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Par kathel, le 26/06/2010
Un pied au paradis de
Ron Rash
J’ai quitté la route en arrivant devant le magasin de Roy Whitmire, pour aller me garer à côté du panneau annonçant DERNIÈRE POMPE À ESSENCE AVANT TRENTE KILOMÈTRES. Je suis passé devant des types assis sur des caisses de Cheerwine et de Double Cola. Avec leurs crânes chauves et leurs cous ridés, ils ressemblaient à des tortues d’eau se chauffant au soleil sur des souches. Les types m’ont salué d’un signe de tête familier, mais la canicule les avait vidés de tout bavardage. J’ai farfouillé dans la glacière installée sur la galerie, les doigts engourdis par l’eau et la glace, avant de tomber enfin sur une petite bouteille. Je n’avais pas soif, mais il n’était pas convenable de ne rien acheter. Je suis entré dans une vaste pièce, plus sombre que l’extérieur, mais pas plus fraîche.
La boutique n’avait guère changé, la première étagère était chargée de toutes sortes d’articles allant des hameçons Eagle Claw aux poudres contre les maux de tête Goody, et sur le comptoir se trouvait un grand bocal où nageaient dans une saumure trouble des oeufs durs plaqués contre la paroi de verre tels d’énormes yeux. Près de la caisse enregistreuse, un autre bocal, celui-ci rempli de rubans de réglisse.
— Ça va-t-y, étranger ? a lancé Roy, en sortant de derrière le comptoir pour me serrer la main.
On a bavardé de tout et de rien quelques minutes. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité et j’ai aperçu le lynx empaillé sur le mur du fond – la patte levée prête à frapper, les yeux jaunes et luisants – toujours aux abois après trois décennies. Des sacs de vingt kilos de semences de maïs Delkab étaient empilés par terre en dessous.
— Je suppose que tu n’as pas vu Holland Winchester ces deux derniers jours ? ai-je fini par demander, en en venant à la raison pour laquelle je m’étais arrêté.
— Non, a répondu Roy. C’est pas que je l’aie cherché partout, note. J’ai assez d’ennuis comme ça pour pas aller m’en dénicher d’autres.
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Par Aifelle, le 04/12/2010
Un pied au paradis de
Ron Rash
"Les yeux peuvent mentir, mais au bout du compte ils vous diront la vérité. Quand Billy a répondu non, il a jeté un coup d'oeil à sa main droite qu'il tenait fermée. Je savais ce que cela signifiait pour en avoir vu plus d'un réagir de la même façon dans la même situation. Cette main droite avait servi à sortir de son champ des cailloux gros comme des pastèques. Elle avait servi à abattre des chênes dont on ne faisait pas le tour avec les bras. Et peut-être, simplement peut-être, cette main avait-elle servi à tenir un fusil avec assez d'assurance pour tuer un homme".
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Par Eskalion, le 09/01/2011
Un pied au paradis de
Ron Rash
J’ai quitté Jocassee , pour la dernière fois pourvu que ca ne tienne qu’à moi. Je reviendrais pas ici pour pêcher, faire du ski nautique ou me baigner ni rien de tout ça. Ici, c’était pas un coin pour les gens qui avaient un foyer. Ici, c’était un coin pour les disparus
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Par Aifelle, le 09/03/2011
Serena de
Ron Rash
"Le samedi soir, Pemberton suivit la route bitumée, à travers les montagnes qui descendaient vers la vallée de la Pigeon River. Un mois plus tôt, dans les forêts devant lesquelles il passait, les dernières feuilles de cornouillers s'étaient fanées avant de tomber et c'était à présent le vert éclatant de leurs feuilles et de celles des chênes des ours, ainsi que le vert plus soutenu des lauriers des montagnes et des rhododendrons, que l'on voyait dans les sous-bois. Pemberton subodorait qu'un jour prochain on trouverait un défoliant capable d'éliminer toutes ces espèces inutiles d'arbustes et de buissons, ce qui faciliterait l'abattage et le transport des forêts de bois dur".
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Par oops, le 18/10/2011
Un pied au paradis de
Ron Rash
Sa beauté était comme un secret qu'elle ne pouvait dissimuler.[...] Je me suis demandé si certains soirs, elle se rapprochait de l'homme allongé près d'elle, en sachant que parfois la beauté d'une femme se révèle mieux dans l'obscurité.
