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Critiques sur Les vivants au prix des morts (36)
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TerrainsVagues
  12 mars 2019
Petit à petit, l'air de rien, bien loin des têtes de gondole, René Frégni vient s'immiscer dans des pal surchargées de lecteurs babelioteurs. Heureux ont l'air ceux ayant pistonné un titre ou l'autre au détriment de livres qui voyaient approcher le bout du tunnel, de bouquins qui allaient enfin être caressés par un regard empli de désir, d'attente, d'espoir.
Un Frégni, c'est simple. On aime ou… on aime. C'est une drogue dure en intra veineuse, de celles qui vous fait sentir circuler le sang jusque dans les capillaires. Une came où l'héroïne, c'est la vie.

♫ Aux enfants d'la chance♫
♪qui ont déjà connu les transes♪
♫ des lignes de Frégni ♪

Au début tu n'y prends pas garde, t'es bien, tu t'absentes momentanément des tracas du quotidien. Tu suis les rails, une sorte de ligne blanche continue qui te mène ailleurs, loin, haut. Tu te sens léger, presque en apesanteur. Forcément quand tu fermes ton premier Frégni, très vite tu ne penses plus qu'à une chose, le rouvrir. Alors tu le reprends avant de l'avoir reposé et tu t'aperçois que tu t'es fait toute la barrette en un seul bédo. Première sensation de manque. T'en a vu d'autres, t'es «un bonhomme» merde, un crack, tu vas gérer tranquilou. Alors t'essayes autre chose. Histoire de briser la glace tu demandes à ton pote Antoine deux cônes, le temps de lire une bonne histoire en te roulant de... en te roulant dans l'herbe. Tu rencontres du bon, de l'excellent, du moins bon, de la daube. T'es un aventurier avide de nouvelles sensations, de nouvelles expériences mais au fond de toi tu sais qu'il est déjà trop tard. Chaque cellule de ton être a en mémoire ton premier Frégni. Alors tu vas en recommander un ou deux puis trois, quatre en te disant que ça sera pour les grandes occasions, tu fais ta fourmi genre coke en stock. Tintin oui, tu te les enfiles direct, t'es foutu, il n'y a pas d'issue de secours. T'aimes pas la poésie, t'as le policier qui t'attrape au détour d'une page. T'aimes pas le policier, c'est la nature qui t'envoute entre deux règlements de compte. T'aimes pas la nature, t'as du psychotruc. T'es pas branché psychopathe, y a de la tendresse à revendre. T'es un dur, y en a aussi. T'aimes pas les durs, les Frégni sont pleins de poésie. Et puis les femmes. Tu connais pas Isabelle? Commence par « les corbeaux », mon premier.
Tu peux tourner dans tous les sens que tu veux, quand t'es chopé, c'est fini, t'es coincé. Là le dealer m'a filé du « vivants au prix des morts » mais mort fine alors.
Un Frégni ça se garde pas pour soi, faut faire tourner le spliff, c'est trop d'la bonne..
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Piatka
  29 novembre 2018
Ça démarre comme un journal poétique et sensuel, lumineux comme le soleil sur la Méditerranée. Des bribes de hasard et be bonheur, une écriture sensible et visuelle qui m'ont immédiatement touchée - voilà bien les prémisses prometteuses d'une rencontre avec un nouvel auteur après être tombée par hasard sur ce bouquin à ma médiathèque.

Puis ça bouscule. Le récit accélère, s'emballe avec l'évasion d'un truand , Kader, que René, le narrateur-auteur, a connu quand il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes. Il cherche une planque et René va l'aider, précipitant sa vie sédentaire et calme du moment dans une spirale de violence et d'angoisse, entrainant avec lui le lecteur dans un roman noir. L'écriture élégante devient acérée et son extrême précision sert efficacement la montée du suspense.
La tension du récit m'a tenue en haleine jusqu'au bout du chemin, gage de réussite et d'intérêt.

