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Par grisette, le 07/07/2010
Alice Miller
Comment définissez-vous la notion de "maltraitance des enfants" ?
Pour moi il s'agit de maltraitance quand un enfant n'est pas respecté, est humilié, trompé ou abusé sexuellement. D'ailleurs, dans tous ces cas on ne me contredit que rarement. Par contre, je n'arrive pas à informer les parents sur le fait que frapper un enfant constitue un cas de maltraitance qui n'est pas dénué de conséquences. Partout on appelle cette pratique éducation. On pratique les châtiments corporels depuis des millénaires et on les considère comme une manière d'éduquer au mieux les enfants. Presque tous les parents d'aujourd'hui ont été battus quand ils étaient enfants et malheureusement ils étaient obligés d'apprendre très tôt de leurs parents que cette pratique était inoffensive et juste. Alors, cette "connaissance" erronée est enregistrée par le cerveau et la plupart des gens ont de la peine à l’effacer. Comprendre le contraire, cela signifierait de remettre en question leurs propres parents et cela effraierait la plupart des gens. Ils s'attendent à être punis justement parce que la vérité était interdite à l’enfant.
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Par grisette, le 07/07/2010
Abattre le mur du silence de
Alice Miller
Les enfants d'aujourd'hui seront les citoyens de demain. Ils n'ont pas pu se défendre contre les agressions de leurs parents, ils étaient en détresse, ils devaient réprimer profondément leur colère pour éviter de nouveaux coups/punitions. Mais devenus adultes cette colère se réveille et s'adresse en particulier à leurs propres enfants, mais aussi à d'autres personnes qu'on peut utiliser impunément comme boucs émissaires. Dans une position supérieure il est même possible de manipuler un peuple entier pour déverser sa colère accumulée envers des millions de personnes. Dans mon livre "Abattre le mur du silence" j'ai pris l'exemple de Ceausescu en m'aidant de nombreux détails du fonctionnement de son régime en Roumanie. De nombreuses personnes répriment leur colère envers les autres, mais s'auto punissent pour ce qu'on leur a fait, comme ils ont appris dans leur enfance et comme leurs religions les y obligent. Ils tombent malades, sont dépendants de drogues et médicaments et souffrent de dépressions. Ils s'en accommodent pour ne jamais accuser leurs parents.
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Par lanard, le 04/09/2010
C'est pour ton bien de
Alice Miller
p. 215
Les traités d'éducation conseillent toujours de ne pas "gâter" les enfants par trop d'amour et de délicatesse (ce qu'ils appellent "l'amour mièvre"), mais au contraire de les endurcir pour les préparer dès le départ à la vraie vie. Les psychanalystes l'expriment différemment en disant qu'il faut "préparer l'enfant à supporter les frustrations", comme si un enfant ne pouvait pas l'apprendre tout seul dans l'existence. En fait, c'est exactement l'inverse : un enfant qui à reçu une véritable affection arrivera mieux à s'en passer, une fois adulte, que quelqu'un qui n'en a jamais bénéficié. Lorsqu'une personne est "avide" d'affection, c'est donc toujours le signe qu'elle cherche quelque chose qu'elle n'a jamais eu et non qu'elle ne veut pas renoncer à quelque chose qu'elle a eu en trop grande abondance dans son enfance.
Quelque chose peut de l'extérieur paraître une faveur sans en être une. Un enfant peut être comblé de nourriture, de jouets, de soins sans pour autant avoir jamais été reconnu et respecté pour ce qu'il était.
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Par lanard, le 04/09/2010
C'est pour ton bien de
Alice Miller
p. 77 Dans ce qui va suivre, j'utiliserai la notion de "pédagogie noire" pour désigner cette attitude hautement complexe, le contexte permettant chaque fois de comprendre quel aspect je fais passer au premier plan. Les différents aspects caractéristiques ressortent directement des citations précédentes qui nous enseignent les principes suivants :
1.que les adultes sont les maîtres (et non pas les serviteurs!) de l'enfant encore dépendant ;
2.qu'ils tranchent du bien et du mal comme des dieux ;
3.que leur colère est le produit de leurs propres conflits ;
4.qu'ils en rendent l'enfant responsable ;
5.que les parents ont toujours besoin d'être protégés ;
6.que les sentiments vifs qu'éprouve l'enfant pour son maître constituent un danger ;
7.qu'il faut le plus tôt possible "ôter à l'enfant sa volonté" ;
8.que tout cela doit se faire très tôt de manière à ce que l'enfant "ne s'aperçoivent de rien" et ne puisse pas trahir l'adulte.
L'une des méthodes de la "pédagogie noire" consiste également à transmettre dès le départ à l'enfant des informations et des opinions fausses. Ces dernières se transmettent depuis des générations et sont respectueusement reprises à leur compte par les enfants, alors que non seulement leur validité n'est pas prouvée, mais qu'il est prouvé qu'elles sont fausses. Entre autres opinions erronées, on peut citer par exemple les principes selon lesquels ;
1.le sentiment du devoir engendre l'amour ;
2.on peut tuer la haine par des interdits ;
3.les parent méritent a priori le respect en tant que parents ;
4.les enfants ne méritent a priori aucun respect ;
5.l'obéissance rend fort ;
6.un sentiment élevé de sa propre valeur est nuisible ;
7.un faible sentiment de sa propre valeur est nuisible ;
8.les marques de tendresse sont nocives (mièvrerie) ;
9.il ne faut pas céder aux besoins de l'enfant ;
10.la dureté et la froideur sont une bonne préparation à l'existence ;
11.une reconnaissance simulée vaut mieux qu'une sincère absence de reconnaissance ;
12.l'apparence est plus importante que l'être ;
13.les parents ni Dieu ne pourraient supporter la moindre injure ;
14.les corps est quelque chose de sale et de dégoûtant ;
15.la vivacité des sentiments est nuisible ;
16.les parents sont des êtres dénués de pulsions et exempts de toute culpabilité ;
17.les parents ont toujours raison.
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Par grisette, le 06/07/2010
La connaissance interdite de
Alice Miller
(..) Mais comment lever cette ignorance, comment accéder, chez l'adulte, à l'enfant blessé en lui, sans bloquer sa parole par les exigences morales ou les visées éducatrices dont la psychanalyse est restée prisonnière ?
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Par Mondriane, le 11/04/2012
L'enfant sous terreur de
Alice Miller
La nécessité intérieure de bâtir sans cesse de nouvelles illusions et de nouveaux dénis pour éviter de vivre sa propre vérité disparaît une fois que cette vérité a été vécue. Nous voyons alors que toute notre vie nous avons redouté quelque chose, nous nous sommes défendus contre quelque chose, qui ne peut plus arriver, car c'est déjà arrivé, et ceci au début de notre vie, alors que nous étions sans défense.