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Par oops, le 18/10/2011
Un pied au paradis de
Ron Rash
Mais rien n'est solide ni permanent. Nos existences sont élevées sur les fondations les plus précaires. Inutile de lire des manuels d'histoire pour le savoir. Il suffit de connaître l'histoire de sa propre existence.
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Par Seraphita, le 06/09/2011
Serena de
Ron Rash
« Et McIntyre, il va mieux ? demanda Dunbar, en voyant son camarade remettre sa bible dans sa poche.
- Oh, pour sûr que nan, répondit Stewart. Sa femme, elle l’a emmené encore une fois à cet hôpital pour les nerfs et pendant un temps, y pensaient que le mieux, ce serait de l’électrocuter.
- De l’électrocuter ? » s’écria Dunbar.
Stewart opina.
« Ouais, c’est ce qu’y z’ont dit, ces docteurs. Paraît qu’y s’agirait d’un truc nouveau qu’a fait beaucoup causer à Boston et à New York. Y prennent des câbles tout pareils à ceux que t’utiliserais pour faire repartir la batterie de ta bagnole et ils z’y accrochent à l’oreille avec la pince, et puis y z’y font passer du courant électrique, de la tête aux pieds.
- Dieu y vienne en aide, s’écria Dunbar, y le prennent pour un homme, McIntyre, ou pour une ampoule électrique ?
- Sa femme non plus, l’idée, elle y plaît pas du tout, et moi, suis de son avis, reprit Stewart. Comment qu’on peut prétendre qu’une chose pareille, elle peut faire du bien aux gens ?
Y a un principe scientifique qu’est mêlé à la chose, intervint Snipes qui n’avait pas prononcé un mot depuis qu’ils avaient cessé le travail. Ton corps, l’a besoin d’une certaine quantité d’électricité pour continuer à fonctionner, tout comme une radio ou un téléphone ou un four ou même l’univers. Un type comme McIntyre, c’est comme si sa batterie, l’était à plat et l’avait besoin d’être rechargée. L’électricité, c’est comme le chien, c’est un des meilleurs amis de l’homme. »
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Par caro64, le 21/08/2011
Un pied au paradis de
Ron Rash
Billy penserait peut-être que son navire était rentré au port chargé de richesses quand Carolina Power achèterait sa propriété pour quelques dollars de plus à l'hectare qu'il ne l'avait payée, du moins jusqu'à ce qu'il voie le prix d'une ferme telle que la sienne dans une autre partie du comté. Peut-être qu'avec cet argent il partirait à Seneca, à Anderson, où il achèterait une maison avec des toilettes à l'intérieur, l'électricité, et croirait avoir trouvé le paradis. Il travaillerait dans une filature où il toucherait sa paie chaque fin de semaine sans plus avoir à se soucier de la sécheresse, de la grêle, ni du sphinx du tabac.
Il y aurait d'autres changements qu'il n'apprécierait pas autant, des choses qui lui feraient regretter de ne plus être derrière un cheval et une charrue. Il faudrait qu'il demande l'autorisation pour aller boire un verre d'eau, ou pisser un coup. Le travail serait le même jour après jour, semaine après semaine, et l'usine chaude et humide comme par temps de canicule tout au long de l'année. Il respirerait un éternel crachin de peluches qu'il passerait la moitié de ses nuits à expulser en toussant.
Son travail ne lui apporterait aucune satisfaction, mais quand la sirène de la filature le libérerait en fin de journée, il rentrerait auprès d'une femme et d'un enfant. Il y avait des hommes qui lui envieraient au moins cela.
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Serena de
Ron Rash
Lorsque Pemberton regagna les montagnes de Caroline du Nord, après trois mois à Boston où il était parti régler la succession paternelle, parmi les personnes qui attendaient son train, sur le quai de la gare, se trouvait une jeune femme enceinte de ses œuvres. Elle avait auprès d’elle son père qui, sous sa redingote défraîchie, était armé d’un couteau de chasse affûté le matin même avec beaucoup de soin, de façon à pouvoir l’enfoncer aussi loin que possible dans le cœur de l’arrivant.
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Par domi69, le 09/04/2012
Un pied au paradis de
Ron Rash
j'ai commencé à assembler des mots dans ma tête et puis à les effacer. C'était comme si je buchais sur des mots croisés.Chaque mot devait tenir à un endroit précis. Mais ils ne tenaient pas , malgré le nombre de fois où je me reprenais à les mélanger. Elle m'avait menti pendant presque 18 ans , donc elle était experte. Les mots que je voulais frapperaient maman si vite et si fort que son visage ne pourrait pas s'empêcher de révéler aussitôt le vérité.