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ISBN : 9791037500595
Éditeur : Les Arènes (05/02/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Avdiïvka, sur la ligne de front du Donbass, hiver 2018.
Au pied des terrils, la guerre s'est installée depuis quatre ans et plus grand monde ne se souvient comment elle a commencé. Dans la steppe ukrainienne, on a déjà tout vu, et il en faut plus pour émouvoir petits voyous et retraitées en peignoirs léopard. Et quand les enfants d'Avdiïvka sont assassinés sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l'impassible chef de la police locale, perd son flegme. I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  13 février 2020
Au risque de paraitre ignare , je l'avoue humblement , pour moi , le titre du livre , " Donbass" , il n'évoquait pas grand chose sinon un mystère que j'allais forcément lever lors de ma lecture . Oui , et bien le Donbass, aujourd'hui , j'en sais un peu plus que ce qu'ont bien voulu m'en offrir les " actualités " que je regarde à la télévision. Évidemment, cette " région " ukrainienne située près de la frontière russe est en état de guerre depuis 2014 , mais cela ne semble pas de nature à troubler les consciences dans notre pays . D'un côté, on souhaite intégrer l'Europe , de l'autre la Russie ....Difficile et cruel dilemme pour les habitants qui , en optant pour l'un ou l'autre , ont déclenché une guerre qui , il faut bien le dire , ne dit pas vraiment son nom , ne semble pas susciter un intérêt de nature à émouvoir...Terrible . Il est là le cadre de ce roman .La guerre , les souffrances , le bruit incessant des obus qui éclatent ça et là, tellement proches , tellement lointains qu'on finit par les ignorer même si l'on sait que, un jour ou l'autre.....
C'est que , voyez- vous , dans ce monde cruel , certains savent évoluer, exploiter , échanger les richesses . Corruption , Backchichs , privilèges ,compromis avec l'ennemi , et les avoirs inondent certaines " poches " pour qui " la guerre est belle " .Tant pis pour ceux qui , ici ou là, voient leurs enfants transformés en chair à canon .
Business. Rien de bien nouveau , rien de bien original ....
Et puis , un jour , on découvre le cadavre d'un enfant ....Autre chose , là , non? ...Et le colonel Henrik Kavadze , chef de la police locale se lance sur l'affaire . Pas un marrant , le colon . Désabusé, c'est plutôt un observateur du " temps qui passe " . Oui , mais un enfant .....
Il faut faire la lumière sur cette histoire au grand dam de certains qui , au contraire craignent pour leurs juteuses affaires ...
Roman court , moins de 300 pages , ce roman n'en " dégueule pas moins " d'intérêt. Pour moi , il est déjà très bien écrit, sans temps mort , sans fioritures .Il est très bien documenté sur le conflit , décrit avec art les enjeux , les intérêts économiques plus ou moins licites ....Et puis , cette histoire de crimes et l'existence d'un éventuel psychopathe....Une menace pour de lucratifs trafics....pour de gros , très gros profits....Un polar ? Sans doute . Un roman historique ? L'avenir le dira . Un témoignage sur un " bourbier " pas si lointain de nous ? Certainement . Un bon bouquin ? Oh ,que oui .....
Le roman de Benoît Viktine, correspondant du Monde à Moscou , m'a été offert par ma chère épouse sur les conseils de mon libraire . La seule chose que je puisse dire est qu'ils ont fait un superbe choix que je souhaite partager avec vous ....La couverture , superbe à mon sens, donne le ton . Amateurs du genre , precipitez- vous....
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encoredunoir
  15 février 2020
Pas besoin de faire un dessin, le titre est assez explicite. On est dans le Donbass, cette région de l'Ukraine où, depuis 2014 et en réaction au mouvement pro-européen de Maïdan, des groupes séparatistes pro-russes, avec le soutien de la Russie sont entrés en insurrection, déclenchant un conflit toujours pas réglé aujourd'hui et qui a pour partie été éclipsé par la crise de Crimée. C'est là que l'on retrouve le colonel de police Henrik Kavadze, affecté à Avdiïka, ville encore sous autorité ukrainienne située non loin de la ligne de front. Alors que les forces de police, supplantées par l'armée, n'ont plus que des attributions limitées, Kavadze hérite pourtant d'une véritable affaire, le meurtre d'un enfant retrouvé poignardé. Pour mener à bien son enquête, Kavadze va devoir faire preuve d'opiniâtreté, naviguer entre les différentes autorités qui se font concurrence du côté ukrainien, entre les deux camps en guerre et aussi se confronter à son propre passé de soldat soviétique en Afghanistan.
Journaliste au Monde, lauréat en 2019 du prix Albert-Londres pour six enquêtes portant notamment sur la crise ukrainienne, Benoît Vitkine sait de quoi il parle. C'est peut-être là, paradoxalement, la limite de son par ailleurs très bon roman : le journaliste l'emporte peut-être trop parfois sur le romancier. Ainsi l'intrigue qui sert de colonne vertébrale au livre est assez lâche et parfois confuse. Elle ne semble exister que pour permettre de parler du Donbass et, surtout, de ceux qui y vivent. Mais, disons-le, c'est bien cela, en fait, qui confère toute sa valeur à ce roman.
