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Critiques de John N. Turner (23)
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Alabama Shooting

Aux États-Unis, 41 États autorisent le port d'une arme cachée. Sur ces 41 États, 31 l'autorisent sans aucun permis. 9 millions d'américains possèdent une arme de poing et peuvent donc se balader en toute impunité avec. Des chiffres qui font froid dans le dos !



Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis dit, je cite :

"Le droit de chacun de posséder une arme ne doit pas être enfreint, pour ce qu'une milice bien organisée est nécessaire à la sécurité d'un État libre".



Si je devais résumer en une seule phrase le roman de John N. Turner, je citerais sans hésiter le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis car à lui seul il résume parfaitement ce récit.

Des histoires comme celles-ci il en existe des centaines à défrayer la chronique. Triste constat d'une Amérique en dérive où le port d'arme est majoritairement autorisé aujourd'hui.



Sous le pseudonyme de John N. Turner se cache un auteur chambérien bien de chez nous, médecin, chercheur, passionné par la culture américaine, Alabama Shooting est son deuxième roman.



John N. Turner nous sert un thriller psychologique redoutable et très efficace. L'intrigue est bien ficelée, le récit haletant, et sans temps mort.

L'auteur se met dans la peau du personnage principal, Joan Travers, qui devient la narratrice d'un double récit par alternance (un chapitre sur deux) amenant ainsi une approche psychologique fine et extrêmement poussée puisque dès les premières pages nous prenons entièrement possession des pensées sombres et de l'esprit torturé de cette dernière après qu'elle a abattu à bout portant 3 de ses collègues de l'université de Huntsville en pleine réunion du Département.



Qui est Joan Travers ? Que s'est-il passé le 12 février 2010 dans la salle 369 B du bâtiment Franklin de l'université de Huntsville en Alabama ? Comment cette épouse modèle, mère de 4 enfants (dont le petit dernier n'a que 8 ans), issue d'un milieu favorisé, qui porte le prestigieux titre de Docteur en neurosciences, devient-elle du jour au lendemain une dangereuse criminelle qui dézingue froidement 6 de ses collègues (en tue 3) avec un Rutger 9 mm, celui de son mari Richard ?



Pour répondre à cela il nous faut remonter petit à petit le fil de l'histoire et les souvenirs de Joan Travers. Les souvenirs d'une adolescente solitaire et mal dans sa peau, que ses camarades de classe surnomment cruellement "Tomboy", étouffée par l'image d'un frère cadet qui prend trop de place, toute la place...

Une pulsion meurtrière qui va se développer lentement, insidieusement, comme une bête tapie dans l'ombre du jour où ses yeux de gamine se posent sur le Mossberg 500 calibre 12 dont son père a fait l'acquisition après qu'ils aient été cambriolés.

L'histoire d'une femme que tout accuse mais qui réfute son crime, dit ne pas s'en souvenir et pire, semble n'avoir aucun remord vis à vis des victimes et devient l'une des personnalités les plus haïes des États-Unis alors qu'elle risque la peine capitale.



J'ai indéniablement apprécié la lecture de ce roman que j'ai lu d'une traite jusqu'au dénouement final (et quel dénouement !). J'ai pris du plaisir à détester cette femme dont l'auteur nous dresse un portrait effroyable. Je n'ai ressenti aucune compassion pour elle, pas même un peu d'empathie pour la mère de famille (j'ai essayé pourtant). Peut-être aurais-je dû car finalement à qui la faute ?



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Alabama Shooting

Pour son deuxième roman noir, après l’excellent Amerithrax, John N. Turner partage à nouveau une page de l’Amérique contemporaine. Alabama shooting est en effet, une fois de plus, un récit fictionnel basé sur des faits réels. Mais la ressemblance s’arrête là.



S’inspirant librement d’un fait divers tragique de 2010, où une femme a été mise en cause lors d’une fusillade dans une université d’Alabama, Turner développe un récit à sa manière reconnaissable.



L’auteur est un scientifique de renommée internationale qui a travaillé sur l’anthrax. Cette fois-ci, il s’éloigne de ses domaines de compétence (sauf à lier ce choix au fait que la tireuse en question est également une scientifique).



Car c’est ce qui frappe de prime abord. La femme en question n’est pas une banale délinquante et John N. Turner nous brosse son portrait (pas toujours dans le sens du poil), à coups de retours vers le passé. Alternance de chapitres, entre l’après fusillade et la vie passée de la suspecte (présomption d’innocence oblige), avec un style d’écriture propre à l’auteur.



Je le répète, John N. Turner est un scientifique et il écrit ses livres tel un chercheur, disséquant les faits divers avec sa plume. Une écriture et une construction scénaristique au scalpel pour comprendre le cheminement d’une psychologie meurtrière (loin des poncifs du genre) et ce qui peut conduire à une folie destructrice.



Ne vous attendez pas à un thriller palpitant, le propos et les intentions de l’auteur ne sont pas là. Méthodiquement, il raconte l’histoire de cette femme, usant de ce coté rationnel qui lui est personnel et de son écriture analytique bien maîtrisée.



Même si ce parti-pris me fait regretter un petit manque d’émotion, ce roman est une formidable plongée dans cette société qui peut engendrer des monstres, à l’image de ce que le sujet met en avant par rapport à la légalisation des armes à feu aux États-Unis.



Oui, John N. Turner est en train de s’affirmer comme le scientifique (jamais barbant) du roman noir ; une place à part pour des romans à part.
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Amérithrax

Amérithrax a l’apparence du thriller mais il est bien plus que ça. Ce roman est d’une telle précision qu’il fait bien davantage que juste vous jeter de la poudre (d’anthrax) aux yeux.



Basé sur l’histoire vraie des lettres à l’anthrax qui ont empoisonné l’Amérique de 2001 encore en plein dans le traumatisme du 11 septembre, c’est une véritable plongée dans cette enquête hors norme que nous propose John N. Turner. Un pays dans lequel la psychose se déploie comme une trainée de poudre.



