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Critique de mesrives


mesrives
  02 mars 2017
Vibecke est venue prendre son nouveau poste de conseillère culturelle il y a 3 mois et 3 jours au fin fond de la Norvège.
Elle s'y installe seule avec son fils dans une petite maison qu'elle n'a pas encore fini d'aménager.
Jon son fils doit se trouver de nouveaux amis, il pense que par le biais des associations sportives il en rencontrera.
Vibecke ne s'est pas encore liée suffisamment avec ses collègues pour pouvoir parler d'amitié.
Vibecke s'est séparée du père de Jon très rapidement, Jon ne connaît pas son père il s'est habitué.
Vibecke et Jon ou Jon et Vibecke,
Ils sont deux mais ne font qu'un.
Jon devine les gestes de Vibecke
Vibecke anticipe ceux de Jon.
Nous les retrouvons en fin de journée, une journée ordinaire dans ce froid et sombre hiver.
Un mercredi comme les autres? Oui et non.
Demain c'est l'anniversaire de Jon, c'est la veille de son anniversaire, de ses 9 ans.
Jon attends déjà son cadeau, celui qui lui ferait le plus plaisir, un train, le train vu dans la vitrine, un Märklin.
Pourquoi un train? Par  amour.
Pour partager le rêve de sa mère, de Vibecke:
« Quand je serais vieille, on partira en train. Loin, aussi loin que possible. Voir par la fenêtre des montagnes et des villes et des lacs, parler avec des gens d'autres pays. Etre ensemble tout le temps. Ne jamais arriver  à la fin. »

Parce que Vibecke doit préparer le gâteau d'anniversaire, Jon s'éclipse sans faire de bruit.
Parce que Jon doit vendre des tickets pour la tombola de l'école, Vibecke vaque à ses affaires.
De fil en aiguille, chacun entame son voyage, et en voyage on découvre de nouveaux paysages, on rencontre des gens... mais cette fois ce sera chacun pour soi.
Vibecke et Jon ne seront pas ensemble.
Il n'y aura pas de partage cette nuit, cette nuit insolite et blanche c'est la nuit de la séparation,
la nuit de la division de la cellule familiale.
Pourtant, pour chacun d'eux cette nuit sera celle des rencontres, promesses de chaleur dans cette nuit glaciale.
Mais au fil des pages, une tension sourde s'installe car les rencontres sont des histoires d'amour, d'amitié : elles peuvent mal tourner ou finir bien.

Hanne Orstavik avec une écriture toute en émotion a le don de nous rapprocher de ces protagonistes. Ici, la fusion de la mère et du fils se concrétise dans la construction du texte, les points de vue de Vibecke et de Jon se lient (excepté deux chapitres où leurs visions s'expriment séparées pointant la réalité physique de leur éloignement de manière concrète) ce qui permet au lecteur de s'immiscer dans leur vie, de se rapprocher d'eux.
Je ne me suis pas sentie ni spectatrice ni témoin mais complice grâce au partage des petits gestes  des réflexions de Jon et Vibecke et j'ai beaucoup aimé m'immerger dans leurs ressentis et leurs imaginaires.

Beaucoup de poésie aussi, son style m'a permis de retrouver un regard d'enfant et de dénicher le merveilleux: pour vous dire, mais c'est très personnel, j'y ai rencontré la blanche fée des neiges, un ours mal léché sous un ciel étoilé... et le Petit Poucet! Ah, j'oubliais les princesses!

Que du bonheur dans ce roman en forme de conte.
Amour, un petit roman qui nous touche au coeur.
Le coeur, champ des sentiments d'où s'échappe la chaleur.
Amour, un texte sur la solitude, le désir de trouver et reconnaître l'être qui saura nous compléter.
Amour c'est aussi l'histoire  d'un lien maternel, l'histoire d'une connivence entre sa mère et son fils.

Dans ce second roman de Hanne Orstavik couve et émerge déjà le sujet de son troisième roman Place ouverte à Bordeaux, celui de la rencontre.
« Elle les voit courir l'un vers l'autre sur une place ouverte dans une grande ville, ou sur une voie de chemin de fer désaffectée, il la soulève et ils tournent, ils rient, autour d'eux c'est lumineux et silencieux. »

Une auteure à découvrir. Un beau roman.
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