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Critiques de Michel Audiard (53)
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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

J'ai comme beaucoup, une tendresse particulière pour Michel Audiard, le dialoguiste à la gouaille inimitable des Tontons Flingueurs, j'en passe et des meilleures.

Aussi quand j'ai aperçu "La nuit, le jour et toutes les autres nuits", sa biographie écrite en 1978 sur les étagères de ma soeur bien aimée, je n'ai pas su résister.

J'ai alors découvert un homme d'une rare sensibilité, élevé par son parrain dans le XIV ème qui m'est aussi devenu cher.

Audiard nous relate tout particulièrement les années d'occupation et la Libération, période trouble et fondatrice pour notre homme.

Nous nous prenons d'amitié pour Myrette, au splendide regard myosotis qui brûla la vie par tous les bouts et finit massacrée pour avoir eu un "cul international", surtout sur le versant germanique.

On sent la révolte sourdre sous le ton cynique et désabusé de notre homme, quand certains ont su si vite retourner leur veste... Alors que lui, Michel a cultivé la fidélité aux morts quoiqu'ils aient fait par amitié tout simplement.

Les bourgeois déchus devenus des mythos de premières vous arrachent un brin de pitié à tel point qu'ils vous sembleraient presque sympathiques!

Seul Audiard sait nous rendre intéressants des individus pathétiques en nous parlant une langue qui vient du coeur!

Et puis, il y a la face noire de Michel, son pessimisme, son mal être, sa nostalgie du passé qui le poussent à honorer les morts avec plus de courtoisie que les vivants. Il n'avait pas la grosse tête, non, notre Michel, c'était un homme simple avec une vraie générosité, un franc-parler aussi direct qu'un uppercut, un gentleman populo qui repose désormais auprès de ses copains à Montrouge.

Tiens, la prochaine fois, j'irai lui rendre une petite visite, histoire de causer un peu du temps qui passe.
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Vive la France

Si aujourd'hui Danièle Obono préfère se mordre la langue plutôt que de dire "Vive la France", excusé du peu députée de la République, il fut un temps où l'on pouvait en faire un titre de livre sans passer pour un dangereux réactionnaire ou un illuminé.

Il fut un temps...car en l'an 2019 aucun auteur ne pourrait publier ce livre sans que la grêle ne lui tombe dessus.

Il est plus facile d'écrire "Nique la France" comme l'a fait Houria Boutelja.

Ah ! Monsieur Audiard vous êtes parti au bon moment. Quelle veine vous avez eu de vivre ces temps anciens où vous pouviez publier vos livres sans craindre de vous voir assigné devant la 17ème chambre.

Le CCIF, le CRAN, le CRIF, le Parti des Indigènes de la République et d'autres associations philanthropiques se seraient fait un plaisir de vous alléger de quelques milliers d'euros sans toutefois au préalable vous avoir traîné dans la boue sur les plateaux de télévision ou les réseaux sociaux.

Ils vous auraient donné tous les noms d'oiseaux et persister dans votre ironie était le meilleur chemin pour le bannissement.

Vous auriez dû venir demander pardon, vous couvrir de cendres, implorer la mansuétude, renier vos amis forcements mal pensants et même en dernier recours cracher sur vos ancêtres.

Ah ! Monsieur Audiard, vous avez vécu, sans le savoir, une époque bénie des dieux où l'on pouvait écrire au fil de la plume sans être obligé de consulter les oracles.
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Le chant du départ

Voici donc que trente deux ans après sa mort parait un roman inédit de Michel Audiard....



Quand j'ai appris la parution de "le chant du départ", j ai été partagé entre un enthousiasme impatient, et une vague appréhension.



Enthousiasme et impatience, car je suis un inconditionnel de celui que Gabin avait surnommé "le petit cycliste" (quand il était en rogne après lui), et appréhension...pour la même raison !



Qu'allait-t'on nous sortir comme fond de tiroir ?!

Je craignais le pire ! Un début de scénario, une énième compilation de ses meilleures répliques ?



Au final, "Le chant du départ", est un honnête roman Audiardesque où l'on retrouve la verve et la gouaille, qui ont fait sa renommée et lui valent encore aujourd'hui admirateurs et détracteurs...



Par moment, quelques fulgurances, et tournures où percent l'influence assumée de L.F Céline...



