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Critiques sur J'ai vécu mille ans (8)
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frandj
  07 janvier 2019
Cette saga familiale s'étend de 1861 à 1989, elle a pour cadre le Basilicate, une région très pauvre du sud de l'Italie. De génération en génération, les personnages sont nombreux. Un arbre généalogique est proposé au lecteur dès le début du roman et on y a souvent recours. Le village des protagonistes vit sa vie misérable, encadrée par la pression sociale et par les préjugés, voire les superstitions. Les grands événements historiques de l'Italie (unification, entrée en guerre de 1915, montée du fascisme, seconde guerre mondiale, chute du communisme en URSS) sont clairement évoqués, dans leur relation avec la vie de la famille.

L'unification italienne intègre tout le Sud de la péninsule au royaume du Nord, qui parait tout à fait étranger aux autochtones; des bandits s'opposent au nouveau pouvoir. Dans ce contexte, Concetta donne à Francesco, un riche propriétaire foncier, son seul fils… après avoir accouché de six filles ! C'est dans cette lignée que l'on trouve tous les héros successifs de ce roman, dont beaucoup de femmes. Chaque personnage est bien individualisé: on sent que l'auteure s'est s'inspirée d'individus réels. La modernité s'introduit progressivement dans cette famille particulière et dans le village. Les idées nouvelles – y compris le fascisme et le communisme – font leur apparition dans ce coin reculé. Les personnes commencent à bouger à travers toute l'Italie. Au fil des pages, on entre franchement dans la période actuelle, que le lecteur connait mieux.

Ce livre est donc à la fois une saga familiale, une peinture de moeurs et une chronique historique. Il est réussi, peut-être trop long (mon intérêt a un peu faibli après le milieu du roman), écrit dans un style direct et vivant, voire parfois foutraque. Comme d'autres écrivains italiens contemporains, Mariolina Venezia mérite d'être découverte.
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sweetie
  27 mars 2014
Une saga familiale qui s'étend de 1861 à 1989 et dont le cadre est le Basilicate, une région du sud de l'Italie. Un arbre généalogique nous situe dès le début du roman et il faut y avoir recours souvent tout au long de la lecture. Les grands événements historiques (unification de l'Italie, montée du fascisme, guerres, chute du communisme en URSS) sont effleurés et laissent plutôt place aux bouleversements qu'ils créent chez les membres de cette famille. C'est très typique, écrit dans une langue colorée et grandement évocateur.
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mireille.lefustec
  12 avril 2013
C'est Gioia,la dernière descendante des Falcone qui retrace l'histoire familiale ,à Grottole,en Basilicate,région paysanne de l'Italie du sud.
Cela débute en 1861, de l'unité italienne à la chute du communisme en 1989.
Il a fallu six à sept ans à son auteur pour écrire cette saga car elle tenait à ce que tout_traditions, langage et mode de vie_ soit authentique.
J'ai passé de bons moments avec cette famille, sur cinq générations, bien que parfois gênée par le style,l'abondance des personnes et quelques libertés avec la chronologie.
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le-mange-livres
  06 avril 2012
Où le jour de la naissance d'Oreste est vraiment un jour spécial ;

Où le coeur des cadettes a tendance à mariner dans le vinaigre … surtout dans les fratries de 6 soeurs ;

Où les problèmes de confection peuvent retarder un mariage ;

Où Rocco, apeuré par l'orage, s'éprend de sa petite truie ;

Où la faim touche tous les villageois et enlève précocement les enfants ;

Où Gioia connaît un destin contrarié.

L'incipit


« Fais-moi un papier car je ne me rappelle plus rien. Ni les prénoms de mes enfants, ni qui était mon père. Je l'aurais toujours dans ma poche. D'accord, je te le fais »


Comment en suis-je arrivée là ?


En fouinant sur les étals d'une librairie … Roman italien ? Auteur encore inconnue pour moi ? Fresque historique ? Portraits de femmes ? Emballé, c'est pesé.


De quoi s'agit-il ?


