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quelqu'un, presque un enfant encore, là-bas derrière une lampe, et peut-être qu'il lit ou écrit, il n'y a en lui et autour de lui aucun bruit, il fait tomber des pierres dans son silence, il est à lui-même son propre puits, il se déchire tout entier, il n'est plus là, il ne reste, impénétrablement, que sa mémoire.
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(Les souvenirs sont en nous ce qui empêche le monde de finir et lorsque l'on voit qu'il continue aussi hors d'eux, indifférent et mobile, coulant sans avidité sur ce qui fut et sera, un vertige se produit, qui a l'éclat de notre propre disparition.)
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Comme à chaque fois que l'on entre sur ce terrain, la menace du voeu pieux se fait sentir et serre de près les phrases comme une mendiante, mais ce que je veux dire, à la fin de ce livre, est simple : c'est qu'il faut sortir l'identité du carcan du national (et de tous les autres carcans, à commencer par ceux des religions) et en faire le principe actif d'un passage disséminé, qui serait celui d'une république à venir. C'est à ce prix seulement, dans l'espace d'une redistribution simple et audacieuse, que la valence nationale (que l'on pourrait définir comme un accord entre les êtres et leur monde) pourra se retrouver, non comme une citadelle ouvrant ses portes à quelques élus, mais comme une aire d'expérimentations
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C'est pourquoi, sans doute, j'ai amené la République. À priori on serait en droit de se demander ce qu'elle vient faire là, et pourtant je pense qu'il est requis de la nommer, dans la mesure même où son idée (contiguë à celle de nationalité telle que l'avance Hugo) est celle d'une immense tolérance, d'une immense capacité de liaison, celle d'une fédération des disparités – tout ce qu'elle modère ou régule dans les pulsions centrifuges se retrouvant exalté dans une ardeur centrale conçue comme un foyer. Or, on le voit bien, de cette République-là, qui est celle d'une fondation, rien ne reste qui soit vraiment vivant.
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Par BVIALLET le 19/04/2012
La petite Istambul côtoyée par des Serbes, les boutiques de confection sépharades succédant dans la rue du Château d'eau à la double haie bruyante et joyeuse des salons de coiffure blacks (où toujours, autour des clients et de ceux qui en effet les coiffent toute une foule de village s'amoncelle palabrante) encadrant elle-même jusqu'à hier un pâtissier au millefeuille renommé qui vient d'être remplacé par un spécialiste des macarons, des Chinois bien sûr en nombre et des Pakistanais, l'entier couloir de restaurants indiens du passage Brady avec Ganesh dans tous ses états, le fond maghrébin présent comme partout avec une forte marque kabyle voire chleuh, j'en oublie forcément, les Portugais par exemple, monde ou mondes auxquels il convient d'ajouter bien sûr les Français, présents tout autrement que comme un reste et représentés d'abord, du côté des boutiques, par une importante délégation auvergnate mais, du côté des passants que l'on croise, venant pour une part du peuple et pour l'autre de la petite bourgeoisie jeune et branchée (dans une proportion toutefois insuffisante pour affecter profondément la vie du quartier), plus des indépendants, peu assignables à telle catégorie, telle est la composition, extraordinairement mouvante, des environs des portes Saint-Martin et Saint-Denis où tout le monde ignore superbement la grande inscription LUDOVICO MAGNO pourtant repassée à l'or, et où personne ne se soucie du fait que juste sous la porte Saint-Denis, à l'entrée du faubourg, le Petit Pot Saint-Denis eut autrefois pour client régulier Gérard de Nerval qui venait y boire de l'alcool de poire.
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mais un paysage réussi, un paysage que l'on aime regarder, c'est justement un équilibre apaisé (et comme tel apaisant) entre cette force d'inertie et une activité de renouvellement.
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il ouvrait les volets et il avait le monde devant lui, le monde avait cette forme et il s'agissait de la saisir, il n'y avait pas, pour lui, de temps à perdre, cet homme de la campagne était toujours affairé.
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La grande rupture qu'amènera le train, ce n'est pas seulement la réduction des temps de parcours, c'est aussi la permanence du flux – et c'est cette permanence et la possibilité d'envoyer la marchandise partout et à tout moment qui porteront un coup fatal au mécanisme ancien de la foire, mis au point au Moyen-Age, pour lequel il s'agissait de tout amener et si possible tout vendre en une seule fois ; en 1833 par exemple, la ville de Nîmes envoya 324 500 châles à Bordeaux où plus des deux tiers furent vendus. Vingt ans plus tard, les châles étaient ou bien expédiés ou bien vendus à Nîmes où les grossistes venaient désormais en train.
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Les jardins ouvriers, quel que soit leur mode associatif, ne relèvent pas du régime de la propriété privée – et c'est cela que d'emblée ils rendent visible, c'est cela que l'on ressent, confusément, quand on les longe, et qui se précise quand on s'y promène. Et s'ils ont quelque chose d'un fragment discret d'une utopie, ce n'est pas seulement pour cette raison, c'est aussi parce qu'ils ajointent souplement à cette élision de la propriété privée la sensation – et les gestes concrets – d'une appropriation. Chacun est chez soi dans ce qui pourtant n'est pas à lui, et cela n'a rien à voir, même s'il y a une ressemblance dans le statut, avec la simple location.
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Par deriblek le 07/02/2013
Les souvenirs sont en nous, ce qui empêche le monde de finir et lorsqu'on voit qu'il continue aussi hors d'eux, indifférent et mobile, coulant sans avidité sur ce qui fut et sra, un vertige se produit, qui a l'éclat de notre propre disparition.