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EAN : 9782072732829
192 pages
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Lorsque le douzième coup de midi tombe du clocher des Accoules, un peu plus bas, sur les quais du Vieux-Port, les poissonnières se mettent à crier : «Les vivants au prix des morts !» Et chaque touriste se demande s’il s’agit du poisson ou de tous ces hommes abattus sur un trottoir, sous l’aveuglante lumière de Marseille…
À Marseille, René n’y va plus que rarement. Il préfère marcher dans les collines de l’arrière-pays, profiter de la lumière miraculeuse de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
babounette
  18 juillet 2019
René Frégni - Les vivants au prix des morts - Folio - Lu en juillet 2019.
Dédicace : "Pour tous les libraires qui me soutiennent depuis mon premier livre et me permettent d'écrire et de vivre librement".
Les vivants au prix des morts raconte une tranche de vie entre le 1er janvier 2016 et le 25 décembre 2016.

La vie se déroule, paisible, René partage la vie d'Isabelle la si jolie institutrice qu'il a connue 18 ans plus tôt (La fiancée des corbeaux), il écrit dans son cahier rouge. "Isabelle est partie pour l'école... elle va préparer un gâteau aux pommes avec ses vingt- huit enfants de 4 ans... des gâteaux aux pommes, voilà ce que devraient faire nos hommes politiques... ils oublieraient un instant de détruire tous ceux qui les entourent et menacent leur carrière" pge 14.
René part presque chaque jour marcher dans les collines de sa Provence aux mille lumières, aux mille couleurs, aux mille senteurs, il s'occupe du jardin d'Isabelle, il s'interroge sur la violence du monde "la planète est si vaste, si barbare est l'homme... Des mots sont apparus et roulent sur toutes les ondes, dès l'aube. "Kalachnikov", "hachoir", "ceinture d'explosifs", "tueries", "massacre", "viol collectif"... pge 23.
Le 22 janvier, un coup de téléphone va faire voler en éclat ce bel équilibre qu'il avait réussi à trouver auprès d'Isabelle.
Kader, un détenu des Baumettes que René avait connu lors de ses ateliers d'écriture, s'est évadé, il fait appel à René pour le cacher.
Et l'enfer fait à nouveau partie de sa vie, pris dans un engrenage qu'il n'a pas voulu, faisant de lui le complice de Kader.
Il cache tout à Isabelle, mais elle sent bien que quelque chose se passe, elle reste discrète Isabelle, ne demande rien, ne pose pas de questions, elle est là tout simplement, mais elle ressent tout le mal-être de René.
René vit dans la peur, ne dort plus, ne mange plus, se tue au travail dans le jardin, il voit la mort rôder, la P.J., peut-être la prison. Il n'écrit plus, les mots ne sortent plus de sa plume. Il se sent poursuivi, et reste sur ses gardes 24 heures sur 24.
Alors, il décide de partir, il laisse là son Isabelle si douce, désemparée, apeurée, malheureuse.
Que va-t-il advenir d'elle, que va-t-il advenir d'eux ?

René est un homme libre dans sa tête, mais cette liberté vaut-elle le chagrin et la peur qu'il laisse en Isabelle en partant pour fuir ses cauchemars ?
Elle ne sait pas où il est ni ce qu'il fait. Elle reçoit seulement un coup de téléphone d'une cabine une fois par semaine à l'école où elle travaille.
J'espère qu'un autre livre nous ramènera vers la lumière et que nous connaîtrons la suite.
Dans la noirceur de cette histoire transparaît toujours la beauté de l'écriture de René Frégni, les descriptions sublimes de la nature provençale, de la beauté des femmes, de la vie des gens simples.
Toujours accro, je vais continuer à vous lire Monsieur Frégni avec ce 11 ème livre : On ne s'endort jamais seul.


