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Par Myrtle, le 30/12/2011
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
Son père avait peut-être raison, après tout, on ne devrait jamais se livrer, en aucune circonstance, pour ne pas laisser les autres avoir barre sur vous ni leur offrir la possibilité de vous blesser. On se forgeait une armure de silence et de solitude, et on s'y retranchait, pour mieux s'y dessécher lentement, tranquillement, de l'intérieur, jusqu'à ce qu'enfin il ne demeure plus que cette cuirasse et rien dedans, un tronc sec dont la sève et les entrailles ont disparu, faute d'amour et de tendresse, de complicité, pour les irriguer.
Cela, elle en avait assez.
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Par LaLo, le 03/11/2011
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
Un premier pas...
- Mon grand-père, y faisait des babouches...
Un deuxième...
- Et mon grand-père, y disait toujours...
Le troisième, guère plus assuré. Il tendit les mains.
- ... "Les babouches, c'est comme les gens, dans ta vie, t'en auras plein : des bonnes, des mauvaises, des belles, des laides, des trop raides, des trop molles, des trop petites, des trop grandes, des qui donnent des ampoules, des plus ou moins confortables. Et si t'as de la chance, tu trouveras celles qu'Allah a faites pour toi... (...) Alors enfile tes babouches, mets-les l'une devant l'autre, et tu verras bien où elles te mèneront.
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Par Sakinia, le 30/10/2011
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
L’ennemi, ce n’est pas le Crépuscule, ni même la Malesève ou les créatures qui la hantaient, non, eux n’étaient que le révélateur. L’ennemi, le véritable ennemi, c’était celui qui se cachait sous le masque de l’humanité, celui que les lois, les règles, les sanctions, étaient faites pour retenir, pour maintenir enfermé avec ses désirs de violence et de puissance.
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Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
"Oh ! oui, elle savait rentrer ses émotions, ses blessures, sa douleur, elle ne faisait même que ça. Elle était devenue une championne dans sa catégorie. A part cette nuitn quand elle était venue trouver Johan...Johan qui n'était même pas là pour l'écouter, pour l'entendre. Des mots, des mots bruts sortis du coeur, le sang de son âme, versés en vain. Son père avait peut-être raison, après tout, on ne devrait jamais se livrer, en aucune circonstance, pour ne pas laisser les autres avoir barre sur vous ni leur offrir la possibilité de vous blesser. On se forgeait une armure de silence et de solitude, et on s'y retranchait, pour mieux s'y déssécher, lentement, tranquillement, de l'intérieur, juqu'à ce qu'enfin il ne deumeure plus que cette cuirasse et rien dedans, un tronc sec dont là sève et les entrailles ont disparu, faute d'amour, et de tendresse, de complicité, pour les irriguer."
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Par Slay, le 05/02/2012
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
- Y’avait un homme ici. Je l’ai vu traverser le quai et disparaître dans cette rue. Je te jure que c’était pas une hallucination.
- Théo…
- Quoi?
- Mon grand-père, y faisait des babouches.
Le grand militaire grogna, les bras serrés autour de la poitrine, en lançant un dernier regard vers le haut du village.
- Ouais, je sais…
- Et mon grand-père, y disait toujours: “Regarde la façon dont un homme marche avec ses babouches et tu le connaîtras.”
- Je vois pas ce que…
- Ton mec, j’ai pas envie de le connaître.
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Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
"Il marchait à pas lents, déterminés, ne regardant ni à droite ni à gauche, et Théo, surprenant l'expression de son visage, sentit un froid terrible se répandre dans sa poitrine. Ce visage lisse, purgé d'expression, ce regard, noir et dévorant, qui prenait tout mais n'offrait rien, imperméable à la joie comme à la soufrance, il les connaissait."
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Par Myrtle, le 30/12/2011
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
Il eut à peine le temps de deviner un mouvement, à la limite de son cône de vision, qu'une forme nerveuse jaillissait de la tourmente. La chose bondit vers lui, rapide, très rapide, spectre pâle recraché du ventre de la tempête, tel un rejeton infernal. Ça tendait vers lui de longs bras décharnés, noueux comme des racines, au bout desquels luisaient des griffes semblables à de petites faux d'ivoire...
Pas de visage, rien qu'un masque blanc, dénué de traits, au nez inexistant, un cauchemar anonyme au poil ras et blanc, à la gueule rouge comme une blessure d'où saillaient deux dents uniques, longues et acérées, des crocs faits pour percer et saigner...
Mais ce qui le couvrit d'une sueur glacée, c'était ces yeux semblables à des creusets de feu, ceux d'un prédateur... Mais pas d'un animal.
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Par Myrtle, le 30/12/2011
Le dernier hiver de
Jean-Luc Marcastel
La Malesève, tel un artiste infernal, modelait la matière même de la vie, changeait les êtres qu'elle abritait en son sein de ténèbres, les pétrissait à son image, les façonnait à sa mesure.
Il frissonna.
Si tous les nouveaux enfants de ce monde ressemblaient à celui-là, l'humanité vivait ses derniers jours.