Qui mieux que lui pouvait nous narrer cette incroyable événement, lui qui est bactériologiste et spécialiste de la maladie du charbon ? Mais ses compétences professionnelles ne suffisaient pas à proposer une roman fictionnel qui tient la route.



Autant le dire tout de suite, l’auteur a réussi son affaire et ce de manière assez étonnante. Les personnages sont inventés, mais la chronologie de l’enquête est scrupuleusement respectée, ce qui donne un livre à la croisée du thriller et du documentaire.



Turner, en bon scientifique, raconte avec précision le déroulement de cette affaire proprement ahurissante. Son ton est souvent analytique, factuel, ce qui rend le récit assez hypnotique. L’écriture au présent ne fait qu’accentuer cette impression.



500 pages bourrées jusqu’à la moelle d’informations sans que jamais l’ennui ne vienne poindre. Car malgré cette rigueur de chaque instant, ce roman est un vrai page Turner. J’y aurais peut-être apprécié davantage de descriptions psychologiques des personnages durant la première moitié du roman, mais il est déjà si dense que le parti-pris de l’auteur peut se justifier.



On y découvre, plutôt étonné, qu’une enquête du FBI ne s’achève pas en quelques jours, à coups d’indices tombés du ciel, comme dans beaucoup de fictions actuelles. Non, c’est un vrai travail de fourmis sur plusieurs années dans laquelle nous plonge John N. Turner. Oui, mélanger cet aspect documentaire et la progression d’un thriller est vraiment une idée excellente, tant cette affaire complexe est passionnante.



Le traitement des suspects est également décrit dans le détail, avec toutes les répercutions que peut avoir la vindicte médiatique et populaire. Une démonstration de la manière dont fonctionnent nos sociétés occidentales actuelles.



L’auteur, tout nouveau venu dans le monde du roman noir, y réussit son entrée avec cette manière originale de raconter une histoire qui fait froid dans le dos, parce que si réelle. Un captivant et singulier thriller.
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Amérithrax



Amérithrax de John N. Turner est un roman qui nous raconte l’enquête du F.B.I. à propos des lettres piégées a l’Anthrax. Une enquête qui a durée 7 ans pour aboutir au suicide d’un suspect qui a mis fin à l’enquête, l’auteur a usé d’intelligence pour cette histoire en changeant les noms de la plupart des acteurs sauf pour le ministre de la justice U.S. et le chef du F.B.I. qui ont été montré du doigt pour leurs incompétences. J’ai comme la plupart des gens été obnubilé par le 11 septembre comme si les attaques à l’anthrax peu après soit au mois d’octobre 2001 avait été gommé de ma mémoire. J’ai été surpris par la mentalité de clocher du F.B.I. comme si le patriotisme était plus important que la vérité, comme si le F.B.I. était une secte qui domine les travers humains. Un très bon roman qui nous raconte en toile de fond l’invasion de l’Irak et du bourbier qui a suivi suite à cette immense erreur américaine qui ne gagne pas ses guerres malgré sa puissance de feu.

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Ephé[mère]

On pense connaître les gens, mais on ne détient qu’un morceau de ce qu’ils sont vraiment, à travers ce qu’on peut voir d’eux et de notre propre prisme.



Isabelle Lelièvre est le genre de personne qui ne se fait pas remarquer, toujours en retrait, jamais un mot plus haut que l’autre (quand elle parle…). Une personnalité renfermée face à celle plus expansive de son mari.



La banalité des caractères peut pourtant cacher des secrets et mener au drame.



John N. Turner n’est pas du genre à faire dans la surenchère, les rebondissements en cascade ou les histoires improbables. Ephé[mère] (formidable titre) n’est pas du tout un thriller mais un roman proche du fait divers, et raconté par de multiples voix.



Un roman choral, déstabilisant par sa construction. Il faut le lire telle une enquête de voisinage, comme si nous avions accès à ceux qui ont côtoyé Isabelle Lelièvre (de manière plus ou moins proche), comme si nous discutions avec eux.



Le sentiment de lecture est étrange, la 4ème de couverture ne raconte pas grand chose (et c’est très bien !). Ces rencontres à travers les mots se font sans qu’on ne puisse comprendre le schéma qu’à la fin.



Du coup, on se laisse porter par les dires des personnages, par leurs émotions, leurs ressentis, leur mauvaise fois. Des manières de voir les choses quelquefois diamétralement opposées, mais qui enrichissent la compréhension du personnage central (qui est paradoxalement en retrait).



Même si ça tourne parfois à l’exercice de style, cette manière d’écrire et de présenter les faits est aussi originale qu’immersive. Et l’émotion est davantage présente que dans le précédent roman de l’auteur où il disséquait cliniquement un autre fait divers (Alabama shooting, en 2015).



Ephé[mère] est un roman noir vraiment original et audacieux par sa construction. John T. Turner plonge dans la France profonde (mais pas que…) et imprime sa patte avec une histoire plus sombre qu’il n’y parait. Voilà bien une lecture atypique.
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Alabama Shooting

Huntsville, Alabama, le 10 février 2010, en fin d’une réunion à l’université, la professeure Joan Travers sort une arme de son sac et tire sur plusieurs collègues, en abat trois et en blesse autant. Puis, avec calme, elle quitte la scène de tuerie et demande son mari de venir la chercher.

Mais cette mère de quatre enfants, diplômée de la prestigieuse université de Harvard, se fait arrêter. Mais en prison, elle nie en bloc toute culpabilité et dit ne se souvenir de rien depuis l’entrée dans la salle de réunion. Elle maintient sa version au fil des jours tandis que son cas défraye la chronique. Son avocat commis d’office, dépité par tous les témoignages qui accablent sa cliente, prépare néanmoins son jugement. En attendant son procès, Joan, retrace sa vie, de sa jeunesse près de Boston jusqu’à cette fameuse journée dont elle ne se souvient plus. Elle souffre, car ses enfants et surtout son fils, lui manquent.