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palamede
  30 juillet 2019
Voilà, ça y est j'ai lu mon premier Frégni. Une rencontre que je ne regrette pas, embarquée moi aussi par la magie des mots de René Frégni, qui dans Marseille, et sur les chemins lumineux et bruissants de son arrière pays, nous fait connaître un monde d'hommes perdus. Tel Kader, un braqueur multirécidiviste évadé que René va aider pour son malheur. Car il est comme cela René, il ne peut s'empêcher d'avoir de l'affection pour les mauvais garçons. Même de leur trouver des excuses, là où ils n'en n'ont pas. Une vision du monde des voyous pas toujours réaliste, à vrai dire, mais tellement poétique. Et finalement n'est-ce pas de cela dont nous avons besoin, d'un peu de poésie à opposer à la violence du monde ?
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TerrainsVagues
  12 mars 2019
Petit à petit, l'air de rien, bien loin des têtes de gondole, René Frégni vient s'immiscer dans des pal surchargées de lecteurs babelioteurs. Heureux ont l'air ceux ayant pistonné un titre ou l'autre au détriment de livres qui voyaient approcher le bout du tunnel, de bouquins qui allaient enfin être caressés par un regard empli de désir, d'attente, d'espoir.
Un Frégni, c'est simple. On aime ou… on aime. C'est une drogue dure en intra veineuse, de celles qui vous fait sentir circuler le sang jusque dans les capillaires. Une came où l'héroïne, c'est la vie.
♫ Aux enfants d'la chance♫
♪qui ont déjà connu les transes♪
♫ des lignes de Frégni ♪
Au début tu n'y prends pas garde, t'es bien, tu t'absentes momentanément des tracas du quotidien. Tu suis les rails, une sorte de ligne blanche continue qui te mène ailleurs, loin, haut. Tu te sens léger, presque en apesanteur. Forcément quand tu fermes ton premier Frégni, très vite tu ne penses plus qu'à une chose, le rouvrir. Alors tu le reprends avant de l'avoir reposé et tu t'aperçois que tu t'es fait toute la barrette en un seul bédo. Première sensation de manque. T'en a vu d'autres, t'es «un bonhomme» merde, un crack, tu vas gérer tranquilou. Alors t'essayes autre chose. Histoire de briser la glace tu demandes à ton pote Antoine deux cônes, le temps de lire une bonne histoire en te roulant de... en te roulant dans l'herbe. Tu rencontres du bon, de l'excellent, du moins bon, de la daube. T'es un aventurier avide de nouvelles sensations, de nouvelles expériences mais au fond de toi tu sais qu'il est déjà trop tard. Chaque cellule de ton être a en mémoire ton premier Frégni. Alors tu vas en recommander un ou deux puis trois, quatre en te disant que ça sera pour les grandes occasions, tu fais ta fourmi genre coke en stock. Tintin oui, tu te les enfiles direct, t'es foutu, il n'y a pas d'issue de secours. T'aimes pas la poésie, t'as le policier qui t'attrape au détour d'une page. T'aimes pas le policier, c'est la nature qui t'envoute entre deux règlements de compte. T'aimes pas la nature, t'as du psychotruc. T'es pas branché psychopathe, y a de la tendresse à revendre. T'es un dur, y en a aussi. T'aimes pas les durs, les Frégni sont pleins de poésie. Et puis les femmes. Tu connais pas Isabelle? Commence par « les corbeaux », mon premier.
Tu peux tourner dans tous les sens que tu veux, quand t'es chopé, c'est fini, t'es coincé. Là le dealer m'a filé du « vivants au prix des morts » mais mort fine alors.
Un Frégni ça se garde pas pour soi, faut faire tourner le spliff, c'est trop d'la bonne..
