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Un roman estonien de
Katrina Kalda
Juste après, on aborda la politique et les projets d'intégration de l'Estonie dans l'Union européenne. Eerik y voyait des accords et des contrats, August voyait Dante, Shakespeare et Schiller. Aucun des deux ne voyait les normes alimentaires, la pasteurisation du lait, les croissants à l'huile sous emballage plastique, ni les passeports à empreinte digitale incorporée. Ils voulaient à tout prix être européens, échapper à la vieille barbarie asiatique, lui préférant la barbarie européenne dont ils n'avaient pas encore eu à pâtir, ou si peu.
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Un roman estonien de
Katrina Kalda
Sur le talus poussaient des paquets de fougères, réduites, à cause de la circulation automobile, à l'état de dentelles enrobées de poussière. Ces fougères crasseuses et maladives devenaient dans le regard d'August grasses, conquérantes comme la fougère de la légende pour laquelle, chaque année, à la Saint-Jean, les jeunes hommes retournaient dans la forêt, cherchaient une lueur blanche parmi les arbres, car la fougère ne fleurit qu'une fois l'an et qui la trouve pour l'apporter à sa bien-aimée vivra un amour éternel et sans nuages.
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Un roman estonien de
Katrina Kalda
Charlotte prenait August pour un créateur et s'extasiait devant son génie. Pourtant, moi, qui suis une créature d'August, je puis prouver qu'il n'en était rien. Moi, la figurine de papier mâché, qui ne suis littéralement personne et qui ressemble en tout point à n'importe qui, moi l'être aux idées de papier mâché, moi l'assemblage de lieux communs qui font le caractère de tout un chacun, et dont pas un seul d'entre nous n'est exempt si ce n'est peut-être à ses propres yeux parce qu'il se regarde d'un peu trop près. Moi donc, dans la capsule de papier mâché, dont la liberté très surveillée se limite aux omissions d'August, j'atteste que l'invention n'existe pas. Tout se fabrique, rien ne se crée.
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Un roman estonien de
Katrina Kalda
Le solstice d'été approchait. Le soleil ne se couchait presque plus, les moustiques se préparaient pour la Saint-Jean, où tout le village passerait la nuit dehors.