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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Mais le paysage qu'un homme voit, les yeux tournés vers l'extérieur, est généralement le reflet de ce qu'il cache, les yeux à l'intérieur.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Qu'avait-il pu arriver ? Une nouvelle guerre de portée mondiale qui aurait interrompu le transit naval jusqu'à la fin des hostilités ? Peut-être. Mais, bien que nous les hommes nous ayons tendance à rejeter la faute de nos peines sur les grandes hécatombes -cela rehausse notre importance en tant qu'individus-, la vérité s'inscrit toujours en lettres minuscules.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
La mascotte avait entonné un air d'une lointaine origine balinaise, une mélodie qu'il serait inutile de décrire, une musique qui devait fuir tout pentagramme. Combiens d'humains avaient-ils entendu cette chanson ? Combien d'êtres humains, depuis le début des temps, depuis que l'homme est homme, avaient-ils eu le privilège d'entendre cette musique ? Juste Batis et moi ? Tous ceux qui avaient affronté à un moment donné la dernière bataille ?
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
C'était un hymne épouvantable et un psaume barbare, et il était beau dans sa malice ingénue, très beau. Il touchait tout le spectre de nos sentiments, avec la précision d'un bistouri ; il les mêlait, les altérait et les niait trois fois. La musique s'émancipait de l'interprète.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Seul un homme qui naît ou un homme qui meurt peut être aussi seul que je le fus cette nuit, au phare.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Quelle route mentale avait-il suivie pour contourner les obstacles de la civilisation et de la nature ?
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
- Mein Gott, mein Gott... murmura soudain Batis. Les faces de crapaud sont plus nombreux que jamais.
- Où sont-ils ? Je ne vois rien.
Mais Batis ne répondait pas. Il était très loin de moi, bien qu'il fût là, à mes côtés. Il avait les lèvres écartées et humides d'idiot, comme s'il avait regardé à l'intérieur de son esprit au lieu de surveiller les abords du phare.
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Par Sesheta, le 01/11/2008
La peau froide de
Albert Sànchez Piñol
Ma frustration obéissait à des processus mentaux que je n'étais pas sûr de vouloir reconnaître.
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Victus : Barcelone 1714 de
Albert Sànchez Piñol
- Ne vous en faites pas, mon petit. Vous êtes un lâche, je le sais, mais peu d'hommes naissent courageux. Le courage s'apprend, de la même façon qu'un enfant apprend à parler. Vous comprenez?
- Je n'en suis pas sûr don Antonio.
Il me serra plus fort, me secouant comme un fétu de paille. Il me passa un poing sur le nez.
- Le bon Dieu a placé une barrière invisible entre chaque homme et son destin. Notre mission dans cette vie consiste à la repousser, à aller plus loin, à avoir le courage de découvrir ce qu'il y a de l'autre côté - il resta songeur - quoi que cela puisse être.
- Mais don Antonio, répliquai-je, recroquevillé, cela semble plutôt dangereux.
(P291)
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