AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de nameless


nameless
  06 juin 2018

Parce que Greg Iles est l'un de mes auteurs préférés, parce que je suis à jour dans la lecture de ses romans, je désespérais de voir enfin traduit Natchez burning, publié en 2014 aux Etats-Unis, premier tome d'une trilogie, récompensé en 2015 par le Barry Awards. C'est aujourd'hui chose faite grâce à Actes Sud qui a confié ce pharaonique travail à Aurélie Tronchet dont la traduction vivante et souple permet aux 1047 pages de Brasier noir de passer comme une lettre à la poste, sans un instant de lassitude.


Roman-fleuve, puisque baigné de part en part par le Mississippi, dont le cours instable, les inondations dramatiques ont façonné la ville de Natchez, désigné l'origine sociale de ses habitants en fonction de la rive sur laquelle ils vivent, enrichi ceux qui ont spéculé sur les catastrophes naturelles, notamment Katrina ou la crue-record de 1927 au cours de laquelle des digues ont été dynamitées, sacrifiant des quartiers populaires pour épargner la Nouvelle-Orléans. Roman historique qui plonge dans l'histoire des Etats du Sud, aux origines du racisme et de la ségrégation raciale, dont les relents nauséabonds sont toujours, plus que jamais, à l'oeuvre de nos jours.


Le prologue rapporte des crimes perpétrés au début des années 60 contre des noirs qui rêvent de couples mixtes ou s'engagent dans le mouvement des Droits civiques, après le vote du Civil Rights Act en 1964. le Ku Klux Klan est au sommet de son art, brûle au lance-flammes, éviscère, émascule, crucifie, écartèle, écorche, noie, découpe... Mais le Ku Klux Klan paraît bien trop tendre à une poignée d'hommes qui créent l'organisation terroriste la plus meurtrière des Etats-Unis, Les Aigles Bicéphales (du nom d'une pièce de monnaie frappée au début du XXème siècle, le Double Eagle, 20 dollars-or), cellule dissidente et ultra-secrète des Chevaliers Blancs qui fait passer les membres du Klan pour des enfants de choeur sous l'oeil apathique du FBI, et avec la complaisance muette d'une grande partie de la population.


Retour en 2005 à Natchez où Tom Cage, médecin unanimement apprécié pour ses compétences et sa tolérance, père de Penn Cage, devenu maire après avoir été procureur, est soupçonné de suicide assisté, voire de meurtre sur la personne de Viola, une infirmière noire avec laquelle il a travaillé dans les années 60, et rentrée au bercail lorsqu'elle a su ses jours comptés. le suicide assisté étant possiblement puni de prison à perpétuité, Penn s'engage dans le combat de sa vie, sauver son père et rendre justice à des victimes anonymes. Il paie le prix fort dans sa douloureuse quête de vérité, aidé par sa fiancée Caitlin, et Henry, un incorruptible journaliste qui traque sans relâche les Aigles Bicéphales devenus de riches notables pour la plupart d'entre eux.


Puisqu'il est bien sûr impossible de résumer ce roman foisonnant, vibrant de l'humanité et de la tolérance de l'auteur, qui met en scène des personnages complexes aux motivations ancrées dans leur histoire familiale imbriquée dans celle de leur pays, prouve que la vérité est rarement pure et jamais simple, je me contente de ce raccourci : Si vous ne devez lire qu'un roman cette année, lisez Brasier noir. Et vivement la suite !
Commenter  J’apprécie          784



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (69)voir plus