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Par fannoche, le 25/08/2010
Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
20 h. 00 J'ai tant marché que mes chaussures fument. J'ai perdu un talon, ce qui me force à un déhanchement aussi ridicule que fatigant. J'enlève mes chaussures, j'entre dans un magasin et, avec l'argent qu'il me reste du restaurant, j'achète une paire de chaussures neuves moins pratiques que les précédentes, mais fabriquées dans un matériau très résistant. Equipé de ces nouvelles chaussures appelées skis, j'entreprends de parcourir le quartier de Pedralbes.
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Par Larsen, le 25/07/2010
Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
L'avantage de la communication télépathique, c'est qu'on peut parler la bouche pleine.
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Par Woland, le 09/01/2009
Le Mystère de la crypte ensorcelée de
Eduardo Mendoza
La pension vers laquelle je me dirigeai était commodément située à un détour de la rue Tapias, et portait l'enseigne de l'hôtel Cupidon, tout confort, bidet dans toutes les chambres. Le préposé ronflait comme un sonneur et se réveilla furieux. Il était borgne et porté au blasphème. Il consentit non sans rechigner à troquer montre et Bic contre une chambre avec fenêtre pour trois nuits. Il allégua contre mes protestations que l'instabilité politique avait entamé l'afflux touristique et diminué les investissements privés de capital. Je répondis que si ces facteurs avaient affecté l'industrie hôtelière, ils avaient également touché l'industrie horlogère et celle du stylo-bille, qu'elle s'appelle ou non de la sorte. Sur quoi, le borgne rétorqua qu'il s'en fichait, que trois nuits, c'était son dernier mot, à prendre ou à laisser. Le marché était abusif mais il ne me restait pas d'autre remède que d'accepter. La chambre que le sort m'octroya était une porcherie qui sentait l'urine. Les draps étaient si sales que je dus les décoller par à-coups ; je découvris une chaussette trouée sous l'oreiller. La salle-de-bains commune était une vraie piscine, les cabinets et le lavabo étaient bouchés ; il flottait d'ailleurs dans ce dernier une substance visqueuse et irisée dont les mouches se montraient friandes. Je renonçai à me doucher et regagnai ma chambre.
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Par fannoche, le 25/08/2010
Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
21h30 Ca suffit comme ça. Impossible de faire un pas de plus. Ma détérioration physique est considérable. J'ai perdu un bras, une jambe et les deux oreilles, et ma langue pend tellement que j'ai dû me l'attacher à la ceinture car elle m'avait fait avaler quatre crottes de chien et un nombre indéterminé de mégots.
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Par Woland, le 09/01/2009
Le Mystère de la crypte ensorcelée de
Eduardo Mendoza
On entendait, à travers les cloisons, des expectorations, des halètements et, sporadiquement, des pets. Je me dis que si un jour j'étais riche, je ne me permettrais qu'un luxe, celui de fréquenter exclusivement des hôtels à une étoile minimum. Tandis que je piétinais les cafards qui couraient sur le lit, je ne pus m'empêcher de me souvenir de ma cellule à l'asile, si hygiénique, et je confesse que j'en éprouvai de la nostalgie. Mais il n'y a pas de plus grande richesse que la liberté, dit-on, et il n'était pas question de la sous-estimer maintenant que j'en jouissais. Je me mis donc au lit avec cette idée consolante et tentai de m'endormir en ressassant l'heure à laquelle je voulais me réveiller : car je sais que le subconscient, en plus de dénaturer notre enfance, déformer nos attachements, nous rappeler ce que nous sommes anxieux d'oublier, nous révéler ce que notre condition a d'abject, en bref, nous démolir la vie, fait aussi office de réveil quand on en a envie, comme par une sorte de compensation.
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Par doba, le 28/02/2011
Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
1h. 30 Je suis réveillé par un bruit épouvantable. Il y a de cela des millions d'années (ou plus) la terre a pris sa configuration actuelle en subissant des cataclysmes monstrueux : les océans envahissaient les côtes et engloutissaient des îles ; tandis que des pics gigantesques s'écroulaient et que des volcans en éruption engendraient de nouvelles montagnes ; des séismes déplaçaient des continents. Pour rappeler ce phénomène, la municipalité envoie chaque nuit des appareils appelés bennes à ordures reproduire cette ambiance tellurique sous les fenêtres de ses administrés. Je me lève, je fais pipi, je bois un verre d'eau et je retourne au lit.
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Par alicejo, le 12/10/2010
La ville des prodiges de
Eduardo Mendoza
Le voyageur qui arrive pour la première fois à Barcelone remarque vite où finit la vieille ville et où commence la nouvelle. Les rues sinueuses deviennent droites et plus larges ; les trottoirs, plus spacieux ; de grands platanes font une ombre agréable ; les constructions ont plus d'allure ; beaucoup s'étonnent , croyant avoir été transportés magiquement dans une autre ville.Sciemment ou non, les Barcelonais eux-mêmes cultivent cette équivoque : en passant d'un secteur à l'autre, ils paraissent changer de physique, d'attitude et de costume. Il n'en fut pas toujours ainsi ; cette transition a son explication, son histoire et sa légende.
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Par alicejo, le 10/10/2010
La ville des prodiges de
Eduardo Mendoza
L'Exposition universelle resta ouverte jusqu'au 9 décembre 1888. La clôture fut plus simple que l'inauguration : Te Deum à la cathédrale et brève cérémonie au palais de l'Industrie. Elle avait duré 245 jours et été visitée par plus de deux millions de personnes.Le coût de sa construction s'était élevé à 5 624 657 pesetas et 56 centimes. Certaines installations purent être récupérées pour d'autres usages. Le solde de la dette fut énorme et pesa sur la municipalité de Barcelone pendant de nombreuses années. Demeura aussi le souvenir de journées de splendeur et l'idée que Barcelone, si elle le voulait, pouvait devenir une ville cosmopolite.
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Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
15h00. Je décide d'abandonner mes réflexions et la place Catalogne, car les pigeons m'ont couvert d'excréments des pieds à la tête et les Japonais me prennent en photo en croyant que je suis un monument national.
17h00. Il n'existe pas, dans tout l'Univers, de camelote plus infecte et de travail plus bâclé que le corps humain. A elles seules les oreilles, collées au crâne n'importe comment, suffiraient à le disqualifier. Les pieds sont ridicules; les tripes répugnantes. Réduites à l'état de squelette, toutes les têtes ont un rictus parfaitement déplacé. Les êtres humains n'en sont pas entièrement responsables. La vérité, c'est qu'ils n'ont pas eu de chance avec l'évolution.
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Par Lizouzou, le 09/07/2011
Sans nouvelles de Gurb de
Eduardo Mendoza
Apparemment, les êtres humains se divisent, entre autres catégories, en riches et en pauvres. C'est la division à laquelle ils accordent une grande importance, sans que l'on sache pourquoi. La différence fondamentale entre les riches et les pauvres paraît être la suivante : les riches, où qu'ils aillent, ne payent pas et peuvent acheter et consommer tout ce qui leur plaît. En revanche, les pauvres payent même pour suer.