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Critique de Iboo


Iboo
  01 décembre 2017
ATTENTION ! Cette critique peut contenir des propos d'une extrême dureté et s'avérer contrariante pour les 27 babeliotes qui ont unanimement loué ce roman. Cela m'ennuierait beaucoup que, en plus de ma réputation de râleuse (assumée, je le confesse), je suscite une antipathie non intentionnelle, celle-là.
Prêts à voir se briser l'ambiance ? C'est parti !

J'ai tout d'abord été interpellée par les nombreuses coquilles dont était truffé ce roman mais comme on m'avait annoncé une histoire palpitante, j'ai, dans un premier temps, passé outre mon agacement.
Arrivée vers la centième page, une autre évidence m'est apparue : ce livre est affreusement mal écrit. On sent bien que l'auteure a la volonté de se trouver un style mais à la manière d'un débutant en manque d'inspiration. C'est à dire en grappillant chez d'autres, des tournures de phrases, des formules, un ton... . Même quand elle s'essaie à l'humour ça tombe à plat en raison de réparties déjà cent fois rebattues. Et le tout forme un ensemble impersonnel, assez scolaire et peu convaincant. Tel un marionnettiste laborieux qui présenterait un spectacle où les ficelles seraient plus visibles que les marionnettes.

Mais le dire n'est pas suffisant, on pourrait penser que je fais preuve de mauvais esprit ou que des ennuis gastriques ont gâté mon humeur. Je vais donc étayer mon propos.

À commencer par le style :
P. 144
- J'y vais, j'y vais, soupira Isabeau, sur un ton un peu pincé.
- Isabeau laissa filer un soupir de lamentation.
- Ce dernier soupira de soulagement.
(À soupirer de la sorte, j'ai craint qu'il ne finisse en hyperventilation.)
P. 144 encore :
- Isabeau répond avec douceur à Agathe... qui, plus loin, lui demande avec un grand sourire... et finit par conclure avec un sourire charmant.
(C'est niaiseux à souhaits !)
P. 274
- Rien ne justifiait qu'il s'éveillât de le tirer si brutalement de son sommeil de plomb.
(???... Une tournure aussi absconse me replongerait direct dans le sommeil.)
P. 342
- Une fois dehors, les trois hommes arrêtèrent leur marche près d'un petit banc sur un coin de la place principale. Dorian se laissa choir sur les fesses. Il passa la main dans ses cheveux en dérangeant la cire qui plaquait parfaitement ses boucles blondes.
(D'aucuns auraient dit : les trois hommes arrêtèrent leur marche et s'assirent sur un banc près de la place principale. Mais pas Oren Miller... Oren Miller veut nous démontrer qu'elle a du style et pour ce faire, elle paraphrase : et vas-y qu'il se laisse choir... sur les fesses - précision d'une haute importance... qu'il passe sa main dans les cheveux... et la cire... et les boucles blondes... et bla bla bla. Aucun intérêt ! Ce n'est pas du style, c'est du remplissage.)

Passons aux fautes et autres non-sens :
P. 242 - rendez-vous au pré des Étourneaux, chemin De La Croix, derrière le grand chaîne brûlé.
P. 254 - Laissant traîner sur l'horizon un regard vide que la gnôle faisait fit artificiellement briller, il se parla à lui-même.
P. 256 - le médecin est avec lui, en ce moment. Il a eu un choc à la tête, ils ont peur qu'il ait fait fasse une commotion cérébrale. (moi aussi)
P. 275 - Quelques secondes plus tard, des bruits de pas de quelqu'un qui aurait couru court dans toute la pièce se firent entendre.
P. 291 - Enfin, tout le monde sait que c'est un poison ! se lamenta le jeune home.
P. 375 - Je lui ai demandé de se montrer prudent [...] il m'a promis de faire occasion.

Et ces énumérations ne sont pas exhaustives.

Exaspérée par un tel amateurisme, je suis allée sur le Net afin d'en savoir un peu plus sur Oren Miller et son éditeur.
Sur Oren Miller, pratiquement aucune info sinon qu'elle utilise un pseudo, qu'elle était juriste et publie des romans depuis 2009. Par contre la dame n'est pas avare de photos de sa personne où il apparaît d'ailleurs nettement qu'elle cultive avec ferveur sa ressemblance avec Dita von Teese. Et, petit détail significatif, le dessin représentant une ravissante jeune femme brune en couverture de son livre s'apparente étrangement au visage d'Oren Miller. Si, ça, ce n'est pas de l'amour de soi ! Dommage qu'elle n'ait pas eu assez d'envergure pour le combiner avec l'amour d'écrire.
Quant à l'éditeur, une maison d'édition indépendante, dont les premières publications datent d'Avril 2011 et qui s'appelle : Les Éditions de l'Homme Sans Nom, je ne saurais trop lui conseiller de ne pas le dire... son nom.
Quand on se commet à publier des amateurs, vraisemblablement sans même relire, il vaut mieux rester dans l'anonymat.

Tout cela est fort dommage car sous la plume d'un écrivain digne de ce nom, l'histoire aurait été intéressante et les caractères des personnages étaient plutôt bien trouvés.
Ma note de 1.5/5 se justifie par le dernier quart du roman où je reconnais avoir recouvré une étincelle d'intérêt.

Au fait ! Vous ai-je dit que cette petite merveille littéraire coûtait la modique somme de 19.90 € ?
No comment.
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