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Nicolas Dickner

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  • 5 livres
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Note moyenne : 3.68/5 (sur 44 notes) Nicolas Dickner

Biographie et informations

Nationalité : Canada
Né(e) à : Rivière-du-Loup , 1972

Biographie :

Nicolas Dickner est un écrivain québécois .

Parti étudier à Québec, il termine sa maîtrise en création littéraire à l’Université Laval en 1997. Il publie pour la première fois une nouvelle, Le cirque de nuit, dans la revue Moebius en 1993, mais c’est en 2000 que paraît son premier recueil, L’encyclopédie du petit cercle. Le livre reçoit un excellent accueil critique, notamment en recevant les prix Jovette-Bernier et Adrienne Choquette. Toutefois, il n'attire pas outre mesure l’attention du public québécois. Ce premier pas lui permet cependant d’obtenir une résidence d’écriture en Allemagne de la part du Conseil des Arts et des Lettres afin de se consacrer à l’écriture de son premier roman.

Après quatre ans de travail et huit versions, Nikolski paraît chez Alto en 2005. Ce livre lui vaudra non seulement les applaudissements de la critique, mais il lui permettra également de s’inscrire au tableau des meilleurs vendeurs.

Nicolas Dickner vit désormais à Montréal.
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Quelques questions à propos de vos lectures :





Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?



Il y a clairement un avant et un après Moby Dick . Avant de lire Moby Dick, j’étais convaincu qu’un roman était une chose somme toute assez simple, monolithique. Herman Melville m’a ouvert des portes : la narration à géométrie variable, les chapitres outrancièrement techniques, les digressions, le ton tour à tour tragique et pince sans-rire.



Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?



Ils sont nombreux. Italo Calvino et Georges Perec , notamment. Les Latinos m’ont longtemps complexé : les Jorge Luis Borges, Julio Cortázar et autres Gabriel Garcia Márquez. Plus récemment, j’ai été soufflé par certains auteurs associés à la science-fiction, tel que Neal Stephenson et William Gibson.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



Moby Dick, encore une fois. Il faut dire que c’était réellement une découverte. Ce bouquin n’arrivait de nulle part, ne m’avait été glissé entre les mains par aucun lecteur, aucun prof. Je l’avais trouvé dans la section désordonnée des récits de voyage, tout au fond de la bouquinerie où je travaillais. La traduction de Jean Giono, bien sûr. Je pensais avoir affaire à un récit un peu poussiéreux, vieillot – mais le texte était vif, net. Je suis tombé sous le charme en quelques pages.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Je ne garde pas le compte, d’autant que je relis le plus souvent par fragments. Chose certaine, j’ai beaucoup relu Calvino (Si par une nuit d`hiver un voyageur et Le Baron perché ) et Jacques Ferron (La Chaise du Marechal Ferrant et Le Salut de l Irlande ).



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



J’ai plusieurs fois essayé de lire Blanche forcée: Récit , de Victor-Lévy Beaulieu, sans jamais parvenir à dépasser les 3 premières pages. J’en assume, naturellement, l’entière responsabilité.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Les perles sont rarement méconnues, voilà bien le problème. La chaise du maréchal ferrant, de Jacques Ferron, me semble cependant un cas du genre. Dans ce petit roman peu connu ici, et totalement inconnu à l’étranger, Ferron dessine l’évolution de la mythologie québécoise entre les années 20 et les années 70.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



Aucune réputation n’est surfaite ; c’est en somme une affaire de lecteurs, lesquels ont toujours le dernier mot. Certaines attentions médiatiques me semblent cependant exagérées – mais il s’agit d’une toute autre histoire.



Avez vous une citation fétiche issue de la littérature ?



« Le roman est un réseau organisé d’obsessions » de Roland Barthes



Et en ce moment que lisez-vous ?



Je viens de terminer Zero History de William Gibson (n.d.l.r : pas encore traduit en français) et Les larmes de saint Laurent de Dominique Fortier, et je commence Se distraire à en mourir de Neil Postman.



Quelques questions des membres de Babelio à propos de vous en tant qu`auteur :





Vos deux romans se déroulent dans le même contexte historique, ils commencent d`ailleurs à la même date c`est-à-dire en 1989. était-ce une coïncidence que de retrouver cette période pour votre deuxième roman ou aviez-vous la volonté de poursuivre l`exploration de cette décennie ?