Concetta, une pauvresse des Pouilles, est la maîtresse de Francesco, qui lui a promis le mariage à condition qu'elle mette enfin au monde au garçon – et ce jour de 1861 naît Oreste, le premier garçon après six filles. A partir de cet évènement se déroule une jolie fresque familiale, du milieu du 19e siècle jusqu'à la fin du 20e, avec ses exils, ses regrets, ses amours et ses incompréhensions fatales, qui nous emmène des bas-fonds des sassi de Matera, aux campagnes de Pouilles en pleine réforme agraire, des bals et ders foires de villages à la naissance du Parti communiste italienne ; au fil du roman, les femmes conquièrent au fur et à mesure une place dans la famille et la société italienne : l'une d'elles est la première à porter des pantalons, l'autre une minijupe, une autre encore la première à faire des études ou à quitter le bourg familial …


La citation


« S'il ne perdit pas complètement la tête, ce fut grâce à un sachet d'olives noires au sel que sa mère lui avait donné avant le départ. Il en mangeait une chaque soir en la mâchant lentement avec le pain qu'il mettait de côté à midi, et la saveur de la chair saumâtre lui ramenait à la mémoire son nom, le visage des membres de sa famille, le souffle chaud de ses frères qui dormaient avec lui, le grommellement des animaux, les odeurs et les sons de sa maison ; elle lui permettait de transformer l'angoisse en nostalgie, l'effroi en regret, la démence en résignation » (p. 85).


Ce que j'en ai pensé :


On traverse plus d'un siècle de la « grande histoire » italienne, mais on a du mal à la croire, car le roman est assez court, ce qui donne au final un effet assez étourdissant. Et on entre dans l'histoire par le petit bout de la lorgnette, de manière indirecte, par les destins des hommes – et surtout des femmes – qui survivent sur cette âpre terre de Lucanie, à peine effleurés par les soubresauts politiques et sociaux, seulement lorsqu'ils bouleversent leurs existences. Un bien beau tableau, composé de destins de femmes exceptionnelles à bien des égards, quoique très différentes les unes des autres : de Gioia la révolutionnaire, à ses aïeules Candida, Albina ou Concetta. C'est une histoire tendre, même si on regrette parfois la vitesse du tourbillon qui nous entraîne et débouche sur une certaine forme de mélancolie. Les personnages sont particulièrement attachants (on a l'impression de les avoir toujours connus !), dans leur quête de dignité et de bonheur, même ceux qui ne le seraient pas a priori se révèlent en fin de compte profondément humains – et il s'agit vraiment d'un roman très humaniste. C'est aussi un bel hommage aux Pouilles, terre méconnue mais ô combien émouvante. Les générations s'enchevêtrent et se superposent (voir le parallélisme entre Franceszco et Gioia, repris au dernier chapitre), créant un sentiment troublant de continuité. L'écriture est poétique, avec parfois des passages au style très ciselé, mais toujours très fluide. On accroche très vite au bouquin qu'on a du mal à lâcher une fois entamé ! Il y a un souffle qui traverse l'oeuvre, un rythme bien particulier qui l'habite. J'ai vécu mille ans, par le côté fresque et les portraits de femmes, évoque parfois le très bel Art de la joie de Golliarda Sapienza.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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MIOP
  09 février 2012
J'ai vécu mille ans est une formidable saga familiale, une fresque vivante ou se mèlent les destins petits et grands qui ont façonné l'Italie contemporaine, le portrait d'un monde terrien dure et superbe.
Les personnages "hauts en couleur" et les situations tour à tour tragiques ou cocasses sont portés par une langue vivante et imagée qui n'est pas sans rappeler les films de l'âge d'or du cinéma italien.
Ce roman a obtenu le prestigieux prix Campiello 2007.
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litolff
  18 mai 2010
Je n'ai pas été séduite par cette saga quelque peu loufoque dont l'écriture ne m'a pas du tout emballée... j'ai laissé tomber à la moitié du livre...
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EmmaBer
  03 février 2020
Très belle saga familiale, dans laquelle les générations successives traversent les grands événements de l'histoire italienne et nous la rendent plus vivante (Garibaldi, les deux guerres mondiales, l'émigration en « Mérique », le fascisme, le communisme…). L'auteure réussit à parcourir plus d'un siècle en 187 pages sans donner le tournis. La description des paysages donne envie de visiter cette région rurale et montagneuse tout au Sud de l'Italie. Les personnages sont touchants et profondément humains ; l'écriture est belle et imagée, avec quelques passages très poétiques.
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naugugliaro
  19 novembre 2016
Très belle saga italienne de 5 générations de femmes.
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