À MON AVIS…

J’ai rencontré J. N. Turner (non, il n’est pas américain !) lors d’une dédicace à Chambéry. Il m’a laissé l’impression de quelqu’un d’affable très abordable, malgré un parcours de médecin et d’écrivain confirmé avec plusieurs romans à son actif.



J’ai choisi de découvrir son style avec ce roman pour le moins déroutant, basé sur un fait divers d’une tuerie de masse, un mass murders, selon le phénomène tristement répandu aux États-Unis. Sa plume a su retranscrire avec des mots justes et le ton approprié les sentiments, l’amertume et le désabusement de Joan Travers, la narratrice accusée toute désignée de ces crimes. Une vie bien remplie qui retrace celle d’une génération aux États-Unis dans les années 90’s.



Alors cette mère de famille socialement intégrée présente une vie en apparence normale. Alors si c’est elle à l’origine du massacre, pourquoi ce coup de folie soudain ?



COUPABLE, INNOCENTE

La prisonnière, sur le point de se retrouver dans le couloir de la mort, couche ses confidences par écrit. Beaucoup d’amertume, et une prise de recul lucide nous font comprendre la solitude intellectuelle et affective dans laquelle elle vit. Pourtant, même si les preuves crient sa culpabilité dans la scène meurtrière, elle refuse de l’admettre et poursuit sa narration pour capter le lecteur impatient de la comprendre et croire à son innocence.



En tout cas, on la suit le cours de la jeunesse à aujourd’hui de ce personnage digne d’intérêt grâce à un destin qu’elle semble maitriser depuis toujours. D’abord plongée à corps perdu dans les études, grâce à son intelligence et sa combativité elle a rejoint l’élite universitaire. Son récit aborde le thème des études supérieures selon des problématiques communes à la France quand elles touchent le domaine de la recherche : compétitivité, compétition, rivalité dans les publications, servilité à l’égard de leurs « maitres », quand ne se mêle pas le favoritisme fondé sur la discrimination avec la misogynie ou le racisme.



Et ce Graal intellectuel compense largement le désastre d’une vie terne, mais les frustrations s’accumulent pour notre héroïne particulière… mais qu’importe, pour elle, seuls ses enfants ont de l’importance.



Dès le début du roman, on identifie la relation mère-fille comme la charnière du problème. Une nette préférence pour son frère cadet, Keith, a marqué Joan durant son enfance. Alors, à la mort accidentelle de celui -ci, elle a alors conditionné ses projets dans le but de combler le manque de la présence du fils idéal pour sa mère. Cependant, le lecteur lira une ambiguïté sur la distanciation entre les deux femmes car, en prison, sa mère reste son inconditionnel et unique soutien, par le biais de ses lettres.



En conclusion,

l’écriture fluide très agréable et bien construite avec un vocabulaire précis, permet une lecture addictive. En effet, la personnalité affirmée de l’héroïne est attachante. Son récit biographique, linéaire est plaisant, et à défaut de trépidations, on bascule aisément dans la société américaine contemporaine.
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Alabama Shooting

3.75/5 : Avec un tel résumé, je ne pouvais qu'être intriguée par ce roman, avec une telle thématique, je ne pouvais qu'être fascinée par ce livre. Mêlant le polar à la psychologie, John N. Turner signe un très bon roman noir !



Rappelant la thématique de nombreux autres romans ou films, ici l'auteur reprend un fait divers où ce n'est pas l'élève qui prend une arme mais le professeur. Qu'en est-il dès lors dans la pensée des témoins, du lecteur, de n'importe qui ? Qu'est-ce qui peut amener une femme bien sous tout rapport à sortir une arme et abattre des gens ? Cela amène t-il à une véritable paranoïa dans ce pays où cela semble arriver presque tous les jours ? L'écrivain réussit à donner la parole à tous et laisse le champ libre au lecteur pour se faire son propre jugement.



Le lecteur rentre ainsi dans la tête de Joan Travers, une femme qui semble a priori heureuse, sympathique et stable. Une femme qui ne comprend pas ce qui a pu se passer, qui nous livre son passé, ses sentiments, ses déceptions cachées et ses décisions. Je me suis vraiment attachée à elle, je souhaitais comprendre ce qui l'avait amené à ce drame. Je me suis même parfois dit qu'il y avait manipulation et qu'elle n'y était pour rien.



Il n'en reste pas moins que l'auteur amène une certaine objectivité à son histoire. Par la même il cherche à expliquer, à comprendre, à percevoir son personnage d'un point de vue rationnel, sur des faits tangibles, sur des circonstances atténuantes. En bref : j'ai eu l'impression de voir un chirurgien disséqué la psychologie et la vie d'une personne et je trouve cela très rafraichissant dans ce genre de roman.



En définitive, une lecture originale, intéressante qui ne cherche pas le sensationnel mais la vérité !
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Alabama Shooting

Joan Travers est arrêtée par la police alors qu’elle quitte le campus universitaire sur lequel elle vient de tirer sur les personnes présentes à la réunion devant décider de sa titularisation, en tuant trois sur le coup, en blessant gravement plusieurs autres. Mais Joan Travers se souvient de tout sauf des quelques minutes de la fusillade. Elle nie en bloc être le tireur fou.



John N. Turner s’attaque à un fait divers américain réel pour construire un livre en deux temps alternés chapitres après chapitres : le temps présent qui part de la fusillade et avance petit à petit pendant les deux semaines suivantes, retraçant l’incarcération de Joan, sa dénégation constante de se responsabilité, les rencontres avec son avocat,… et le temps passé, de son enfance à la réunion qui a précédé la tuerie, retraçant la jeunesse de Joan, sa solitude, son mariage, ses grossesses, son parcours professionnel.