Ni coïncidence, ni préméditation : il se trouve seulement que j’ai vécu cette période et me sens donc autorisé à en parler – d’autant que, vingt ans ayant passé, nous jouissons désormais d’une vue d’ensemble sur cette époque.

Il faut par ailleurs souligner un point important : le rôle du passé est tout à fait différent dans les deux romans. Dans Nikolski , le récit se nourrit un peu de l’actualité, mais demeure essentiellement mythologique. Il pourrait être recadré à une autre époque sans trop de difficultés.

Tarmac est, au contraire, un roman historique. Il dépend entièrement de l’époque. Le passé y éclaire le présent. J’ai souvent dit que les 11 derniers chapitres constituaient une sorte de long épilogue – mais c’est en fait plutôt le contraire : les 85 premiers chapitres forment un long prologue.

Quant à mon prochain roman, il est totalement contemporain.



Comment-vous en êtes vous pris pour recréer aussi précisément toute la culture et l`ambiance de cette décennie ? En puisant dans vos souvenirs ou en vous appuyant sur des recherches minutieuses ?



Un peu des deux. La documentation prend plus ou moins de place selon les chapitres. Tout dépend de la façon dont ma mémoire a filtré les événements. Je ne gardais aucun souvenir de la chute du mur de Berlin, par exemple, alors que la Guerre du Golfe était encore bien claire dans mon esprit. Pourtant, deux ans à peine se sont écoulés entre ces deux événements.



Autre thème commun à vos deux livres : la quête de soi, en particulier à travers le voyage. Vous même avez beaucoup voyagé. Étiez-vous à la recherche de quelque chose ?



Je fuyais plutôt un certain nombre de choses.



Tarmac propose une réflexion originale, un peu décalée sur le thème de la fin du monde. Peut-on y voir une sorte de volonté de sortir d`une pensée classique sur ce thème ?



Au contraire, je voulais sans doute revenir à une pensée classique – ou, plutôt, à diverses pensées classiques. Hollywood nous a habitué depuis plusieurs années à une vision assez unidimensionnelle de la fin du monde. Pourtant, dès lors que l’on s’intéresse un peu à ce que différentes civilisations ont pensé sur la question, on réalise à quel point l’eschatologie est un espace de pensée aussi diversifié qu’intéressant. J’ai sans doute voulu en témoigner à ma manière.



Comment vous situez-vous par rapport à la production littéraire québécoise ? En avez-vous une opinion favorable ?



Je ne suis pas un spécialiste du corpus local – je lis surtout des auteurs étrangers, exogamie oblige. Je trouve cependant qu’il se publie d’excellentes choses depuis plusieurs années, toutes générations confondues. Les jeunes auteurs démontrent souvent une excellente maîtrise des outils narratifs, des procédés. On leur a parfois reproché de mettre ces outils au service d’une sorte de grand vide – à la fois identitaire, idéologique, politique –, mais je crois que nous manquons encore de recul pour en juger.

Chose certaine, le paysage commence à changer. Les jeunes auteurs ne cherchent plus forcément un contrat chez les grandes maisons d’édition classiques. Ils se rassemblent de plus en plus autour de jeunes éditeurs, créant un nouvel écosystème, une nouvelle dynamique. Cette tendance dépasse naturellement le simple cadre contractuel : elle contribue sans doute à la solidité littéraire de cette génération, à sa cohérence, sa vitalité. Il faut sans doute y voir une sorte de manifeste.



Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets actuels?



Je travaille (trop lentement) à mon troisième roman. Le récit est situé à notre époque, et moins dans un lieu donné que dans une délocalisation. Et il y aura du miel.



Merci à Nicolas Dickner pour ces réponses !




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Nicolas Dickner nous parle de son roman TARMAC.
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Citations de Nicolas Dickner

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « Il ne partageait pas le Glorieux Imaginaire Routier Nord-Américain. De son point de vue, la route n’était qu’un étroit nulle-part, bordé à bâbord et à tribord par le monde réel. » (p. 45)

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « Mon nom n’a pas d’importance. Tout débute au mois de septembre 1989, vers sept heures du matin. » (p. 11)

    Citation de qualité ? (6 votes positifs)


  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « La librairie S. W. Gam est un de ces coins du cosmos où les humains ont depuis longtemps perdu le contrôle de la matière. » (p. 23)

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « Peu à peu, l’ambition de perpétuer les traditions familiales s’insinua dans son esprit. Il lui semblait inconvenant que l’arrière-arrière-petite-fille d’Herménégilde Doucette consacrât sa vie à éviscérer des morues et faire des devoirs de sciences naturelles. Elle était destinée à devenir pirate, morbleu ! » (p. 61)

