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ISBN : 2330104812
Éditeur : Actes Sud (02/05/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Ancien procureur devenu maire de Natchez, Mississippi, sa ville natale, Penn Cage a appris tout ce qu’il sait de l’honneur et du devoir de son père, le Dr Tom Cage. Mais aujourd’hui, le médecin de famille respecté de tous et pilier de sa com­munauté est accusé du meurtre de Viola Turner, l’infirmière noire avec laquelle il travaillait dans les années 1960. Penn est déterminé à sauver son père, mais Tom invoque obstinément le secret professionnel et refuse de se défe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  06 juin 2018

Parce que Greg Iles est l'un de mes auteurs préférés, parce que je suis à jour dans la lecture de ses romans, je désespérais de voir enfin traduit Natchez burning, publié en 2014 aux Etats-Unis, premier tome d'une trilogie, récompensé en 2015 par le Barry Awards. C'est aujourd'hui chose faite grâce à Actes Sud qui a confié ce pharaonique travail à Aurélie Tronchet dont la traduction vivante et souple permet aux 1047 pages de Brasier noir de passer comme une lettre à la poste, sans un instant de lassitude.

Roman-fleuve, puisque baigné de part en part par le Mississippi, dont le cours instable, les inondations dramatiques ont façonné la ville de Natchez, désigné l'origine sociale de ses habitants en fonction de la rive sur laquelle ils vivent, enrichi ceux qui ont spéculé sur les catastrophes naturelles, notamment Katrina ou la crue-record de 1927 au cours de laquelle des digues ont été dynamitées, sacrifiant des quartiers populaires pour épargner la Nouvelle-Orléans. Roman historique qui plonge dans l'histoire des Etats du Sud, aux origines du racisme et de la ségrégation raciale, dont les relents nauséabonds sont toujours, plus que jamais, à l'oeuvre de nos jours.

Le prologue rapporte des crimes perpétrés au début des années 60 contre des noirs qui rêvent de couples mixtes ou s'engagent dans le mouvement des Droits civiques, après le vote du Civil Rights Act en 1964. le Ku Klux Klan est au sommet de son art, brûle au lance-flammes, éviscère, émascule, crucifie, écartèle, écorche, noie, découpe... Mais le Ku Klux Klan paraît bien trop tendre à une poignée d'hommes qui créent l'organisation terroriste la plus meurtrière des Etats-Unis, Les Aigles Bicéphales (du nom d'une pièce de monnaie frappée au début du XXème siècle, le Double Eagle, 20 dollars-or), cellule dissidente et ultra-secrète des Chevaliers Blancs qui fait passer les membres du Klan pour des enfants de choeur sous l'oeil apathique du FBI, et avec la complaisance muette d'une grande partie de la population.

Retour en 2005 à Natchez où Tom Cage, médecin unanimement apprécié pour ses compétences et sa tolérance, père de Penn Cage, devenu maire après avoir été procureur, est soupçonné de suicide assisté, voire de meurtre sur la personne de Viola, une infirmière noire avec laquelle il a travaillé dans les années 60, et rentrée au bercail lorsqu'elle a su ses jours comptés. le suicide assisté étant possiblement puni de prison à perpétuité, Penn s'engage dans le combat de sa vie, sauver son père et rendre justice à des victimes anonymes. Il paie le prix fort dans sa douloureuse quête de vérité, aidé par sa fiancée Caitlin, et Henry, un incorruptible journaliste qui traque sans relâche les Aigles Bicéphales devenus de riches notables pour la plupart d'entre eux.

Puisqu'il est bien sûr impossible de résumer ce roman foisonnant, vibrant de l'humanité et de la tolérance de l'auteur, qui met en scène des personnages complexes aux motivations ancrées dans leur histoire familiale imbriquée dans celle de leur pays, prouve que la vérité est rarement pure et jamais simple, je me contente de ce raccourci : Si vous ne devez lire qu'un roman cette année, lisez Brasier noir. Et vivement la suite !
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bilodoh
  24 avril 2019
Un noir thriller dans l'atmosphère du sud des États-Unis : Ku Klux Klan, pouvoir corrompu et crimes impunis.

Petite ville à la frontière de l'état du Mississippi et de la Louisiane, une boutique de musique tenue par un vieux Noir bien tranquille, qui accorde même les pianos des Blancs. Un jeune musicien noir avec sa fille blanche, c'est trop! On brûle l'échoppe et son propriétaire, on torture et on assassine. La police est impuissante et a d'autres cadavres sur les bras dans ces années soixante, cette période de lutte pour les droits civiques. Quarante ans plus tard, un journaliste tente toujours de trouver des preuves ce qui s'est réellement passé.

La mort d'une femme âgée, de retour dans la ville depuis peu, remue les eaux boueuses des crimes anciens. S'agit-il d'une euthanasie pour la délivrer de la douleur de son cancer ? À moins qu'on ait voulu faire taire pour toujours cette Noire, témoin de trop de choses du passé? le bon médecin est-il un criminel aussi ? Jusqu'où peut-on aller pour cacher la vérité et préserver le pouvoir et l'argent ? Et la recherche de la justice vaut-elle la peine de mettre en danger sa vie et sa famille?

