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La Forge au loup de
Françoise Bourdon
Le ciel, couleur d'ardoise, était traversé de longues écharpes clairs.La brume voilait le vallon. Les arbres dénudés avaient le ton passé des clichés sépia d'avant guerre.
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
Il avançait. La chaine et le collier lui pesaient horriblement.La nuit,il lui arrivait de rêver qu'il était libre.La déception n'en était que plus intense au réveil.
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
"Il lui a manqué un peu de cuisson.
C'était l'expression utilisée pour parler de ces enfants retardés,comme disait l'abbé Etienne.Il s'empressait de rajouter "Heureux sont les simples d'esprit".
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
Toute notre existence est basée sur notre amitié avec le Rhône.On est amis quand on veut le voir,et moins amis quand lui vient nous voir.
Voila tout!
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
C'est ainsi que va le monde, souffla-t-elle.Les hommes croient diriger le monde alors que nous,les femmes,tirons les ficelles.
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
Ta vie est ce que tu en fais, Gisèle.J'ai mis beaucoup de temps à le comprendre. Presque toute une vie.
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Les bateliers du Rhône de
Françoise Bourdon
Sa philosophie tenait en une phrase: "profiter pendant qu'on est en vie".
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La Nuit de l'Amandier de
Françoise Bourdon
1917
Le givre craquait sous les pas d’Anna. Le ciel, d’un bleu de vitrail, aurait voulu faire croire que l’hiver était déjà passé. Pourtant, les fleurs rose et blanc, brûlées par le gel, dispersées parle vent, témoignaient de l’âpreté du
climat.
« Il faut que je vous dise enfin la vérité, Anna », avait écrit Martin et, au fond de son lit, elle avait eu la tentation de froisser la lettre et de la jeter dans la cheminée. Le vent hurlait, secouait les portes, menaçait d’arracher les volets, et Anna pensait que ce n’était rien, comparé aux bombardements qui pouvaient durer plus de trente heures. Il le lui avait écrit. L’enfer à M.H. Elle avait cherché dans sa mémoire. Chaque jour, elle se précipitait sur le journal afin de lire les comptes-rendus des batailles mais, bien sûr, elle ne pouvait pas retenir tous les noms. Armand s’était moqué d’elle, d’ailleurs, à ce propos, et lui avait suggéré de se procurer une carte d’état-major.
M.H. .. Que pouvaient signifier ces deux initiales '?
Cet endroit se trouvait-il du côté de Verdun, ou bien du
Chemin des Dames ? Elle avait frissonne. Si elle pensait
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La Nuit de l'Amandier de
Françoise Bourdon
1890
L’ aube n’ avait pas encore chassé toutes lesombres de la nuit. Des pans de voiles mauves s’accrochaient aux cimes des sapins et des chênes blancs, grimpant à l'assaut des croupes montagneuses. Chaque matin, en
poussant les volets de la salle, Anna se tordait le cou en tous sens afin d’ apercevoir le champ d’ amandiers situé en contrebas du mas.
« Pourvu que... " murmurait-elle, sans oser terminer sa phrase.
Brune, sa marraine, qui s’affairait déjà devant le potager accolé à la cheminée, se retournait vers elle.
« Eh bien, petite ? »
Et Anna, le cœur soudain plus léger, répondait gaiement :
« Encore une nuit et un jour de gagnés ! »
De tout temps, la floraison prématurée des amandiers avait posé problème. Déjà, au XVIIIè siècle, on se demandait si’ l’on ne pourrait pas suspendre éclosion des fleurs de cet arbre trop précoce. On suggérait aussi de faire pousser l'amandier en buisson mais, dans ce cas, il ne donnerait pas de fruits.
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