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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Qu’on le veuille ou non, le temps de l’abondance énergétique est fini. Que cela nous plaise ou non, le 21e siècle verra la fin du pétrole. Une seule question reste en suspens. Allons-nous attendre que ce bouleversement nous soit imposé ? Ou bien allons-nous réagir, et refonder noter modèle énergétique, pour éviter les périls à venir ?
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
La transformation de végétaux –blé, colza, tournesol- permet désormais d’obtenir des carburants liquides d’origine agricole. Leur combustion émet en principe moins de CO2 que les carburants fossiles. Mais la consommation d’énergie nécessaire pour fabriquer les engrais, faire pousser les plantes, distiller et raffiner le produit…pénalise largement leur rendement énergétique. Ces dépenses intermédiaires étant essentiellement à base de pétrole, on estime que dans un litre de biocarburant, il y en a 0,9 de pétrole.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Il reste suffisamment de pétrole, de charbon et de gaz pour engendrer un dérèglement climatique majeur, mais il n’en reste pas assez pour fournir bien longtemps l’énergie nécessaire à nos sociétés. L’épuisement des ressources est encore trop lointain. Il y a encore beaucoup trop de pétrole par rapport à ce que le climat peut supporter.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Page de gauche, nous aimons la nature, nous aspirons à « l’authentique », nous voulons protéger l’environnement. Page de droite, nous profitons avec gourmandise du confort technique, de l’abondance énergétique et des plaisirs de la consommation qui empoisonnent la planète. Pour sortir de la schizophrénie dont nous sommes tous atteints, il faut rompre avec certains modes de pensée. Remettre en question notre imaginaire, la culture qui imprègne nos sociétés.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Le réchauffement en cours, c’est aussi l’infinité de nos désirs, c’est l’accumulation de camelote. Et notre désinvolture devant la mise en danger du monde, c’est la montée de l’insignifiance.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Au bout du compte, la liberté vantée par le modèle libéral est devenue le déguisement d’un individualisme forcené. C’est la liberté de ne pas rendre de comptes, le refus de toute contrainte. De toute limite. Le refus du collectif. « La société, disait Thatcher, une telle chose n’existe pas. »
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Dans des pays comme le Canada ou la Russie, où il fait -30°C l’hiver, quelques degrés de plus c’est plutôt agréable. Ça veut dire moins de maladies l’hiver, moins de chauffage, une production agricole plus importante, donc un certain nombre d’impacts positifs. Comment les pays les plus touchés vont-ils prendre le fait que les pays les plus responsables bénéficient d’effets positifs comme ceux-là ? C’est assez inquiétant. Il y a le risque d’une conflictualité accrue venant de ce sentiment d’injustice.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
La crise climatique est encore trop lointaine, trop abstraite pour bousculer nos priorités du moment. Un véritable passage à l’acte nécessiterait un choc immédiat, une catastrophe soudaine. Mais l’horloge de la nature est différente de la nôtre. Avancée du désert, fonte des glaciers, montée des océans… Ces processus s’étalent sur plusieurs décennies. Au quotidien, nous ne remarquons rien.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
De façon générale, le réchauffement devrait s’accompagner d’une hausse des précipitations d’environ 5 à 20%. Mais la répartition de ces précipitations sera également de plus en plus inégale. Et tout semble indiquer que le surplus de pluie bénéficiera à peu de monde. Certains modèles prévoient une hausse des précipitations au nord de l’Europe et du continent Américain. Les zones tropicales et les régions à mousson, c’est-à-dire les régions les plus humides, auront également droit à des pluies plus abondantes. Par contre, dans le bassin méditerranéen et les régions subtropicales comme le Sahel, l’Australie, le sud de l’Afrique… c’est-à-dire les endroits déjà peu arrosés, il devrait se produire un assèchement encore plus marqué.
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Saison brune de
Philippe Squarzoni
Le changement climatique a vraiment tendance à exacerber les problèmes qu’on connaît déjà aujourd’hui. C’est assez frappant. Ça ne va jamais dans le bon sens. Là où il y a beaucoup d’eau, il y aura encore plus d’eau. Là où il manque d’eau, il y en aura encore moins. Les plus riches sont plutôt plus responsables et plutôt moins touchés que les plus pauvres. Alors que les pays développés verront leurs rendements agricoles globalement favorisés, les 800 millions de pauvres qui survivent de l’agriculture dans le monde assisteront à la stérilisation progressive de leurs sols.
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