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EAN : 9791037500595
Éditeur : Les Arènes (05/02/2020)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Avdiïvka, sur la ligne de front du Donbass, hiver 2018.
Au pied des terrils, la guerre s'est installée depuis quatre ans et plus grand monde ne se souvient comment elle a commencé. Dans la steppe ukrainienne, on a déjà tout vu, et il en faut plus pour émouvoir petits voyous et retraitées en peignoirs léopard. Et quand les enfants d'Avdiïvka sont assassinés sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l'impassible chef de la police locale, perd son flegme. I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  09 mars 2020
Rien ne rend mieux la réalité que la fiction, surtout lorsque c'est un reporter de guerre émérite qui prend la plume : Benoît Vitkine est lauréat 2019 du Prix Albert Londres pour sa série d'enquêtes publiée au Monde sur l'influence russe, notamment au Donbass.
Le Donbass, c'est cette région minière ukrainienne aux frontières russes, en proie à un conflit armé qui oppose depuis 2014 le gouvernement pro-européen aux séparatistes russophones soutenus par Poutine. Plus qu'une toile de fond, cette guerre qui n'intéresse plus personne est au coeur de ce roman dont la plus grande vertu est d'en rendre les enjeux compréhensibles, même pour un lecteur sans connaissances géopolitiques précises. Benoît Vitkine sait se faire pédagogue sans pour autant alourdir le récit.
L'immersion est immédiate. On est plongé dans l'intimité de la guerre, au plus près d'hommes et femmes ordinaires pour qui la guerre est devenue une routine. On sent que ce qui intéresse avant tout l'auteur, c'est de montrer l'intime dans le chaos, de montrer comment la guerre mine la psychologie des hommes et exacerbe les sentiments, pour le meilleur et pour le pire, dans un univers où il n'y a pas de place pour les tièdes ou les nuances.
Le pire, c'est le assassinat sauvage d'un enfant dans la ville Avdïivka tout près de la ligne de front. Un crime qui peut sembler dérisoire au vue des horreurs de la guerre, mais pour le colonel de police Kavadze, retrouver l'assassin, c'est se prouver que la guerre n'a pas tué toute humanité en lui, toute capacité à s'indigner. Il ne lâchera rien, lui le vétéran de l'Afghanistan, lui le flic désabusé qui se réfugie derrière un cynisme blasé pour éviter de souffrir plus que de mesure.
L'intrigue polar est bien là, mais ce n'est qu'un prétexte. Elle est traitée de façon un peu discontinue et il manque ça et là quelques rouages pour fluidifier son avancée qui passe souvent à l'arrière-plan. Maladresses qui importent peu tellement ce roman est plus qu'un polar. Avec son sens du détail, il distille une atmosphère singulière et imprime des images fortes dans les rétines : celle de cette cokerie, seule debout à faire vivre encore un tant soit peu cette ville martyre de Avdïivka ; celle de la traversée hallucinée de la ligne de front par Kavadze ; celle de la confrontation de ce dernier avec un homme rendu fou par les guerres passés. Et surtout ces inoubliables babouchkas qui tiennent le terrain pendant que les hommes jouent à la guerre, frappent ou boivent.
«  Elles étaient des survivantes. le quartier était rempli de ces veuves impassibles. Le pays pouvait bien s'étriper, elles continueraient à fabriquer des confitures et à mariner des champignons. Leurs maris s'étaient agités toute leur vie, puis leurs coeurs avaient lâché, fatigués de tant donner à des corps massifs, à des vies trop brutales. Elles, elles restaient. Elles vivaient quinze ans, vingt ans de plus que leurs hommes. Et pendant vingt ans, elles enfilaient chaque jour les mêmes chaussons, les mêmes robes de chambre. Elles accomplissaient consciencieusement la routine de leurs petites vies. »
Un roman captivant sur un angle mort de la géopolitique mondiale et du polar en général.
