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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
C’est ce que nous allons savoir ! s’écria Jozon Briand. Il enjamba le cercueil, ouvrit la porte. Mais, à peine entré, il trébucha, en poussant un long soupir. Quand on le releva, tout son sang lui était sorti par le nez. Il eut encore le loisir, cependant, de raconter son aventure et de faire connaître ses dernières volontés, mais non de fumer sa dernière « pipée. » On prétend qu’il la réclame chaque fois que la cheminée fume, à Kermarquer.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
Il en est d’autres, parmi les âmes, qui accomplissent leur pénitence sous la forme d’une vache ou celle d’un taureau, suivant le sexe qu’elles avaient de leur vivant. Les âmes de riches sont parquées dans des champs stériles où ne poussent que des cailloux et quelques herbes maigres. Les âmes de pauvres trouvent à brouter abondamment dans des pâtures opulentes où il ne manque ni trèfle, ni luzerne.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
Ne parlez de ceci à personne de l’équipage. Ce que vous m’annoncez n’est pas nouveau pour moi. C’est probablement l’âme de quelqu’un de nos anciens camarades, péris en mer, qui fait sa pénitence autour de la Jeune-Mathilde. Ne vous occupez pas d’elle ; gardez-vous de la troubler. Surtout ne vous penchez plus au-dessus du bordage. Le mort vous attirerait.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
On dépeint l’Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs,
la figure ombragée d’un large feutre ; tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu’une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’œil toute la région qu’il a mission de parcourir.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
Mais il ne l’eut pas plus tôt prononcée qu’il vit se dresser près de lui un homme immense, immense, d’une stature si démesurée que sa tête semblait se perdre dans les nuages. Cet homme se penchait vers Noël, et Noël vit que sa bouche était toute grimaçante comme celle d’un poupon qui pleure ; il vit aussi qu’elle était garnie de quenottes menues, menues, et blanches comme neige.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
La personne qui a été vouée justement à Saint-Yves-de-la-Vérité sèche sur pied pendant neuf mois. Elle ne rend toutefois le dernier soupir que le jour où celui qui l’a vouée ou fait vouer franchit le seuil de sa maison.
Lasse d’être si longtemps à mourir, il arrive souvent qu’elle mande chez elle celui qu’elle soupçonne d’être son envoûteur, afin d’être plus tôt délivrée.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
Il y a quatre-vingt-dix-neuf auberges de la terre au paradis. Il faut faire une station dans chacune. Quand on n’a pas d’argent pour payer, ou rebrousse chemin vers l’Enfer.
L’auberge de mi-route s’appelle Bitêklè.
Le bon Dieu y vient faire sa tournée une fois par semaine, le samedi soir.
Il emmène avec lui en paradis les clients qui ne sont pas trop soûls.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
Mônik commença par s’agenouiller, invoqua la protection des âmes défuntes, puis s’allongea sans crainte sur le sol de terre humide qui sentait la mort.
À peine se fut-elle étendue qu’une torpeur délicieuse envahit tous ses membres, et des musiques douces, lointaines, se prirent à murmurer autour d’elle, comme pour la bercer.
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Par brigetoun, le 16/11/2011
La légende de la mort en Basse-Bretagne de
Anatole Le Braz
L’un portant l’autre, ils traversèrent la mer brumeuse. L’homme surnaturel marcha sur les eaux trois jours et trois nuits. Le jour, une colonne d’écume blanche cheminait devant lui, pour lui montrer la route. La nuit, c’était une claire étoile.
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Par brigetoun, le 05/09/2011
Le Gardien du feu de
Anatole Le Braz
Nous avions, depuis un bon moment, doublé les roches de l’extrême Pointe et, sur notre gauche, commençait à se développer la monstrueuse muraille de schiste des falaises, labourée d’entailles, de balafres à vif où le suintement des eaux ferrugineuses ruisselait en larmes de sang. Çà et là, des combes s’ouvraient, pareilles à des créneaux tapissés de mousses, et leurs pentes gazonnées, en dévalant quasi jusqu’à la mer, faisaient, à distance, l’effet de guirlandes vertes suspendues par places aux remparts de quelque fantastique cité de l’abîme.