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Critique de michfred


michfred
  13 mars 2019
Quand on mange avec le diable, il faut une longue cuiller...

René Fregni, pour ne pas avoir tenu compte de cet adage de la sagesse populaire, ....m'a fait mourir d'angoisse!

Son récit commençait en douceur, on retrouvait le doux chroniqueur des saisons et des rencontres amicales, l'amoureux d'Isabelle, le papa de Marilou, les collines fleuries, les toits de tuiles romaines craquelées de soleil. Bref, on  était chez nous. Chez lui.

Et puis voilà que dans ce paisible journal, retentit l'appel de Kader, un taulard .

 On ne s'alarme pas: on a déjà rencontré Toni, un vieux pote, rangé des voitures et sorti des Baumettes. Il a surtout envie d'écrire et lui, quand il appelle, c'est pour des questions de syntaxe ou de stylistique.

Alors Kader... un fidèle de l'atelier d'écriture, lui aussi, ça paraît presque normal...sauf qu' il y venait comme en récréation, sans jamais lire ou écrire la moindre ligne, aux ateliers d'écriture . 

Et là , il est dehors. Il n'a pas purgé sa peine, non, il est en cavale.

Il fait appel au soutien le plus improbable aux yeux des flics, et le plus sûr à ses yeux: René,  l'anar' tendre, l'ami des paumés,  le naïf au coeur pur...

Quand on mange avec le diable, il faut une longue cuiller...

Et quand on lit cette séquence périlleuse du paisible journal de René,  on s'affole.

Non, c'est pas vrai! Il est fou, René,  il se fait embarquer dans un truc bien méchant, qui ne sent pas bon du tout...semant derrière lui les indices comme le Petit Poucet ses cailloux, il prend tous les risques avec une ingenuité insensée...

Car derrière Kader , il y a les policiers et les juges, mais aussi le milieu qui a l'air d'avoir quelques comptes à lui régler.. Faudrait pas qu'une balle aille s'égarer du côté du cabanon dans les vignes. Ni qu'un indice malencontreux mette la police sur la trace du "complice" inconnu  qui a permis cette évasion spectaculaire.

C'est là où le lecteur cherche fébrilement à quel genre il a affaire: récit autobiographique? fiction habilement déguisée en journal de bord?

Ceux qui connaissent un peu René et son univers border line ne sont pas rassurés !  C'est qu'il serait bien capable d'une générosité aussi irresponsable, d'une fraternité aussi naïve, le bougre !

 La panique est faite d'une empathie alarmée qui fait le sel de la lecture...

Bref on passe un vilain quart d'heure, et ce journal d'un athée de campagne a bientôt des airs de Touchez  pas au grisby ! 
 
Très réussi!

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