À travers le personnage d'Henrik Kavadze, vétéran d'Afghanistan, policier cynique et désabusé, et ses pérégrinations, Benoît Vitkine parle de la guerre et de ce qu'elle fait à ceux qui la vivent, soldats (ou miliciens) comme civils. On évite en règle générale le cours de géopolitique pour aller à la rencontre d'une population écrasée par le conflit et qui parfois aussi, s'il elle ne se réalise pas à travers lui, s'y est du moins accoutumée au point de n'envisager qu'avec circonspection voire appréhension pouvoir en sortir. On trouve ainsi de très belles pages sur la façon dont la guerre modèle les gens et, d'une certaine manière, donne plus d'intensité à la vie. L'empathie avec laquelle il traite ses personnages, sans manichéisme, lui permet par ailleurs de rendre leurs motivations et, partant, son histoire, plus complexes. Et c'est avec une certaine fascination que l'on s'attache aux pas de Kavadze et que, peu à peu, on découvre les blessures intimes qu'il charrie avec lui. Là encore, Benoît Vitkine offre de formidables passages comme la traversée hallucinatoire d'un champ de mines à la suite d'un troupeau de vaches.
Avec ses quelques défauts et ses grandes qualités, Donbass est un premier roman remarquable par bien des aspects. Prenant et instructif sans être lénifiant, il vient par ailleurs nous parler de lieux et de gens que, d'une manière générale, on connaît peu ici sans céder à un pseudo exotisme ou à un romantisme au petit pied. Une lecture qui vaut le détour.
Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Lalitote
  09 février 2020
Sur fond de conflit Ukrainien, une guerre qui dure depuis six années, qui s'enlise et qui n'en finit pas. On découvre le corps d'un jeune garçon de 6 ans, lui ce n'est pas la guerre qui l'a tué mais bien un homme, un psychopathe dont on devine qu'il va sans doute recommencer c'est ce que font les psychopathes non ? Au milieu des bombardements constants, le colonel Henrik Kavadze va mener son enquête en franchissant régulièrement la ligne de front. On a affaire à un flic complètement blasé, usé par la situation de son pays mais aussi par ses problèmes familiaux. Au-delà dune intrigue policière passionnante, on apprend à connaître ce conflit sur lequel je ne savais pas grand-chose, même le mot Donbass m'était inconnu, c'est dire. C'est là tout le talent de l'auteur qui sait si bien nous faire partager la petite et la grande histoire, pour un premier roman c'est remarquable. Il faut dire que Benoît Vitkine est le correspondant du Monde à Moscou depuis quinze ans ceci explique cela. Pourtant même si son style est direct et sa façon de nous faire vivre cette ambiance apocalyptique réaliste, il possède une belle plume qui ne fait pas abstraction des émotions. J'ai été touché par le statut des femmes et particulièrement des vielles femmes, ces babouchkas, celles qui sont encore là alors que leurs maris sont tombés depuis bien longtemps. La pauvreté, la misère, l'alcool, la drogue, le manque de tout, nourriture, chauffage nous donne un aperçu des conséquences de la dislocation de l'URSS et de ses guerres intestines. Un bel ouvrage à la fin surprenante. Bonne lecture.
http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2020/02/09/37892580.html

Lien : http://latelierdelitote.cana..
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Guillaume17
  04 février 2020
Dans la steppe ukrainienne ravagée par la guerre on pense avoir tout vu jusqu'au jour où des enfants sont sauvagement assassinés .
Un polar passionnant original sur une région oublié par les médias en pleine zone de conflit
L auteur est grand reporter et spécialiste du dombas et cela transpire a chaque page
Un polar assis sur une faille géopolitique.
Plaisir de lecture 9/10
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Malyne
  09 février 2020
Roman palpitant à plus d'un titre. L'intrigue policière est bien menée, avec son lot de rebondissements. On y apprend beaucoup sur le Donbass en guerre, région stratégique, par où la Russie cherche à attaquer l'Europe. L'auteur, Benoit Vitkine, grand reporter au Monde, restitue de façon vivante l'ambiance et la psychologie des habitants d'une petite ville située sur la ligne de front. Un livre qui plaira autant aux amateurs de polars, qu'à ceux qui s'intéressent (même un peu, seulement): à la géopolitique.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LalitoteLalitote   09 février 2020
Ces vieilles femmes qui trompaient la mort en croquant de grosses parts de tarte avec leurs dernières dents accentuaient sa peine. Malgré leur enthousiasme un peu enfantin, malgré leur obstination à préserver dans la guerre l’illusion d’une vie normale. Elles étaient des survivantes. Le quartier était rempli de ces veuves impassibles. Le pays pouvait bien s’étriper, elles continueraient à fabriquer des confitures et à mariner des champignons. Leurs maris s’étaient agités toute leur vie, puis leurs cœurs avaient lâché, fatigués de tant donner à des corps trop massifs, à des vies trop brutales. Elles, elles restaient. Elles vivaient quinze ans, vingt ans de plus que leurs hommes. Et pendant vingt ans, elles enfilaient chaque jour les mêmes chaussons, les mêmes robes de chambre. Elles accomplissaient consciencieusement la routine de leurs petites vies. Elles y déployaient même une force surprenante.
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LalitoteLalitote   09 février 2020
Que serait-il devenu ? Flic ? Qui avait besoin de lui hors de son Donbass ? Il aurait été un réfugié, rien de plus. Un alcoolique paumé, un déraciné sans argent ni avenir. Il comprenait ceux qui restaient, qui refusaient de quitter leur terre, les quatre murs patiemment bâtis. Il n’était pas différent deux. Ailleurs, il n’y avait rien, il n’était rien.
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Guillaume17Guillaume17   03 février 2020
Quant à savoir qui avait commencé c était une autre histoire et même les observateurs étrangers de l osce se gardaient de tirer de telles conclusions
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Guillaume17Guillaume17   03 février 2020
C est toujours malheureux la défaite surtout contre des mineurs et des conducteurs de tracteur avait feint de s amuser le maître du Kremlin
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Videos de Benoît Vitkine (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoît Vitkine
"La Russie entend punir l'Ukraine" : Benoît Vitkine - Extrait Un Monde en Docs
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