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Par Orphea, le 11/06/2009
Poèmes saturniens de
Paul Verlaine
Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
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Sagesse. Amour. Bonheur de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire !
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !
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Par patouche, le 05/02/2012
Fêtes galantes de
Paul Verlaine
les ingénus.
Les hauts talons luttaient avec les longues jupes ,
En sorte que , selon le terrain et le vent ,
Parfois luisaient des bas de jambes , trop souvent
Interceptés ! - et nous aimions ce jeu de dupes.
Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles sous les branches ,
Et c'étaient des éclairs soudains de nuques blanches ,
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous .
Le soir tombait , un soir équivoque d'automne :
Les belles , se pendant rêveuses à nos bras ,
Dirent alors des mots si spécieux , tout bas ,
Que notre âme depuis ce temps tremble et s'étonne .
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La Bonne chanson. Romances sans paroles. Sagesse de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire !
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !
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Sagesse. Amour. Bonheur de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table ?
Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-là. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.
Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Midi sonne. J'ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L'espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !
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Romances sans paroles. Sagesse de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire !
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !
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Romances sans paroles. Sagesse de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table ?
Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-là. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.
Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Midi sonne. J'ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L'espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !
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La Bonne chanson. Romances sans paroles. Sagesse de
Paul Verlaine
[ Sagesse ]
L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table ?
Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-là. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.
Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Midi sonne. J'ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L'espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !
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Par Seiren, le 27/01/2012
Paul Verlaine : Oeuvres poétiques complètes de
Paul Verlaine
Vers pour être calomnié
Ce soir je m'étais penché sur ton sommeil.
Tout ton corps dormait chaste sur l'humble lit ,
Et j'ai vu , comme un qui s'applique et qui lit ,
Ah ! j'ai vu que tout est vain sous le soleil !
Qu'on vive , ô quelle délicate merveille ,
Tant notre appareil est une fleur qui plie !
Ô pensée aboutissant à la folie !
Va , pauvre , dors ! moi , l'effroi pour toi m'éveille
Ah ! misère de t'aimer mon frêle amour
Qui vas respirant comme on respire un jour !
Ô regard fermé que la mort fera tel !
Ô bouche qui ris en songe sur ma bouche ,
En attendant l' autre rire plus farouche !
Vite , éveille-toi. Dis , l' âme est immortelle?
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Par Couperine, le 18/06/2010
Poèmes saturniens de
Paul Verlaine
A UNE FEMME
À vous ces vers, de par la grâce consolante
De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,
De par votre âme pure et toute bonne, à vous
Ces vers du fond de ma détresse violente.
C’est qu’hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
N’a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
Se multipliant comme un cortège de loups
Et se pendant après mon sort qu’il ensanglante !
Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien
Que le gémissement premier du premier homme
Chassé d’Éden n’est qu’une églogue au prix du mien !
Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme
Des hirondelles sur un ciel d’après-midi,
— Chère, — par un beau jour de septembre attiédi.
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