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Cannetille
  11 mai 2020
Le Donbass, bassin minier qui forme la partie Est de l'Ukraine, est depuis 2014 le théâtre d'une guerre entre le régime ukrainien pro-européen et les séparatistes russophones soutenus par Poutine. Dans la petite ville de Vdiïvka, en plein sur la ligne de front, la vie continue tant bien que mal, sous les tirs d'obus et de roquettes qui détruisent et tuent chaque jour un peu plus. La corruption et les trafics en tous genres ne semblent que mieux s'en porter, dans l'indifférence générale. Pourtant, lorsqu'un enfant est retrouvé assassiné, le chef de la police Henrik Kavadze sort soudain de sa torpeur pour se lancer dans une enquête dont il est loin de soupçonner les liens avec son passé de vétéran d'Afghanistan.

Au-delà du polar, en l'occurrence addictif et bien ficelé, ce sont les connaissances et l'expérience du reporter de terrain et du journaliste spécialiste de la zone qui donnent tout son relief à ce livre : Benoît Vitkine excelle à dessiner et à rendre intelligible l'intriqué contexte géo-politique de son histoire, mais aussi à restituer le climat si particulier de cette ville sinistrée, qui cumule la grisaille et la misère héritées des années soviétiques à la tension et aux dangers d'un conflit armé dont tous ont oublié les troubles raisons. Plongé dans ces lieux comme s'il y était, le lecteur y part à la rencontre de personnages plus vrais que nature, qui tous crèvent les pages et donnent le frisson : petites gens résignées à la peur et à la misère, hommes tués avant l'âge par la violence, les trafics et l'alcool, femmes acculées à la prostitution ou trop souvent laissées veuves sans ressources, fonctionnaires corrompus et voyous de tout poil, tous tentent de survivre avec les moyens du bord et une absence totale d'horizon. A la souffrance des civils s'ajoute celle des militaires, dont beaucoup ont connu le bourbier afghan et, quand ils en sont revenus, traînent leur traumatisme jusqu'à la folie. le chaos règne autant dans les têtes que dans les rues dévastées…

Impressionnant de précision et de véracité, ce livre qui se lit avec la facilité addictive du roman policier est avant tout un excellent reportage empli d'images fortes et inoubliables, une galerie de portraits représentatifs d'une population martyrisée oubliée par l'opinion publique internationale, et une manière aussi plaisante qu'instructive de comprendre le conflit entre l'Ukraine et la Russie. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Jeanfrancoislemoine
  13 février 2020
Au risque de paraitre ignare , je l'avoue humblement , pour moi , le titre du livre , " Donbass" , il n'évoquait pas grand chose sinon un mystère que j'allais forcément lever lors de ma lecture . Oui , et bien le Donbass, aujourd'hui , j'en sais un peu plus que ce qu'ont bien voulu m'en offrir les " actualités " que je regarde à la télévision. Évidemment, cette " région " ukrainienne située près de la frontière russe est en état de guerre depuis 2014 , mais cela ne semble pas de nature à troubler les consciences dans notre pays . D'un côté, on souhaite intégrer l'Europe , de l'autre la Russie ....Difficile et cruel dilemme pour les habitants qui , en optant pour l'un ou l'autre , ont déclenché une guerre qui , il faut bien le dire , ne dit pas vraiment son nom , ne semble pas susciter un intérêt de nature à émouvoir...Terrible . Il est là le cadre de ce roman .La guerre , les souffrances , le bruit incessant des obus qui éclatent ça et là, tellement proches , tellement lointains qu'on finit par les ignorer même si l'on sait que, un jour ou l'autre.....
C'est que , voyez- vous , dans ce monde cruel , certains savent évoluer, exploiter , échanger les richesses . Corruption , Backchichs , privilèges ,compromis avec l'ennemi , et les avoirs inondent certaines " poches " pour qui " la guerre est belle " .Tant pis pour ceux qui , ici ou là, voient leurs enfants transformés en chair à canon .
Business. Rien de bien nouveau , rien de bien original ....
Et puis , un jour , on découvre le cadavre d'un enfant ....Autre chose , là , non? ...Et le colonel Henrik Kavadze , chef de la police locale se lance sur l'affaire . Pas un marrant , le colon . Désabusé, c'est plutôt un observateur du " temps qui passe " . Oui , mais un enfant .....