Dans la vie de Joan, tout a été chaotique. Dans son parcours, elle s’est fait autant de mal qu’on lui en a fait. De sa mère qui l’a constamment comparée au petit frère « parfait », à ses camarades qui se moquaient de son côté garçon manqué, cause de son incapacité à s’intégrer tant dans les groupes de filles que de garçon, en passant par sa seule amitié qu’elle détruira elle-même, par son père qui la rabaisse parce qu’elle n’est pas à la hauteur de ses espérances ou par son mari qu’elle présente comme un chancre de la beaufitude américaine dans toute sa splendeur, Joan se construit un schéma psychologique de solitude, de haine (haine envers les autres qui trouve sa source dans la haine de soi), de médiocrité.



Se dessine donc devant le lecteur un cercle vicieux dont les racines s’imbriquent tellement les unes dans les autres qu’il est impossible d’en sortir une cause unique.



Le coup de force de John N. Turner est bien de réussir à créer une fiction autour du personnage de Joan parfaitement cohérente avec les faits réels de ce sombre fait divers. Cette symbiose entre fiction et réalité doit être une des fiertés de l’auteur à qui j’ai posé la question directement. En dehors de sa réponse que je vous livre juste après, il a eu la gentillesse de ne pas soulever le fait qu’il avait déjà dû répondre 100 fois à cette question…



Pour la réalité, John N. Turner est parti de la chronologie des faits et bien évidemment la fusillade de 2010 en Alabama et les trois morts. Il s’est aussi basé sur l’histoire familiale (profession du père, activisme de la mère) de la meurtrière, de son passé et de sa relation avec son frère basée sur la jalousie. John N. Turner a ensuite brodé sur les descriptions des personnages, sur leur psychologie même si le physique peu amène de Joan Travers (ah au passage, ce n’est pas le vrai nom de le meurtrière…) n’est pas inventé, sur le descriptif de l’enfance, sur celui de la vie de famille de Joan Travers ou de sa vie professionnelle…



Par ailleurs, l’écriture de John N. Turner est fluide et les quelques 230 pages du livre défile à une vitesse constante et rapide. La structure du livre est intelligemment faite et repose donc sur l’alternance des chapitres du passé (les plus longs) avec ceux du présent qui montrent une coupable (présumée, soit) qui parce qu’elle n’a aucun souvenir de la scène du crime la rejette comme étant incompatible avec l’image qu’elle a d’elle-même. Cette image est bien évidemment fausse. Elle s’est créée un portrait-robot pratiquement à l’opposé de la réalité et c’est le processus mental de souvenir de son passé qui va finalement pouvoir lui faire prendre conscience de qui elle est et de ce qu’elle a fait, en 2010 en Alabama ou quelques années avant (mais chut...) , et de sortir du déni dans lequel elle est engoncée.



Bref, une vraie réussite ! A vous donner envie de lire Amérithrax (premier livre de l’auteur) qui vient de sortir en poche.


Lien : http://wp.me/p2X8E2-tx
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Ephé[mère]

Isabelle Lelièvre fait la Une des journaux, elle est le monstre, celle qui a commis l’inimaginable

Pourtant la jeune femme, dernière-née d’une famille de vignerons régie par une mère dure au travail, était l’effacement et la soumission même, si discrète qu’on l’oubliait facilement.

S’égrènent ensuite les voix de ceux qui l’ont côtoyée, sa soeur qui l’envie, son époux qui l’assigne à vouloir ce qu’il veut, son amie qui la plaint

Qui donc est Isabelle sinon celle que chacun modèle selon ses propres attentes, forme de douce violence que la jeune femme percevait intuitivement et à laquelle elle se pliait, ne pouvant imaginer une opposition et remisant ses aspirations et son être en un recoin intime où la lumière finit par ne plus pénétrer.-

Dans ce roman d’un drame annoncé, qui va au rythme de la vie, chaque personnage est tissé dans ce chatoiement qui trame le coeur des hommes tandis que, poignante, la pâleur d’Isabelle signe son insondable solitude dont il n’est pas sûr qu’elle dispose de l’espace pour la percevoir


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Alabama Shooting

Un roman noir marquant. Pour essayer de comprendre un crime abominable, l’auteur exploite un récit parallèle (l’histoire de son personnage) pour, non pas comprendre le crime, mais lui octroyer une causalité articulant des mécanismes par lesquels le lecteur va percevoir le « dévissement » psychologique du personnage. Cette exhumation du passé aura son importance pour le personnage lui-même, et sera par ailleurs l’occasion de mettre en perspective des problèmes de société susceptibles de concerner pas mal de monde. Une expérience de lecture assez fascinante.
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Alabama Shooting

« Alabama Shooting » – John Turner

Éditions de l’aube – Noir



John Turner, je l’ai croisé à Annecy l’an dernier. On avait fait ensemble un concours de nouvelles. Chouette mec. Pas la grosse tête comme certains « zôteurs ».

Je vais nommer personne, pas la peine.

Donc John, pas le genre comme ça.

Son bouquin, c’est le deuxième. Il a déjà écrit « Amérithrax » en 2014 je crois. J’ai lu aussi qu’il avait dit : « Moi, je veux juste raconter des histoires. »

Ben John, il les raconte drôlement bien.

Déjà, il se met dans la peau d’une fille. « C’est pas aisé » comme m’a dit une copine. Et c’est vrai que pour un mec, écrire comme une nana, c’est pas simple.

Ben John, il y arrive bien.

T’as vu, presque 10 lignes pour te parler de rien… Je suis balèze.

Donc, le livre.

La base, c’est un fait divers. Une nana, prof d’université, qui vrille et fait un carton dans une salle de réunion. Elle a fait Harvard quand même, le genre de boîte qui fabrique des gens à peu près responsables.

Je croyais.

Elle, elle se souvient de rien. Tout l’accuse, l’arme, les témoins, mais elle se souvient pas.

T’oublies pas non plus que là, on parle d’une nana.

C’est rarissime.

