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Par Villoteau, le 25/02/2013
Verdun de
Georges Blond
Dans la tranchée allemande bien creusée au fond de laquelle il y a maintenant quinze centimètres de boue, les hommes frémissent, assourdis, le visage contracté. En regardant bien on voit que la boue dans laquelle plongent leurs bottes frémit, elle aussi, remuée par les ébranlements du sol. C'est le tonnerre allemand qui est déchaîné, mais cependant ces hommes sont courbés sous l'angoisse, leur cerveau comme brûlé car nul ne saurait déchaîner impunément un tel tonnerre. Parfois ils sont jetés contre la paroi de leur tranchée par le souffle d'un obus de 420 passant au-dessus de leur tête, énorme train de ferraille roulant dans les airs, et ils sentent sous leurs pieds le roulement de mille trains souterrains.
Trois heures de l'après-midi. Bruit et souffrance, on a le cerveau brûlé et en même temps on a froid, car le temps s'est couvert et la neige commence à tomber. Ceux d'en face doivent à peine s'en apercevoir, l'ouate silencieuse qui descend du ciel se volatilise à la fureur des explosions bien avant de toucher le sol, mais ici elle arrive jusqu'aux hommes à travers le passage des obus. La neige après le froid, après la pluie. Les troupes d'assaut occupent les tranchées de première ligne depuis maintenant neuf jours. Plusieurs fois les généraux commandants de corps d'armée ont demandé s'ils pouvaient relever ces troupes mais chaque fois la réponse a été : " Non, l'attaque va être déclenchée très probablement demain matin ". D'un matin à l'autre, d'un matin à l'autre, terrible attente. A peine est-il besoin de parler de la souffrance physique: pieds dans la boue, froid, nourriture froide, beaucoup de malades du ventre. A l'assaut en caleçon brenneux, camarade, voilà un sujet de plaisanterie parmi les Stosstruppen !.
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Par Piling, le 16/08/2008
Première phrase du livre
La grande aventure des baleines de
Georges Blond
incipit :
Le 11 février 1949, à la tombée de la nuit, l'aviso polaire Commandant-Charcot se trouvait dans l'océan Glacial Antarctique par 63° de latitude sud et 141°20' de longitude est, faisant route au sud par bonne brise d'est, petite houle moutonneuse. Sur la passerelle, le lieutenant de vaisseau qui venait de quitter le quart était resté pour bavarder un moment avec l'officier qui le relevait.
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Par gill, le 18/05/2012
la grande aventure des oceans 5/ les mers froides de
Georges Blond
1815.Dans un vaste bureau de l'Amirauté, à Londres, un jeune scribe, assis à une petite table, écrit sous la dictée.
John Barrow va et vient derrière lui.
Il dicte sa "Chronological History of Voyages in the Arctic Regions", qui paraîtra l'année suivante :
- Il est admis que les expéditions arctiques ont produit de meilleurs officiers et marins que, sans doute, n'importe quelle autre branche du service.
Le service, ou "Senior Service", c'est, ce sera toujours la Royal Navy.
John Barrow, beau visage allongé, yeux bleus, est en redingote noire, chemise blanche, col évasé, noeud de cravate de soie noire, stricte élégance britannique...
(extrait du premier chapitre "Les meilleurs officiers et marins...")
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Par gill, le 13/04/2012
La grande aventure des océans Tome 2 Le Pacifique de
Georges Blond
Les hommes qui s'embarquaient pour ce nouveau voyage savaient à quoi ils s'exposaient. Les récits des marins de l'Endeavour n'ont pas été étrangers à la réputation d'excessive sévérité de Cook. La critique systématique n'a pas inspiré leurs témoignages, ils ont simplement évoqué des souvenirs précis. Cook ne faisait, d'ailleurs, qu'appliquer à la lettre un règlement commun à toute la marine britannique.
Toutes les quatre heures, un timonier "piquait" les coups de cloche réglementaire annonçant le changement de quart et l'officier quittant le quart se rendait auprès du commandant : - Tout est en ordre, Sir.
Si une question de discipline s'était posée pendant le quart, James Cook prenait la décision, toujours absolument conforme au règlement. Douze coups de chat à neuf queues sanctionnaient les péchés véniels : vols, propos inconsidérés, mauvaise exécution d'une tâche. Les tentatives de désertion étaient découragées par un minimum de quinze jours de cachot aux fers...
(extrait du chapitre "L'inébranlable James Cook")
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Par Villoteau, le 25/02/2013
Histoire de la Flibuste. de
Georges Blond
Un gentilhomme français huguenot, nommé Le Vasseur, au passé tourmenté, ex-capitaine de la marine royale, un temps compagnon d’Esnambuc aux Caraïbes, provisoirement chômeur, erre sur le port, non à [l’île de] la Tortue, mais à Saint-Christophe. Rappelons qu’il s’agit de cette île d’où sont partis (en 1630) Esnambuc et ses compagnons après que les Espagnols eurent mis fin au condominium franco-anglais. Quelques mois après ce coup de force, les Espagnols, dont la stratégie aux Indes occidentales sera toujours misérable, ont abandonné Saint-Christophe, que des Français ont aussitôt réoccupée.
Allant de groupe en groupe, Le Vasseur entend un propos qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd :
– Ceux de la Tortue en ont jusque-là. La population presque entière est hostile à Willis.
Le Vasseur se fait donner quelques détails et, le jour même, il rencontre le gouverneur Philippe de Longvilliers de Poincy, lui explique qu’il veut reprendre la Tortue aux Anglais.
– Il faudrait réussir d’un coup, dit le gouverneur. Nous sommes en paix avec l’Angleterre. Je ne veux rien qui aille jusqu’à Paris.
– Je préparerai tout et j’agirai comme la foudre.
– Alors, soit. Je vous donnerai un navire.
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Par gill, le 13/04/2012
La grande aventure des oceans. l'atlantique de
Georges Blond
Les navigateurs vikings savaient-ils vraiment naviguer, faire le point, ou allaient-ils un peu au hasard ?
Il faudrait, pour le savoir, retrouver des habitudes de pensée, une mentalité que nous avons depuis longtemps oubliées. L'empirisme des primitifs avait atteint un haut degré de perfection qui durait encore dans le haut moyen-âge. Il est certain qu'au début des grandes navigations vikings, des experts - on disait des sages - savaient établir un itinéraire marin d'après les étoiles ou le vol des oiseaux, d'après la direction de la houle et des vents dominants.
Par temps clair, tenir un cap est relativement facile. Le jour, chacun sait à toute heure où se trouve le soleil, la nuit l'étoile polaire indique le nord....
(extrait du chapitre III "Les dragons de la mer froide")
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