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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Notre Eclectique Leader enchaîna les vitesses; il passa de sa visite courte au Vatican à la courte visite que lui rendit à Paris l'Empereur de Chine.
La route d'Orly et les boulevards périphériques parisiens furent longtemps bloqués pour permettre au Fils du Ciel de parvenir au Château.
Le Chinois Hu possédait le globe à peu près en entier, il tissait sur lui une toile fine comme la bave des hirondelles salanganes, nul ne pouvait le négliger, il était trop puissant, trop colérique, et Sa Majesté fit des courbettes de rigueur plus que quelques autres afin de ne point le courroucer.
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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Un mardi, cent quarante-cinq écoles parisiennes fermèrent leurs portes et le fameux service minimum décidé par Notre Merveilleux Leader ne fut point assuré.
Pas assuré non plus, le sort des sous-vêtements Lejaby dont les usines s'étaient envolées vers la Tunisie, la Chine ou la Pologne qui donnaient du travail aux esclaves.
En Suède, pour renvoyer à une couverture de Newsweek qui peignait Notre Auguste César en symbole du nouveau racisme européen, l'extrême-droite entrait au Parlement.
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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Il savait que l'Enfantin Monarque avait récemment invité à un souper privé, au Cap Nègre, le duc de Valenciennes, M.Borloo, lequel était prêt à lui succéder en l'hôtel de Matignon, et qu'il tenait pour un histrion, coq de clocher qui tournait avec les vents, la crête aux boucles en jachère, l'oeil encapoté, l'air somnolent; même s'il avait été vêtu de cachemire et de soie du haut jusqu'au bas, le duc de Valenciennes aurait toujours l'air d'être de la cloche.
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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
La fraude fiscale creusait les dettes grecques, c'était là-bas un sport olympique mais périlleux, plus encore que la fraude aux arrêts maladie dont bénéficiaient nos fonctionnaires et qu'on prétendait en hausse; certains médicaments n'allaient plus être remboursés, la consultation des médecins augmentée; à l'hôpital de Paris, la peinture s'écaillait dans les chambres de soins intensifs et le plafond des toilettes s'était écroulé sur une infirmière.
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Par jmjbest, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
je pense rappeler simplement la p.113 de la 3è chronique
de + en + vérifiée !
"Sa Majesté jetait des lois par poignées comme la semeuse, et annonçait des mesures avec lesquelles chacun, les découvrant, devait se débrouiller; ces réformes,qu'ils devaient défendre, sorties chaudes de la cervelle impériale, manquaient de préparation, à peine empaquetées, plus coûteuses qu'efficaces et toujours mal comprises..."
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Chroniques du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Sa Majesté avait l'oeil encapoté mais vif, quoique tiré vers le bas, un nez qui pointait pour occuper tout le milieu du visage, le cheveux sombre et ondulant comme des vaguelettes peignées. Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. Il ne tenait pas en place. Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires, dont la teneur importait peu car ses discours valaient par leur forme plutôt que par un fond très changeant selon les auditoires ; pour cela il était bien pourvu d’une panoplie complète de mines et de tics qui ponctuaient ses paroles, les versant tantôt vers l’évidence, tantôt vers l’ironie, tantôt vers l’enflure. Ces turbulences passèrent pour une énergie : tel qu’il était il plut, et une moitié du peuple le porta sur le trône pour qu’il y fît des merveilles. Une voyante n’avait-elle pas point affirmé, dans une gazette féminine, qu’il avait son Jupiter bien placé ?
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Chroniques du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Depuis qu’il présidait à nos destinées, Notre Universel Souverain s’était rendu à l’évidence : il y avait des bons tyrans et des mauvais tyrans. Les bons tyrans étaient assis sur du pétrole, du gaz ou de l’uranium. Les mauvais n’étaient assis que sur leurs fesses. Avec les premiers on pouvait et devait commencer follement, avec les seconds, il convenait de montrer les dents et de leur lâcher des bombes à billes sur le museau.
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Chroniques du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Toujours dans l’esprit de rompre avec les coutumes d’avant, l’Impératrice se chargea du portrait officiel, mandant pour cela un spécialiste des starlettes qui devait apporter du neuf. Eh non ! Là aussi on renoua avec la tradition en posant le Souverain devant la même bibliothèque que le roi Mitterrand qui, lui, tenait à la main un livre de M. Montaigne. Sa Majesté ne tenait aucun livre car elle ne savait pas comment cela se tenait.
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Chroniques du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Nous autres, simples assujettis, nous ne connaissions l’Impératrice que par ses multiples portraits. Elle semblait porter en elle la dureté espagnole, cette sécheresse hautaine de la grise Estrémadure que peignait Zurbaran, la tristesse native d’une mater dolorosa de Murillo, ce regard lointain et qui ne voyait pas des princesses de Vélasquez. On ne pouvait guère lui imaginer que des sourires pincés et des rires assassins.
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Par Rabanet, le 09/07/2009
L'idiot du village de
Patrick Rambaud
L'idiot possédait un savoir inutile, dont il se contentait, ce qui pourrait définir la sagesse que je cherche, moi, exilé dans le temps, avec ce nouveau destin qui m'incommode.