D’habitude, ce genre de massacre, c’est plutôt un truc de mec. Ils sont assez coutumiers du fait.

La narratrice, Joan Travers, elle te raconte tout.

Son enfance et ses quelques jours en prison.

Turner alterne donc le présent et le passé.

C’est super bien fait.

Comment elle est arrivée juste là ?

Juste à la bordure de la ligne qui te fait basculer du côté des tueurs en série ?

Elle a décompensé ? Elle est psychotique, mais elle a vraiment bien caché son jeu ?

Je te dis pas.

Histoire d’un couple aussi.

Lui, il est pas très futé. Il est mou. Il a pas d’envergure. Pas le genre albatros quand il déplie ses ailes.

D’ailleurs, des ailes, il en a pas.

C’est pas simple de se contenter d’une relation qui n’est faite que de vides au milieu des riens. Quelques aller-retours dans un ventre qui le supporte. De quoi faire quatre gosses.

T’en connais aussi des couples comme ça ?

La force de ce roman, entre autres qualités, c’est de te faire aimer Joan. De ressentir pour elle la compassion liée à ce qu’elle te raconte. T’oublies même qu’elle a descendu des gens.

Mais Bon Dieu, qu’est-ce qui l’a amenée là ?

Alors tu tournes les pages. Les unes après les autres.

En tout cas, c’est ce que j’ai fait.

J’ai tourné les pages.

D’aucun ont dit que ce roman manquait d’émotions.

Je dis d’aucun, comme ça, je me fâche avec personne.

Ils ont tout faux.

Ils ont pigé que dalle.

L’émotion, elle est dans toutes les pages, au fur et à mesure que Joan se raconte et quelle tente de comprendre aussi les non-dits.

Les secrets de famille, encore…

Et puis tu piges aussi qu’être une gonzesse, parfois, dans certains pays vachement libres (tellement libres que tu peux acheter un flingue au carrefour market), ben c’est pas évident.

Je vais pas te faire un paragraphe sur la place faite aux femmes, mais merde, il y a un moment où il faut se poser des vraies questions.

J’ai remarqué aussi que si je ne lis pas le dernier chapitre, ni l’épilogue, le roman est toujours aussi bon.

En tout cas, il garde toute sa force.

C’est un signe.

Va chez ton libraire, mardi, et commande-le.

Tu regretteras pas.




Lien : http://www.leslivresdelie.com
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Amérithrax

Un jour d'octobre 2001, un retoucheur photographique d'un tabloïd de Floride est le premier à succomber à un mal inconnu, l'anthrax. Des lettres remplies de poussières mortelles d'anthrax circulent à travers le continent. Darrin Speman, un agent du FBI, est chargé de l'enquête, mise à mal par l'hystérie collective et la désignation d'un coupable trop évident.

J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette lecture. Pourtant sur le papier ce roman avait tout pour ne plaire. Cette enquête tirée d'un fait divers est entièrement retracée ici par l'auteur. Elle a duré 7 ans.  7 ans durant lesquelles le FBI et d'autres instances

gouvernementales se sont fourvoyées. 7 ans de gâchis ; le 11 septembre n'avait pas pu être empêché, l'Amérique venait d'être touché en plein cœur, la CIA était montrée du doigt. Alors hors de question pour la nouvelle cellule crée pour l'occasion, la Task Force Anthrax., d'échouer à son tour. Il faut rassurer l'Amérique en pleine hystérie après le drame du World Trate Center. Du coup l'enquête va être menée tambour battant. Et l'homme qui va être à la tête de celle-ci,  Darrin Speman, n'est peut-être pas à la hauteur. Speman, s'il est un spécialiste en bactériologie n'ai pas un homme de terrain et encore moins un meneur d'homme...De plus l'agent du FBI que l'on suit n'est pas franchement attachant.  Et je dois avouer que j'ai décrocher avant la toute fin . L'écriture très particulière de l'auteur, trop hachée, trop froide, m'a aussi gêner. Même si j'ai aimé ses explications scientifiques. Alors je suis passée à coté de ce titre .Mais je pense que les amateur du genre sauront trouver leur bonheur. Et je crois au potentiel de cet auteur, du coup je vais lire son second roman : "Alabama Shooting" 
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Ephé[mère]





” Elle était la petite dernière. Petite, elle l'était restée en taille. (...) Elle ne comptait pour rien. Elle n'avait personne derrière elle. Elle était celle dont l'avis ne comptait pas. Sa voix avait été oubliée, escamotée, soustraite à celle de l'assemblée. Pour la famille, c'était comme si Isa n'avait jamais existé.
 Évidemment, elle existait, mais comme la cinquième bouche à nourrir de la fratrie, un corps de plus à vêtir, et non comme une enfant à part entière. Isa était un peu comme un animal domestique dont personne ne se souciait. C'était pratique parce qu'Isa ne disait rien, ne réclamait rien, ne désirait rien mieux que de disparaître. “







Qui est vraiment Isabelle. Que nous cache cette femme si effacée et taiseuse ? 
Pour le découvrir, toutes les personnes qui ont croisé ou partagé sa vie, vont tour à tour prendre la parole pour nous raconter une histoire, son histoire.


De son amoureux d'enfance, en passant par sa mère, une sœur, une amie, une voisine, son mari, un journaliste, un médecin, un policier, tous ont quelque chose à dire, que ce soit un avis, un souvenir, un témoignage, une remarque , un soupçon. 


Ils l'ont connue, aimée, désirée, ignorée, appréciée, oubliée. 


À travers toutes ces confessions, le portrait d'une femme se profile mais seul le lecteur pourra assembler les fragments de cette vie et découvrir :







” Un secret inénarrable "






Ce que j'en dis :




Porté par une écriture remarquable, ce récit absolument bluffant, m'a captivé et il m'aura fallu atteindre les dernières pages pour enfin réaliser l'étendue incroyable de cette histoire. 


