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ISBN : 2072732824
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Lorsque le douzième coup de midi tombe du clocher des Accoules, un peu plus bas, sur les quais du Vieux-Port, les poissonnières se mettent à crier : «Les vivants au prix des morts !» Et chaque touriste se demande s’il s’agit du poisson ou de tous ces hommes abattus sur un trottoir, sous l’aveuglante lumière de Marseille…
À Marseille, René n’y va plus que rarement. Il préfère marcher dans les collines de l’arrière-pays, profiter de la lumière miraculeuse de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  29 novembre 2018
Ça démarre comme un journal poétique et sensuel, lumineux comme le soleil sur la Méditerranée. Des bribes de hasard et be bonheur, une écriture sensible et visuelle qui m'ont immédiatement touchée - voilà bien les prémisses prometteuses d'une rencontre avec un nouvel auteur après être tombée par hasard sur ce bouquin à ma médiathèque.
Puis ça bouscule. Le récit accélère, s'emballe avec l'évasion d'un truand , Kader, que René, le narrateur-auteur, a connu quand il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes. Il cherche une planque et René va l'aider, précipitant sa vie sédentaire et calme du moment dans une spirale de violence et d'angoisse, entrainant avec lui le lecteur dans un roman noir. L'écriture élégante devient acérée et son extrême précision sert efficacement la montée du suspense.
La tension du récit m'a tenue en haleine jusqu'au bout du chemin, gage de réussite et d'intérêt.
Et pour finir, ça dérange, surtout quand on découvre que René Frégni a réellement reçu cet appel, qu'il met donc le lecteur face à un fait divers, certes romancé, mais où violence, meurtre, complicité d'évasion sonnent bien réels. Il entraîne le lecteur dans la cavale et ses conséquences. Pas étonnant alors que j'ai souvent eu l'impression d'être une funambule sur le fil de cette intrigue et c'est probablement un des buts de l'auteur : nous déstabiliser et mine de rien nous poussez à réfléchir. Pari gagné. Sa bienveillance à l'égard de Kader ne fait aucun doute, sans tout excuser pour autant, surtout pas le crime. Au final, je me suis souvent posé la question : qu'aurais-je fait à sa place ?
Deux extraits parlant puisés à l'encre de Frégni qui anime depuis vingt-cinq ans des ateliers d'écriture dans les prisons :
« Voilà ce que je vais faire depuis vingt ans dans les prisons, j'apporte les clés et personne ne s'évade...Personne ne naît monstrueux, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. »
« La prison c'est rien d'autre qu'une cité avec des barreaux. »
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fanfanouche24
  08 mai 2017
Je ne connaissais cet écrivain que de nom... ce dernier ouvrage est le premier écrit que je lis. Attirée par les sujets, et aussi par le parcours de cet homme: infirmier psychiatrique mais également animateur d'ateliers d'écriture à la prison des Baumettes...
Ce roman ( à fortes résonances personnelles) met en scène l'écrivain, vivant paisiblement dans une belle campagne non loin de Marseille, avec une belle institutrice, Isabelle; il écrit ses livres, marche, profite de la nature, la soigne... un jour, un cataclysme survient dans son existence, en la personne de Kader, un prisonnier rencontré et connu lors d'ateliers d'écriture que le narrateur animait en prison. Kader s'est évadé, après des années d'isolement... lui demande de l'aide; René l'héberge dans un petit logement qu'il a... et il se retrouve "embarqué" dans une spirale effroyable...
Je n'en écrirai pas plus... Une réflexion sur l'écriture, la magie et la thérapie des mots...Parallèlement à la version apaisante de la belle nature, du pouvoir des mots, il y a tous les fantômes et les côtés sombres, désespérants de ceux qui "n'ont pas fait les bonnes rencontres au bon moment"... et qui sombrent.
René Frégni exprime ses nombreuses réticences et colères face à la prison, et aux dégâts supplémentaires qu'elle crée...
Du mal à en exprimer plus... de ce texte très prenant et bouleversant...Très curieuse de découvrir et de lire d'autres écrits de René Frégni !
