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Le camp des femmes - Ravensbrück, les mannequins nus tome 2 de
Christian Bernadac
Vivre en soi n'est rien
Il faut vivre en autrui
A qui puis-je être utile, agréable, aujourd'hui ?
Voilà chaque matin ce qu'il faut se dire
Et le soir quand des cieux la clarté se relève
Heureux à qui son coeur, tout bas a répondu
Grâce à mes soins j'ai vu sur une face humaine
La trace d'un plaisir ou l'oubli d'une peine
Ce jour-là je ne l'ai pas perdu.
Brice Martinez
p. 129
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Le neuvième cercle de
Christian Bernadac
Je ne connais pas d'exemple de déporté qui, à Gusen, ne se lia pas d'amitié avec un moins un autre déporté, d'amitié comme on n'en voit pas dans la vie civilisée...Beaucoup de ceux qui sont revenus ne seraient pas revenus si cette solidarité matérielle et morale n'avait existé...
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Les médecins maudits de
Christian Bernadac
Puisque je vous dis que je n'en veux pas. C'est impensable. Une arme à double tranchant. Un boomerang qui peut vous revenir plus vite que vous ne n'avez lancé.
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Les médecins de l'impossible de
Christian Bernadac
Les SS partis, nos nerfs lâchent. Une se trouve mal, une autre a un accès de spasmes. Quelques-unes parmi nous s’enfuient du block comme des folles. Nous ne savons plus si ce que nous venons de vivre était réel ou si nous avons rêvé un cauchemar d’enfer. Et brusquement, la malade introuvable, sortie, mais d’où ? Se trouve parmi nous. La secrétaire et la blokowa l’assaillent. La secrétaire lui lance ce reproche : « Comment as-tu osé mettre ma vie en danger ? » La pauvre gosse, une vingtaine d’années, tremble de tous ses membres et sanglote. Elle tremble encore quand, enveloppée dans un tas de couvertures désormais inutilisées, nous la couchons sur un grabat. Le lendemain, nous l’avons trouvée sur sa couche, morte d’émotion et d’épuisement.
Extrait du livre : Les médecins de l'impossible de Chrisitian Bernadac page :377 ( Auschwitz : la solution finale)
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Les médecins maudits de
Christian Bernadac
Vous verrez, avant la mise au point des armes spéciales, nous enverrons des avions sur les États Unis. Et ils tomberont sur le cul, ces naïfs qui se croient à l'abri sur leur île. Nous ferons de l'Amérique une seconde Angleterre.
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Le train de la mort de
Christian Bernadac
Extraits du livre:
Et la tragédie continua, les hommes perdant connaissance, s’affaissaient sur leurs voisins. Ceux-ci tentaient de les soutenir ou de les rejeter, mais s’affalaient bientôt sous leur poids. Dès qu’un membre, bras ou jambe, se trouvait pris sous un corps, il était impossible de le dégager et, tôt ou tard, on se trouvait enseveli sous d’autres corps. Beaucoup périrent étouffés par le poids des corps dont ils n’avaient pu se dégager ; d’autres perdirent la raison, c’est ainsi que Barrois se figurait jouer une partie d’échecs avec moi. Son délire fut bref et il s’endormit sans souffrances. J’assistais impuissant à la mort.
Quelques-uns devinrent fous furieux. Ils se mirent à frapper leurs voisins ç coups de poings, de souliers, de gamelles…à sauter, à courir d’un bout à l’autre du wagon en écrasant les camarades. Ceux-ci, en se défendant, perdaient le peu de force et de souffle qui leur restait et succombaient à leur tour.
Page 181 –
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Le train de la mort de
Christian Bernadac
Avant le départ de Compiègne, les Allemands découvrent la fouille, un couteau dans la paille du wagon : nous serons privés d’eau. Je crois que cette punition, tout en aggravant nos souffrances, va contribuer à ce que notre wagon n’ait pas de mort : nous avons moins chargé l’atmosphère de l’humidité saturée d’urée de la transpiration. Ce n’est pas le seul facteur favorable. Des camarades, dont je regrette infiniment de ne pas connaître l’identité vont établir une discipline raisonnable dans les postures des cent prisonniers et leur relève périodique. On bougera le moins possible. Des hommes se relaient pour faire circuler l’air confiné en balançant des couvertures. Quand à la situation, elle est celle de tout le train ; à peine une mince fente dans la clôture hermétique… J’estime, avec l’expérience des séjours (brefs) dans des étuves d’essais, que la température a atteint 70°C. La journée est atroce, d’autres le diront mieux que moi, chez lesquels la situation est plus grave encore, faute de discipline.
J’ai à peu près perdu connaissance lorsqu’un camarade me sauve sans doute la vie en me hissant au contact de la fente que j’ai signalée : c’est longtemps après que j’ai appris son nom, celui de l’accordéoniste André Verchuren, auquel je garde toute ma reconnaissance.
Page 215 et 216.
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Le neuvième cercle de
Christian Bernadac
Les allemands avaient instauré systématiquement la famine dans les camps. Il faut avoir vécu au milieu des squelettes ambulants, où seuls vivaient encore deux yeux égarés, pour savoir à quel point de maigreur les nazis réduisirent l'homme. A Gusen, des milliers d'hommes sont morts d'inanition, après avoir maigri de 20 30, 40 ou même 50 kilos en quelques mois.
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Les 186 marches de
Christian Bernadac
Le camp de Mauthausen est relié au fond de la carrière par un escalier de 186 marches.
Vision infernale et monstrueusement irréelle que celle de ces hommes au crâne nu, amaigris, pâles, vêtus d'innombrables loques, qui gravissent, en geignant, les 186 marches de ce calvaire collectif, sans s'arrêter, portant leur pierre sur l'épaule, sous les bras, sur le ventre, tous en rangs serrés, pendant que les Kapos et les SS gueulent, aboient et frappent.