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Par brigetoun, le 18/10/2010
Sans de
Joachim Séné
armée des soldats en costume, uniforme classe moyenne, neuf heures du matin après les deuxièmes classes de sept heures sous l’esplanade dans le RER et les troisièmes classes de six heures, tous vers plus loin les chantiers ou ailleurs le port, manutentionnaires et bâtiments, mobilisation de tous pour l’emploi et la consommation, le ménage dans les bureaux vides quand le soleil déjà parti ou pas encore là, heureusement que moi, nous ici, avec le temps de venir le matin, la chemise, la veste, ces signes, tranquilles dans les bureaux,
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Par brigetoun, le 18/10/2010
Sans de
Joachim Séné
le poids de tout ça sur les épaules, mal de dos, mal des bureaux, mal sans paroles, et combien pire alors en usine ? À pas y penser. À crever à la retraite ou même avant vu les lois qui, les lois qui, les lois qui s’enchaînent, toutes naturelles, toutes de bon sens, toutes ifo et qui moi là-dedans ? Personne, caillou au bulletin de vote trop lourd pour lui, brume de l’instant ignorante du déluge de l’histoire passée et future, incapable de télépathie comme de prescience, pauvre moi face aux lumières doxatiles des médias.
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Par brigetoun, le 18/10/2010
Sans de
Joachim Séné
Homophobie, racisme, pédophilie, humour noir, moqueries, mépris, le grave, le sérieux, tout en dérision, mais sans homophobie, ni racisme, ni
méchanceté ni rien car au fond second degré bien sûr, bien sûr le mépris des autres propulsé ou repropulsé en téléréalité, ses mises en scènes aux castings codés, son montage-fiction, ses moqueries, tout ça pour de rire ; et pour, dans la machine, tout ça catalyseur de tenir.
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Par brigetoun, le 23/09/2011
C'était de
Joachim Séné
C’était se lever de sa chaise cinq roulettes, dossier et siège réglables, et aller voir tel collègue, pour tel sujet projet et, sur le trajet, discuter, plaisanter, avec qui l’on croise, faire un détour par tel bureau. Pareil au retour, mais plus rare, à cause de l’information, maintenant en main, qui poussait, exigeante, autoritaire, au poste de travail, et qui allait guider les heures suivantes, jusqu’au soir.
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Par brigetoun, le 23/09/2011
C'était de
Joachim Séné
C’était croiser un collègue dans le métro, le matin, et savoir qu’il faudrait terminer le trajet à deux à moins de faire semblant de l’ignorer (détourner la tête, le corps, fermer les yeux, faire celui qui se repose, changer discrètement de rame, être pris d’une frénésie texto, se perfectionner encore à Snake), au risque qu’il constate l’évidence de cette ignorance volontaire.
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Par brigetoun, le 03/02/2010
la crise de
Joachim Séné
« La crise », de ses millions de bras musclés sait manier la grue, poser des cloisons de béton armé au trente-septième étage, creuser des tunnels, extraire le pétrole et le diamant tout ça pour un salaire d’une remarquable humilité.
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Par brigetoun, le 18/10/2010
Sans de
Joachim Séné
du soleil et du bonheur à chaque spot, à chaque nouveau jeu télé, du sourire et du bonheur voilà la recette, la roue, l’abondance, l’heureux gagnant et l’heureux présentateur dans le poste directement en dialogue avec la noire tumeur au chômage dans son clic-clac aux draps sales, la table basse sous les chips et le carton de pizza, trois canettes de bières vidées la veille, mal rasé, puant mais heureux dans son bonheur de cliché sale du célibataire chômeur aux chips-ketchup, repu du spectacle dans le cuve de verre, meilleur ampoule de la maison avec le soir à 20 heures la lumière sombre des "actualités"
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Par brigetoun, le 03/02/2010
la crise de
Joachim Séné
La crise » a beaucoup, beaucoup, de clauses en petits caractère
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Par brigetoun, le 23/09/2011
C'était de
Joachim Séné
se demander ce qui faisait office, face au poids de ces jours, de compensation et la regarder, cette compensation, la tenir dans le creux de ses paumes, sourire tristement à son poids car la savoir chaque nouvelle année plus petite que la précédente et penser au vote, à la démocratie, à la société, au bien commun, au contrat social, à la paix et regarder, dans la rue, le calme, le calme infini de ces étendues grises usées chaque jour par nos semelles.
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Par brigetoun, le 19/11/2011
C'était de
Joachim Séné
C’était voir les délégués du personnel raser les murs, de leurs affichages syndical ou CE, de leur permanence hebdomadaire à laquelle personne n’osait se rendre, tout comme eux n’osaient pas passer dans les bureaux à la recherche des revendications. C’était se dire « nous sommes en France, c’est pire ailleurs, tenons bon, encaissons, tenons bon encore un peu. »