Il faut faire la lumière sur cette histoire au grand dam de certains qui , au contraire craignent pour leurs juteuses affaires ...
Roman court , moins de 300 pages , ce roman n'en " dégueule pas moins " d'intérêt. Pour moi , il est déjà très bien écrit, sans temps mort , sans fioritures .Il est très bien documenté sur le conflit , décrit avec art les enjeux , les intérêts économiques plus ou moins licites ....Et puis , cette histoire de crimes et l'existence d'un éventuel psychopathe....Une menace pour de lucratifs trafics....pour de gros , très gros profits....Un polar ? Sans doute . Un roman historique ? L'avenir le dira . Un témoignage sur un " bourbier " pas si lointain de nous ? Certainement . Un bon bouquin ? Oh ,que oui .....
Le roman de Benoît Viktine, correspondant du Monde à Moscou , m'a été offert par ma chère épouse sur les conseils de mon libraire . La seule chose que je puisse dire est qu'ils ont fait un superbe choix que je souhaite partager avec vous ....La couverture , superbe à mon sens, donne le ton . Amateurs du genre , precipitez- vous....
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Sylviegeo
  21 octobre 2020
Vous connaissez le Donbass ? Non ? Humm alors voilà une bonne raison de lire ce titre de Benoit Vitkine. Déjà que l'auteur est crédible, journaliste, spécialiste des pays de l'Est et de l'ex -URSS, lauréat du prix Albert-Londres, on peut s'y fier je crois.
Alors, le Donbass est une région d'Ukraine, bassin houiller important où le conflit armé sévit depuis 2014 avec la crise ukrainienne et dont on entend peu parlé. Ce sont les séparatistes russophones qui ne reconnaissent pas le nouveau régime ukrainien, ce sont des frontières contraintes entre territoires conquis par l'un ou l'autre, c'est l'effondrement économique où les mines de charbon abandonnées par les autorités sont reprises par les mafias, c'est la corruption, ce sont les oligarques pas toujours très nets et pour certains c'est l'Afghanistan qui les hante encore. le meurtre d'un petit garçon près d'une mine mettra la ville en émoi et encore plus le policier chargé de l'enquête. Il enquête sur un terrain miné, dans tous les sens du mot. Il doit composer avec ses fantômes, ses collègues corrompus, avec une administration qui ne veut que balayer la poussière sous le tapis, bref il est seul avec sa vodka et sa désillusion.
Un récit crédible sur cette mauvaise guerre, une enquête policière dans un décor de cauchemar, bref un voyage dans un quotidien lugubre, trouble, où l'optimisme ne serait qu'un trait de l'esprit.
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Crossroads
  25 mars 2020
Le Donbass est un bassin houiller partagé, enfin tiraillé, serait plus exact, entre l'Ukraine et la Russie qui se livrent, depuis quelques temps, un combat sans merci.
Mais quatre années de conflit confèrent à ces bombardements une certaine routine.
Même si la populace semble s'y être accoutumée, l'assassinat d'un enfant vient soudainement perturber ces esprits fatalistes.
Le Colonel Henrik Kavadze trimballe son chapelet de fantômes.
Pas sûr que cette nouvelle enquête soit propice à un regain d'optimisme démesuré.
Arf, j'aurais pas dû, non, j'aurais pas dû attaquer Donbass en ces temps d'enfermement obligeamment exhorté.
De l'ordre de 135 euros, le niveau d'encouragement, ça calme les envies de grand air, forcément.
Besoin d'amour, de joie, de bonne humeur, (Zaz, tu te calmes!) d'ambiance guillerette histoire de ne pas se mélancoliser le quotidien.
C'est pas avec Donbass que j'allais me mettre à maltraiter du Piaf.
J't'en foutrais du rose, moi.
Ici, tout est noir.
Les hommes, les femmes, les villes, les vies.
Honnêtement, cette enquête relève plus du prétexte que du polar pur jus.
Et c'est peut-être ce qui explique que je m'y sois perdu, parfois, devant jongler avec moult personnages que j'ai eu du mal à intégrer (pour cause de maîtrise plus qu'aléatoire du patois local) et un contexte géopolitique aussi passionnant que déstabilisant.