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Jeanfrancoislemoine
  23 décembre 2019
Depuis longtemps , longtemps je lis des critiques de mes amies et amis babeliotes à propos d'un auteur que je n'ai jamais lu , René Fégni...Et ces critiques , nombreuses , si elles ne sont pas forcément toutes dithyrambiques , n'en sont pas moins unanimement excellentes , séduisantes , aguichantes , racoleuses...Comment résister et surtout , pourquoi résister ? Oui , pourquoi ? Et voilà. C'est fait . Je viens de tourner la dernière page d'un roman assez fascinant , " les vivants au prix des morts " . Superbement écrit ( je pèse mes mots ) d'une plume magique , poétique, aérienne, une plume virevoltante qui joue avec les mots , avec leur sens , avec leur musicalité. Vraiment , comment ne pas se sentir amoureux des mots quand ils vous offrent la description d'un monde édenique , d'un printemps éclatant de couleurs , d'odeurs , de lumiéres dans lesquelles se " vautre " le narrateur , par ailleurs auteur de romans à succès et heureux compagnon d'une institutrice douce , belle , discrète, amoureuse ....des phrases et de leur auteur , amoureuse , amoureux , tout simplement se " gavant " des nourritures terrestres que leur offre ce paradis ...Et puis , Kader ...évadé en cavale , connu auparavant dans des conditions ...... Une rencontre . Des souvenirs .La générosité .... La main tendue , et ....le monde qui vacille, se fissure , le cauchemar qui s'insinue la nuit , qui s'insinue le jour , qui " mange" , qui " broie " , qui détruit......Il y a dans ce roman une inexorable descente ....de l'Eden à l'enfer. Des passages de toute beauté , d'une force incroyable , un homme face à un désordre qui va le perturber au plus profond de ses entrailles....et un dénouement juste " pas possible ", comme on dit familièrement , un dénouement qui interpelle .
Je n'en dirai pas plus , si ce n'est que j'adresse à ceux et celles qui , par leurs commentaires , m'ont conduit vers cet auteur , mes bien sincères remerciements . Et une dernière demande : m'accepter gentiment dans leur fan - club déjà bien fourni . Je viens de terminer un superbe roman et René Fregni n'en a pas fini avec moi , et moi avec lui . Et oui , la "Frégnitude" , un virus bien résistant , parait - il, tenace à un point ... ...."C'est de votre faute, aussi , fallait pas me chercher ." Quant à la PAL.... no comment .
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Piatka
  29 novembre 2018
Ça démarre comme un journal poétique et sensuel, lumineux comme le soleil sur la Méditerranée. Des bribes de hasard et be bonheur, une écriture sensible et visuelle qui m'ont immédiatement touchée - voilà bien les prémisses prometteuses d'une rencontre avec un nouvel auteur après être tombée par hasard sur ce bouquin à ma médiathèque.
Puis ça bouscule. Le récit accélère, s'emballe avec l'évasion d'un truand , Kader, que René, le narrateur-auteur, a connu quand il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes. Il cherche une planque et René va l'aider, précipitant sa vie sédentaire et calme du moment dans une spirale de violence et d'angoisse, entrainant avec lui le lecteur dans un roman noir. L'écriture élégante devient acérée et son extrême précision sert efficacement la montée du suspense.
La tension du récit m'a tenue en haleine jusqu'au bout du chemin, gage de réussite et d'intérêt.
Et pour finir, ça dérange, surtout quand on découvre que René Frégni a réellement reçu cet appel, qu'il met donc le lecteur face à un fait divers, certes romancé, mais où violence, meurtre, complicité d'évasion sonnent bien réels. Il entraîne le lecteur dans la cavale et ses conséquences. Pas étonnant alors que j'ai souvent eu l'impression d'être une funambule sur le fil de cette intrigue et c'est probablement un des buts de l'auteur : nous déstabiliser et mine de rien nous poussez à réfléchir. Pari gagné. Sa bienveillance à l'égard de Kader ne fait aucun doute, sans tout excuser pour autant, surtout pas le crime. Au final, je me suis souvent posé la question : qu'aurais-je fait à sa place ?