Et pour finir, ça dérange, surtout quand on découvre que René Frégni a réellement reçu cet appel, qu'il met donc le lecteur face à un fait divers, certes romancé, mais où violence, meurtre, complicité d'évasion sonnent bien réels. Il entraîne le lecteur dans la cavale et ses conséquences. Pas étonnant alors que j'ai souvent eu l'impression d'être une funambule sur le fil de cette intrigue et c'est probablement un des buts de l'auteur : nous déstabiliser et mine de rien nous poussez à réfléchir. Pari gagné. Sa bienveillance à l'égard de Kader ne fait aucun doute, sans tout excuser pour autant, surtout pas le crime. Au final, je me suis souvent posé la question : qu'aurais-je fait à sa place ?

Deux extraits parlant puisés à l'encre de Frégni qui anime depuis vingt-cinq ans des ateliers d'écriture dans les prisons :
« Voilà ce que je vais faire depuis vingt ans dans les prisons, j'apporte les clés et personne ne s'évade...Personne ne naît monstrueux, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. »

« La prison c'est rien d'autre qu'une cité avec des barreaux. »
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michfred
  13 mars 2019
Quand on mange avec le diable, il faut une longue cuiller...

René Fregni, pour ne pas avoir tenu compte de cet adage de la sagesse populaire, ....m'a fait mourir d'angoisse!

Son récit commençait en douceur, on retrouvait le doux chroniqueur des saisons et des rencontres amicales, l'amoureux d'Isabelle, le papa de Marilou, les collines fleuries, les toits de tuiles romaines craquelées de soleil. Bref, on  était chez nous. Chez lui.

Et puis voilà que dans ce paisible journal, retentit l'appel de Kader, un taulard .

 On ne s'alarme pas: on a déjà rencontré Toni, un vieux pote, rangé des voitures et sorti des Baumettes. Il a surtout envie d'écrire et lui, quand il appelle, c'est pour des questions de syntaxe ou de stylistique.

Alors Kader... un fidèle de l'atelier d'écriture, lui aussi, ça paraît presque normal...sauf qu' il y venait comme en récréation, sans jamais lire ou écrire la moindre ligne, aux ateliers d'écriture . 

Et là , il est dehors. Il n'a pas purgé sa peine, non, il est en cavale.

Il fait appel au soutien le plus improbable aux yeux des flics, et le plus sûr à ses yeux: René,  l'anar' tendre, l'ami des paumés,  le naïf au coeur pur...

Quand on mange avec le diable, il faut une longue cuiller...

Et quand on lit cette séquence périlleuse du paisible journal de René,  on s'affole.

Non, c'est pas vrai! Il est fou, René,  il se fait embarquer dans un truc bien méchant, qui ne sent pas bon du tout...semant derrière lui les indices comme le Petit Poucet ses cailloux, il prend tous les risques avec une ingenuité insensée...

Car derrière Kader , il y a les policiers et les juges, mais aussi le milieu qui a l'air d'avoir quelques comptes à lui régler.. Faudrait pas qu'une balle aille s'égarer du côté du cabanon dans les vignes. Ni qu'un indice malencontreux mette la police sur la trace du "complice" inconnu  qui a permis cette évasion spectaculaire.

C'est là où le lecteur cherche fébrilement à quel genre il a affaire: récit autobiographique? fiction habilement déguisée en journal de bord?

Ceux qui connaissent un peu René et son univers border line ne sont pas rassurés !  C'est qu'il serait bien capable d'une générosité aussi irresponsable, d'une fraternité aussi naïve, le bougre !

 La panique est faite d'une empathie alarmée qui fait le sel de la lecture...

Bref on passe un vilain quart d'heure, et ce journal d'un athée de campagne a bientôt des airs de Touchez  pas au grisby ! 
 
Très réussi!

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fanfanouche24
  08 mai 2017
Je ne connaissais cet écrivain que de nom... ce dernier ouvrage est le premier écrit que je lis. Attirée par les sujets, et aussi par le parcours de cet homme: infirmier psychiatrique mais également animateur d'ateliers d'écriture à la prison des Baumettes...

Ce roman ( à fortes résonances personnelles) met en scène l'écrivain, vivant paisiblement dans une belle campagne non loin de Marseille, avec une belle institutrice, Isabelle; il écrit ses livres, marche, profite de la nature, la soigne... un jour, un cataclysme survient dans son existence, en la personne de Kader, un prisonnier rencontré et connu lors d'ateliers d'écriture que le narrateur animait en prison. Kader s'est évadé, après des années d'isolement... lui demande de l'aide; René l'héberge dans un petit logement qu'il a... et il se retrouve "embarqué" dans une spirale effroyable...

