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Par carre, le 25/05/2012
La Bataille de
Patrick Rambaud
Caulaincourt se permit de lui rappeler qu’il devait encore signer les ratifications du traité voulu par les Alliés, que Macdonald porterait à Paris. C’est ainsi que Napoléon signa sans le relire ce long texte qui l’écartait de France sur une île, une île minuscule qui sentait le romarin mais ressemblait à une cage.
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Par patouche, le 13/04/2012
Il neigeait de
Patrick Rambaud
Des paroles de son cher Sénèque lui revenaient : il faut toujours prendre les choses à la légère et les supporter avec bonne humeur ;il est plus humain de rire de la vie que d'en pleurer .
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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Notre Eclectique Leader enchaîna les vitesses; il passa de sa visite courte au Vatican à la courte visite que lui rendit à Paris l'Empereur de Chine.
La route d'Orly et les boulevards périphériques parisiens furent longtemps bloqués pour permettre au Fils du Ciel de parvenir au Château.
Le Chinois Hu possédait le globe à peu près en entier, il tissait sur lui une toile fine comme la bave des hirondelles salanganes, nul ne pouvait le négliger, il était trop puissant, trop colérique, et Sa Majesté fit des courbettes de rigueur plus que quelques autres afin de ne point le courroucer.
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Sa Majesté avait l'oeil encapoté mais vif, quoique tiré vers le bas, un nez qui pointait pour occuper tout le milieu du visage, le cheveux sombre et ondulant comme des vaguelettes peignées. Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. Il ne tenait pas en place. Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires, dont la teneur importait peu car ses discours valaient par leur forme plutôt que par un fond très changeant selon les auditoires ; pour cela il était bien pourvu d’une panoplie complète de mines et de tics qui ponctuaient ses paroles, les versant tantôt vers l’évidence, tantôt vers l’ironie, tantôt vers l’enflure. Ces turbulences passèrent pour une énergie : tel qu’il était il plut, et une moitié du peuple le porta sur le trône pour qu’il y fît des merveilles. Une voyante n’avait-elle pas point affirmé, dans une gazette féminine, qu’il avait son Jupiter bien placé ?
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Depuis qu’il présidait à nos destinées, Notre Universel Souverain s’était rendu à l’évidence : il y avait des bons tyrans et des mauvais tyrans. Les bons tyrans étaient assis sur du pétrole, du gaz ou de l’uranium. Les mauvais n’étaient assis que sur leurs fesses. Avec les premiers on pouvait et devait commencer follement, avec les seconds, il convenait de montrer les dents et de leur lâcher des bombes à billes sur le museau.
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Par patouche, le 16/04/2012
Il neigeait de
Patrick Rambaud
-Vous joué tout les rôles? Même celui de barbier?
-Tous les rôles, mon capitaine, dit Vialatoux en se rengorgeant.
On a dit que les comédiens n'avaient aucun caractère, parce qu'en les jouant tous ils perdaient celui que la nature leur avait donné, qu'ils devenaient faux, comme le médecin, le chirurgien et le boucher deviennent durs.
Je crois qu'on a pris la cause pour l'effet, et qu'ils ne sont propres à les jouer tous que parce qu'ils n'en ont point.
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Toujours dans l’esprit de rompre avec les coutumes d’avant, l’Impératrice se chargea du portrait officiel, mandant pour cela un spécialiste des starlettes qui devait apporter du neuf. Eh non ! Là aussi on renoua avec la tradition en posant le Souverain devant la même bibliothèque que le roi Mitterrand qui, lui, tenait à la main un livre de M. Montaigne. Sa Majesté ne tenait aucun livre car elle ne savait pas comment cela se tenait.
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Nous autres, simples assujettis, nous ne connaissions l’Impératrice que par ses multiples portraits. Elle semblait porter en elle la dureté espagnole, cette sécheresse hautaine de la grise Estrémadure que peignait Zurbaran, la tristesse native d’une mater dolorosa de Murillo, ce regard lointain et qui ne voyait pas des princesses de Vélasquez. On ne pouvait guère lui imaginer que des sourires pincés et des rires assassins.
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
A vrai dire il avait d’autres comptes à régler, plus personnels, d’autres adversaires à domestiquer ou à déchirer en charpie. Parmi ces derniers figurait l’emblématique duc de Villepin qu’il rêvait de changer en descente de lit pour le piétiner chaque matin avec rage et commencer d’un bon pied ses journées. Il envisageait de l’envoyer par lettre de cachet au donjon de Vincennes consolidé et restauré, afin qu’il y croupisse.
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Par Rabanet, le 09/07/2009
L'idiot du village de
Patrick Rambaud
L'idiot possédait un savoir inutile, dont il se contentait, ce qui pourrait définir la sagesse que je cherche, moi, exilé dans le temps, avec ce nouveau destin qui m'incommode.