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Les Encriers de porcelaine de
Jean-Paul Malaval
- Ainsi que je vous l'ai expliqué dans ma lettre, dit-il en arpentant le couloir sombre, je m'occuperai des petits. Vous disposerez donc des grands, ceux du certif. C'est de la bonne graine de petits paysans, sans malice. Arriérés, certes... Pour ne pas dire benêts. Mais sans une once de méchanceté. Ça vit trop près de la nature pour être pervertis.
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Par BVIALLET, le 16/04/2012
Les Noces de soie, tome 1 de
Jean-Paul Malaval
« C'est à cause de ce Césario, l'anarchiste qui a assassiné notre président.
Caserio, la reprit Colomier. Un Milanais... Pas un Français, heureusement.
Un macaroni ! S'exclama Fouque. Tous les macaronis sont...
Je vous en prie, Will ! L'interrompit Francisque. Ne vous abandonnez pas à la haine. Ca ne changera rien. Ce Caserio est une sorte de personnage de tragédie antique, l'esprit dévoré par l'idéologie libertaire. Sans doute eut-il quelques professeurs pour l'inciter au crime. Ce sont eux qu'il faudrait traquer, Will. Mais ce ne sera pas le cas. Seul ce jeune homme se fera couper le cou. Et nous aurons un martyr de plus sur les bras, après bien d'autres : Koenigstein, Vaillant, Henry... »
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La rosée blanche de
Jean-Paul Malaval
A ce jeu, Emma ne prenait aucune initiative. Seule, Jeanne pouvait décider si tel drap de lin était revenu convenable, d'un blanc-jaune parfait. Et Emma, la bru, n'était là que pour en prendre de la graine, dans la soumission des gestes ancestraux transmis de génération en génération. Il ne serait du reste pas venu à l'esprit de la jeune femme de prendre la direction des opérations, domptée qu'elle demeurait à n'être que la bru, docile, obéissante, jusqu'à ce que, les années aidant, lui vienne enfin le droit d'exercer son pouvoir.
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Par BVIALLET, le 16/04/2012
Les Noces de soie, tome 1 de
Jean-Paul Malaval
- Je ne puis grandir, avoua-t-elle d'une petite voix, sans m'affirmer. Est-ce incompatible avec l'humilité ? Nous sommes entretenus dans l'idée de la supériorité du savoir cartésien. Le savoir est libérateur, comprenez-vous ? Contre la pensée irrationnelle, les croyances superstitieuses, les affabulations démoniaques... Mais je sens confusément, que ce qui croît en moi au fil des jours ne fait que m'isoler du grand nombre. Et si la connaissance nous élève, elle nous rend aussi solitaire.
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Le Notaire de Pradeloup de
Jean-Paul Malaval
Pour l'heure, on se devait à l'obscurité, alors que Lazare avait hâte de descendre dans son parc, de fouler sa pelouse, de respirer l'odeur résineuse des cèdres, de toucher l'écorce de ses géants. Cette atmosphère lui avait tellement manqué depuis que la crise s'était déclarée et qu'il avait failli en mourir. Il essayait de songer à son beau costume de soie, égoïstement, à l'allure qu'il aurait dans sa parure des jours de fête. Il n'y aurait personne, hormis lui-même, pour se satisfaire du spectacle, mais qu'importe, à sa manière, il avait appris à habiter sa solitude. Les histoires de famille commençaient à le lasser. Il avait assez joué avec elles. Tout était désormais en ordre, sa mort future, la distribution de ses biens. Personne ne serait oublié. Une sorte d'équité présiderait à la réunion de maître Duquenoy. Il y aurait des soupirs, des jurons, des insultes peut-être, mais la sagesse s'imposerait, bon gré mal gré. Le sage, se dit-il, finit par l'emporter sur le fou, après que le fou s'est diverti.
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Par seb76, le 06/07/2012
Le carnaval des loups de
Jean-Paul Malaval
A trop ployer devant un seigneur, on lui donne envie de jouer à saute-mouton avec votre honneur ! (p.208)
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Le vent mauvais de
Jean-Paul Malaval
Maintenant, il y a l’État français et ses serviteurs. Les serviteurs sont nommés. Ponchet, Pauliat, Lafon et Gautier ont signé la lettre de fidélité au maréchal Pétain.
- Moi, fit Chadal, je ne signerai jamais ce torchon.
- Comme tous les mauvais français, souffla Pauliat.
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L'Or des Borderies de
Jean-Paul Malaval
L’âme désire ce qu’elle a perdu et se tourne tout entière en imagination dans le passé. Il faut avoir perdu un grand amour pour dire cela. Heureux tout de même qui a aimé, car c’est trouver deux vies en une seule...
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L'Or des Borderies de
Jean-Paul Malaval
Là où reposent et s’enrichissent nos alcools, nous sentons la petitesse de nos vies. C’est un bonheur de savoir que nous en sommes les gardiens. Les eaux-de-vie nous attendent, nous ou nos descendants, qu’importe, elles nous attendent pour le jour où enfin nous les livrerons, ambrées comme l’or, à la lumière, au palais des fins connaisseurs, des esthètes, ainsi qu’une œuvre longtemps ignorée, voire méprisée, dans les caves d’un musée, ignorée et méprisée pour n’avoir trouvé dans son siècle un regard aimant.
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L'Or des Borderies de
Jean-Paul Malaval
Laissons-le venir. Chaque jour suffit sa peine. Nous verrons bien si son amour est sincère. Fais-le soupirer, mais ne lui ferme pas ta porte. Juste un peu entrouverte, tout de même.