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Critiques sur Jeunesse sans dieu (8)
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BookShellFairy
  08 décembre 2014
C'est un nouveau coup de coeur que je viens de terminer !
Je ne connaissais pas Ôdön von Horvath, son nom m'était inconnu jusqu'alors... et quel tort ! Sa plume ne fait pas grand bruit, mais pourtant quelle pertinence !

Ce livre a été écrit en 1938 en Allemagne, le narrateur est un jeune professeur qui est en proie a un violent décalage avec ses élèves. En plein questionnement sur sa "foi" (après avoir vécu une guerre), il doute que la jeunesse croie encore en quelque chose... Montée du nihilisme, ou d'un idéalisme assez singulier...
Ce roman fait écho en nous, ne serais-ce que pour l'attitude des générations précédentes à l'égard d'une jeunesse que l'on ne comprend pas, qui nous est étrangère...

A lire sans plus tarder, les chapitres sont très courts (le plus long fait 9 pages !) et l'histoire vaut le détour. La réflexion sur Dieu peut en irriter certains, cependant en cette période troublée de l'histoire cela offre une clé de lecture pour la pensée de l'époque.

Bref, à lire d'urgence !
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colimasson
  28 février 2017
Cela change du style des vieux emmerdeurs. La jeunesse sans Dieu libère aussi des idéaux littéraires qui ne plaisent qu'aux esthètes, c'est-à-dire, à ceux qui n'aiment pas l'humain qui se cache parfois derrière l'écrivain.


Il y avait un temps où on pouvait encore trouver une raison à son malheur : j'ai perdu Dieu. Il faudrait aujourd'hui essayer de retrouver ce temps. Mais c'est tellement perdu qu'on ne sait plus. Comme disait Lucius Vorenus : vous avez une maladie de l'âme.


Fin du bavardage et des mascarades. C'est ainsi que l'écriture d'Horvath accompagne l'histoire de son révolté tranquille avec des phrases courtes, nerveuses, qui ne perdent pas leur temps à enjoliver. Non, il y a la réalité, et c'est déjà un bon gros morceau.


« Quand je sors du cinéma, il fait nuit.
Mais je ne rentre pas chez moi. J'ai peur de ma chambre.
Il y a là-bas un bar, je vais y prendre quelque chose s'il n'est pas trop cher.
Il est dans mes prix.
J'entre. Une demoiselle veut me tenir compagnie.
« Alors on est tout seul ? demande-t-elle.
-Oui, dis-je en souriant, malheureusement…
-Puis-je m'asseoir à votre table ?
-Non. »
Elle bat en retraite, offensée. Je ne voulais pas vous faire de peine, mademoiselle. Ne m'en veuillez pas, mais je suis seul. »
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emmyne
  05 février 2014
Il ne s'agit pas de la révolte de l'enseignant d'une jeunesse fanatisée. Pas de stéréotypes dans ce texte qui n'a rien de la fresque historique, le propos est dense, intimiste, sans pathos. Il se fait révélateur de situations et d'une période troubles – comme le sera ce meurtre, aux mobiles qui n'ont rien de politique au sens strict -, révélateur de cette société allemande entre crise économique, nationalisme et racisme. Il se fait annonciateur de jours froids, de la damnation d'un peuple, de la quête de rédemption d'un homme.

Ni l'époque ni le pays ni la doctrine nazie ne sont nommés explicitement, le lecteur sait – par l'intervention de personnages secondaires plus âgés que le narrateur y faisant référence en précisant qu'ils sont de la génération l'ayant vécue – que les faits se déroulent environ une dizaine d'années après la Grande Guerre.

Amère et cruelle lucidité dans ce roman rédigé en monologue rythmé par des chapitres courts, une narration particulière tant sont prégnantes les angoisses et les questions du narrateur : l'écriture, exigeante et incisive, néanmoins parfaitement limpide, parvient à rendre le paradoxe entre cette acuité, ce réalisme social et la forme de démence dans laquelle ces scènes, ces dialogues, semblent entraîner parfois le narrateur. Mais cette folie n'est pas la sienne. C'est en cela que son enquête sur l'assassinat de l'élève durant un camp de plein air ( d'entraînement militaire ), ses choix de vérité, se font quête. Pourtant, Ödön von Horvath ne donne pas de sens à son récit – y-a-t-il encore du sens ? « Les hommes ont perdu la tête et ceux qui ne l'ont pas perdue n'ont pas le courage de passer la camisole des fous » -, il prononce une sentence : pour jugement, l'enfer qui attend les adolescents de cette génération et leurs parents, filant non pas la métaphore du mouton mais celle du poisson, de la métamorphose en poisson, hors humanité ce corps froid au regard rond, impavide. Métamorphose, oui, il y a quelque chose de kafkaïen dans les angoisses du narrateur aux prises avec son monde, son temps.
Un roman écrit en exil en 1938 qui raconte l'égoïsme, la bêtise, la misère, la lâcheté ordinaires, le nazisme au quotidien sans le nommer, « la peste brune » qui contamine les esprits. Bien-sûr le meurtre, mais la violence de ce roman est finalement ailleurs, plus complexe malgré l'évidence, elle est grouillante, grondante. Ce malaise, le malsain, les âmes perdues, encore quelques unes avec des idéaux face à l'idéologie quelques jeunes, dans cette classe ils sont quatre, déjà, encore… Rien de sensible dans ce roman au sens premier du terme, pourtant une perspicacité au coeur des hommes, dérangeante tant elle semble juste. Et universelle.
Lien : http://www.lireetmerveilles...
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flamenca
  02 mars 2010
Un récit à lire aujourd'hui pour comprendre la mécanique des changements de mentalités, l'automatisation des pensés et la mise en place d'une norme dont on peut difficilement échapper.
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Cleanthe
  06 octobre 2015
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delitterys
  18 février 2011
C'est un petit livre curieux et acerbe. On y découvre, sous les pensées quotidiennes d'un professeur d'histoire géographie (le narrateur), la montée du nazisme dans l'esprit d'une classe de collégien...

La suite sur mon blog :
Lien : http://www.delitteris.com/in..
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samaudruz
  13 mars 2019
Un roman simple, facile à lire (difficulté moyenne en vo) qui prend bien la température de l'époque - mais qu'est-ce qui est le plus cynique, ces jeunes "sans Dieu" qui répètent la radio ou désirent perdre leur humanité et être des "outils", des obus, grenades... ou ces adultes lâches qui se taisent et tentent de sauvegarder leur retraite, gagne-pain... Laisse songeur, avec un profond sentiment de malaise.
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biduldoodle
  21 avril 2010
C'est un livre angoissant.Pourtant il n'y a pas un suspens insoutenable, mais l'ambiance du livre est dérangeante. Heureusement l'oeuvre se lit vite car elle m'a mise très mal à l'aise.
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