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L'Histoire de Pi de
Yann Martel
Il n'y a que la mort pour stimuler constamment vos émotions, soit que vous la contempliez quand votre vie est sauve et fade, soit que vous la fuyiez quand la vie est menacée et précieuse.
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Par urbanbike, le 10/03/2010
L'Histoire de Pi de
Yann Martel
Si son espace est trop ensoleillé ou trop humide ou trop vide, si son perchoir est trop haut ou trop exposé, si le sol est trop sablonneux, s’il y a trop peu de branches pour faire son nid, si la mangeoire est trop basse, s’il n’y a pas assez de boue pour s’y vautrer — et bien d’autres si encore -, alors l’animal ne sera pas serein. Ce n’est pas tant qu’il faille reproduire les conditions existant dans la nature qu’une question de saisir l’essence de ces conditions. Tout dans un enclos doit être exactement au point — en d’autres mots, aucun élément ne doit dépasser la limite des capacités d’adaptation de l’animal.
La peste soit des zoos qui ont de mauvais enclos ! Ils donnent une mauvaise réputation à tous les zoos.
Les animaux sauvages capturés quand ils ont déjà atteint leur pleine maturité sont un autre exemple de bêtes qui ont tendance à vouloir s’échapper ; il arrive souvent qu’ils soient trop ancrés dans leurs habitudes pour pouvoir restructurer leur monde subjectif et s’adapter à un nouvel environnement.
Mais même des animaux ayant été élevés dans des zoos, n’ayant jamais connu la nature sauvage, et qui sont donc parfaitement adaptés à leur enclos et ne ressentent pas de tension en présence des humains, connaîtront des moments d’agitation qui les amèneront à chercher à s’évader. Tous les êtres vivants ont en eux une mesure de folie qui les pousse dans des directions étranges, parfois inexplicables. Cette folie peut être salutaire ; elle est intimement liée à la capacité d’adaptation. Sans elle, aucune espèce ne pourrait survivre.
Quelle que soit la raison de vouloir s’échapper, saine ou folle, les détracteurs des zoos devraient se souvenir que les animaux ne se sauvent pas pour aller vers un lieu mais plutôt pour fuir un lieu.
Quelque chose dans leur propre espace leur a fait peur — l’intrusion d’un ennemi, l’agression d’un animal dominateur, un bruit surprenant — et a déclenché une réaction de fuite. L’animal s’évade ou il essaie de s’évader. J’ai été surpris d’apprendre au zoo de Toronto — un excellent zoo, par ailleurs — que les léopards peuvent faire des bonds allant jusqu’à six mètres de hauteur. Notre enclos pour les léopards à Pondichéry avait un mur arrière de cinq mètres de haut ; j’en conclus que Rosie et Copycat n’ont jamais sauté au-delà de cette paroi, non pas parce qu’ils en étaient incapables physiquement mais simplement parce qu’ils n’avaient pas de raison de le faire. Les animaux qui s’enfuient passent du connu à l’inconnu — et s’il y a une chose qu’un animal déteste par-dessus tout, c’est bien l’inconnu. Les animaux qui s’évadent se cachent habituellement dans le premier endroit qu’ils trouvent où ils éprouvent un sentiment de sécurité, et ils ne sont dangereux que pour ceux qui se placent entre eux et ce qu’ils tiennent alors pour un lieu sûr.
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Par ledrake, le 14/07/2011
Béatrice et Virgile de
Yann Martel
VIRGILE : Selon moi, la foi, c'est comme être au soleil. Quand tu es au soleil, peux-tu éviter de créer une ombre ? Peux-tu te défaire de cette zone d'obscurité qui s"accroche à toi, qui épouse toujours ta forme, comme pour te rappeler continuellement à toi-même ? Non, tu ne peux pas. Cette ombre, c'est le doute. Et elle t'accompagne partout, pourvu que tu restes au soleil. Et qui ne souhaites pas être au soleil ?
BEATRICE : Mais le soleil est parti, Virgile, il est parti !
(Elle fond en larmes et sanglote bruyamment.)
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Par ledrake, le 14/07/2011
Béatrice et Virgile de
Yann Martel
Il était contrarié. Sarah avait depuis longtemps perdu tout intérêt pour l'Holocauste, ou en tout état de cause pour son engagement artistique dans l'Holocauste. Et elle avait tort. Ce n'était pas qu'il voyait l'Holocauste dans tout. C'était qu'il voyait tout dans l'Holocauste, non seulement les victimes des camps, mais aussi les capitalistes et bien d'autres, peut-être même les clowns.
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Par ledrake, le 14/07/2011
Béatrice et Virgile de
Yann Martel
VIRGILE : (l'air penaud, les mains de chaque côté du visage)
Comment peut-il y avoir quelque chose de beau après ce que nous avons vécu ? C'est incompréhensible. C'est une insulte.
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Par lululifat, le 16/04/2012
L'Histoire de Pi de
Yann Martel
Il n'y a que la peur qui puisse vaincre la vie. C'est une ennemie habile et perfide, et je le sais bien. Elle n'a aucune décence, ne respecte ni lois ni conventions, ne manifeste aucune clémence. Elle attaque votre point le plus faible, qu'elle trouve avec une facilité déconcertante. Elle naît d'abord et invariablement dans votre esprit. Un moment vous vous sentez calme, en plein contrôle, heureux. Puis la peur, déguisée en léger doute, s'immisce dans votre pensée comme un espion. [...]
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L'Histoire de Pi de
Yann Martel
Être un naufragé, c'est être un point au milieu d'un cercle, perpétuellement.
(L'histoire de Pi, trad. Nicole et Émile Martel, p.230, XYZ, 2003)