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Par carre, le 10/09/2012
La Bataille de
Patrick Rambaud
Nous devons l'emporter demain, Marbot, et à n'importe quel prix !
-Si vous le dites, ce sera ainsi.
-Oh, ne me flatte pas !
-Je vous ai vu à l'attaque cent fois, et l'armée vous aime.
-Je les offre aux canons et aux baionnettes et ils m'aiment ! Parfois, je ne comprend plus.
-Votre Excellence, c'est bien la première fois que je vous entends douter.
-Ah bon ? En Espagne, je devais douter en silence.
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Par Celkana, le 22/05/2013
Tombeau de Nicolas Ier, avènement de François IV de
Patrick Rambaud
Le Duc de Sablé, si humble, si cul-bénit, qui se forgeait l'image d'un simple curé de campagne, se révélait un insatiable profiteur. Il avait des goûts de luxe qu'il cachait avec soin, mais la réalité rattrape souvent les hypocrites.
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Par carre, le 26/09/2012
La Bataille de
Patrick Rambaud
Napoleon renifla. Il se tut. Le secrétaire restait la plume en l'air.
-Berthier !
-Il n'est pas encore sur l'ile, dit un aide de camp à l'entrée de la tente.
-Et Masséna ? Il est mort ?
-Je n'en sait rien, Sire.
-Non, Masséna, ce n'est pas son genre. Qu'il vienne tout de suite.
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Par carre, le 27/09/2012
La Bataille de
Patrick Rambaud
-Ordonnons le repli.
-Si nous reculons, Sire, les armées de l'Archiduc se reforment.
-Et si nous ne nous replions pas, l'Archiduc intervient sur nos flancs mal protégés, c'est le massacre ! Il faut se replier.
-Oui, Sire ? Dans l'ile ?
-Bien sûr ! Pas dans le Danube, idiot !
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Par carre, le 25/05/2012
La Bataille de
Patrick Rambaud
Caulaincourt se permit de lui rappeler qu’il devait encore signer les ratifications du traité voulu par les Alliés, que Macdonald porterait à Paris. C’est ainsi que Napoléon signa sans le relire ce long texte qui l’écartait de France sur une île, une île minuscule qui sentait le romarin mais ressemblait à une cage.
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Sa Majesté avait l'oeil encapoté mais vif, quoique tiré vers le bas, un nez qui pointait pour occuper tout le milieu du visage, le cheveux sombre et ondulant comme des vaguelettes peignées. Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. Il ne tenait pas en place. Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires, dont la teneur importait peu car ses discours valaient par leur forme plutôt que par un fond très changeant selon les auditoires ; pour cela il était bien pourvu d’une panoplie complète de mines et de tics qui ponctuaient ses paroles, les versant tantôt vers l’évidence, tantôt vers l’ironie, tantôt vers l’enflure. Ces turbulences passèrent pour une énergie : tel qu’il était il plut, et une moitié du peuple le porta sur le trône pour qu’il y fît des merveilles. Une voyante n’avait-elle pas point affirmé, dans une gazette féminine, qu’il avait son Jupiter bien placé ?
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Par Aela, le 05/02/2012
Cinquième chronique du règne de Nicolas 1er de
Patrick Rambaud
Notre Eclectique Leader enchaîna les vitesses; il passa de sa visite courte au Vatican à la courte visite que lui rendit à Paris l'Empereur de Chine.
La route d'Orly et les boulevards périphériques parisiens furent longtemps bloqués pour permettre au Fils du Ciel de parvenir au Château.
Le Chinois Hu possédait le globe à peu près en entier, il tissait sur lui une toile fine comme la bave des hirondelles salanganes, nul ne pouvait le négliger, il était trop puissant, trop colérique, et Sa Majesté fit des courbettes de rigueur plus que quelques autres afin de ne point le courroucer.
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Par patrick75, le 13/04/2012
Il neigeait de
Patrick Rambaud
Des paroles de son cher Sénèque lui revenaient : il faut toujours prendre les choses à la légère et les supporter avec bonne humeur ;il est plus humain de rire de la vie que d'en pleurer .
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Chronique du règne de Nicolas Ier de
Patrick Rambaud
Nous autres, simples assujettis, nous ne connaissions l’Impératrice que par ses multiples portraits. Elle semblait porter en elle la dureté espagnole, cette sécheresse hautaine de la grise Estrémadure que peignait Zurbaran, la tristesse native d’une mater dolorosa de Murillo, ce regard lointain et qui ne voyait pas des princesses de Vélasquez. On ne pouvait guère lui imaginer que des sourires pincés et des rires assassins.
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Par patrick75, le 16/04/2012
Il neigeait de
Patrick Rambaud
-Vous joué tout les rôles? Même celui de barbier?
-Tous les rôles, mon capitaine, dit Vialatoux en se rengorgeant.
On a dit que les comédiens n'avaient aucun caractère, parce qu'en les jouant tous ils perdaient celui que la nature leur avait donné, qu'ils devenaient faux, comme le médecin, le chirurgien et le boucher deviennent durs.
Je crois qu'on a pris la cause pour l'effet, et qu'ils ne sont propres à les jouer tous que parce qu'ils n'en ont point.
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