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Critique de Pois0n


Pois0n
  30 décembre 2019
Le Secret de Pembrooke Park fait partie de ces livres qui perdent un peu de leur intérêt à la relecture : en effet, le gros de l'intrigue étant basé sur les mystères de la maison et les secrets d'une bonne partie des protagonistes, une fois que « l'on sait », plus de suspense ! … Et pourtant, suite à cette seconde lecture sans surprises, d'autant que mes souvenirs du livre étaient encore assez nets, j'ai rehaussé ma note.

Était-ce le rythme, il est vrai assez lent, qui m'avait ennuyé il y a de ça quatre ans ? Le doute est permis, mais je n'y crois pas trop : la plume de Julie Klassen est maîtrisée, et, à défaut de vrais rebondissements, son histoire est parsemée de nouveaux indices de façon suffisamment régulière pour que l'on aie le sentiment qu'Aibigail progresse en continu dans ses découvertes. En outre, le mystère entourant Pembrooke Park a beau se partager le devant de la scène avec la romance, celle-ci n'est clairement pas l'enjeu du récit. M'attendais-je tout simplement à autre chose à l'époque, peut-être plus de chasse au trésor et moins de blabla ? Difficile à dire. Toujours est-il que Le Secret de Pembrooke Park s'avère assez atypique dans son genre. Les amateurs de romance pure resteront sans doute sur leur faim, ceux de mystère la trouveront encore trop présente... mais, quand on aime les deux, quel régal que ce roman ! Dans une atmosphère de campagne anglaise envoûtante, ce manoir isolé et trop longtemps abandonné a vu bien des drames naître entre ses murs... dommage que ceux-ci ne puissent pas parler ! Le suspense est ainsi bel et bien présent, au fur et à mesure que les langues se délient, faisant ressurgir la vérité et ébranlant la tranquillité du présent. La narration, fluide, fait que l'on enchaîne facilement les chapitres et le livre se lit très rapidement. Il faut dire que sa mise en page, très aérée, le fait paraître bien plus gros qu'il ne l'est en réalité.

Alors, la faute aux (très) nombreuses allusions à la religion, qui, déjà, m'avaient lourdé ? Plus vraisemblablement. Les références sont absolument partout, les personnages prient à de nombreuses reprises, on a même droit à des bouts de sermons entiers, certes intégrés à l'intrigue mais qui auraient très bien pu être résumés en deux lignes... Par chance, depuis ma première lecture, j'ai un peu mieux découvert le paysage éditorial américain et les soupçons n'ont pas tardé à s'accumuler... Renseignements pris, sans surprise, nous sommes bien en présence d'une « inspirational romance ». Sans doute l'éditeur français a-t-il jugé préférable de retirer prudemment cette étiquette pour ne pas ruiner les chances du titre chez nous. Toujours est-il qu'il est donc difficile de reprocher cet aspect au récit, même s'il est parfois envahissant. Le fait qu'un des personnages soit pasteur permet au moins de justifier sa présence au sein de l'histoire...

Pour en venir aux personnages, il faut reconnaître que ceux-ci manquent un peu de charisme. Abigail, présentée comme étant une jeune femme au physique banal mais à l'esprit vif, se révèle tout de même assez cruche par moments et fait tourner pas moins de trois têtes à la fois (spoiler : dans la vraie vie, ça n'arrive jamais). L'attitude d'autres protagonistes crie pourtant « youhou regarde, on se comporte bizarrement et on a des choses à cacher », mais Abigail n'y voit que du feu, tout comme le voisinage depuis vingt ans. Mouais.
Les trois prétendants d'Abigail ne font pas particulièrement rêver : le comportement rentre-dedans particulièrement désagréable de deux d'entre eux incite tout naturellement à préférer le troisième, même s'il n'a rien de spécial.
En revanche, les relations compliquées des familles représentées sont assez plaisantes à suivre : entre la petite soeur certes sans mauvaise intention mais orgueilleuse, la famille entière déléguant ses responsabilités à l'aînée, un père surprotecteur, un autre violent, le clan aimant et soudé... toutes les déclinaisons y passent. C'est crédible, les nombreux protagonistes apportent un peu de couleur au récit, et leurs histoires s'entremêlent, tantôt pour tisser le fil rouge du roman, tantôt pour l'agrémenter. Tous ne sont pas énormément développés, mais ce n'est pas forcément plus mal, l'autrice s'étant focalisée sur l'essentiel... qui est déjà bien assez compliqué comme ça !
Au final, on s'attache tout compte fait assez facilement à tout ce petit monde.

Si le Secret de Pembrooke Park n'est donc pas sans défauts, il demeure tout de même une très bonne lecture, plaisante d'un bout à l'autre et sans temps morts !
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