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Critique de ChatDuCheshire


ChatDuCheshire
  06 juillet 2015
Quel est le point commun entre la technique de reconditionnement psychologique par la voie de chocs (utilisée notamment par des services de renseignement) et les énormes mutations économiques de ces quarante dernières années voyant l'hyper-capitalisme financier se répandre partout sur la planète ? Réponse dans ce livre de Naomi Klein, cette excellente journaliste canadienne récompensée par le Prix Pulitzer.
Ayant eu accès à des documents longtemps classés top secret, la journaliste met en évidence comment les USA ont fait en sorte de répandre dans le monde les idées de l'Ecole de Chicago (Milton Friedman et consorts), lesquelles se sont imposées petit à petit à la fin des "trente glorieuses" et, particulièrement, à partir du choc pétrolier et des soubresauts subis par le dollar au cours des années 70. Bien sûr les deux ambassadeurs "par excellence" de ces idées furent, à cette époque, Ronald Reagan aux USA et Margaret Thatcher au Royaume-Uni, ces deux pays ayant une histoire et une culture commune de même que, last but not least, les marchés financiers les plus puissants de la planète qu'il importait de développer plus encore.
Par conséquent un aspect de la politique que d'aucuns dépeignent de "vassalité" des USA a consisté à faire en sorte, notamment via son allié (certains disent: son caniche) britannique en Europe mais aussi par des méthodes nettement moins avouables (rôle de la CIA dans l'instauration de dictatures hyper-capitalistes en Amérique latine, notamment), d'imposer un régime économique qui ferait du monde son "marché", tout en protégeant leur propre économie par des barrières protectionnistes (faut pas déconner quand même...).
A cet égard la thérapie du choc fut transposée sur le plan économique, avec des succès très discutables, dans divers pays, notamment en Amérique latine (déjà évoquée) mais aussi dans l'Afrique du Sud post-apartheid et dans les pays d'Europe sortant de décades de communisme et d'économie planifiée.
Au rang des méthodes plus douces la dispersion de la "bonne parole" étasunienne fut également assurée par la formation de milliers d'étudiants étrangers bénéficiant de bourses fédérales.
Klein montre que, prudents, les étasuniens se gardèrent, dans un premier temps, d'appliquer ces méthodes de choc chez eux mais n'hésitèrent plus à le faire au cours des années plus récentes, notamment à l'occasion de l'ouragan Katrina à New Orleans, qui permit de mener à bien une politique de gentrification de la région dont on réussit à chasser une bonne part des habitants noirs ou à revenus modestes.
Je l'ai lu en anglais en vacances et je ne le conseillerais pas car ce livre vous accroche comme un roman mais, en même temps, tout ceci est tellement déprimant (le cynisme, la cupidité du genre humain qui ne connaissent décidément pas de limites) que cela vous gâche une partie du plaisir de vos vacances.
Néanmoins à lire absolument pour comprendre, du moins selon une perspective (one view on the cathedral, comme aiment à le dire les étasuniens), ce qui nous arrive aujourd'hui.
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