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « De tous temps, la paternité a constitué un concept volatil. Au contraire de la maternité, que le caractère spectaculaire de la grossesse légitime de facto, la paternité manque de tangibilité. Aucun témoin oculaire ne peut plaider la cause du géniteur, aucun accouchement ne prouve son lien avec l’enfant. Le statut de père n’a réellement touché la terre ferme qu’avec l’apparition des tests d’ADN, une consécration somme toute peu glorieuse puisque le géniteur, en recourant à ce procédé pour ainsi dire judiciaire, admet son incapacité à faire reconnaître son statut par la diplomatie traditionnelle. En brandissant les résultats d’analyse, il consolide sa paternité biologique mais sacrifie, dans la foulée, sa paternité sociale. » (p. 221)
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  • Par AnneMarcouiller, le 29/02/2012

    Le romancier portatif : 52 chroniques à emporter de Nicolas Dickner

    «Ca sert à quoi de lire des livres?...»

    De nos jours, la plupart des objets culturels sont intégrés dans une approche multitâches. Autrement dit, on peut écouter de la musique en lavant la vaisselle, visionner un film en bavardant avec son voisin ou lire huit sites web en simultanée.

    Le livre, en revanche, demeure l'un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter. Pour exister, il exige une attention exclusive. Impossible de lire un bouquin en pensant à autre chose.

    Dans un monde multitâches, consacrer tout son temps à une seule activité revient à perdre son temps - ce qui explique sans doute en partie pourquoi on lit moins de livres qu'auparavant. L'intérêt du livre se trouve pourtant là: il exige certes plus d'efforts, mais il dilate les heures.

    Le livre est, en somme, une machine à courber le temps.

    (...)

    ...je ne vois plus les libraires de la même manière. Je passe désormais leur porte avec un respect renouvelé - comme si j'entrais non pas chez un simple marchand de papier relié, mais chez un détaillant de machines à voyages dans le temps.
    > lire la suite

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  • Par AnneMarcouiller, le 01/03/2012

    Le romancier portatif : 52 chroniques à emporter de Nicolas Dickner

    Le problème c'est que tous ces livres dûment oubliés nous ont tout de même construits, et peuvent encore exercer une influence sur nous.

    Heureusement, la mémoire est comme la mer: elle n'avale pas tout, et il lui arrive de recracher, de temps en temps, d'intéressantes carcasses. Poupées décapitées, espadrille orpheline, serpent de mer.

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « Son arbre généalogique était comme tout le reste : une chose fugace, qui fuyait avec le paysage. » (p. 36)

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  • Par LiliGalipette, le 25/08/2011

    Nikolski de Nicolas Dickner

    « Où vont les vieux IBM mourir ? Où se trouve le cimetière secret des TRS-80 ? Le charnier des Commodores 64 ? L’ossuaire des Texas Instruments ? » (p. 112)

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  • Par AnneMarcouiller, le 04/03/2012

    Le romancier portatif : 52 chroniques à emporter de Nicolas Dickner

    Voilà ce qui, en réalité, distingue le livre d'un banal instrument: le livre ne cesse pas d'agir dès la seconde où il quitte votre champ visuel.

    Un marteau ne plante des clous que lorsque vous l'avez en main. Le livre, au contraire, continue d'agir même une fois fermé (ou éteint). La lecture change la configuration de vos neurones: des fragments du texte se retrouvent entreposés dans différents endroits de votre cerveau, où ils continuent de fonctionner plus ou moins fréquemment.

    Pour tout dire, un livre qui n'agirait pas de la sorte serait inutile, inutilisable.

    Le livre est davantage qu'un instrument, davantage qu'une prothèse: il s'agit d'un dispositif qui, par définition, s'implante dans celui qui l'utilise. plus qu'un innstrument, plus qu'une prothèse, il contamine le lecteur, devient le lecteur.

    Il existe un nom pour désigner une personne à laquelle on greffe des dispositifs inamovibles: il s'agit d'un cyborg.

    Le marteau sert à construire des maisons. Le téléscope à observer des objets très éloignés. La cuillère à manger de la soupe. Le livre sert à créer des cyborgs.
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Livres de Nicolas Dickner (5)

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    • Tarmac
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    • Le romancier portatif : 52..
      10 citations
    • L'encyclopédie du petit cercle
    • Boulevard Banquise

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