Pourtant tout y est.
Les personnages homériques sont pléthores.
Entre flic qui boit la tasse (environ 60°C la bolée récurrente) lorsqu'il n'est pas corrompu jusqu'à l'os, brave commerçant opportuniste qui aura su surfer sur la vague belliciste, vieilles au coeur aussi vaste que les contrées qu'elles habitent, hommes désabusés à l'âme aussi noire que le charbon qu'ils extraient en frôlant le bénévolat, prostituée au grand coeur, le catalogue se veut généreux sans verser dans l'ostentatoire.
Autre facteur incontournable au charme aussi dévastateur qu'un lâcher de bombes journalier : la géographie urbaine.
Dévastées, balafrées, atomisées, ces villes délicieusement évoquées sont à l'image de ses rares autochtones. Pas prêtes de voir un tour-operator s'y intéresser de près.
Benoît Vitkine, en journaliste émérite des pays de l'Est, aura su également décrire, tout en pédagogie, les tenants et les aboutissants politiques d'une région taraudée par un antagonisme belliqueux.
Tout était là pour passer un grand moment.
Un seul absent, mon ouverture d'esprit qui avait dû se faire la malle alors que j'avais le dos tourné, l'abjecte couarde.
Complètement conscient d'être passé à côté, je me suis juré qu'un jour, j'y reviendrai.
Merci à Babelio et aux éditions Equinox pour ce monochrome charbonneux digne d'un Klein, c'est pas rien.
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critiques presse (1)
Liberation   06 mars 2020
La connaissance intime du terrain est la force autant que la faiblesse de Donbass. La véracité est indéniable, on est dans Avdiïvka bombardée, on sursaute au bruit des tirs de mortier, on ressent la tension entre pro-Maïdan et séparatistes. Mais on s’y perd, force de précision. Dans le sillage de son héros délavé, Donbass diffuse un blues mat. Une musique entêtante qui fait espérer que Benoît Vitkine poursuivra dans la fiction.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SylviegeoSylviegeo   20 octobre 2020
Ces vieilles femmes...peu leur importait de vivre en Union Soviétique, en Russie, en Ukraine, elles avaient tout connu et tout était égal. Seul importait que leurs petits-enfants ne voient pas les horreurs qu'elles avaient vues. La Guerre, la vraie. Les purges de Staline. Elles se plaignaient pour la forme, mais elles savaient qu'elles n'avaient rien le droit de réclamer. Rien de plus qu'une part de bonne tarte et, pour les plus chanceuses, le baiser d'un petit fils sur leurs joues duveteuses. Ou à défaut un petit verre de sherry...Le Donbass était rempli de ces veuves. Le pays entier. Et pareil dans la Russie voisine. Là aussi on pouvait conduire des heures et ne croiser que des villages peuplés uniquement de vieilles femmes besogneuses. Un empilement de veuves! Des strates de veuves abandonnées par le temps. Veuves de soldats. Veuves d'ouvriers. Veuves d'alcooliques.
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LalitoteLalitote   09 février 2020
Ces vieilles femmes qui trompaient la mort en croquant de grosses parts de tarte avec leurs dernières dents accentuaient sa peine. Malgré leur enthousiasme un peu enfantin, malgré leur obstination à préserver dans la guerre l’illusion d’une vie normale. Elles étaient des survivantes. Le quartier était rempli de ces veuves impassibles. Le pays pouvait bien s’étriper, elles continueraient à fabriquer des confitures et à mariner des champignons. Leurs maris s’étaient agités toute leur vie, puis leurs cœurs avaient lâché, fatigués de tant donner à des corps trop massifs, à des vies trop brutales. Elles, elles restaient. Elles vivaient quinze ans, vingt ans de plus que leurs hommes. Et pendant vingt ans, elles enfilaient chaque jour les mêmes chaussons, les mêmes robes de chambre. Elles accomplissaient consciencieusement la routine de leurs petites vies. Elles y déployaient même une force surprenante.