John N. Turner nous offre un roman choral d'exception à travers des personnages travaillés, où leurs psychologies est parfaitement étudiées et donnent à ce récit d'un réalisme surprenant une dimension particulière.

Une analyse parfaite qui ferait pâlir les plus grands comportementalistes. 


On se retrouve au cœur d'un récit en chemin vers une vérité qui donne tout son sens à ce titre Éphé [mère]. 


Un histoire glaçante, surprenante, l'histoire d'un secret inénarrable que je vous recommande vivement.


Un auteur que je suis depuis ses débuts et je peux vous dire qu'il ne m'a jamais déçu. Après cette lecture vous n'aurez qu'une envie : découvrir ses précédents romans qui sont tous aussi passionnants. 
Sous ce pseudonyme se cache un homme brillant, discret qui mérite toute votre attention, pas question de garder cela secret.






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Alabama Shooting

Un roman noir, plus qu'un thriller et deux histoires parallèles séparées par un drame. Pour une fois, ce n'est pas un élève qu'on accuse d'avoir tiré dans une école, mais une prof ! Pourquoi a-t-elle agi ainsi ? Pourquoi nie-t-elle ce qui semble évident pour tous ? Les réponses sont dans sa vie d'avant. Et la question de la femme et de la place des armes dans la société américaine sont centrales.
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Alabama Shooting

Roman basé sur un fait divers réel, malheureusement récurrent aux États-Unis. Ensuite l'auteur bâtit son histoire et modèle son personnage principal d'une manière bluffante qui nous tient de bout en bout sans jamais nous lâcher. Nous sommes dans la tête de Joan Travers, c'est elle qui s'exprime. On est aussi étonné qu'elle lorsqu'elle est arrêtée pour la fusillade, puis lorsqu'elle est interrogée et qu'elle nie toute participation. Lorsque les preuves s'accumulent on prend un peu de recul, et c'est à ce moment là que l'auteur débute la jeunesse de Joan. Née en 1965, elle devra se construire entre des parents qui "ont toujours campé aux antipodes. (...) Mon père était aussi taciturne que maman était volubile. Il était aussi ombrageux et cassant qu'elle pouvait être douce et avenante." (p. 29). Plutôt hippies mais avec une petite volonté bien enfouie -qui ne demande qu'une occasion pour sortir- de s'élever dans la société. Lorsque cette occasion se présente, ils viennent s'installer à Boston et feront désormais partie de la bourgeoisie locale. Keith, le frère de Joan naît. Surdoué, il la dépasse très vite et Joan est oubliée. Toute son enfance sera marquée par la volonté d'être un garçon, elle comprend vite qu'elle ne pourra pas être aimée seulement parce qu'elle est une fille. "Keith et moi n'appartenions pas à la même caste. Le couperet était tombé. Pour mon plus grand désespoir, mon père avait la même vision sexiste et rigide que maman." (p.78/79) Elle subira son adolescence plus qu'elle ne la vivra, pour preuve cette simple phrase qui résume bien tout cela : "En 1983, nous atterrîmes mollement en terminale." (p.71) Et je vous laisse découvrir la suite tout aussi morose.



John N. Turner maîtrise totalement son sujet et sous sa plume Joan se révèle. Un portrait dense et fort de cette femme et de son parcours qui la mènera jusqu'à ce geste incroyable. Le roman se lit sans s'arrêter, aucun temps mort et même si le rythme n'est pas trépidant, on est totalement happé par cette histoire et cette femme qui se dévoile. Plus j'avançais dans ma lecture et plus je me disais -parfois à voix haute, il m'arrive de me parler tout seul, mais bon lorsque vous saurez que je parle aussi aux distributeurs automatiques, aux pompes à essence à carte... bon en fait, souvent, je ne fais que répondre à leurs bonjour, au revoir et merci... euh, parfois je peux leur demander si leur journée à été bonne...-, pouf pouf, je disais donc que plus j'avançais, plus je me disais que ce livre était bien écrit et finement traduit, élégance du style, français impeccable. Je suis donc retourné aux premières pages chercher le nom du traducteur ou de la traductrice. Et là, surprise, John N. Turner est Français ! Selon l'éditeur, il est un scientifique de renommée internationale, fin connaisseur des États-Unis, qui écrit là son deuxième roman. RRrr, j'en ai marre de ces gens qui sont bons partout, ça va finir par me donner des complexes.
Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Amérithrax

Septembre 2001. Une date gravée dans la mémoire collective. Le monde rentrait dans le XXIème siècle de la façon la plus fracassante qui soit. A l’arrivée plus de 3000 personnes pulvérisées et avec elle l’espoir d’un siècle apaisé. Mais alors que les poussières de mort étaient encore en suspension dans l’air de New York, la mécanique d’un autre drame se mettait déjà en marche.



Robin Johnson, un obscure retoucheur photographique pour un tabloïd de Floride, n’avait rien qui le prédisposait à faire un jour la une des journaux, ou à devenir célèbre . D’ailleurs, il ne le sera jamais. De lui, on ne retiendra que sa mort. Car notre homme n’a pas quitté le monde des vivants de la plus banales des morts qui soient et celle ci va provoquer le branle bas de combat au FBI. Un F.B.I pourtant encore abasourdi par l’attaque des tours jumelles de New York qu’il n’a pas su voir venir, et qui se lance sans trop savoir où chercher à la chasse aux terroristes.



Quand son téléphone sonne dans son étroit bureau, situé au fond d’un couloir peu fréquenté de la grande bâtisse gouvernementale du FBI , Darrin Speman ne se doute pas encore que ce coup de fil va le projeter dans une enquête qui va durer près de sept ans et mobiliser des forces et des moyens considérables.



Lui le gratte papier, qui n’a quasiment pas de vie sociale, personne avec qui partager son existence, et qui se voue corps et âme à son travail au point de se voir comme « l’esclave du F.B.I » qui l’emploie. Mais Speman a une spécialité qui brutalement intéresse son agence. Speman est un spécialiste de l’Anthrax, la maladie du charbon.



