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Critique de Presence


Ce tome fait suite à Uncanny Avengers tome 1 (épisodes 1 à 5) qu'il vaut mieux avoir lu avant. Il contient les épisodes 6 à 11 et 8AU (ce dernier est inséré entre les épisodes 6 et 7, il s'intègre dans l'histoire Age of Ultron, en abrégé AU), initialement parus en 2013. Tous les scénarios ont été écrits par Rick Remender. Daniel Acuña a dessiné, encré et mis en couleurs (le tout à l'infographie) les épisodes 6 à 11. L'épisode 8AU est coécrit par Gerry Duggan, dessiné et encré par Adam Kubert.

Épisode 6 - Thor se bat contre Apocalypse en 1013, en Scandinavie, puis à Londres. Épsisode 8AU - En 4145, Kang décide d'expliquer à ses 2 enfants adoptifs (Eimin & Uriel) sa façon de concevoir un combat. Pour cela il les emmène à l'époque actuelle, mais dans une réalité alternative pour qu'ils tuent Captain America.

Épisodes 7 à 11 - Génocide (le fils d'Apocalypse) a pris pied sur Starcore (une station spatiale), avec 3 cavaliers de l'Apocalypse (dont Ichisumi). Alors qu'il s'apprête à recevoir la graine de la mort (death seed) des mains d'un Celestial, Eimin et Uriel surgissent et tuent froidement le céleste. Sur Terre, les Uncanny Avengers se font sermonner par Nick Fury junior. Rogue et Scarlet Witch continuent de confronter leur vision opposée sur l'intégration et les responsabilités vis-à-vis des mutants. La station orbitale Peak de l'organisation SWORD est attaquée et détruite. Captain America, Abigail Brand et l'équipage ont tout juste le temps de gagner les capsules de sauvetage, alors que Sunfire (Shiro Yoshida, un ancien cavalier d'Apocalypse) sort dans l'espace combattre l'ennemi. Immortus rôde à l'arrière plan. Wolverine va devoir confesser l'exécution qu'il a réalisée dans la série Uncanny X-Force.

Rick Remender avait écrit une itération très impressionnante de la série "Uncanny X-Force", à la fin de laquelle il lui restait quelques intrigues secondaires à boucler. le lecteur familier de cette série retrouve donc l'héritage d'Apocalypse, ainsi que la cité d'Akkaba.

Remender propose une histoire très dense (une soixantaine de personnages différents font une apparition ou jouent un rôle de premier plan), avec une équipe d'Uncanny Avengers bien fournie (Thor, Havok, Wonder Man, Captain America, Scarlet Witch, Sunfire, Wolverine, Rogue, Wasp), une solide connaissance de leur historique à chacun, plusieurs supercriminels (Kang Apocalypse et ses cavaliers dont 4 pour la mort), et les petits nouveaux apparus dans le tome précédent Eimin et Uriel.

Le lecteur constate avec plaisir que Remender n'a pas oublié le thème de départ de la série : la place des mutants dans la société, c'est-à-dire l'intégration d'une minorité. Non seulement, il s'agit d'une question de fond pour Genocide (voir de sa raison d'être), mais en plus Wanda et Anna Marie continuent d'échanger leur point de vue, avec une force de conviction peu commune.

L'intrigue nécessite que le lecteur s'accroche un peu. En effet le premier épisode s'apparente à une histoire de Thor, sans lien apparent avec les Uncanny Avengers. le deuxième épisode (8AU) se focalise sur Kang et ses rejetons. Il faut donc attendre le troisième épisode pour retrouver l'équipe en tant que telle. le lecteur doit également être bien familier des personnages de l'univers partagé Marvel pour reconnaître tous ceux qui apparaissent, et en quoi leur apparition est pertinente ou porteuse de sens (une petite révision sur les liens de Simon Williams et Grim Reaper s'impose). Enfin, Remender intègre la triplette Kang, Immortus et Rama-Tut, avec leurs voyages dans le temps (maux de tête assurés).

Sous réserve de reconnaître les personnages, d'être au fait des liens entre Immortus et Rama-Tut, et de bien concevoir l'histoire d'Apocalypse, le lecteur peut alors se lancer dans une intrigue dense et sophistiquée proposant la mise en oeuvre d'une solution (possible uniquement dans les comics) pour l'existence paisible de la minorité que sont les mutants.

Daniel Acuña réalise ses dessins à l'infographie. Il a perfectionné sa technique au point d'avoir gommé tout l'aspect froid qu'elle peut parfois avoir. Ses dessins ont un peu côté esquissé, pas toujours plaisant à l'oeil (des traits parfois un peu gros qui donnent une impression de finition trop rapide), mais donnant aussi l'impression d'une forme de spontanéité.

Par contre, il tire tous les avantages de réaliser la mise en couleurs lui-même. le lecteur bénéficie donc de dessins qui ont été conçus et réalisés d'un bloc, sans l'impression de réalisation sur une chaine d'assemblage. Ce mode de travail prend toute sa spécificité dans les scènes d'action. À l'opposé des metteurs en couleurs qui en mettent plein la vue avec des effets spéciaux, Acuña interpénètre les contours des formes et les énergies diverses et variées comme si elles naissaient ou s'amalgamaient avec la forme qu'elles touchent. Il utilise également les couleurs comme s'il peignait chaque forme au pinceau, plutôt que d'abuser de jolis dégradés passant par des milliers de nuances. Cela contribue à donner une apparence plus organique à chaque surface, moins froide, moins artificielle.

Au final les visuels d'Acuña donnent une impression un peu étrange, grossiers en surface, très substantiels dès que le regard s'attarde sur une case. Il est difficile de résister à la capacité de séduction de Wanda quand elle se rapproche de Simon ; sans son serre-tête, elle ressemble à Betty Page, avec toute sa sensualité.

Comparées aux pages de Daniel Acuña, celles d'Adam Kubert semblent avoir été réalisées rapidement, avec un manque d'arrières plans criant, et des surfaces dépourvues de texture. le résultat est efficace et vivant grâce à un découpage de cases intelligent et des angles de vue adaptés.

Avec ces 7 épisodes, l'intrigue de Rick Remender prend son envol, et elle s'avère très dense (prévoir un peu plus de temps que d'habitude pour la lecture de ces pages). Il amalgame une intrigue complexe, la continuité des personnages, des pans de l'historique de l'univers partagé Marvel, ainsi que quelques moments où les personnages ont la place d'exister, tout en continuant de développer le thème de l'intégration au-delà des clichés habituels. Daniel Acuña réalise des dessins avec un parti pris esthétique affirmé qui demande un peu de temps pour s'y habituer, qui révèle sa saveur et sa substance petit à petit.
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