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Critique de dancingbrave


dancingbrave
  07 novembre 2012
Cette critique a été réalisée dans le cadre de l'opération Masse critique de septembre 2012.


En juillet 2001, Peter Waltman, cinéaste allemand se rend aux états unis pour la double raison de présenter, lors d'un festival à San Francisco, un de ses films récents, et de réaliser un documentaire flatteur sur « la Murray », Frederika Murray, violoniste people talentueuse.


Premier thème : le très original guide touristique :

Peter Waltman va donc effectuer un périple à travers les Etats-Unis le menant successivement à New York, Philadelphie, Washington, San Francisco, Los Angeles, Chicago et Boston. Chaque étape sera l'objet d'une étude intéressante sur les lieux, les moeurs, bref, l' «american way of life » décliné dans ses nuances géographiques par un personnage pas forcément pro-américain.


Second thème : l'amour :

Peter Waltman va rencontrer Frederika Murray dont il va tomber éperdument amoureux avec force détails parfois surprenants.


Troisième thème : La musique

Max Genève est manifestement un grand mélomane, sa riche érudition transpire dans ces personnages principaux pour notre plus grand bonheur.


Quatrième thème : les intrigues ; intrigue policière, intrigue géopolitique et intrigue de moeurs :

Peter va croiser le personnage de Myriam, la soeur de Frederika.
Myriam va se révéler être un personnage ambigu, peut-être impliqué dans deux meurtres, celui de son ex-mari et celui d'un ancien détective, Wallace, lié à la famille Murray
(Mais cela n'a pas d'importance pour la suite…).

Sur ces entrefaites, Willy Westermann, cadreur de l'équipe de Peter, est assassiné par Piotr Ljubomir
(Mais cela n'a pas d'importance non plus pour la suite…)

Piotr Ljubomir est sous contrat d'un commanditaire, Graham Stoker, ancien de la CIA
(Mais cela n'a guère d'importance non plus….).

L'enquête policière conduit Peter à se questionner sur un ancien reportage que son équipe avait réalisé en 1994 à Khartoum, près du prince Hassan Al-Tourabi, une relation à lui, Houssama Ben Laden, et sur des images qu'ils n'auraient peut être pas du fixer.

Sur cette deuxième entrefaite, vient se rajouter une interview que Peter va accorder à Anton Bleicher, faux journaliste pas très méchant.
(Mais cela n'a toujours pas grande importance pour la suite…).

Sur cette énième entrefaite arrive l'attentat du 11 septembre
(Mais là encore tout le petit monde de Peter s'en sort et ça n'a pas d'importance pour la suite…)


A mon sens, "Virtuoses" est un « gloubiboulga » de thèmes et d'intrigues imbriqués mais finalement sans lien entre eux qui tous vont tomber comme des baudruches qui se dégonflent lentement.

Le grand mérite de ce roman est tout de même de montrer l'implication terrible que toutes les politiques, y compris celles des Etats-Unis ont eu dans la genèse des attentats du 11 septembre 2001 et de la nouvelle donne géopolitique mondiale.

Le style de Max Genève est agréable et brillamment descriptif avec de belles envolées expressives.
La langue est douce, faite de phrases souvent fouillées mais parfois un peu trop léchées ; notamment dans la volonté de s'abstenir de répétitions qui conduit l'auteur à user trivialement de synonymes désagréables pour évoquer Peter ou Frederika comme « le cinéaste », « la violoniste », « sa maîtresse », « le réalisateur » qui rompent, à mon goût, le charme de son écriture.

J'aurais aimé également un peu plus d'épaisseur dans la psychologie des personnages manquant de trempe.

Il ne faudrait pas grand-chose pour faire de Max Genève un « Virtuose » du roman.

Voilà, c'est cela, juste un peu d'épaisseur dans la construction et dans les caractères.

Mais attention, nous sommes là, tout de même, devant une écriture de belle qualité.

La description de l'attentat du World trade center restera pour moi la partie très poignante de ce roman.

Je remercie Babelio et l'éditeur Serge Safran de m'avoir permis de réaliser cette critique qui, je l'espère sera constructive.

Je souhaite attirer l'attention sur la qualité matérielle excellente du livre lui-même Sa couverture souple offre une prise en main agréable et son dos bien qu'encollant 400 pages est ressorti intact et supportera allègrement les assauts du temps et des relectures éventuelles. Il convient de le signaler car le fait est rare.
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