Une brique de plus de mille pages en grand format. Bien que, selon moi, l'auteur aurait pu faire plus court, c'est un bon suspens. C'est aussi une lecture intéressante, qui rappelle des moments d'une histoire américaine pas si ancienne, où l'Amérique assassinait ses héros.
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JIEMDE
  31 mai 2018
Du grand art, du très grand art !
Avec Brasier noir, Greg Iles nous tient dans son histoire pendant plus de 1000 pages, avec un sens du récit, du suspense et du noir, magistralement maîtrisé.
À Natchez, en plein coeur du Mississippi profond, la haine raciale ne s'est que peu estompée depuis les luttes des années 50 et 60 : noirs et blancs cohabitent désormais, certes, mais pour beaucoup d'autochtones, la séparation reste présente, historique, irrémédiable. Tout comme la corruption qui survit grâce à la peur entretenue par une poignée de mafieux locaux dont la puissance n'a d'égal que les ramifications étendues de leurs affidés. Il suffirait d'une étincelle pour que tout cela explose à nouveau...
Cette étincelle va provenir de la mort de Viola, une ancienne infirmière noire exilée et récemment revenue au pays, dont le Docteur Tom Cage, son ancien patron, est accusé. Suicide assisté, meurtre accidentel ou déguisé ? le doute est là et il est suffisant pour faire resurgir les histoires sombres d'un passé oublié et déterrer des cadavres dont la mort n'a jamais été expliquée.
Penn Cage, maire de Natchez et fils de Tom, se lance aussitôt dans la défense de son père, qui refuse obstinément de lui donner les clés pour l'innocenter, préférant garder pour lui le passé et se réfugier dans le silence puis la fuite. Aidé de sa fiancée Caitlin, journaliste, Penn va démêler un à un les fils d'une pelote sans fin, sur fond de haine raciale, de secrets cachés et de flics corrompus.
Cela faisait longtemps, depuis Lehane, Ellroy voire Wolfe, que je n'avais lu un roman noir aussi bien ficelé : intrigue sans faiblesse, suspense maintenu sans artifice, mélange de la petite et de la grande histoire, avec intégration des personnages mythiques de la deuxième moitié du XXe siècle aux US (les Kennedy, John et Bob, Martin Luther King, J. Edgar Hoover...) et surtout, des personnages remarquablement dépeints, attachants et que l'on a hâte de retrouver dans ce qui est annoncé comme une trilogie. Mention spéciale à la traduction d'Aurélie Tronchet.
Du très grand art, je vous dis !
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BonoChamrousse
  18 juin 2018
BRASIER NOIR de Greg Iles
Traduit par Aurélie Tronchet
Éditions Acte Sud (collection actes noirs)
********** C O U P DE C O E U R **********
Le roman commence en 1964 avec les meurtres impunis de trois hommes dans l'état du Mississippi. Leur "tort" selon les assassins ? Avoir la peau noire et surtout, pour l'un d'eux, avoir aimé une fille blanche ! ...
"Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers
Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l'odeur soudaine de la chair qui brûle
Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que l'arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !"
(Billie Holiday, Strange Fruit)
... Quarante ans plus tard, plus précisément en 2005 à Natchez (Mississippi), le Dr Tom Cage, un médecin septuagénaire respecté de tous, est accusé du meurtre de Viola Turner, l'infirmière d'origine afro-américaine qui travaillait avec lui dans les années 1960.
Un roman que j'aurais totalement ignoré si mon ami FB Christian n'avais pas autant insisté pour le faire lire à toutes ses connaissances. Et bien lui en a pris car c'est un roman remarquable qui entremêle plusieurs genre.
Tout d'abord, "Brasier noir" est une grande fresque historique qui nous fait plonger du côté obscur des États-Unis, dans ces états du Sud où les choses n'ont changées qu'en surface car, en 2005, la vie reste différente en fonction de la couleur de peau et, même si le klu klux klan ne brûle plus impunément, la haine raciale y est toujours omniprésente.
"Brasier noir" est aussi, et surtout, un roman sur la corruption avec une référence (filiation) au livre de Robert Penn Warren, "Tous les hommes du roi". L'intrigue principale est située en 2005 post Katrina, car si l'ouragan a été un désastre pour la population pauvre (et particulièrement noire) de la Nouvelle-Orléans, il a surtout été une aubaine pour les spéculateurs mafieux. D'ailleurs le personnage de Carlos Marcello (parrain de la Nouvelle-Orléans) n'est pas fictif et il aurait réellement été impliqué dans l'attentat contre le président Kennedy du 22 novembre 1963.
Pour finir, "Brasier noir" est un polar à la "Cold Case : Affaires classées" (la série américaine des années 2000) où les évènements de 2005 remettront au jour les meurtres de 1963.
Un roman extrêmement intelligent qui s'inspire de personnes et de faits réels. Par exemple, le personnage du journaliste Henry Sexton, est le double littéraire d'un journaliste au "Concordia Sentinel", Stanley Nelson.
"La connaissance est le but de l'homme, mais il y a une chose que l'homme ne pourra jamais savoir. Il ne pourra jamais savoir si la connaissance va le sauver ou si elle va le tuer. Il va mourir, c'est un fait, mais il ne sais pas s'il mourra à cause de ce qu'il sait, ou bien à cause de ce qu'il ne sait pas et qui aurait pu le sauver." (Robert Penn Warren, "Tous les hommes du roi")
Un roman dense sur plus de 1000 pages mais que j'ai "dévoré" et ADORÉ. On peut seulement regretter quelques toutes petites redondances que l'on pardonne facilement au vu de la qualité narrative.
Autre regret, "Brasier noir" est le premier tome d'une trilogie... et il va falloir attendre que les volumes suivants soient traduits en français.
Et bravo à la traductrice, Aurélie Tronchet, pour l'excellence de son travail.
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Bigalow
  25 mai 2018
Quel pavé, mais quel réussite! Les mille pages de Brasier Noir défilent à une vitesse folle. de plus, le roman se base sur un thème qui favorise l'inspiration, à mon avis, les reliquats du Ku Klux Klan dans le sud du Mississippi.
Au sein de la petite ville de Natchez, on suit beaucoup de personnages, mais principalement Penn Cage, dont le père est accusé (à tort?) d'avoir mis fin aux jours de son ancienne infirmière noire. Petit aparté en passant, ce n'est pas la première fois que l'auteur fait intervenir le héros Penn Cage, mais les allusions sont légères et je n'ai pas trouvé qu'elles nuisaient à la compréhension globale de l'histoire.
Histoire qui navigue entre les années 60 et le début des années 2000, peu après les ravages de l'ouragan Katrina, et qui nous présente des destins croisés. Entre victimes noires de la discrimination de l'époque, déçus du Klan créant leur propre groupuscule encore plus violent que l'original, et journalistes en quête de justice, c'est une grande galerie de personnages que fait intervenir l'auteur. Il évoque aussi, à travers eux, les thèmes de la paternité, de l'héritage, et des péchés qui traversent le temps. J'ai trouvé que ces sujets étaient très bien traités, il est facile de ressentir de l'empathie pour ces héros parfois imparfaits, mais qui tentent d'agir de façon juste. A côté de cela, les membres du groupuscule raciste sont bien traités aussi, même entre 1960 et 2005, ils sont toujours aussi méprisables.
J'ai beaucoup aimé ce pavé, qui a pour lui une écriture très fluide, et qui aborde des sujets vraiment passionnants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2011

