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Un ange cornu avec des ailes de tôle de
Michel Tremblay
Eveil de la princesse, pâmoison devant le damoiseau, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, fin de l'histoire.
Et les pauvres nains, eux?
Quand je sortais une autre version de Blanche-neige de la salle pour enfants de la Bibliothèque municipale, la bibliothécaire, que j'avais fini par adorer parce qu'elle me laissait sortir plus de livres que le nombre auquel j'avais droit, fronçait les sourcils.
"Encore ça! T'es pas tanné de toujours lire la même histoire?
- J'ai pas lu cette version-là...
- Coudonc, rêves-tu que le prince arrive pas pis que Blanche-neige sèche dans son cercueil de verre comme une vieille pomme pourrie?"
Je n'allais tout de même pas lui avouer que je rêvais plutôt que la rescapée et le grand insignifiant emmènent les nains avec eux en voyage de noces, alors je me taisais.
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Par iarsenea, le 26/04/2010
Les Belles Soeurs de
Michel Tremblay
ANGELINE SAUVE: T'as pas remarqué ? Y'avait une habit bleue! Ça se fait pas ! Un mort, c't'un mort ! Une habit bleue, c'est ben que trop pâle ! Si au moins a l'avait été bleu-marin, mais non, c't'ait quasiment bleu pourde ! Un mort, ça doit porter une habit noire !
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Par iarsenea, le 26/04/2010
Les Belles Soeurs de
Michel Tremblay
LES CINQ FEMMES (LISETTE DE COURVAL, MARIE-ANGE BROUILLETTE,YVETTE LONGPRE, ROSE
OUIMET, GABRIELLE DUBUC): Là, là, j'travaille comme une enragée, jusqu'à midi. J'lave. Les robes, les jupes, les bas, les pantalons, les canneçons, les brassières, tout y passe ! Pis frotte, pis tord, pis refrotte, pis rince... C't'écoeurant, j'ai les mains rouges, j't'écoeurée. J'sacre. À midi, les enfants reviennent. Ça mange comme des cochons, ça revire la maison à l'envers, pis ça repart ! L'après-midi, j'étends. Ça, c'est mortel ! J'hais ça comme une bonne ! Après, j'prépare le souper. Le monde reviennent, y'ont l'airbête, on se chicane ! Pis le soir, on regarde la télévision ! Mardi !
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Par kathy, le 31/10/2011
La Traversée du continent de
Michel Tremblay
C'est donc ça la musique?
C'est donc vrai que ça peut être beau?
Ca commence en douceur, on dirait une berceuse murmurée par une grand-mère qu'on adore, on dirait surtout qu'on connaît cet air-là depuis toujours - il semble familier dès la première fois qu'on l'entend -, mais aussitôt que la musique est bien imprimée dans le cerveau et qu'on est convaincu qu'on ne pourra plus jamais s'en débarrasser, au moment où on commencerait à souhaiter que ça reste comme ça, sans variantes, parce que c'est parfait, ça change de rythme, tout à coup, ça se développe, ça monte et ça descend comme quand on rit, ça gronde, aussi, ça menace et ça tire les larmes parce qu'un grand malheur se cache là-dedans autant qu'une immense joie, puis, tout aussi soudainement, ça redevient mélancolique et le si bel air du début fait un retour en force, plus magnifique que jamais dans sa grande retenue. C'est ça qu'on veut conserver, d'ailleurs, c'est ça qu'on veut transporter pour le reste de sa vie, ce petit air tout simple du début et de la fn qui va pouvoir vous soulager dans les moments difficiles de l'existence et décorer les moments de bonheur d'un ravissement de plus. Ca ne se termine pas, non plus, on dirait plutôt que ça s'efface, que ça s'estompe, jusqu'à ce qu'on ne l'entende plus. Ca continue, il faut que ça continue, ça ne peut pas s'arrêter, mais on ne l'entend plus, c'est tout. Les mains ne se promènent plus sur le claiver, aucune vibration ne surgit de l'instrument, et cependant ça se perpétue dans le silence qui lui succède.
