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Critique de Sharon


Sharon
  11 novembre 2018
Je n'avais pas vraiment aimé le précédent opus des enquêtes du commissaire Sirsky, mais là, je dois dire que j'ai retrouvé ce qui, pour moi, faisait la force de cette série.
Nous retrouvons le commissaire Sirsky peu de temps après sa précédente enquête. Il accueille un nouveau membre dans son équipe, ou plutôt, il salue le retour d'un de ses anciens co-équipiers, qui a dû quitter la crim' pour cause de jusqu'au boutisme - bref, toute ressemblance avec le commissaire n'est presque pas fortuite. L'arrivée de ce nouvel ancien membre n'est pas sans faire grincer des dents à ceux qui espéraient une promotion. le commissaire veille à ce que tout se passe bien, je vous assure.
Il faut dire que l'affaire sur laquelle ils doivent enquêter est tout sauf facile : une jeune femme a été retrouvée torturée et assassinée, plusieurs jours après son enlèvement. Un autre corps est bientôt retrouvé, et l'accélération du rythme laisse craindre qu'elles ne sont que les premières. L'intrigue est solidement construite, montrant à quel point le travail d'enquête est avant tout un travail d'équipe, équipe qui tente, aussi, d'avoir une vie privée. Solidité de l'intrigue et multiplicité des points de vue : nous ne restons pas dans les bureaux, nous allons sur le terrain. Sont intégrés aussi des chapitres qui nous confrontent au tueur. Ce procédé est fréquemment utilisé et j'apprécie rarement qu'il le soit. Alors, pourquoi ici, cela ne m'a pas autant dérangé que dans d'autres livres lus ? Non, l'on ne s'habitue pas à la violence, et ce roman ne la cautionne pas. Justement, c'est peut-être cela : nous découvrons la névrose du tueur, nous sommes davantage du point de vue de ses victimes, nous sommes avec leurs souffrances avant d'être avec lui. Nous découvrons aussi comment il parvient à passer inaperçu, à manipuler, et là, ce n'est pas dérangeant, c'est inquiétant, puisque cela ne paraît pas si difficile que cela. Il est facile, aussi, de passer à côté d'indices, parce que, justement, tout paraît banal, ordinaire, dans une ville où l'extraordinaire a eu lieu. Les attentats ne sont pas loin, et les effectifs de la crim' en souffrent - difficile de rester aussi efficace dans ses conditions.
Le passé est bien présent - et l'on sait à quel point vivre dans le passé n'est pas judicieux. le commissaire lui-même n'a pas fait son deuil de la première affaire à laquelle il a été mêlé - parce que, quoi qu'on dise, on ne le fait jamais vraiment entièrement. de même, l'enquête est traversé par un mythe un peu oublié, celui de l'inconnue de la Seine, dont on parlait déjà dans Bérénice de Louis Aragon. L'inconnue de la Seine, ou le rappel des "divertissements" particuliers du XIXe siècle. Que de jeunes filles innocentes, dans les oeuvres littéraires, se sont données la mort, gardant à jamais cette innocence - la mort plutôt que le déshonneur, ce qui, finalement, arrange bien les hommes.
Au centre du roman, la famille : celles des policiers (oui, je sais, j'en ai déjà parlé), celles des victimes - un être humain est rarement seule au monde - celle du tueur - tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin.
Les inconnues de la Seine - un roman véritablement policier.
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