AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de colimasson


colimasson
  21 septembre 2017
Arnaud Desjardins a été disciple de Swâmi Prajnânpad dans son ashram en Inde. C'était un peu l'événement de sa vie. Dire qu'il a dû attendre des décennies pour ça. On peut pas lui en vouloir. Il attendait un truc, il n'a rien trouvé de mieux que cela, c'est ainsi. C'est le discours du disciple encore amouraché qui commente en long, en large et en travers, quelques formules lancées en pâture par le maître les jours de grande disette spirituelle. Quand on lit tout ça dans son ensemble, c'est agencé de manière telle qu'on se dit que c'est pas trop mauvais, ça passe comme de la barbaque bleue sur les bords mais avec de la sauce barbeuque, on sent plus rien. Mais quand on reprend le texte en se contenant de lire les formules, en-dehors de leur contexte et sans l'anti-vomitif fourni par Arnaud et ses explications spirituelles, le paquet englouti remonte jusqu'à la glotte et s'écrabouille au sol sous la forme d'un superbe dégueulis.


La pensée hindouiste semble ici destinée uniquement à soulager les problématiques existentielles des individus de culture occidentale. En même temps, c'est de cette constatation dont se défendent toujours Arnaud et son gourou. Se défendre lamentablement d'une accusation permet de se mettre dans la poche les plus faibles et les plus influençables. Or, on le sait, ce sont ceux-là qui font les meilleurs disciples.


Smâmiji dit qu'il n'est pas un psychothérapeute mais il prétend toujours guérir l'âme et donne des petits conseils bas de gamme qui semblent piochés dans un manuel de développement personnel type Gounelle. Swâmi dit qu'il sait ce qui est bon et qu'il sait ce qui est mauvais. Il dit que la dualité n'est pas le niveau de conscience le plus bas, qu'on est bien plus près de la raclure quand on croit être unifié. Mais il dit aussi qu'on doit dépasser la dualité pour accéder à la vraie unité. Ah oui, en fait, il s'avait trompé. Et pour accéder à cet état, les dualités sont exacerbées. Il y a l'infantilisme et l'état adulte, il y a l'individu et la personne, il y a l'amour et l'égoïsme, il y a le mental et je sais pas trop quoi à la place qui serait mieux il paraît.


C'est relou mais je me demande surtout comment des occidentaux peuvent se passionner pour ce genre de prêchi-prêcha moralisateur lorsqu'ils désertent en même temps les églises ? Comment peut-on être aussi heureux d'obéir à un gars qui se comporte de manière condescendante avec les gens qui ont le courage de venir l'écouter ? Cette époque est intrigante, c'est le moins que l'on puisse dire.
Commenter  J’apprécie          136



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (13)voir plus