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Citations de Taylor Brown (134)


Notre père était un homme dur. Il n’était pas du genre à aimer les embrassades ou à donner la main, et rejetait toute marque d’affection. Il avait du mal à exprimer son amour. Pourtant, il y avait des choses qui lui tenaient à cœur. Le fleuve, par-dessus tout, était comme un membre de sa famille et comptait beaucoup plus à ses yeux que n’importe quel lien de chair ou de sang. Les jours où il ne travaillait pas, il nous y emmenait mon frère et moi, et nous installait à la proue, bien peignés et très sérieux comme si on allait à l’église. Et peut-être était-ce là qu’on allait. Dans son église. Une cathédrale marécageuse et irriguée par de multiples ruisseaux, avec un toit feuillu que soutenaient des colonnes de cyprès et de gommiers. Il nous apprenait ses beautés et ses secrets, ses endroits cachés. Et je crois qu’en nous montrant le fleuve – son fleuve – il nous ouvrait son cœur, au moins en partie. C’est comme ça que je savais qu’il nous aimait.
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Rory regardait par une fissure dans la porte. Les gens hurlaient à présent, et ils dansaient au son de crécelle des tambourins qu’ils frappaient du talon de leurs mains. Trempés de sueur, le visage tout relâché comme les revenants dans les contes, débordant de plaintes et de cris haletants. Ils tournaient sur eux-mêmes et martelaient le sol, les bras levés comme des candélabres, les mains en coupe comme si elles contenaient de l’eau bénite ou du feu.
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Certaines choses étaient trop grandes pour être dites. Aucun mot ne pouvait les contenir. Seul le silence semblait honnête.
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Le soleil se lève aussi haut qu’un dieu, ainsi qu’il s’est toujours levé sur une infinité d’histoires, et l’espace d’un instant Hunter se sent légion, indissociable de la multitude des visages qui se tournent, se sont tournés ou se tourneront vers le ciel à midi. Ils sont tellement nombreux à espérer l’avènement d’un royaume qui mettra de la lumière dans chaque jour et de l’or dans chaque heure. Un monde doré de mythes en devenir, où les rivières seront apaisées et où rien ne disparaîtra plus. Mais il sait bien que ce royaume, c’est ici qu’il se trouve. En ce moment. Dans ce pays où dix milles forteresses ont été construites et démolies, où les pluies ruissellent déjà dans les montagnes et où le fleuve s’écoule inlassablement.
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On dit qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, et Hunter sait que cet adage signifie qu'on ne peut jamais toucher deux fois la même eau vive. Qu'à peine effleurée, elle est déjà ailleurs, dans la mer, ou dans les nuages, ou dans le sang des bêtes et des hommes.
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La lune perçait les bois de ses rayons pâles et le vent soufflait par intermittence sa plainte entre les arbres. Le sentier n'arrêtait pas de monter, vers les ténèbres menaçantes du sommet. Et vers l'océan de nuit qui couronnait le tout de son étrange parure d'étoiles.
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Les arbres qu'ils avaient laissés dans la montagne devaient être à présent complètement dénudés, l'air morts dans leurs habits d'hiver, et l'incendie de couleurs d'automne qu'ils avaient traversé dans les terres aussi éphémère que le feu lui-même.
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Le temps compté a plus de valeur.
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Ne passe jamais la bague au doigt d'une fille avant de la mettre dans ton lit, mon petit. C'est un principe de vie. Si elle désire Jésus plus que toi dans son corps, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche.
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Il fallait qu'il la voie. elle était sur la route, elle courait vers eux, lançant les bras en l'air, les joues cramoisies. Telle une vision incandescente. Il tenta de l'atteindre, de la pointer du doigt, mais ses bras ne lui obéissaient plus et battaient l'air comme s'il était en train de se noyer. Il essaya de hurler son nom, en vain. Il ne la voyait plus qu'au bout d'un tunnel de plus en plus noir, le tissu de sa robe plaqué sur son ventre plat.
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Assis à la place du mort, et lui caresser sa barbe noueuse. Rory Tourna la tête vers lui.
- Si tu la caresses assez longtemps, tu crois qu’elle va se mettre à ronronner?
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Ils chevauchèrent encore, jusqu'à ce qu'une brume nocturne s'abatte sur les vallées en contrebas. Elle gagna du terrain, monta comme une rivière en crue, et se faufila tel un fantôme, laissant derrière elle une traînée argentée à travers les bois, les arbres inclinés sur son passage.
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Une pâle lumière s'insinuait à travers la forêt de sapins noirs, fourmillant sous la couche de cendres, dans le coeur rougeoyant des braises finissantes.
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«  Il ne faut jamais souffler de fumée sur un nid de serpents » .
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Le ciel se déchirait au-dessus de leur tête, le tonnerre grondait, son écho répercuté dans toute la vallée. Les branches nues, démontées par le vent, tournoyaient et claquaient, luttant contre la tempête comme des bois de cerfs s'entrechoquant.
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Sous ses pieds, la forêt luisait de mille feux dans les derniers rayons du soleil, renvoyant autant de couleurs chamarrées que le manteau qu'il portait.
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Il avait tellement faim qu’il aurait pu manger les ampoules électriques qui pendaient comme des fruits du plafond
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Au-dessus d'eux, le soleil décrivait une orbite elliptique, fendant le brouillard de sa pâleur, dominant la membrane oppressante qui les renfermait. Les arbres visaient le ciel tels des lances, des javelots obscurs jaillis de terre.
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Les premières neiges s'étaient changées en pluie et de véritables torrents grondaient à présent au coeur des failles profondes creusées dans le dôme de granit, crachant des gouttes scintillantes dans le soleil.
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Des volutes blanches de courants agités scintillait dans la nuit sans étoile. L'eau et la pierre murmuraient entre elles, ainsi qu'elles l'avaient toujours fait; leurs voix, gorgées ou non de pluie, ondulaient à travers les tourbillons et les failles de leurs contours, changeant au gré des rochers.
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