"- Qu'allez-vous chercher dans les prisons, monsieur Frégni ? Des émotions fortes ?... L'inspiration ? ...
-Ce que j'y ai trouvé, monsieur Thalès. A dix-neuf ans j'étais dans une prison militaire, un brave aumônier m'a apporté des livres. J'ai découvert la lecture, moi qui avais été viré de tous les lycées de Marseille. Pendant six
mois, dans cette cellule, j'ai lu. L'aumônier continuait à m'apporter, chaque semaine, des vieux livres qui partaient en lambeaux, rongés par l'humidité
de cette prison dans la Meuse. Je suis devenu écrivain grâce à ces lambeaux de livres. J'ouvrais un livre, le matin, et c'est comme si l'aumônier m'avait donné les clés de la prison, je partais en voyage...Voilà ce que je vais faire depuis vingt-ans dans les prisons, j'apporte les clefs et personne ne s'évade...
Personne ne naît monstrueux, monsieur Thalès, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. "(p. 157)
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berni_29
  13 août 2018
Les vivants au prix des morts est un roman qui m'a pris au coeur. Je ne suis pas prêt de l'oublier. Nous sommes ici en dehors des sentiers battus. L'auteur d'ailleurs est atypique, il écrit sur ce qu'il connaît : la prison pour être intervenu en milieu carcéral dans l'animation d'ateliers d'écriture, l'écriture qui peut sauver des hommes, les aider à tendre les bras à travers les barreaux de leurs prisons.
Ici le narrateur s'appelle René, comme l'écrivain, René Frégni. Les deux personnes d'ailleurs se confondent, sans ambiguïté.
Nous démarrons la lecture de son journal, nous sommes au plus près de lui, dans des phrases qui cueillent le jour, l'instant présent, un vol de ramiers, la neige qui est là accrochée aux branches, des dames qui traversent la rue d'en face, Isabelle son amour qui va qui vient de l'école où elle enseigne auprès de tous petits, les seins d'Isabelle pour lesquels l'auteur porte une fascination irrésistible. Il écrit cela dans son journal qui commence.
Un jour, plus tard, le téléphone sonne, c'est Kader à l'autre bout du fil. Ils se sont connus il y a quelques années à la prison des Baumettes, René animait un atelier d'écriture où Kader était présent. Kader vient de s'échapper de prison. Il est en détresse. Il veut que René l'aide. Dès lors, tout va basculer...
Plus tard, après ce qui va suivre de cette rencontre, les nuits du narrateur se succèdent, faites de cauchemars. C'est comme une traque immobile.
Kader, c'est la cavale d'un homme qui ne veut plus retourner en prison, finir ses jours là-bas.
Ce livre est une ode à l'écriture, mais aussi une révolte à l'incarcération. Kader sait d'avance qu'il sera rattrapé, retournera en prison. La rencontre avec René, le narrateur est juste une pause, une parenthèse de liberté, une manière aussi de revoir son fils Bryan qui a seize ans.
C'est un roman où se côtoient la peur et la douceur de l'amour. Tout cela oscille dans le fracas du temps.
Le narrareur y apporte ses mots, sa parole et des voyages imaginaires. Il apporte de la lumière et des gestes qui apaisent. Il ne cesse de parler d'Isabelle, son aimée, comme s'il devait sans cesse la perdre au lendemain, dans cette histoire improbable.
Il nous parle de l'hiver, il nous parle du printemps qui soulève la terre, du désir qui surgit des ruines de l'hiver, des pierres vertes des rivières où il fait bon marcher pieds nus. Lorsque le printemps surgit, il nous parle aussi avec merveille d'un vol de mésanges bleues. La sagesse des oiseaux est sa manière de tenir debout.
Il nous parle de l'incarcération. Les prisons sont des labyrinthes peuplés de prédateurs. Entre les murs des prisons, y-a-t-il autre chose que la misère et l'ignorance ? L'auteur nous dit que la lecture peut agrandir la cellule d'un détenu.