Or, il semble bien que Robin Johnson qui est en train de mourir sur un lit d’hôpital en Floride ait été contaminé par des spores de cette terrible maladie. Mais à peine le spécialiste arrive t’il sur place, qu’un autre cas suspect de contamination se fait jour en Floride obligeant à la mise en place d’une cellule de crise.



Et les choses commencent à s’emballer, l’inquiétude ne fait que grandir à mesure que de nouveaux cas apparaissent. Pire encore, New York, la Virginie semblent à leur tour touchés. Des victimes qui n’ont rien à voir entre elles décèdent.



Très vite il apparait que ces spores d’ Anthrax ont été véhiculé par voie postale. Bientôt ce sont deux sénateurs américains qui sont destinataires de courriers suspects. Le doute n’est plus permis , l’ Amérique est à nouveau attaquée. Le message trouvé dans un de ces plis ne laisse aucun doute : » « Vous ne pouvez pas nous arrêter. Nous avons cet anthrax. Vous mourrez maintenant. Avez-vous peur? Mort à l’Amérique. Mort à Israël. Allah est grand ».



La cellule de crise se transforme alors en Task force, regroupant des agents de différentes officines gouvernementales, tournés vers un seul et même objectif, remonter jusqu’à celui ou ceux qui ont juré la perte de l’Amérique.



John N. Turner ( de son vrai nom Jean Nicolas Tournier) est lui même bactériologiste, spécialiste de l’anthrax. Il s’empare ici d’un fait divers que sans doute la plupart d’entre nous avons oublié, occulté par le spectaculaire des attentats du 11 septembre. Qui mieux que lui pouvait nous raconter cette histoire complètement folle qui a duré plus de 7 ans, sans qu’au final personne ne soit passé devant la justice des hommes, le dernier suspect de cet affaire s’étant suicidé?



Une plume incisive ,une narration parfois proche d’une description scientifique des évènements, comme si l’auteur en disséquait et expertisait méthodiquement le déroulement , donne au texte, et donc au lecteur placé en spectateur impuissant, toute la portée glaciale et terrifiante de ces évènements incontrôlables.



Avec précision et efficacité il décortique donc tout le travail entrepris par cette Task Force qui va rapidement réaliser que c’est à un ennemis intérieur qu’elle livre bataille. Que l’ Amérique porte en son sein ,ce ou ces fils qui la trahissent , et que c’est sur son sol qu’a été produit cette arme redoutable qui l’attaque.



Mais l’auteur ne manque pas non plus dans ce roman de près de 500 pages, de mettre en exergue la parano des limiers lancés sur la piste des criminels, de dénoncer les errements d’une enquête qui ne sait trop où chercher, et ses conséquences dramatiques. Car telle une meute de chiens ayant flairé le sang, dès qu’une piste ou un suspect se fait jour, la machine s’emballe et devient hystérique au point de mettre en péril la vie sociale de certains citoyens américains.



Il faut un coupable, à tout prix, et peu importe les moyens mis en œuvre pour y parvenir, au point de s’enfermer dans un aveuglement coûteux qui fera perdre un temps précieux à l’enquête.



« Amérithrax » est un premier roman, et pour le coup c’est plutôt réussi ! John N. Turner parvient à signer un roman captivant, où les nombreuses explications scientifiques ne sont en rien rédhibitoires, n’altèrent ni le rythme et ni le suspens du livre, et pour lequel, la qualité et la précision de sa documentation en renforce toute la crédibilité.



Un livre qui fait froid dans le dos, quand on sait que l’histoire qui y est comptée est véridique, et que celle ci pourrait bien se répéter demain.
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Ephé[mère]

Bonjour,



Voici un roman noir chorale que je viens vous chroniquer en retour de lecture : "Ephé[mère] de John N. Turner aux éditions de l'Aube.



Isabelle, née en Savoie, va passer sa vie paisiblement. Certains qui l'ont côtoyée disent d'elle qu'elle est effacée, taiseuse et d'autres qui ont vécu à ses côtés la trouvent désirée, convoitée, aimée. Tous s'accordent à dire qu'au travers de son vécu elle transporte avec elle son secret le plus intime et que personne n'aurait cru possible. Qui était vraiment Isabelle ?



Au travers des différents récits, nous faisons la connaissance d'Isabelle, une femme apparemment sans histoire, issue d'une famille de viticulteurs dans la Savoie, qui va finir sa vie à Détroit dans le Michigan où a été muté son mari fou amoureux des carburateurs de voitures.



Superbe roman qui, morceau par morceau, nous montre que l'on ne connait pas totalement une personne, même aussi proche qu'on puisse l'être. Chacun de ses amis, de ses connaissances et de ses proches détiennent une partie de son existence, et à travers eux et leur façon de voir les choses, nous en apprenons un peu plus sur la mystérieuse Isabelle Lelièvre.



L'histoire nous transporte au gré des émotions, des ressentis de chacun. Tous ces témoignages, ces confessions que les personnages vont nous dresser le portrait, tantôt flatteur tantôt moqueur, de cette femme en apparence sans histoire. Et pourtant, c'est tout le contraire.



L'écriture remarquable de l'auteur bluffe le lecteur par ses réalistes vérités qui prennent tous leurs sens une fois la fin dévoilée, magistrale et exceptionnelle à tout point de vue. Ces banalités de la vie qu'elle avait si bien cachées vont se révéler glaçantes une fois mises à jour. Une histoire inénarrable comme dirait un des protagonistes, je vous laisse deviner pourquoi…



Un splendide roman que j'ai vraiment dévoré des yeux, la puissance du récit m'a laissée sans voix. Il faut vraiment que vous lisiez ce livre totalement captivant et bien plus marquant qu'il n'y parait !



