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Jaune sable de
Viviane Moore
Il se souvint des propos de Marcabru: "Que serait le monde sans la poésie?"Et Estella,la poésie,elle en avait à revendre!Elle ne vivait pas dans la réalité.Là où il n'y avait plus que des ruines,elle voyait une cité florissante.
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Fauve de
Viviane Moore
-Je ne t'attendais pas.
-Moi si,je t'attends toujours.Même quand je te vois,tu me manques encore.
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Par la vague de
Viviane Moore
En s'éloignant de son pays,il avait renoncé à tant.Mais n'est-ce pas là le chemin que faisait tout homme en quittant les rives de son enfance?
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Par le feu de
Viviane Moore
Il n'y avait que les femmes et les enfants pour aimer l'eau.L'eau leur avait pris tellement de monde qu'elle ne rendrait pas.
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Par frankgth, le 31/08/2011
La couleur de l'archange de
Viviane Moore
Il avait plu toute la nuit, une pluie drue et glacée qui avait noyé les chemins et fait lever un épais brouillard que le soleil n’arrivait à percer. Dès l’aube, pourtant, le portail du château de Lesneven s’était ouvert pour laisser passer les chasseurs.
Ils étaient quatre, quatre garçons armés d’arcs et de flèches, qui montaient à cru de vigoureux petits chevaux bretons à la crinière blonde. Un grand chien maigre et roux filait loin devant eux, flairant au passage les terriers que les lapins avaient creusés entre les racines des arbres centenaires.
Les quatre compagnons, qui galopaient sauvagement entre les ronciers et les baliveaux défeuillés, ne songeaient qu’au plaisir de surprendre au petit matin, les sarcelles qui, la veille, s’étaient abattues sur les marécages de l’aber Wrac’h. Ils n’éprouvaient aucune appréhension, nul mauvais pressentiment et ils auraient sans doute beaucoup ri, si on leur avait annoncé que trois d’entre eux allaient bientôt mourir !
En tête, chevauchait Galeran, le fils cadet du seigneur de Lesneven. C’était un jeune gaillard bien bâti, aux longs cheveux noirs lâchés sur les épaules, aux yeux bleus et changeants comme la mer d’Armor. A son coté, se tenait Haimon de Mordreuc que Galeran aimait comme un frère.
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Par frankgth, le 31/08/2011
Rouge sombre de
Viviane Moore
On approchait de la grande marée d’équinoxe. Depuis plusieurs jours, une terrible tempête faisait rage sur les côtes normandes. Le vent de nordet glaçait les grèves. Les vagues furieuses s’engouffraient dans les estuaires, attaquaient les falaises, inondaient les douves et les basses plaines.
Par milliers, les mouettes dérivaient en silence vers l’intérieur des terres. Les bancs de poissons, les phoques, les grands souffleurs quittaient la haute mer et refluaient vers les eaux encore tièdes des rivages et de l’embouchure de la Seine...
Ce matin de septembre 1145, par temps clair, deux guetteurs qui contemplaient d’un air morose l’étendue scintillante du fleuve, virent soudain jaillir de l’eau une colonne de vapeur blanche qui retombait en fines gouttelettes huileuses…
C’était un souffleur de grande taille qui venait de faire surface en amont de Caudebec.
"- Baloena ! Baloena !" Aux cris stridents des guetteurs répondirent aussitôt les sonneries rauques des cors qui se propagèrent de loin en loin au-dessus de la forêt jusqu’à l’abbaye de Jumièges où les cloches se mirent en branle, appelant moines et paysans à quitter leur travail et à courir vers le fleuve.
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Par frankgth, le 31/08/2011
Noir roman de
Viviane Moore
Un soleil diffus perçait le brouillard qui recouvrait les monts d’Arez. Les bruyères teintaient de mauve les crêtes rocheuses tandis que les hautes futaies et les marais du Yeûn demeuraient dans l’ombre. Une vase noirâtre montait des tourbières éventrées et des vapeurs malsaines flottaient entre les ajoncs, au-dessus des eaux stagnantes.
Ce matin de septembre 1144, Renoulf et son fils Malou étaient partis dès le lever du soleil, espérant braconner quelque gibier pour améliorer leur repas. Les deux hommes avançaient lentement sans prendre garde aux nuées de moustiques qui les assaillaient. Enfoncés dans l’eau jusqu’à mi-jambes, ils sondaient la boue épaisse des fondrières. De loin en loin, dans les roseaux, résonnait le râle d’un foulque dérangé par leur passage.
Trapu et de petite taille, Renoulf portait sur sa cotte une escoffle de peau de chien sommairement attachée par une corde. Les yeux gris comme deux éclaboussures de brume, le visage ridé et le front bas, l’homme avait le mot rare.
Quand il parlait, c’était toujours en regardant fixement le sol, comme si les tourbières qui le cernaient lui avaient emprisonné l’esprit.
Tout comme son père, Maloù était court sur pattes mais robuste. Malgré ses seize ans, ni l’esprit ni la parole ne lui étaient venus et il n’aimait rien tant que de rester des jours entiers à traquer les bêtes du Yeûn.
Il connaissait si bien les dangers du vaste marécage que le recteur de Lannédern le venait souvent quérir pour le guider vers le Youdik. Cette grande flaque d’eau verdâtre qui, de temps à autres, se mettait à bouillir en lâchant de puantes odeurs.
C’était la porte des Ténèbres, la bouche béante qui conduisait tout droit aux Enfers, disaient les sages. Seul un homme de Dieu pouvait, sans risques, y emmener les âmes damnées, cousues dans la peau d’un chien noir ou d’un loup.
Le soleil venait de passer le Menez Mikêl et il ne restait plus aux deux hommes que trois collets à relever, dont l'un au bord de al rivière Elez.
- File à l'Elez, le Maloù, j'men vas au Yeûn. On se retrouve à la maison, grogna le père de sa voix sourde.
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Par frankgth, le 31/08/2011
Fauve de
Viviane Moore
Plus de quinze ans s'étaient écoulés depuis ce jour-là... Le château d'Alion avait rendu les armes au duc d'Aquitaine, des brèches s'ouvraient dans la pierre de ses remparts. Les navires délaissaient son port pour celui tout proche de la ville neuve de La Rochelle.
Cette nuit-là, sur les bords de l'étier du Lafond, dans la brume humide de ce mois de décembre, quelque chose de terrible se produisit : un crime, ou plutôt une offrande à la statue de Pélenerte.
Un corps mutilé bascula dans la boue, au milieu des roseaux. Une ombre s'enfuit. Avait-elle jamais existé ?
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Tokyo intramuros de
Viviane Moore
"Un voyage, fût-il de mille lieues, débute
sous votre chaussure".
Lao-Tseu
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Par frankgth, le 31/08/2011
Bleu sang de
Viviane Moore
"Je l’ai tuée.
Je l’ai vue se tordre dans les flammes et mourir en hurlant.
Et depuis… toutes les nuits, elle revient me hanter, défigurée par le feu, noircie et sanglante.
J’ai voulu m’arracher les yeux, me couper les mains, briser mon corps, anéantir mon âme… et la mort m’a rejeté.
Ni Dieu ni Diable ne veulent de moi… pas encore.
Toutes les nuits, sa vie saigne sur ce bûcher que j’ai allumé.
Dieu délivre-moi ! Taille cette chair qui me mure. Et, plus que la mort, donne-moi l’oubli éternel !"
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