Je n'en écrirai pas plus... Une réflexion sur l'écriture, la magie et la thérapie des mots...Parallèlement à la version apaisante de la belle nature, du pouvoir des mots, il y a tous les fantômes et les côtés sombres, désespérants de ceux qui "n'ont pas fait les bonnes rencontres au bon moment"... et qui sombrent.

René Frégni exprime ses nombreuses réticences et colères face à la prison, et aux dégâts supplémentaires qu'elle crée...

Du mal à en exprimer plus... de ce texte très prenant et bouleversant...Très curieuse de découvrir et de lire d'autres écrits de René Frégni !

"- Qu'allez-vous chercher dans les prisons, monsieur Frégni ? Des émotions fortes ?... L'inspiration ? ...
-Ce que j'y ai trouvé, monsieur Thalès. A dix-neuf ans j'étais dans une prison militaire, un brave aumônier m'a apporté des livres. J'ai découvert la lecture, moi qui avais été viré de tous les lycées de Marseille. Pendant six
mois, dans cette cellule, j'ai lu. L'aumônier continuait à m'apporter, chaque semaine, des vieux livres qui partaient en lambeaux, rongés par l'humidité
de cette prison dans la Meuse. Je suis devenu écrivain grâce à ces lambeaux de livres. J'ouvrais un livre, le matin, et c'est comme si l'aumônier m'avait donné les clés de la prison, je partais en voyage...Voilà ce que je vais faire depuis vingt-ans dans les prisons, j'apporte les clefs et personne ne s'évade...
Personne ne naît monstrueux, monsieur Thalès, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. "(p. 157)
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sabine59
  18 mars 2019
Ai-je succombé à l'épidémie de Fregnite aiguë qui se propage sur Babelio? Oui, mille fois oui!

Dès les premières pages , j'ai été touchée en plein coeur. Par l'écriture sensuelle , poétique. Par l'amour des mots qui transparait. Par la finesse d'observation des choses simples mais essentielles, la nature, les oiseaux, les fleurs. Par la générosité du regard envers les autres.

Mais ce livre aurait pu rester juste un écrit au fil du temps, si délicieux soit-il. On accompagne avec bonheur la vie solitaire et contemplative du narrateur, dans cette Provence magnifique, où la belle Isabelle aux yeux verts illumine son quotidien.Cependant, la suite transforme ce calme constat des jours qui passent en autre chose. Car Kader s'est enfui de la prison, Kader au rire de cheval mais à la gâchette facile, dangereux, si attachant... Le narrateur- écrivain , qui l'a connu lors d'ateliers d'écriture en milieu carcéral , l'aidera et sera donc complice de sa cavale. Jusqu'où s'aventurera-t-il?

Je vous laisse le découvrir. Ce livre associe habilement journal intime, notations sur le vif, aventure, thriller. Et l'auteur prend un malin plaisir à mêler aussi réalité et fiction, il est le "héros" de l'histoire , de nombreux éléments autobiographiques apparaissent, fusionnant avec le romanesque, l'invention. Cela m'a fait penser à " L'écrivain national" de Serge Joncour.

