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Critique de Lune


Lune
  11 mai 2020
Livre singulier que cet opus de Thomas A. Ravier.
En une centaine de pages, il déclare sa flamme à la musique baroque, en flux continu, tout au plus en séparant les idées par un espace pour donner un tout petit peu d'air au texte.

Et d'air, il en est beaucoup question puisque la plupart de ses références musicales sont liées à l'opéra italien et particulièrement aux airs destinés aux voix féminines.

Les grands noms sont glorifiés : Nathalie Dessay, Patricia Petibon et surtout Sandrine Piau, pour les françaises et Cecilia Bartoli, bien évidemment.
Pour les hommes, place est logiquement faite à Philippe Jaroussky et hommage rendu à Alfred Deller dont la voix surnaturelle provoqua, à la sortie de la seconde guerre mondiale, le choc qui permit à la musique baroque de retrouver son éclat terni par la couche d'ignorance et d'incompétence qui la recouvrit au XIXème siècle.

Le rôle des grands chefs, tels que Leonhardt, Harnoncourt, Malgoire, Christie,… et leur travail incessant pour redécouvrir les chefs d'oeuvre enfouis, négligés ou incompris sont mis en évidence.

Le style brillant, parfois cinglant, impose un tempo rapide, exubérant même, à l'image de la musique qu'il sanctifie.
On est surpris, ravis; on sourit, on rit même; on peut se lasser aussi : les (trop) nombreuses métaphores sexuelles apparaissent, pour certaines, gratuites.
Singulier donc, ce livre défend ce qui finit par devenir une thèse : la légèreté, la souplesse, le naturel, la langue de la musique des XVIIème et surtout XVIIIème siècles opposée, en moquant sa lourdeur ou sa noirceur à la musique romantique et celle de Wagner tout spécialement.

Parenthèse : ce flux continu voulu par Thomas A. Ravier fait curieusement penser à la mélodie continue si chère à l'auteur de Tristan et Iseult. Point de récitatifs ou d'airs ni d'intermezzi pour respirer. Paradoxe?
Homme du Sud, Thomas A. Ravier fait la part belle à la flamboyante Italie et le chante haut et fort (il parle très peu de Jean-Sébastien Bach, mais n'oublie pas Mozart) et tant pis pour ceux qui sont nés dans les brumes du Nord.
C'est un parti pris, une vision du sonore et du rythme en particulier.

Les rapprochements entre le baroque et le jazz ou encore davantage le rap sont audacieux et on peut suivre l'auteur jusqu'à un certain point, mais, à force d'afficher sa singularité -trop peut-être- Thomas A. Ravier, en jetant avec insistance l'anathème sur une part non négligeable de l'histoire de la musique, prend le risque de ne pas être suivi par ceux qui sont plus nuancés.
Car, après tout, tant qu'à être personnel, leur avis vaut bien le sien.

Cantus
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