Cependant, si j'ai apprécié cette évocation de sa fin de carrière, nous sommes en 1979, et sa galerie de personnages, nous ne sommes pas au niveau de son meilleur roman "La nuit, le jour et toutes les autres nuits", oeuvre crépusculaire et désenchantée (datant de 1978) où Audiard donnait toute sa mesure, et que je vous recommande sans réserve .

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Le petit cheval de retour

Comprendre un texte en langue étrangère dépend souvent du contexte ; c'est la même chose dans ce roman où Michel Audiard emploie avec verve et brio un argot des plus pittoresques. Point n'est besoin de consulter "la méthode à Mimile" pour comprendre ce road-movie assez surprenant de jeunes gens en vélo fuyant le Paris des années quarante tandis que la France vaincue se déploie sur les routes afin d'échapper à l'occupant. Ou de frayer avec, c'est selon. Le regard de Michel Audiard ne fait aucun cadeau au français moyen, et sous forme humoristique, la lâcheté, la bêtise et l'opportunisme des débuts de la collaboration sont dénoncés avec un humour acerbe qui fait rire jaune. Mine de rien c'est toute une époque qui est rendue ici avec son climat delétère, et les personnages, tristes caricatures du français moyen, à la fois démerdards et réalistes, font sourire avec ce petit goût amer que donne l'auto-dérision. Moins léger qu'il n'y paraît, Michel Audiard prouve une fois de plus que sous sa gouaille se cache un auteur sensible et lucide et que l'esprit à la française peut cacher un réalisme assez cru, avec un petit côté à la Céline, mais un Céline qui serait resté du "bon"côté. Une seule chose m'a franchement gênée, cette propension à (ou tout au moins à menacer de) filer des "torgniolles" aux dames lorsqu'elles déplaisent... Tout à fait désagréable et démodé, mon cher Michel....

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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

Les nostalgiques du célèbre dialoguiste, de sa verve et de sa gouaille, ne seront pas en reste. Le scénariste des tontons flingueurs refait l’histoire de l’après-guerre en nous comptant les déboires de Myrette, la prostituée aux yeux couleur d ‘huître, de Sophie, l’ancienne joueuse de basket reconvertie dans l’amour saphique, sans oublier Paloma qui décide un jour d’entrer dans les ordres : « Depuis longtemps persuadé que les deux faits majeurs du vingtième siècle sont la déconfiture du catholicisme et la prolifération des partouzes, l’entrée de Paloma en religion bouleverse tout un concept. Mais la douce ne pêcherait-elle pas par ignorance ? Amazone multinationale ayant caracolé de Floride en Scylla imaginerait-elle la vie conventuelle dans le vison et le crêpe de Chine ? » Quant à Mimile : « c’était un persévérant. Tournant depuis longtemps autour de la connerie, ce ne fut qu’en 42 qu’il y fit une entrée solennelle ». Drôle, irrévérencieux, le roman de Michel Audiard est réjouissant à une époque où le politiquement correct englue les esprits.
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Audiard par Audiard

Ce fut pour moi, un cadeau de Noël ! Un cadeau sympa, façon titi parisien,envoyez caisse et bonjour M'sieurs dames ! Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura, Paul Frankeur, Annie Girardot, Pierre Brasseur, Jean Desailly, Fernandel, Micheline Presle, Maurice Biraud, Martine Carol, Françoise Rosay et tant d'autres. Cette liste n'est pas "Un appel aux morts" ni un tableau de chasse mais une toute petite partie seulement de la vitrine du cinéma français avec, en bouche, les mots de Michel Audiard. Le livre se prend à n'importe quelle page et vous plonge dans vos souvenirs de cinéphile. Ce n'est pas un chef d'œuvre dans la construction mais plutôt comme un sommaire qui invite à aller plus loin, découvrir l'univers de rythme que Monsieur Audiard savait mettre en branle pour donner de la voix à des personnages tantôt clochard, tantôt président du conseil, flic , voyou ou barbouze. C'est une tranche de l'histoire du cinéma français, une vitrine d'un Paris de carte Postale. Une bribes de mots et vous avez juste une envie, cueillir dans votre vidéothèque un vieux film pour le partager avec des amis. Ce que je retiendrais de Michel Audiard c't d'abord son style, ensuite sa culture et mais surtout la rapidité avec laquelle il était capable de pondre un dialogue d'une qualité rare.

"Mais dis-donc, on est tout de même pas venu pour beurrer les sandwichs !"