À un moment, l'ancien détenu que fut Kader parle de la lecture comme quelque chose qui permettrait de s'évader, une sorte d'escalier de cordes tissé de mots, accroché aux barreaux d'une fenêtre, suspendu au-dessus du vide...
Ici j'ai perçu le désir de l'écrivain : écrire l'autre côté de la vie, l'autre côté du versant, celui qu'on devine du bout des doigts, qu'on rêve d'atteindre un jour.
C'est aussi un livre sur l'amitié. Il est dit qu'un ami, c'est celui qui prend la bêche, creuse le trou pour enterrer le cadavre de l'homme que l'autre vient d'assassiner.
Ce roman est un endroit de poésie où l'on côtoie aussi les loups. Il est magnifique pour cela.
Dans cette lecture, j'ai été embrasé.
Merci à Blandine, à qui je dédie ce billet, pour m'avoir donné envie de lire ce livre très beau.
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tynn
  18 février 2018
Où il est dangereux de côtoyer les gangsters, même les plus élégants et chaleureux.
La violence n'est jamais loin ...
Un service rendu à un ancien tôlard en cavale et voici un écrivain « champêtre » mêlé à un imbroglio de meurtres, de trafics et de complicité mal à propos. de quoi voir voler en éclats le confort d'une vie sédentaire paisible, heureuse en couple, et se rendre malade de trouille face aux conséquences possibles. Et fatalement, il y en aura...
Avec une petite histoire de rien du tout, René Fregni nous tient rênes serrées par une écriture impeccable capable de raconter les événements avec efficacité en les confrontant à une acuité sensorielle dans l'observation de la nature et des choses qui l'entourent.
On est un peu égaré entre romanesque et autofiction quand on s'informe un peu de la biographie de l'auteur. Tout cela sent le vécu, la violence des bas-fonds marseillais, la prison et le banditisme. Mais il est incontestable que l'auteur a le talent des mots.
Un écrivain que j'ai apprécié découvrir.
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Bazart
  09 mars 2018
Ce roman a reçu le 15 janvier dernier le Prix des Lecteurs Gallimard 2017.
Le romancier marseillais a été choisi par les lecteurs parmi 135 romans et récits publiés en 2017 pour ce beau récit qui se joue des lignes ténues entre autobiographie et fiction .
Comme son narrateur personnage principal, il porte le même prénom et anime depuis de nombreuses années des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes et celle d'Aix en Provence. le narrateur de ce beau récit va voir sa vie basculer du côté des réprouvés, de ceux qui sont condamnés dès la naissance, un peu comme le "Petit Voleur" chanté par Renaud.
Quelle est la part de fiction, dans ce livre de René Fregni? Une question difficile à répondre tant le romancier se revèle expert dans sa façon d'égarer le lecteur. A la fois journal intime et thriller social , Les vivants au prix des morts nous entraîne sur les rives de l'autofiction.
En effet, son narrateur ,comme l'auteur , intervient dans les prisons pour des ateliers d'écriture.
Et comme dans le livre, René Fregni a , en tout cas d'après ses dires en interview, bien reçu un coup de fil d'un ancien détenu rencontré dans un de ces ateliers d'écriture, et pour l'aider met le pied dans un engrenage à ce moment-là, et on peut aisément imaginer, vu le virage très polar que prend l'histoire que cette issue là qui diffère entre la fiction et la réalité.
Qu'importe après tout? L'essentiel réside évidemment ailleurs, certainement dans le regard très bienveillant que pose l'auteur sur Kader et les détenus en général, et ce regard plein de sagesse vient évidemmentdes 20 ans que l'auteur a pu passer à appréhender les détenus au cours de ces ateliers..
Gorgé de ce regard juste et tendre, et cette authenticité brute, "Les vivants au prix des morts " ( quel beau titre n'est ce pas?) est fait de ce bruit et de cette fureur qui font le sel des romans percutants et jubilatoires...