On s'émeut, on sourit, on rage avec le narrateur, on vibre des mots , des impressions, on se prend au jeu du vrai et faux, on est RAVI! J'espère que ce ravissement continuera, car j'ai deux autres livres de René Fregni qui m'attendent... Mon seul regret, c'est que, d'après ce que j'ai compris, il aurait été préférable de commencer par les romans précédents, qui évoquent déjà certains des personnages.
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berni_29
  13 août 2018
Les vivants au prix des morts est un roman qui m'a pris au coeur. Je ne suis pas prêt de l'oublier. Nous sommes ici en dehors des sentiers battus. L'auteur d'ailleurs est atypique, il écrit sur ce qu'il connaît : la prison pour être intervenu en milieu carcéral dans l'animation d'ateliers d'écriture, l'écriture qui peut sauver des hommes, les aider à tendre les bras à travers les barreaux de leurs prisons.
Ici le narrateur s'appelle René, comme l'écrivain, René Frégni. Les deux personnes d'ailleurs se confondent, sans ambiguïté.
Nous démarrons la lecture de son journal, nous sommes au plus près de lui, dans des phrases qui cueillent le jour, l'instant présent, un vol de ramiers, la neige qui est là accrochée aux branches, des dames qui traversent la rue d'en face, Isabelle son amour qui va qui vient de l'école où elle enseigne auprès de tous petits, les seins d'Isabelle pour lesquels l'auteur porte une fascination irrésistible. Il écrit cela dans son journal qui commence.
Un jour, plus tard, le téléphone sonne, c'est Kader à l'autre bout du fil. Ils se sont connus il y a quelques années à la prison des Baumettes, René animait un atelier d'écriture où Kader était présent. Kader vient de s'échapper de prison. Il est en détresse. Il veut que René l'aide. Dès lors, tout va basculer...
Plus tard, après ce qui va suivre de cette rencontre, les nuits du narrateur se succèdent, faites de cauchemars. C'est comme une traque immobile.
Kader, c'est la cavale d'un homme qui ne veut plus retourner en prison, finir ses jours là-bas.
Ce livre est une ode à l'écriture, mais aussi une révolte à l'incarcération. Kader sait d'avance qu'il sera rattrapé, retournera en prison. La rencontre avec René, le narrateur est juste une pause, une parenthèse de liberté, une manière aussi de revoir son fils Bryan qui a seize ans.
C'est un roman où se côtoient la peur et la douceur de l'amour. Tout cela oscille dans le fracas du temps.
Le narrareur y apporte ses mots, sa parole et des voyages imaginaires. Il apporte de la lumière et des gestes qui apaisent. Il ne cesse de parler d'Isabelle, son aimée, comme s'il devait sans cesse la perdre au lendemain, dans cette histoire improbable.
Il nous parle de l'hiver, il nous parle du printemps qui soulève la terre, du désir qui surgit des ruines de l'hiver, des pierres vertes des rivières où il fait bon marcher pieds nus. Lorsque le printemps surgit, il nous parle aussi avec merveille d'un vol de mésanges bleues. La sagesse des oiseaux est sa manière de tenir debout.
Il nous parle de l'incarcération. Les prisons sont des labyrinthes peuplés de prédateurs. Entre les murs des prisons, y-a-t-il autre chose que la misère et l'ignorance ? L'auteur nous dit que la lecture peut agrandir la cellule d'un détenu.
À un moment, l'ancien détenu que fut Kader parle de la lecture comme quelque chose qui permettrait de s'évader, une sorte d'escalier de cordes tissé de mots, accroché aux barreaux d'une fenêtre, suspendu au-dessus du vide...
Ici j'ai perçu le désir de l'écrivain : écrire l'autre côté de la vie, l'autre côté du versant, celui qu'on devine du bout des doigts, qu'on rêve d'atteindre un jour.
C'est aussi un livre sur l'amitié. Il est dit qu'un ami, c'est celui qui prend la bêche, creuse le trou pour enterrer le cadavre de l'homme que l'autre vient d'assassiner.
Ce roman est un endroit de poésie où l'on côtoie aussi les loups. Il est magnifique pour cela.
Dans cette lecture, j'ai été embrasé.
Merci à Blandine, à qui je dédie ce billet, pour m'avoir donné envie de lire ce livre très beau.
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tynn
  18 février 2018
Où il est dangereux de côtoyer les gangsters, même les plus élégants et chaleureux.
La violence n'est jamais loin ...

Un service rendu à un ancien tôlard en cavale et voici un écrivain « champêtre » mêlé à un imbroglio de meurtres, de trafics et de complicité mal à propos. de quoi voir voler en éclats le confort d'une vie sédentaire paisible, heureuse en couple, et se rendre malade de trouille face aux conséquences possibles. Et fatalement, il y en aura...

Avec une petite histoire de rien du tout, René Fregni nous tient rênes serrées par une écriture impeccable capable de raconter les événements avec efficacité en les confrontant à une acuité sensorielle dans l'observation de la nature et des choses qui l'entourent.