Non, on est là pour parler d'un immense talent. Je vais finir par ce que je crois profondément et par les mots de l'artiste : "Le boulot, c'est un truc qu'il vaut mieux commencer jeune. Quand tu démarres tout môme, c'est comme si t'étais né infirme : tu prends le pli et t'y penses plus."

Adieu mon pote ou à bientôt !



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La nuit, le jour et toutes les autres nuits



La Feuille Volante n° 1420– Janvier 2020.

La nuit, le jour et toutes les autres nuits - Michel Audiard- Denoël



Je suis comme la plupart des Français, fan des dialogues de Michel Audiard (1920-1985), de sa verve faubourienne , de ses saillies d'anthologie, des ses aphorismes définitifs que l'on grave dans sa mémoire et qui témoignent de son amour des bonnes choses de la vie et des mots, de son attachement à ses copains, à ses artistes fétiches, de son appétit de l'instant. Il a certes gardé un peu de sa gouaille, on ne reconnaîtrait plus le dialoguiste des "Tontons flingueurs"sans cela et il se laisserait même aller, à l'invite de la musique de Django Reinhardt et de Stéphane Grappelli, à quelque chose qui pourrait bien ressembler à des "Mémoires". Sous sa plume de noctambule parisien pendant l’Occupation, on croise des figures emblématiques et hautes en couleurs, des demi-mondaines qui ont su se partager entre les occupants et les Alliés, des prostituées mais aussi des pauvres filles pour qui la Libération a été synonyme d'opprobre et sur qui les résistants de la dernière heure et ceux qui ont su tourner leur veste au bon moment se sont acharnés, un beau panel de l'espèce humaine. Puis il emprunte la douce pente du souvenir, celui de l'enfance de ses espoirs fous en l'avenir et ses égarements, celui du succès du cinéma et de l'écriture, convoque les femmes, leurs mensonges et leur fantasmes, les hommes aussi et leurs envies, leurs traîtrises, leurs compromissions... L'époque troublée de la guerre était favorable à ce genre d'éclosions! Ainsi revisite-t-il, à l'aune de sa souvenance blottie au fond des jours et des nuits, des fantômes qui peuplent encore ses pensées malgré l'effacement du temps. Il conte avec humour ses amours furtifs autant que ses rencontres amicales et durables avec une certaine nostalgie, évoque ceux qui ne sont plus là pour lui donner la réplique. Qu'on ne s'y trompe pas, derrière le parolier génial et irrévérent, il y a un Audiard inattendu, un écrivain authentique et cultivé chez qui Louis-Ferdinand Céline a laissé son empreinte indélébile. Comme lui, il promène sur le monde un regard désabusé que ces années de vie lui ont inspiré, compte ses morts et exprime sans fioriture et dans son style si particulier, sa déception de l'espèce humaine.



Il a 57 ans quand il écrit ce livre, après une vie qu'on peut assurément supposer bien vécue mais j'y vois aussi une sorte d'indifférence au présent, la fatigue, le désenchantement, même s'il ne réussit pas à ce départir de ce style décidément inimitable. C'est perceptible, à mon avis dans un paragraphe du début de ce livre qui peut passer inaperçu et dont il reprendra plusieurs fois l'idée au détour d'une phrase. Il y évoque, avec une grande économie de mots, la mort de son fils quelques mois auparavant, dans un accident de voiture. Du coup on oublie le Audiard traditionnel, avec son clope, sa casquette et ses bons mots qui soudain ne pèsent rien face à la mort, au regard de cet instant qui vous oblige, inversant le cours normal des choses, à aller à l'enterrement de votre enfant, à reconsidérer votre approche des choses et des vaines croyances religieuses. Pour autant, dans le contexte très particulier de ce deuil impossible à faire, je m'interroge sur le réel effet cathartique de l'écriture. Dès lors il m'apparaît que le titre prend tout son sens, la nuit, le jour pour évoquer la vie et le temps qui passent et qui ne laissent sur lui que le frêle sceau de leur ombre, et toutes les autres nuits, dans l'insomnie, la solitude et les cauchemars, pour pleurer ce fils disparu. C'est bien la solitude que je retiens de ce livre improprement appelé "roman", la nostalgie du passé autant que l'impuissance à retenir le temps, à retricoter les événements à l'envers. C'est étonnant et assez inattendu de la part d'un homme qu'on imagine volontiers autrement parce qu'on croit le connaître à l'aune de l'image qu'il donne mais, qui porte en lui, comme nous tous, la marque de "l'humaine condition", comme l'a si bien dit Montaigne.