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RenodRenod   27 février 2020
Tout avait valdingué. Le Donbass s’était retrouvé d’un coup comme une baleine échouée sur le rivage, rouillé, inutile, trop grand pour le pays nouveau et inconnu auquel il appartenait désormais. Ses habitants avaient assisté au dépeçage de l’outil industriel. Les oligarques achetaient et vendaient les usines comme des jetons de poker, pendant que les maraudeurs en arrachaient le métal pour le revendre sur des marchés noirs de misère.
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SylviegeoSylviegeo   20 octobre 2020
Kiev s'était lourdement trompée sur le compte du Donbass. Elle avait fait sa révolution et cru que ceux de l'Est, les gueux, suivraient ou se tairaient, comme ils l'avaient toujours fait. Le Maïdan avait été un cri de colère contre la corruption, l'injustice...Les habitants du Donbass partageaient ce cri, mais ils n'avaient que faire du discours nationaliste et chauvin qui l'accompagnait. La menace d'enlever au russe son statut de langue officielle n'avait fait qu'accroitre cette crispation. Seulement, personne n'était prêt à écouter. Alors ceux de l'Est s'étaient tournés vers ce qu'ils connaissaient: pendant que Kiev choisissait l'Europe et s'illusionnait en songeant à un futur meilleur, le Donbass avait regardé vers Moscou et cherché refuge dans le passé L'ancienne mère patrie n'attendait que cela. Ce que les gens du Donbass ignoraient, en revanche, c'est qu'entre-temps elle était devenue une marâtre acariâtre et cynique.
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Acerola13Acerola13   13 juin 2020
Kiev s'était lourdement trompée sur le compte du Donbass. Elle avait fait sa révolution et cru que ceux de l'Est, les gueux, suivraient ou se tairaient, comme ils l'avaient toujours fait. Le Maïdan avait été un cri de guerre contre la corruption, l'injustice...Les habitants du Donbass partageaient ce cri, mais ils n'avaient que faire du discours nationaliste et chauvin qui l'accompagnait. La menace d'enlever au russe son statut de langue officielle n'avait fait qu'accroître cette crispation. Seulement, personne n'était prêt à écouter. Alors ceux de l'Est s'étaient tournés vers ce qu'ils connaissaient : pendant que Kiev choisissait l'Europe et s'illusionnait en songeant à un futur meilleur, le Donbass avait regardé vers Moscou et cherché refuge dans le passé. L'ancienne patrie n'attendait que cela. Ce que les gens du Donbass ignoraient, en revanche, c'est qu'entre-temps elle était devenue une marâtre acariâtre et cynique.
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Videos de Benoît Vitkine (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoît Vitkine
L'un, Benoît Vitkine, est le correspondant du "Monde" à Moscou. Journaliste depuis quinze ans, il a notamment couvert la guerre dans l'est de l'Ukraine, et a reçu en 2019 le prix Albert-Londres de la presse écrite, pour une série de six enquêtes autour de l'influence russe notamment avec la guerre du Donbass. Il est aussi l'auteur d'un roman policier qui se déroule en Ukraine et qui a pour titre "Donbass" (éd. Les Arènes). L'autre, Yoann Barbereau, a travaillé près de dix ans en Russie, où il a notamment dirigé l'Alliance française d'Irkoutsk. Jusqu'au jour où des hommes cagoulés ont fait irruption chez lui, l'ont arrêté, interrogé, puis emprisonné dans les geôles de Sibérie. C'est alors qu'a débuté pour lui un parcours incroyable, d'enfermements et d'évasions, qu'il retrace dans un livre "Dans les geôles de Sibérie" (éd. Stock).
Dans cette rencontre virtuelle, Yoann Barbereau nous parle notamment du Kompromat dont il a été victime, des livres lus pendant son emprisonnement et de l'écriture comme fenêtre ouverte sur le monde extérieur. Avec Benoît Viktine, nous évoquons le romanesque et les possibilités qu'il offre à l'écrivain et la pratique du métier de journaliste, en Russie, aujourd'hui.
Pour retrouver ces livres, c'est ici : Donbass : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16203532-donbass-benoit-vitkine-les-arenes Dans les geôles de Sibérie : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16203605-dans-les-geoles-de-siberie-yoann-barbereau-stock
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
À bientôt !
*****
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