On est un peu égaré entre romanesque et autofiction quand on s'informe un peu de la biographie de l'auteur. Tout cela sent le vécu, la violence des bas-fonds marseillais, la prison et le banditisme. Mais il est incontestable que l'auteur a le talent des mots.

Un écrivain que j'ai apprécié découvrir.
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Bazart
  09 mars 2018
Ce roman a reçu le 15 janvier dernier le Prix des Lecteurs Gallimard 2017.

Le romancier marseillais a été choisi par les lecteurs parmi 135 romans et récits publiés en 2017 pour ce beau récit qui se joue des lignes ténues entre autobiographie et fiction .

Comme son narrateur personnage principal, il porte le même prénom et anime depuis de nombreuses années des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes et celle d'Aix en Provence. le narrateur de ce beau récit va voir sa vie basculer du côté des réprouvés, de ceux qui sont condamnés dès la naissance, un peu comme le "Petit Voleur" chanté par Renaud.

Quelle est la part de fiction, dans ce livre de René Fregni? Une question difficile à répondre tant le romancier se revèle expert dans sa façon d'égarer le lecteur. A la fois journal intime et thriller social , Les vivants au prix des morts nous entraîne sur les rives de l'autofiction.

En effet, son narrateur ,comme l'auteur , intervient dans les prisons pour des ateliers d'écriture.

Et comme dans le livre, René Fregni a , en tout cas d'après ses dires en interview, bien reçu un coup de fil d'un ancien détenu rencontré dans un de ces ateliers d'écriture, et pour l'aider met le pied dans un engrenage à ce moment-là, et on peut aisément imaginer, vu le virage très polar que prend l'histoire que cette issue là qui diffère entre la fiction et la réalité.

Qu'importe après tout? L'essentiel réside évidemment ailleurs, certainement dans le regard très bienveillant que pose l'auteur sur Kader et les détenus en général, et ce regard plein de sagesse vient évidemmentdes 20 ans que l'auteur a pu passer à appréhender les détenus au cours de ces ateliers..

Gorgé de ce regard juste et tendre, et cette authenticité brute, "Les vivants au prix des morts " ( quel beau titre n'est ce pas?) est fait de ce bruit et de cette fureur qui font le sel des romans percutants et jubilatoires...


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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blandine5674
  29 juillet 2018
Bio ? Roman ? Peu importe ! René Frégni connaît bien le sujet qu'il décrit puisqu'en 1990 le ministère de la Culture lui demande de rendre visites auprès des détenus pour leur faire découvrir l'écriture. L'histoire débute avec un ancien 'client' évadé de prison qu'il va cacher et aider au-delà du possible. Une belle prose qui m'a fait relire plusieurs fois les mêmes phrases tellement elles sont recherchées et profondes. Un vrai talent !
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montmartin
  12 juillet 2017
Tout le monde dans le village sait qu'il écrit des livres et qu'il vit avec l'institutrice des tout-petits. Un cahier rouge offert et sans réfléchir il commence un journal, quelques mots jetés sur la page blanche chaque jour. Il fréquente les arbres et les oiseaux, observe les hommes. Il note sur son beau cahier rouge ce qu'il voit, ce qu'il entend lorsqu'il part randonner dans les collines.
Mais il suffit d'une simple sonnerie pour que le cours paisible de sa vie explose. Bien sûr dans ses romans il a tué beaucoup de gens, mais là, un homme est allongé sur le carrelage de son appartement, ses yeux à moitié sortis des orbites, sa langue noire qui pend au milieu de son visage. Qui se douterait au bistrot que cet écrivain silencieux, qui lit tranquillement le journal, vient d'enterrer un homme à quelque pas d'ici.
Ce roman commence comme un livre de Marcel Pagnol, bercé par la douceur des mots et la beauté des paysages de Provence. Et soudain tout bascule, la peur et la violence, remplacent le silence et la lumière, le roman naturaliste devient roman noir, et les morts se confondent avec les vivants. Tout sonne juste dans ce roman, l'auteur anime un atelier d'écriture aux baumettes, il connait donc bien le milieu carcéral, c'est aussi un amoureux des mots et de la nature. Et puis il a le talent de changer de style lorsque le récit se transforme en polar et Marcel Pagnol en Alphonse Boudard.

Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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