©Hervé Gautier http:// hervegautier.e-monsite.com.
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Le petit cheval de retour

Mysogine, un brin raciste,totalement obsédé, un peu méprisant, "Parigot, tête de veau " au delà de tout.....A priori rien pour plaire! !

Et pourtant, ce texte est formidablement "jouissif " ,bourré de trouvailles, paradoxalement d'une grande humanité, et surtout drôle, très drôle!

La langue d'Audiard , bourrée d'inventions, de raccourcis, d'à peu près...., s'écoule sans aspérité, évoquant le plaisir que l'on éprouvait, étant gamin, en enlevant le papier du bonbon piqué quelques instants plus tôt à la boulangerie!

Audiard est un sale gosse.......et comme c'est bon!
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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

Sincèrement, je n'ai pas aimé ce livre. Je me suis forcé a aller au bout mais il me tombait des mains. Sur le style c'est de la turlute Célinesque, et j'attendais le style de l'auteur Audiard.

Sur le fond j'ai aimé la vision du monde , c'est la mienne. L'homme est une espèce ratée, nuisible , criminelle , et la bombe , la finale, n'est plus très loin. Pour s'en convaincre , il suffit de dérouler l'escalade criminelle exponentielle sur les deux derniers siècles.

Il reste de bons passages sur les putes; la bijouterie à pattes Paloma, Hortense, Myrette et Sophie Clodomir reine du god.

J'au lu ici quelque part "chef d'oeuvre" .. Faut pas pousser mémé . Audiard l'homme en était un de chef d'oeuvre, il nous a laissé des wagons de gerbes d'étoiles comme dialoguiste et ça suffit bien pour l'aimer à vie.
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Audiard par Audiard

Depuis quelques années, les mêmes snobs qui ne supportaient pas Audiard de son vivant, l'admirent et le citent en toute occasion, c'est agaçant, mais je n'y peux rien, et puis c'est connu, comme le chantait Brassens "les morts sont tous des braves types", passons sur le sujet.

Audiard, c'est vrai a parfois fait dans la facilité, la redite, la roublardise, il le reconnaissait lui même. Mais, cet écrivain contrarié avait un réel talent d'auteur, pour s'en convaincre il faut écouter attentivement ses dialogues (d'où, contrairement à une idée reçue l'argot est le plus souvent absent) ou lire ses romans. J'ai découvert Audiard à 13 ou 14 ans en regardant "les tontons flingueurs", ce fut une sorte de révélation, je ne savais pas qu'on pouvais faire partir les mots comme des feux d'artifice...

Bien sur, plus tard, j'ai découvert Céline et j'ai compris d'où venait la petite musique, d'ailleurs, Audiard a rendu hommage à Céline dans certains des films qu'il a réalisés, ainsi, dans "comment réussir quand on est con et pleurnichard", avec Carmet, Marielle, Rochefort, Birkin, Audran (quelle distribution tout de même!) il est question d'une concierge qui se nomme Mme Bérange, et bien c'est un personnage de "Mort à crédit", il y en a d'autres amusez vous à les trouver !

Audiard était un grand lecteur, il était autodidacte (comme moi tiens!) et lisait aussi bien des romans populaires que des auteurs plus ambitieux comme Proust, c'est cette culture à la fois livresque et empirique qui a fait d'Audiard ce qu'il fut un Auteur de grand talent ne vous en déplaise!
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Audiard par Audiard

Audiard vulgaire ? Que n'a t-on pas entendu sur le personnage ? Pourtant rares sont ceux qui manient la langue française avec autant de "virtuosité". Les mots de cet auteur se savourent, ils sont empreints de la truculence et de cette forme d'"épicurisme" verbal ou écrit que l'on ne retrouve plus guère qu'auprès de "gastronomes" littéraires avertis. Parce que oui, Michel Audiard se déguste par petites touches, pas de goinfreries, il faut prendre le temps de lire cet ouvrage et ainsi découvrir un univers où la langue française, derrière une simplicité apparente, se montre beaucoup plus complexe que ne pourrait le laisser penser un coup d'oeil trop rapide. Car ce monsieur connait ses classiques, ça se lit et s'entend...

