Par Woland, le 30/07/2009
La Saga de la Bibliothèque Rose de
Armelle Leroy
[...] ... La volonté des dirigeants d'Hachette de s'adapter à leur époque les maintient en permanence à l'affût des nouveautés. Se tourner vers les Etats-Unis apparaît, dans les années cinquante, comme une évidence. L'Amérique symbolise en effet, à elle seule, la modernité. Depuis les anées 20-30, la romancière américaine Caroline Quine (Carolyn Keene pour la version originale) remporte un immense succès dans son pays auprès des jeunes filles. Sa réputation franchit l'Atlantique et Louis Mirman voit en elle la perle rare qu'il lui faut. Son héroïne, Nancy Drew (nom original d'Alice Roy dans la version originale), symbolise à merveille l'image d'un pays hautement idéalisé. La blonde et ravissante Nancy vit à River City, petite ville imaginaire de l'Amérique profonde, avec son père, un brillant avoué. Malgré son jeune âge, dix-huit ans, elle possède un petit cabriolet bleu qu'elle conduit elle-même. Elle aime jouer au tennis, monter à cheval avec ses deux meilleures amies, Marion Webb et Bess Taylor, et aller danser avec son chevalier servant, le charmant et sportif Ned Nickerson. Si Nancy ne fréquente plus le lycée, elle ne mène pas pour autant une vie oisive. Elle seconde habilement son père, et résout des enquêtes policières. Confrontée à de délicates énigmes, à de dangereux criminels et à d'habiles escrocs, elle finit toujours par triompher.
Le 28 juin 1955, Hachette signe, avec l'éditeur new-yorkais Grosset & Dunlap, un contrat pour publier deux aventures de la jeune détective. Nancy, rebaptisée Alice, arrive dans les librairies françaises en 1956, et ouvre ainsi la Bibliothèque verte aux filles. ... [...]
> lire la suite
Par Woland, le 17/07/2009
La Saga de la Bibliothèque Rose de
Armelle Leroy
... Sophie de Ségur, elle, ne cesse de poser des soucis à ses éditeurs. Perpétuellement contrôlés par la censure préfectorale, ils se voient obligés de couper des passages entiers des manuscrits de Sophie. Mais celle-ci refuse catégoriquement que l'on touche à une seule ligne de ses écrits. Pour conserver son droit de regard, elle renonce à ce que ses descendants touchent des droits après sa mort et se fait payer au forfait. Certains passages scandalisent les mères "bien-pensantes." Les scènes de molestation s'enchaînent et parfois, Sophie de Ségur "oublie" la morale chrétienne. Dans "Un Bon Petit Diable", il n'y a ni pardon, ni rédemption pour l'horrible mère Mac Miche, et Charles se réjouit même de sa mort. Les ecclésiastiques reprochent à la comtesse de Ségur de "donner le goût du luxe aux petits pauvres" ! A cause d'elle, la société française court le risque que les plus démunis aspirent à une autre vie ! Une critique qui en dit long sur la mentalité de l'Eglise, de plus en plus inquiète devant les menées d'"extrémistes", tels Marx et Engels qui publient, en 1848, leur "Manifeste du Parti Communiste." L'épiscopat s'opposera d'ailleurs violemment en 1864 à la loi accordant le droit de grève aux travailleurs. ...
> lire la suite