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Critique de Roadreader


Roadreader
  05 février 2020
Après avoir été sur le devant de l'actualité en 2014 avec le début de la guerre civile, l'Ukraine est vite retombé dans l'oubli de nos esprits occidentaux. le polar social de Benoît Vitkine va permettre à ce pays meurtri de se rappeler à nous.

Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'auteur nous propose une plongée dans les eaux troubles d'un pays saigné à blanc. Rien ne nous est épargné, corruption, trafic de drogue, magouilles politiques, alcoolisme, violence et surtout infanticide, le quotidien des habitants de la région est mouvementé à tel point que plus grand monde ne réagit lorsque les bombes commencent à pleuvoir. C'est un portrait de l'Ukraine réalisé à la neige sale écrasé par les chenilles des tanks. Avant d'être un polar, l'ouvrage est un récit social où la misère côtoie la plus grande cupidité.

L'auteur s'attache à nous montrer à quel point le jeu stupide qu'est la guerre dissimule des enjeux beaucoup plus sérieux pour lesquels beaucoup sont prêts à mentir et à faire usage de la violence. Comme toujours certains arrivent à tirer leurs épingles du jeu alors que l'ensemble de la population se débat entre la misère et les bombardements incessants. L'adage bien connu "le malheur des uns fait le bonheur des autres" n'a jamais été aussi vrai. Cela ne rend pas la balade dans les ruines de la ville d'Avdiïvka moins glaçante pour autant.


Ce n'est pas le narrateur désabusé, le colonel Henrik Kavadze, qui va nous remonter le moral. Conscient du mal qui gangrène ce pays qu'il aime malgré tout, Henrik à encore plus conscience du fait qu'il est impuissant à changer quoi que ce soit tant les forces en présence le dépassent. Cela ne l'empêchera pas de se démener pour tenter de protéger le peu d'innocence qui reste encore dans son quotidien et ce malgré le fait qu'il doit se débattre avec un puissant syndrome de stress post-traumatique. Henrik n'est pas un personnage attachant, ses démons prennent parfois le dessus, mais c'est un personnage auquel il faut s'attacher car il est l'un des rares à conserver une once d'humanité dans une région en proie à tous les vices.

En moins de trois cents pages l'auteur parvient à condenser tous les maux de l'Ukraine, qui ruinent le pays depuis maintenant six ans, dans un récit mêlant réalisme social et intrigue policière. Je regrette juste que la fin fasse un peu trop carte postale contrastant avec l'aspect miséreux et glauque du reste du l'ouvrage.
Lien : https://culturevsnews.com/
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