Vulgaire Audiard ? A chacun son opinion... Cet ouvrage est une "référence" en ces temps où le langage est "torturé"... Tiens... Pourquoi ne pas s'en servir dans les écoles et au collège ?...

A consommer sans modération. Si ! Si !...
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Le petit cheval de retour

Michel Audiard… plus connu pour ses dialogues de film (voir « Les tontons flingueurs », entre autres) que pour sa production romanesque…



Dans les années 50, il publia bien quelques polards « façon San Antonio », pas trop remarqués. Le p’tit cheval de retour, publié en 1975, reste dans cette veine San-Antonionesque…



En fait, une virée entre potes, avec rencontres féminines multiples, en 1940… sous les bombes ; en les évitant si possible… Si l’on en croit l’auteur, « la vie constitue l'essentiel de ce livre. La mort n'a été ajoutée que parce qu'elle était là »...

Une preuve, s’il en fallait de l’immense talent de Michel Audiard, même dans ce type d’exercice difficile qu’est le roman.



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Audiard par Audiard

René Chateau que l'on connaît comme l'infatigable défenseur du cinéma populaire à la française a immensément oeuvré pour la sauvegarde et la diffusion de notre patrimoine cinématographique. Il fut l'attaché de presse et l'ami de Belmondo et connu très bien Michel Audiard.

Les documents rassemblés ici sont exceptionnels. Interviews, articles de presse, dialogues et textes nous dévoilent un Audiard souvent méconnu et secret. Pour cela, René Chateau a reçu la complète collaboration de la famille du dialoguiste mais il aussi écouté plusieurs centaines d'interviews. Un travail colossal qui fait de cet ouvrage le plus complet qui ait été réalisé sur le "petit cycliste", comme se plaisaient à le surnommer ses amis.

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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

Plus connu pour ses innombrables adaptations et ses dialogues de films - dont certains sont devenus culte - Michel Audiard a aussi publié des livres et romans.

En 1978, trois ans après le décès de son premier fils dans un accident de voiture il publie ce roman en partie autobiographique.

Il y évoque l'occupation, sa grande tendresse pour Myrette, la libération, avec un style inimitable où se mêlent la colère et la révolte, le chagrin incommensurable après la mort de ceux qu'il aimait : coeur et tripes confondus, sans dentelle.

L'ensemble est d'une grande sincérité, et il est aussi, parfois, drôle ou enlevé.

On reste marqué par cette lecture.
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Audiard par Audiard

Livre très inégal.

J'ai eu l'impression que le compilateur, René Chateau, voulait absolument ''pondre'' un pavé ; pour ce faire, outre des dialogues et/ou des citations de haute volée dont certains sont devenus des classiques, il en a inclus d'autres qui ont peu ou pas d'intérêt.

Dommage... l'immense talent de Michel Audiard méritait mieux.
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Audiard par Audiard



Ce livre est un recueil des meilleurs dialogues d'Audiard, icône populaire unique et atemporel .On redécouvre avec bonheur son phrasé assassin et très "brut de décoffrage" où tout le monde en prend pour son grade : les cons, les intellectuels, les bourgeois, les prolos, les hommes, les femmes...Les mauvaises langues diront que c'est vulgaire.

Moi je vous dis : c'est infiniment drôle et brillant.



Mais ce livre ne se lit pas d'une traite. Il faut savoir le déguster au détour d'un passage et tomber, avec délectation, sur un passage savoureux de cynisme et d'humour. Oui, car Audiard excelle terriblement dans l'art de la mauvaise foi.



L'autoportrait et les témoignages proposés dans le livre sont, quant à eux, l'occasion de découvrir l'homme sous un autre jour : un personnage authentique, sensible et attachant. Et oui, on connait bien les films et les dialogues d'Audiard mais on connait moins le personnage.



Rafraichissant, c'est un livre à découvrir absolument !
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Le chant du départ

Moi je tourne des films. Ça gagne bien et ça ne fait du mal à personne.