critiques presse (3)
LeSoir   05 novembre 2018
Un choc ! Un coup de poing ! En plus de mille pages, l’Américain Greg Iles, né en 1960 à Stuttgart où son père dirigeait la clinique de l’ambassade des États-Unis au plus fort de la guerre froide, publie un monument, Brasier noir.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaPresse   12 septembre 2018
Premier volume de sa trilogie Natchez Burning, Brasier noir met en relief le climat délétère qui perdure en Amérique et les graves conséquences sociales de la bêtise humaine. On a hâte aux deux suivants...
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   15 juin 2018
Dans « Brasier noir », Greg Iles ausculte les séquelles de la ségrégation dans le Sud profond par un va-et-vient rythmé entre les années 1960 et aujourd’hui.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
GBGB   12 juillet 2019
...quand un homme vivait assez longtemps, son passé le rattrapait toujours, peu importe à quelle vitesse il courait ou l'énergie qu'il mettait à vivre le plus moralement possible ensuite. Et c'était dans la façon dont les hommes s,accommodaient de cette loi qu'ils révélaient leur véritable nature. (p. 425)
Commenter  J’apprécie          10
GBGB   12 juillet 2019
Elle ne voulait pas seulement qu'on parle de cette affaire; elle désirait être celle qui en parlerait.. (. 957)
Commenter  J’apprécie          00
namelessnameless   02 juin 2018
- "Ca ne vous dérange pas d'avoir du sang noir sur la peau ?"
Tom éclata de rire. "Il y a une chose que j'ai apprise quand j'étais aide-soignant sur le front : quand on saigne, on saigne tous de la même couleur".
p. 102
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JIEMDEJIEMDE   17 mai 2018
Commençons donc en 1964, avec trois meurtres. Trois pierres lancées dans une mare dont personne ne s'était soucié depuis le siège de Vicksburg, mais qui allait bientôt devenir le centre de l'attention mondiale. Un endroit que la plupart des gens aux États-Unis considéraient comme étant différent du reste du pays alors qu'il incarnait précisément l'âme torturée de l'Amérique.
L'État du Mississippi.
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namelessnameless   04 juin 2018
... c'est une grave erreur de penser qu'une liste de faits équivaut à la vérité. Les faits sont simplement les os dénudés dont est faite la vérité.
p. 410
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