Deux extraits parlant puisés à l'encre de Frégni qui anime depuis vingt-cinq ans des ateliers d'écriture dans les prisons :
« Voilà ce que je vais faire depuis vingt ans dans les prisons, j'apporte les clés et personne ne s'évade...Personne ne naît monstrueux, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. »
« La prison c'est rien d'autre qu'une cité avec des barreaux. »
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critiques presse (1)
Lexpress   16 août 2017
Sans faire du polar pur jus, l'auteur offre une littérature à base de faits divers réels... directement sortis de prison.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   11 août 2018
Je suis reparti sur des chemins ou je n'étais pas seul. Je marchais avec une ombre. Nous avons tous la sensation de marcher avec une ombre sans doute. J'ai traversé des périodes, dans ma vie, où cette ombre s'éloignait. Je me suis toujours débrouillé pour cheminer à côté d'une ombre qui n'était pas la mienne. Une ombre qui m'inquiète et dont j'ai besoin. Comme si je n'avais jamais pu me contenter des joies paisibles que m'offre cette vie : marcher, écrire, dormir, aimer une femme, entrer l'été dans l'eau fraîche d'une rivière, m'étendre nu sur des galets blancs de lumière, manger le plat du jour dans le premier bistrot d'un village, demander une paire de boules et me joindre à ces hommes qui ne semblent pas avoir d'ombre, même au soleil, ils s'interpellent, rient, balaient le sol du plat de la main, font trois pas et lèvent les bras au ciel. Reprendre la route et regarder tout ce qui bouge, détale, embaume, étincelle. pousse, s'envole, rampe, frémit, hurle, s'émerveille, senfuit, surgit, se décompose, renaît.
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PiatkaPiatka   23 novembre 2018
J’étais heureux dans ce petit vallon. J’ouvrais ce cahier chaque matin et j’étais ébloui par la liberté que m’offrait la blancheur vierge de chaque page, comme je l’étais dans le silence de tous ces chemins. Libre de marcher, d’écrire, de rêver. Libre de ne penser qu’à l’oiseau, lorsque je regardais l’oiseau, de ne penser qu’à chaque pierre où je posais mon pied lorsque je gravissais les chemins ravinés qui mènent aux crêtes. Libre de ramasser un mot, n’importe où, de tripoter ce mot, de l’observer, d’en extraire de brefs ou longs voyages, des désirs et des peurs.
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Annette55Annette55   15 mai 2019
«  J’étais heureux dans ce petit vallon. J’ouvrais ce cahier chaque matin et j'étais ébloui par la liberté que m’offrait la blancheur vierge de chaque page comme je l'étais dans le silence de tous ces chemins.
Libre de marcher, d’écrire , de rêver .Libre de ne penser qu’à l’oiseau, lorsque je regardais l’oiseau , de ne penser qu’à chaque pierre où je posais mon pied ——Libre de ramasser un mot , de l’observer, de le goûter , de le tordre——d’en extraire de brefs ou longs voyages ——des désirs ou des peurs ... »
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   04 mai 2017
Voilà ce que devraient faire plus souvent nos hommes politiques, des gâteaux aux pomme avec des enfants de quatre ans. Les mains dans la farine ils en seraient plus humains, plus modestes. Ils oublieraient un instant de détruire tous ceux qui les entourent et menacent leur carrière. Ils assassineraient père et mère tant est sans limites leur besoin frénétique d'être aimés, admirés, applaudis. (p. 19)
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michfredmichfred   13 mars 2019
Aujourd'hui je ne me soucie plus de la réalité.  J'ai même abandonné l'idée de raconter une histoire. Il faut des années pour raconter une seule histoire, alors que des centaines viennent vous percuter chaque jour. Ni vérité, ni réalité, ni histoire. Dans ce cahier je ne jetterai que le hasard, un mot ramassé sur un chemin, un visage blême surgi d'un rêve, la première neige aperçue ce matin sur le bleu transparent des collines, quelqu'un qui passe sur la route, derrière les chênes, et que je ne vois pas.
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Rencontre avec René Fregni pour son livre "Les Vivants au prix des morts" (Gallimard)
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