Cette phrase peut donner le ton à tout le livre, chaque remarque est empreinte du style Audiard, celui qui a donné des dialogues inoubliables au cinéma français. Son roman se déguste par petites touches, ne me demandez pas de vous raconter l’intrigue j’en serai bien incapable. Mais on est bien avec cet auteur et les Parisiens et Parisiennes qui ont sans doute disparu et qui traînaient dans des cafés qui sont remplacés par des restaurants chics ou des fast-food moins chics et moins chers. Le plaisir vient de ces phrases qu’on aimerait tant ne pas oublier comme les répliques des « Tontons Flingueurs » que certains connaissent par cœur. Alors, lisez les citations et vous aurez un tout petit avant-goût du plaisir que procure ce roman.
Lien : http://luocine.fr/?p=9270
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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

Je ne connaissais pas Michel Audiard auteur, ce fut une révélation! Il déclare avoir deux auteurs préférés : Céline et Proust, il cite aussi Modiano auquel il reconnait un grand talent . Au premier, il réussit, sans pasticher, à rendre un hommage appuyé sans se ridiculiser. Il eut été intéressant de voir sourire Céline à ce tour de force? Le roman fait référence (comme Céline) aux tourments, aux exactions d'une population ivre de haine à la libération. Il en sera marqué pour toujours, ses souvenirs nous renvoie à une galerie de personnages du Paris Canaille qu'il a connu, aimés et pleurés. Putains, marché noir, occupation, faim, soif, alcoolisme, règlements de compte, à la nuit, au désespoir de l'humain, à la bêtise, à ses souffrances, à la mort accidentelle de son fils. Son désespoir qui le renvoie visiter ses amis au cimetière, endroit paisible ou il peut retrouver sa jeunesse. Rien ne sera plus comme avant, la période dont il nous parle s'est enfuie dans le passé, comme le charme désuet des activités cinématographiques en noir et blanc. Un livre majeur à déguster de toute urgence, une pépite un peu oubliée qui aurait mérité un prix littéraire prestigieux. Quel talent!
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La nuit, le jour et toutes les autres nuits

Je sais que je vais être classé comme un woke sans humour. Mais en ouvrant ce livre, je ne m'attendais pas à un tel défilé de lieux communs où les femmes – toutes putains - ne servent qu'à sucer, se faire tringler ou sodomiser (avec tendresse !), les étrangers – tous larbins - qu'à être laids, puer ou vandaliser le français avec un accent ridicule (avec tendresse ?). Son usage des adjectifs et des qualificatifs (macaques, pédérastes, ratons, crouilles…) dit tout de l'écriture d'Audiard. C'est drôle en film quand on voit défiler et gesticuler dans leur vérité les beaufs de comptoir. C'est moins drôle quand on les scrute de l'intérieur. Surtout avec l'effet de répétition. Bien sûr il y a un intérêt historique, la vie du 14ème et de Vanves/Montrouge, sa description de l'épuration et de ses dégueulasseries, ses mots sur la mort de son fils. Nécessaire dans sa sincérité pathétique. Avec tendresse.



Extrait (choisi presque au hasard) :

𝘊’𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘢𝘶 𝘤𝘪𝘯𝘲𝘶𝘪𝘦̀𝘮𝘦 𝘦́𝘵𝘢𝘨𝘦 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘢𝘴𝘤𝘦𝘯𝘴𝘦𝘶𝘳, 𝘶𝘯 𝘵𝘳𝘰𝘪𝘴-𝘱𝘪𝘦̀𝘤𝘦𝘴 𝘱𝘭𝘦𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘱𝘰𝘮𝘱𝘰𝘯𝘴, 𝘥𝘦 𝘤𝘩𝘪𝘤𝘩𝘪𝘴, 𝘥𝘦 𝘮𝘦𝘳𝘥𝘦𝘳𝘪𝘦𝘴 𝘴𝘵𝘺𝘭𝘦 𝘚𝘢𝘳𝘢𝘩 𝘉𝘦𝘳𝘯𝘩𝘢𝘳𝘥𝘵, 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘥𝘰𝘯𝘵 𝘭𝘦𝘴 𝘧𝘦𝘯𝘦̂𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘰𝘶𝘷𝘳𝘢𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘭’𝘦𝘯𝘤𝘩𝘢𝘯𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 : 𝘭𝘦𝘴 𝘫𝘢𝘳𝘥𝘪𝘯𝘴 𝘥𝘶 𝘗𝘢𝘭𝘢𝘪𝘴-𝘙𝘰𝘺𝘢𝘭.