Bonne lecture, amis Lecteurs !
Lien : https://lecture-chronique.bl..
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Amérithrax

Dans la foulée des attentats du 11 septembre, les Etats-Unis sont à nouveau plongés dans une vague du terrorisme. Des lettres contaminées, contenant de l’Anthrax, des spores de la maladie du charbon, sont adressées anonymement à certains médias et quelques hommes politiques. Darrin Speman, obscur agent à la vie sociale limitée, fait partie de la Task Force mise en place pour combattre cet ennemi invisible. Il ne se doute pas qu’il va plonger dans une enquête de 7 ans et qu’il va devoir mobiliser des forces et des moyens considérables. La bataille se livre sur son sol. Mais très vite, la machine s’emballe. Il faut un coupable, à tout prix, et peu importe les moyens mis en œuvre pour y parvenir puisque c’est bien sur le sol américain qu’a été produit cette arme redoutable. L’ennemi est intérieur.



Amérithrax retrace avec une incroyable précision, cette attaque bioterroriste – Inspirée de faits réels – qui débouche sur une des enquêtes des plus complexes. Loin des thrillers violents à la mode, John N. Turner, pseudo américanisant d’un bactériologiste de profession, signe son premier roman et plonge dans le monde du noir.



Fort de ses compétences, usant d’une narration et du présent, fait rare de nos jours, il décortique avec une analyse méthodique, scientifique tout le travail entrepris par cette Task Force. A travers une chronologie strictement respectée, il arrive à captiver le lecteur sans tomber dans ce qui serait un documentaire de 500 pages couvrant de longues années. Nous suivons l’enquête au jour le jour. Il n’y a rien d’ennuyeux. Au contraire. C’est terrifiant. Le côté réel, fait froid dans le dos. Si le ton peut sembler de temps à autre analytique, les nombreuses explications scientifiques ne sont en rien rédhibitoires. Elles donnent du corps à l’ouvrage, nous rendent un poil plus intelligent. Si je n’avais aucune vision de ce monde de labos, je ne m’étais en aucun cas intéressé au circuit d’un courrier postal. Il démonte la machine des Gmens, leur force, leur patience et leurs travers et l’impact politique de ce genre d’enquête.



Qui plus est, John nous arrive à nous transmettre, que bien que de plus en plus digital, notre monde fait d’immédiateté doit réapprendre la durée – au moins le temps nécessaire à cette chasse à l’homme. Le rythme et le suspens accompagne le lecteur tout au long d’ Amérithrax. Une fois encore ce roman est crédible, direct et conforme à notre réalité de ce début de siècle.
Lien : https://nigrafoliablog.wordp..
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Amérithrax

Amérithrax – John N. Turner

L’aube – Noir



John, il m’a envoyé son roman, avec une jolie dédicace. On se connaît un peu. On s’est croisé dans la première édition du concours Anonym'us.

Je l’ai déjà dit, mais je l’aime bien, ce mec.

Anthrax. Tu te souviens ?

C’est au moment où on t’a dit de faire gaffe quand t’ouvrais une lettre.

Je rigole.

C’était là-bas. Chez les Indiens et les cow-boys. J’ai mis les indiens en premier, parce que c’est un peu eux qu’étaient là avant tout le monde.

Bon. C’est pas le sujet, même si y en aurait pas mal à dire.

Le sujet, c’est le bouquin de M’sieur Turner.

Il rigole pas, lui.

Il a écrit l’histoire qui a commencé avec Robin Johnson. Tu te souviens pas de lui ? Moi non plus. J’ai dû chercher sur Startpage (https://www.startpage.com/).

Il est mort après avoir ouvert une lettre. Dans l’enveloppe, il y avait de la poudre. Pas celle que tu crois. De l’anthrax.

L’anthrax, ça tue les gens.

Tous les gens.

Et l’enquête de Darrin Speman va durer sept ans. C’est long sept ans.

Un type qui au départ n’est qu’un obscur employé du Bureau, un de ceux qui grattent les papiers, les rapports, mais qui est aussi un spécialiste de l’anthrax.

Comme John.

Pour ça que le roman, c’est 500 pages.

C’est long 500 pages.

Ben tu vas pas t’ennuyer une seconde.

Tu vas te caler dans ton canap', sur ta terrasse si les voisins sont pas trop bruyants, à la plage si t’habite pas trop loin de la mer, ou si t’es en vacances juste au bord, et tu vas lire.

Tu vas pas le lâcher, parce que tu veux savoir où ils vont, tous ces agents du F. B. I. qui se mettent à harceler un suspect jusqu’à détruire sa vie.

Parce que ça, c’est la vraie vie. Ils l’ont tellement harcelé qu’il s’est suicidé.

Suicidé.

Tu t’en souvenais pas non plus ?

Comment ils s’emballent, tous, parce qu’ils ont besoin d’un coupable, de résultats dans une enquête qui piétine.

Tu croyais que c’était des conneries ?

Tu croyais que quand on te dit qu’il faut faire gaffe à ne pas trop étaler ta vie, c’est juste pour rigoler ?

Ben non.

Ils peuvent te casser la gueule, te supprimer du monde des bisounours, sans même que t’es le temps de dire que t’y es pour rien.

Il écrit bien John. Vraiment bien.

On est à un million de kilomètres des ruraux-écrivains que j’adore, mais tu vas passer un bon moment.

Vraiment.

D’aucun ont vu une série télé dans ce bouquin, un bon film.

Y a ça.

Mais pas que.

Moi, j’y ai vu aussi pourquoi je passe par TOR quand je surfe sur le web, pourquoi je suis attentif à ce qui est dit sur les réseaux de la société.

J’ai rien à cacher, et alors ?

C’est une raison pour que la boulangère elle connaisse la taille de mes caleçons ?

Il est en poche.

Pas cher.
Lien : http://www.leslivresdelie.com
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Alabama Shooting

Livre très prenant et très belle intrigue.

Un bon aperçu des problèmes liés à l'accès facile aux armes à feu aux USA.

Dénouement auquel on ne s'attend pas.
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