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
Lexpress   16 août 2017
Sans faire du polar pur jus, l'auteur offre une littérature à base de faits divers réels... directement sortis de prison.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   11 août 2018
Je suis reparti sur des chemins ou je n'étais pas seul. Je marchais avec une ombre. Nous avons tous la sensation de marcher avec une ombre sans doute. J'ai traversé des périodes, dans ma vie, où cette ombre s'éloignait. Je me suis toujours débrouillé pour cheminer à côté d'une ombre qui n'était pas la mienne. Une ombre qui m'inquiète et dont j'ai besoin. Comme si je n'avais jamais pu me contenter des joies paisibles que m'offre cette vie : marcher, écrire, dormir, aimer une femme, entrer l'été dans l'eau fraîche d'une rivière, m'étendre nu sur des galets blancs de lumière, manger le plat du jour dans le premier bistrot d'un village, demander une paire de boules et me joindre à ces hommes qui ne semblent pas avoir d'ombre, même au soleil, ils s'interpellent, rient, balaient le sol du plat de la main, font trois pas et lèvent les bras au ciel. Reprendre la route et regarder tout ce qui bouge, détale, embaume, étincelle. pousse, s'envole, rampe, frémit, hurle, s'émerveille, senfuit, surgit, se décompose, renaît.
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PiatkaPiatka   23 novembre 2018
J’étais heureux dans ce petit vallon. J’ouvrais ce cahier chaque matin et j’étais ébloui par la liberté que m’offrait la blancheur vierge de chaque page, comme je l’étais dans le silence de tous ces chemins. Libre de marcher, d’écrire, de rêver. Libre de ne penser qu’à l’oiseau, lorsque je regardais l’oiseau, de ne penser qu’à chaque pierre où je posais mon pied lorsque je gravissais les chemins ravinés qui mènent aux crêtes. Libre de ramasser un mot, n’importe où, de tripoter ce mot, de l’observer, d’en extraire de brefs ou longs voyages, des désirs et des peurs.
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fanfanouche24fanfanouche24   04 mai 2017
Voilà ce que devraient faire plus souvent nos hommes politiques, des gâteaux aux pomme avec des enfants de quatre ans. Les mains dans la farine ils en seraient plus humains, plus modestes. Ils oublieraient un instant de détruire tous ceux qui les entourent et menacent leur carrière. Ils assassineraient père et mère tant est sans limites leur besoin frénétique d'être aimés, admirés, applaudis. (p. 19)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 mai 2017
- Qu'allez-vous chercher dans les prisons, monsieur Frégni ? Des émotions fortes ?... L'inspiration ? ...
-Ce que j'y ai trouvé, monsieur Thalès. A dix-neuf ans j'étais dans une prison militaire, un brave aumônier m'a apporté des livres. J'ai découvert la lecture, moi qui avais été viré de tous les lycées de Marseille. Pendant six mois, dans cette cellule, j'ai lu. L'aumônier continuait à m'apporter, chaque semaine, des vieux livres qui partaient en lambeaux, rongés par l'humidité de cette prison dans la Meuse. Je suis devenu écrivain grâce à ces lambeaux de livres. J'ouvrais un livre, le matin, et c'est comme si l'aumônier m'avait donné les clés de la prison, je partais en voyage...Voilà ce que je vais faire depuis vingt-ans dans les prisons, j'apporte les clefs et personne ne s'évade...Personne ne naît monstrueux, monsieur Thalès, ce sont certains quartiers et les prisons qui nous rendent monstrueux. Je ne leur apporte aucune arme, je leur apporte des mots. Je leur apporte ce qu'ils n'ont jamais eu. (p. 157)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 mai 2017
Presque chaque jour je pars marcher dans les collines. J'aime être seul sur les chemins. (...)
L'homme est un danger pour tout ce qui est vivant. Je suis un morceau de ce danger (...) D'où tenons-nous un tel désir de puissance destructrice ? (p. 25)
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Vidéo de René Frégni
René Frégni, passionné de lecture et d'écriture, est venu à la rencontre de ses lecteurs à la Colline aux Livres (mai 2013).
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