« 𝘗𝘳𝘦𝘯𝘦𝘻 𝘨𝘢𝘳𝘥𝘦, 𝘫𝘦 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘳𝘪𝘦, 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘵𝘳𝘰𝘪𝘴𝘪𝘦̀𝘮𝘦 𝘢𝘳𝘤𝘢𝘥𝘦 𝘢̀ 𝘯𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘨𝘢𝘶𝘤𝘩𝘦 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘰𝘯 𝘳𝘦𝘨𝘢𝘳𝘥𝘦 𝘭𝘦 𝘵𝘩𝘦́𝘢̂𝘵𝘳𝘦, 𝘲𝘶𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘦𝘻-𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘫𝘦 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘳𝘪𝘦 ? 𝘜𝘯𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘪𝘴𝘦𝘳𝘪𝘦, 𝘯’𝘦𝘴𝘵-𝘤𝘦 𝘱𝘢𝘴 ?… 𝘚𝘪 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘮𝘦 𝘱𝘦𝘳𝘮𝘦𝘵𝘵𝘦𝘻, 𝘦𝘯 1795 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘰𝘥𝘪𝘴𝘵𝘦… 𝘮𝘰𝘥𝘪𝘴𝘵𝘦, 𝘤𝘰𝘳𝘳𝘦𝘤𝘵 ?… 𝘜𝘯𝘦 𝘮𝘰𝘥𝘪𝘴𝘵𝘦 𝘵𝘦𝘯𝘢𝘪𝘵 𝘣𝘰𝘶𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦. 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘦𝘯 𝘢𝘤𝘩𝘦𝘵𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢𝘱𝘦𝘢𝘶 𝘢̀ 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘶𝘵𝘢𝘪𝘯 𝘯𝘦́𝘨𝘳𝘰𝘪̈𝘥𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘉𝘢𝘳𝘳𝘢𝘴, 𝘯’𝘦𝘴𝘵-𝘤𝘦 𝘱𝘢𝘴, 𝘳𝘦𝘯𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘢 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘱𝘳𝘦𝘮𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘧𝘰𝘪𝘴 𝘭𝘦 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦 𝘉𝘰𝘯𝘢𝘱𝘢𝘳𝘵𝘦 𝘢𝘶𝘲𝘶𝘦𝘭 𝘪𝘭 𝘢𝘭𝘭𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘪𝘦𝘳, 𝘴𝘪 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘦𝘳𝘮𝘦𝘵𝘵𝘦𝘻, 𝘭𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘢𝘯𝘥𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘭’𝘢𝘳𝘮𝘦́𝘦 𝘥’𝘐𝘵𝘢𝘭𝘪𝘦. »

𝘊𝘦 𝘱𝘳𝘦́𝘤𝘶𝘳𝘴𝘦𝘶𝘳 𝘥𝘦 𝘔𝘰𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘑𝘢𝘳𝘥𝘪𝘯𝘴 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘴𝘢𝘯𝘨𝘭𝘦́ 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘣𝘭𝘰𝘶𝘴𝘰𝘯 𝘯𝘰𝘪𝘳 𝘥𝘦𝘴 𝘱𝘢𝘯𝘻𝘦𝘳𝘴 𝘢𝘶𝘹 𝘱𝘢𝘵𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘤𝘰𝘭 𝘧𝘳𝘢𝘱𝘱𝘦́𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘪𝘯𝘪𝘵𝘪𝘢𝘭𝘦𝘴 𝘚. 𝘚. 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘦𝘴𝘴𝘢𝘺𝘢𝘪𝘵 𝘱𝘦𝘶𝘵-𝘦̂𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘧𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘢𝘣𝘳𝘦́𝘷𝘪𝘢𝘵𝘪𝘷𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘚𝘢𝘪𝘯𝘵-𝘚𝘪𝘮𝘰𝘯.
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Le petit cheval de retour

Depuis la lecture de "Clochemerle", je ne m'étais jamais autant amusé avec un livre en main !



Audiard nous raconte la Débâcle de juin 1940, lorsque les français quittèrent subitement Paris à l'approche de l'armée allemande ; et il le fait à travers les yeux de ses quatre énergumènes délurés et farceurs, qui enfourchent bicyclettes et femmes peu farouches, enchaînent les coups fourrés et louvoient pour échapper tant aux allemands qu'à l'enrôlement.

Tout cela est raconté d'une façon savoureuse, délicieusement irrespectueuse, avec une gouaille délectable, décuplée par l'utilisation de l'argot parisien et de figures de style bien à lui, souvent axées sous la ceinture.



Truculent, "détendu" du style, parfois cru, sans oublier un zeste d'émotion et de coeur : on passe un moment de franche poilade à l'ancienne.

A recommander lorsque les temps sont au ripolinage excessif du langage et au formatage des comportements.
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