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Par Tampopo, le 10/09/2010
Bonbons assortis de
Michel Tremblay
— Pas votre beau plat à pinottes !
Elles avaient parlé en même temps, sur le même ton de désespoir, et ma mère leur fit signe que oui, un petit oui piteux qui contenait, qui soulignait surtout, qui le sublimait presque, le grand sacrifice qu’elle était sur le point de faire. « Faut ben faire quequ’chose… Si on donne rien à c’te fille-là pour son mariage, ses parents nous regarderont pus jamais ! On va passer pour des sauvages ! On va passer pour des ignorants ! On va passer pour des sans-dessein ! »
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A toi, pour toujours, ta Marie-Lou de
Michel Tremblay
LÉOPOLD. Y reste-tu du beurre de peanuts?
MARIE-LOUISE. Oui.
MARIE-LOUISE. Euh… c’est-à-dire que j’en ai acheté un pot neuf… L’autre était vide…
LÉOPOLD. Ben… sors-lé…
MARIE-LOUISE. Y restait pu de smoothy, Léopold, ça fait que…
LÉOPOLD (donne un coup de poing sur la table). T’as encore acheté du crunchy!
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Par kathy, le 31/10/2011
La Traversée du continent de
Michel Tremblay
Une chose insolite se produit alors. Aussitôt que Régina s'installe sur le banc du piano, un changement notable s'opère chez elle, quelque chose de subit et de radical... Ses gestes deviennent plus coulants, sa main caresse le bois verni.. et c'est avec une fébrilité très palpable qu'elle ouvre le cahier de musique qui se trouve devant elle. Elle le lisse lui aussi du plat de la main...
Elle se tourne vers sa petite-nièce.
"C'est du Schubert. Connais-tu ça, Schubert ?"
Le visage de la vieille dame est transformé. Ce même monsieur est donc une sorte de dieu qu'elle vénère sans condition? ...
Les minutes qui suivent sont d'une telle beauté que Rhéauna reste rivée à son siège. Elle n'a jamais entendu un piano de sa vie, elle ne connaît rien à la musique, mais ce que les doigts de sa grand-tante Régina produisent au contact des touches blanches et noires du clavier, ce bonheur presque insoutenable dont elle ne soupçonnait pas l'existence, cette force irrésistible qui la brasse tout en la caressant, la transporte de bonheur. Qui aurait cru qu'autant de beauté se cachait chez la tante Régina, le paquet de nerf que toute la famille redoute, la colérique qui n'accepte pas la contrariété, cette personne menue et de toute évidence fragile qui ignore tout des enfants; qu'elle possédait l'un des plus grands secrets de l'univers? Et qu'elle le garde caché ici, entre quatre murs, alos qu'elle devrait le partager avec tout le monde parce que tout le monde en a besoin pour survivre?
C'est donc ça la musique?
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Un ange cornu avec des ailes de tôle de
Michel Tremblay
On dit que désirer est plus jouissant que posséder. C'est faux pour les livres. Quiconque a senti cette chaleur au creux de l'estomac, cette bouffée d'excitation dans la région du cœur, ce mouvement du visage [...] au moment où on tient enfin le livre convoité, où on l'ouvre en le faisant c raquer mais juste un peu pour l'entendre, quiconque a vécu ce moment de bonheur incomparable comprendra ce que je veux dire. Ouvrir un livre demeure l'un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie.
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Contes pour buveurs attardés de
Michel Tremblay
« C'est drôle comme les choses peuvent changer d'aspect, parfois, lorsqu'on les regarde d'un point de vue différent de celui sous lequel on les a toujours connues. »
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Par letitbe, le 14/12/2010
Bonbons assortis de
Michel Tremblay
Après "La nuit des princes charmants" lu il y a quelques années, je me suis plongée avec bonheur dans ces anecdotes familiales. Pour être allée au Québec il y a quelques années et après avoir entendu Laurent Gerra imiter Céline Dion, je n'ai pu m'empêcher d'avoir à l'esprit cette sonorité québecoise si évocatrice. Bcp de tendresse et de justesse dans les portraits familiaux. Une jolie et touchante nostalgie.