste, plein de détresse, et en même temps porteur d'espoir. Les personnages sont des marginaux malgré une certaine banalité environnante et enveloppante comme une gangue.

Prenons l'exemple du commissaire Stievet et de ses adjoints Kasbarian et Teissère. Stievet est intérieurement rongé par le Mal, pourtant l'enquête qui lui est confiée, qu'il dirige, il veut la mener au bout, malgré le peu de temps qui lui reste à vivre. Kasbarian, un inspecteur d'origine arménienne, et Teissère, inspecteur lui aussi qui ne manque pas d'asticoter son collègue pour des raisons personnelle mais obscures. Et Amar, l'Algérien, la cinquantaine triste et désabusée, témoin, désire garder l'incognito. Enfin, Faty, le monstre, le tueur, dont la vie a basculé le jour où il a perdu sa mère.

En phrases courtes, concises, rapides, Fajardie entraîne son lecteur sans lui donner le temps de respirer, de reprendre son souffle, et plus que l'histoire de Faty, le tueur de jeunes femmes, ce sont les à-côtés, les personnages qui comptent à ses yeux.

Une histoire, oui, mais peut-être aussi une façon de dire son amour de l'humanité, de l'homme en général, surtout celui du déstabilisé, du marginal, du déséquilibré, de l'immigré. Toute une aura de tendresse baigne ce roman dans une subtilité qui dénote une profonde pudeur. Comme un halo de sensibilité nimbant une morbidité agressive.

Les couvertures de Jean-Claude Claeys sont à l'origine de la renommée et l'engouement pour cette collection dont les titres sont recherchés justement pour leurs illustrations.
Première édition Fayard Noir en 1981.
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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